Destination: Loguetown !

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Destination: Loguetown !

Message par Lou le Jeu 5 Aoû - 12:58



Un pas, puis deux. Lou regarda le ciel au-dessus de lui. Il faisait nuit. Les nuages obscurcissaient la voute céleste, cachant partiellement une lune pleine. Ça et là, des ouvertures permettaient de voir les étoiles.

Lou adorait les étoiles. Depuis tout jeune, les contempler l'avait toujours fasciné! Assis dans l'herbe il pouvait rester plusieurs heures à les regarder, cherchant à tendre vers l'immensité qu'ostensiblement elles dégageaient. Leurs multiplicités contrebalancées par une apparente solitude qui ... .... Vous là, vous avez baillé? Si si je vous ai vu là, le lecteur assis sur la chaise de bureau rouge, avec le gros nez! T'as baillé !? Alors quand on parle de patates et de casses, là y a du monde, mais pour la poésie on peut se brosser! Aucun respect!! ... ... je disais donc:

Lou donc regarda les étoiles et il trouva cela chouette! Il avait retrouvé la liberté, et son périple allait pouvoir continuer! Mais avant de repartir à l'aventure, il lui restait une petite chose à faire.

Après un bref examen des alentours, il trouva ce dont il avait besoin: un clou rouillé. S'approchant furtivement du mur d'entrée du poste de marine, il se mit au travail.

12 secondes plus tard, il reprit son chemin, laissant sur le mur une gravure grossière mais profonde:

" Je sui sorti de ma caje, je par pour logton car il me fo des info sur la mari volante! mersi pour le repa, de rien pour la plante, Il a pri fort l'hom montagne ! L."

*Kobby comprendra ...*

Puis, trainant ses groles, il s'en alla flâner dans les rues, à la recherche d'un bateau. La marche était un moment privilégié pour Lou: c'était lorsqu'il abattait du kilomètre que son cerveau travaillait le plus, lui permettant de remettre le chose en ordre. Et il y avait du boulot!

Son plus gros soucis restait la "Marie Volante", ce bateau qu'il avait coulé. Il fallait absolument qu'il sache qui en était propriétaire, il fallait qu'il sache qui était l'assassin! Une fois cela fait, il pourrait aller lui dire bonjour... et lui expliquer que si on a autant de dents, c'est pour pouvoir les avaler une par une! Mais avant cela, il lui fallait un bateau, c'était la seul manièr... Pong!!

La tête de Lou venait de heurter un réverbère, conséquence direct de l'activité exclusivement intérieur de sa tête... Après un regard dédaigneux lancé à l'objet sournois, Il se remit en route: il était habitué à ce genre de désagrément.

*Arf! J'suis l'roi des patates... Bon direction le port!*

Lou accéléra le pas; arrivé au bout de le rue, il s'arrêta... dubitatif.

*C'est où le port, tidju !*

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Re: Destination: Loguetown !

Message par Enarik Santa le Ven 6 Aoû - 16:49

Les nuits de Gemeylrum étaient décidément bien douces. Les passer à la belle étoile restait une délectation que je goutais sans retenue. Comme de coutume, perché sur un toit, je profitais de ces moments de grâce qui suffisaient à balayer les soucis traversés la journée durant. Cette fois-ci, j'avais opté pour un imposant entrepôt de commerce, non loin du port, sans doute rempli des futures cargaisons à embarquer par quelque caravelle marchande. La toiture était large, plane, tout ce qu'il y avait de plus classique. Je ne faisais pas dans l'originalité où le discret cette nuit, de peur de faire une nouvelle rencontre inopinée en hauteur. Toutefois, si mon gîte ne brillait pas par son style, il m'offrait le luxe de côtoyer l'océan qui s'étendait à perte de vue, accompagnant ma nuit de clapotis qui sonnaient comme une berceuse à mes oreilles. Un mal pour un bien donc. D'autant plus qu'à cette heure-ci, ça ne grouillait pas des masses dans le coin, ce qui rendait au final l'ensemble satisfaisant.

Le calme. Qu'il était bon de le voir reprendre la barre. Adieu les engueulades, adieu les courses-poursuites, adieu le jeune Lucian tout court. D'un commun accord tacite, nos chemins avaient suivi des cours différents. Pas aux antipodes l'un de l'autre, métaphoriquement parlant, mais tout de même séparés d'une marge de sécurité salutaire pour ma petite personne. Cette journée riche en émotions et en aventures avait troublé ma monotone existence à plus d'un titre, et il était bon de veiller à ce qu'elle demeurât un simple accident de parcours.

Cependant, ces évènements me contraignaient à prendre, chose singulière pour moi, une décision radicale : l'heure était venue de changer de cap. Perché sur mon toit, je cogitais donc à la recherche de la solution miracle. Eut égard aux regrettables incidents en cascade de cette folle journée, ma bobine allait sans doute représenter une gêne pour bon nombre de motifs aux yeux de certains. Pas besoin d'être un génie pour s'en douter. Et le plus facile pour échapper à d'éventuelles conséquences impliquait de quitter l'île au plus vite. Mais pour aller où ? Rester sur South Blue ? Hmm, c'était avant tout sur cet Océan que l'on penserait à me chercher. Et pour peu que l'on me collât la mort des deux militaires sur le dos, je deviendrais une cible de choix pour bon nombre de petites frappes du coin avide de se remplir les poches. Ce qui laissait supposer pas mal d'action en perspective pour les mois à venir. Non, pour faire table rase de ce passé récent et bigrement embarrassant, il fallait viser plus haut. Plus grand. Plus loin.

Il faut viser Grand Line...

La solution me vint dans un murmure, comme tout droit sortie d'un songe.

Hmm, Grand Line ?

Oui, Grand Line. Là-bas, on aurait que faire d'un banal vagabond comme moi. Les incidents qui s'y succédaient jour après jour étaient sans commune mesure avec ceux de South Blue. Qui penserait à rechercher un malheureux fuyard là où les plus grands livraient des guerres à faire trembler le cours de l'histoire, disait-on. Evidemment, cela supposerait de rester vigilant pour ne pas se retrouver pris dans des affaires encore plus renversantes, mais ce serait toujours mieux que des jours de fuite ininterrompus ici.

Va pour Grand Line, donc...Reste à savoir comment s'y rendre.

Car avec pas un sou en poche et une côte de popularité montée en flèche, ce ne serait pas tâche aisée. Fort heureusement, il faisait encore nuit, et c'était le moment idéal pour commencer ses investigations. J'étais à peu près sûr de pouvoir lorgner en paix sur les navires, sans croiser un uniforme à la Mouette ici ou là. Je descendis donc de mon toit, après m'être rapidement étiré, pour atterrir à l'angle d'une rue déserte distante du port d'une centaine de mètres seulement.

Et maintenant...

*C'est où le port, tidju !*

He bah, pour la discrétion, brillante réussite, y'a pas à dire....

Un loubard pas vraiment fréquentable à première vue venait de déboucher dans la rue, pestant haut et fort, la faute à un sens de l'orientation désaxé. Peut-être la conséquence d'une soirée trop portée sur la picole. Peut-être pas.

Bon, je peux l'envoyer se perdre à l'autre bout de la ville, mais il appréciera probablement pas la plaisanterie. Où alors je peux lui indiquer le chemin et le lâcher là-bas s'il est trop insupportable.

Opinant du chef, je joignis la parole au geste pour renseigner le marcheur nocturne.

Le port c'est par là. A deux rues d'ici.

Puis je me mis en route de ma démarche habituelle, laissant à l'autre le soin d'évaluer si je valais le coup qu'il m'accompagnât.
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Re: Destination: Loguetown !

Message par Lou le Dim 8 Aoû - 11:47

"Le port c'est par là. A deux rues d'ici."

Sorti de nul part, un type venait d'apparaître, un chapeau super clinquant vissé sur le crâne, interpellant le Chasseur de primes avec une simplicité manifeste. Puis tournant les talons, il s'était dirigé vers ce qui devait être ... le port ?

Lou le regarda s'éloigner; le doute s'était installé dans son esprit... Il hésitait. Qui était donc ce bon samaritain apparaissait en plein milieu de la nuit pour aider les voyageurs perdus? La fée Michelin?
Mais, comme souvent, c'est la curiosité et la soif d'inconnu qui firent prendre une décision à Lou.

Il se mit à courir, rattrapant ainsi son guide de fortune qui avait creusé la distance. Arrivé à sa hauteur, il l'apostropha avec son style si particulier:


"Hé truc! Arf, t'es apparu genre j'te mire pas j'te mire, classe! Mais faut qu'tu m'baves l'affaire: C'est pourquoi c'gibus sur ta trogne ??? T'es une sorte de Super Poutreur !?!"

La tirade avait de quoi insinuer le doute dans l'esprit de tout un chacun: ironie ou Insolence ?
Mais ces doutes se dissipaient irrémédiablement en apercevant le visage du loubard: un sourire jusqu'aux oreilles et des yeux pétillants empêchaient toute méprise! Le chapeau lui plaisait, c'était indéniable !


"Haha, c'eqt quoi c'te mire en soucoupe? T'inquiètes! J'vais pas t'faire les poches! Hé l'autre!"
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Re: Destination: Loguetown !

Message par Enarik Santa le Dim 8 Aoû - 19:12

Pendant une poignée de secondes, je crus bien avoir débouté l'autre avec ma réponse pas franchement engageante. Elle l'avait sans doute pris de court. Mais cette impression ne fit illusion que quelques instants. Je n'avais pas franchi la moitié de la distance me séparant du port que le jeune original était déjà revenu à mon niveau. Et le bougre était loquace, bien que son style laissât fortement à désirer.

"Hé truc! Arf, t'es apparu genre j'te mire pas j'te mire, classe! Mais faut qu'tu m'baves l'affaire: C'est pourquoi c'gibus sur ta trogne ??? T'es une sorte de Super Poutreur !?!"


Mais qui m'a refilé un gusse pareil dans les pattes...

Je résistai à l'envie de lui envoyer une réplique du style " J'entrave rien à ton poème, mec" en guise de réponse. Ce jeune n'était déjà pas franchement discret, et l'offusquer n'aurait eu pour effet que de le voir hausser un peu plus le ton. Ce qui n'était pas dans mon intérêt. De toute façon, il repartait déjà dans sa réplique farfelue sans que j'ai eu le temps d'en placer une.

"Haha, c'est quoi c'te mire en soucoupe? T'inquiètes! J'vais pas t'faire les poches! Hé l'autre!"

Mon interlocuteur me laissait en proie à une sérieuse incertitude. Ses propos n'avaient ni queue ni tête et son style vestimentaire encore plus dépouillé que le mien ne lui accordait en prime aucun crédit. Tout le désignait comme l'un de ses agresseurs qui officiaient de nuit par souci de discrétion. Pourtant, sa mine épanouie et ses yeux débordants d'enthousiasme chassaient l'impression de malaise qui avait point dans mon esprit soupçonneux.

Guère habitué à engendrer de tels débordements de bonne humeur chez quelqu'un d'autre, je dus pourtant me résoudre à reconnaitre la sincérité un brin infantile du vagabond. Après avoir pris un temps pour choisir mes mots, temps pendant lequel je continuais de marcher en direction du port, je renseignai l'autre sur un ton neutre mais plus ouvert qu'à l'accoutumée pour qui me connaîtrait assez pour percevoir l'effort fourni.

Ben ça protège bien du soleil faut dire. A l'occasion, tu devrais t'en dégoter un quelque part, ça ferait de toi un type totalement différent.

La réplique avait était lancé sur un ton assez familial, ce qui ne serait sans doute pas pour déplaire au bonhomme.

Le temps que l'autre assimilât ma réponse et daignât y répondre, il me semblait un peu long à la détente en matière de réflexion, nous débouchions déjà depuis la rue au beau milieu des quais.

Et voilà, on y est, au port.

Il ne me restait plus qu'à examiner minutieusement les lieux pour trouver mon bonheur. Je balayai rapidement du regard la zone dans son ensemble pour m'orienter vers le côté gauche, d'où je comptais commencer mon inspection. A ma grande surprise, il y avait déjà là un homme dont je n'aurais su donner une description de si loin dans l'obscurité.

Hin, ça fait beaucoup d'oiseaux de nuits tout ça.

Ledit oiseau semblait d'ailleurs s'intéresser de très près à un bateau en particulier. Relativement modeste de par sa taille, le bâtiment n'en était pas moins solide et bien entretenu. Prudemment, je m'approchai de l'individu, encore situé à distance respectable. Sa silhouette se détaillait peu à peu. Il n'avait rien d'un vagabond comme l'autre jeunot ou moi-même. Il semblait même être quelqu'un de bien, à peu de choses près. Plus important, occupé à je ne sais quoi, il nous tournait le dos et ne semblait pas avoir repéré notre présence jusque là.

Soudain, une idée me vint à l'esprit, tandis que nous approchions du bateau et de l'homme-mystère. Pourquoi ne pas prendre la mer, maintenant, sur ce navire ? Après tout, il semblait manoeuvrable, même par un équipage à effectif réduit. Si je réussissais à convaincre l'inconnu qui m'accompagnait de monter à bord, nous serions peut-être assez de trois pour prendre la mer. L'occasion était belle et elle ne se représenterait sans doute pas avant un sérieux bout de temps. Je devais agir.

Bon, s'agit de se montrer convainquant maintenant...

Me découvrant des talents d'acteur jusque là insoupçonnés, je commençai mon numéro par une phrase lancée sur un ton plein d'assurance à l'attention de l'autre voyageur nocturne.

Tu vas voir l'effet que ça fait, un chapeau.

Puis j'enfonçai fermement mon couvre-chef sur ma tête et le rabattis légèrement vers l'avant, à l'image de ces mecs sûrs d'eux-même, qui affichaient leur confiance, suffisance selon moi mais l'heure n'était pas aux critiques, à des kilomètres à la ronde. Ensuite j'ajustai mon holster double à ma taille pour parfaire ma dégaine de mec trop classe, espérant que cela fut réussit bien que je me sentisse un peu ridicule sur le moment. Enfin je m'approchai de ma cible à pas de loup. Arrivé assez près d'elle pour ne pas avoir à trop hausser la voix, j'achevais ma petite mise en scène par une tirade venue fort à propos étant donné les circonstances, lâchée avec aplomb.

Pas un bruit, pas un geste. Monte dans ce bateau, on met les voiles.

Hmm, ça fait un peu cliché mais du moment que ça marche je m'en contenterai largement.

Si l'autre se retournait, il verrait l'une de mes armes pointer dangereusement en direction de son torse. Dangereusement en apparence bien sûr, je ne comptais pas franchir le pas et tirer quand bien même j'essuierais un refus. Mais cela, l'autre l'ignorait. De plus, la présence du jeune loubard, à mes côtés rendait ma représentation plus vraie que nature.

Ces mecs-là, c'est la providence qui me les envoie.

Si c'était le cas, j'avais de bonnes chances de quitter Gemeylrum sans tarder.
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Re: Destination: Loguetown !

Message par Leo Sinelli le Dim 8 Aoû - 20:53

L'Albatros avait attiré mon attention. Il avait un nom d'oiseau, mais pas n'importe lequel. L'albatros est un oiseau extrêmement endurant, capable de parcourir des distances impressionnantes sans même s'accorder la moindre escale. Son envergure et le symbole qu'il représente a collé son nom sur une flopée de prototypes destinés à dompter le ciel, que ce soit des simples plumes collées à un support en bois ou une machine élaborée pouvant presque se qualifier d'aéroplane. Ces machines imitaient surtout l'albatros dans sa façon d'atterrir, bien sur le ventre avec les pattes qui battent le vide derrière.

Un écrivain réputé mondialement a même baptisé Albatros une machine volante dans l'une de ses histoires. Je me demande s'il savait en l'écrivant que ce qu'il décrivait existait bel et bien, et qu'un jour quelqu'un allait réellement parcourir le monde entier sans toucher terre, pas plus que la mer. Je souris.

Le navire que je contemplais était vieux et usé, mais la peinture avait été refaite soigneusement et le carénage devait être lui aussi effectué à chaque grande escale. La nouvelle couleur du pont était sèche et la porte qui menait à l'équipage laissait s'extirper la lumière par les interstices. Visiblement il ne s'agissait pas d'un bateau pirate, j'avais peut-être bien trouvé ce qu'il me fallait.

Pas un bruit, pas un geste. Monte dans ce bateau, on met les voiles.

C'est reparti...

Je me retournai doucement pour ne pas brusquer l'adrénaline du propriétaire de la voix et vis qu'ils étaient deux. Le premier, le chef, employait une arme à poudre classique, et à sa façon de la tenir je constatai avec une pointe de regret qu'il savait s'en servir. Son regard était intransigeant, son intention ferme. Je risquais bien fort de me faire trouer la toile à cette distance. Remarque, j'avais toutes les herbes qu'il me fallait pour désinfecter la plaie maintenant, mais en découdre avec tous les pistoleros du coin n'allait pas devenir ma discipline favorite, d'autant que celui-ci veillait à maintenir une distance de sécurité. Il avait même le bon goût de posséder une arme personnalisée, avec une lame de rapière en guise de baïonnette. J'étais un peu loin pour détailler l'objet, mais il avait l'air bien ouvragé, en tout cas suffisamment pour dépouiller les zonards dans le prestigieux quartier des docks.

Le second était un bon faire-valoir, plus jeune, plus négligé, plus dépouillé. Il n'avait aucune arme à me pointer sur la figure, son chef aurait pu lui en prêter un de ses pistolets, il aurait au moins pu faire comme si il servait à quelque chose. Cela dit même lui je ne le négligeais pas. Il avait l'air entraîné, et il fallait l'être pour espérer voler un navire en n'étant que deux. Entraîné ou con, j'attendais encore de voir comment ça se passait pour me décider.


Tu ne veux vraiment pas trouver quelqu'un d'autre à déranger?

Rétorquai-je, un brin de lassitude blasée dans le timbre, comme si c'était moi qui tenais le flingue. Chez les bandits, la première erreur à ne pas commettre c'est montrer sa peur. Ce n'étais pas la première fois que j'étais mis en joue, vu mon amabilité naturelle c'était plutôt dans mon karma, mais c'était toujours aussi inattendu que la première fois. Et plus on me braquait, moins je négociais. Celui-là par exemple, avec sa pétoire et son chapeau de monteur de Super Colvert, j'allais le faire approcher. Il le faudrait bien si on s'embarquait dans le même bateau. Et quand ça arriverait, je lui sortirais le grand jeu. Lui péter le poignet d'abord, pour marquer le ton, puis le laisser remettre en place sa pomme d'adam avant de suffoquer pendant que je bouloterais le gorille en guenilles. Lui je n'allais pas le faire durer au combat rapproché, je ne le sentais pas, mais lui montrer la couleur de ses viscères en lui offrant une balle de son chef ça pouvait se négocier. Ca ferait trois morts en une journée, est-ce que ce serait de ma faute? En tout cas, pas question que je creuse, ni que je m'amuse à leur coller des boulets aux miches pour leur faire voir les merveilles sous-marines. Je n'avais déjà pas pris la peine de faire des funérailles décentes pour Kyo, alors ceux-là pour le temps qu'on a passé ensemble ça ne valait pas une sépulture digne.

Comme Duquais et Duquais ne semblaient pas vouloir embêter quelqu'un d'autre, je repliai un bord de ma veste pour laisser voir ma pétoire à moi, tout en bois précieux et alliage inoxydable. Une merveille du futur, un bijou si raffiné qu'aucune personne a des lieues à la ronde n'aurait la compétence nécessaire pour en estimer la valeur. Dommage qu'il ne soit pas en état de marche, j'aurais bien tenté une fusion moléculaire avec les deux clowns.


Moi aussi j'ai toujours deux canons sur moi.* Alors, puisque vous tenez à mettre les voiles, tirez-vous et allez voler un autre navire. Ce sloop,c'est moi qui montrai dedans. Et si vous comptez augmenter votre prime d'infamie en prenant un otage, vous avez très mal choisi votre modèle.

Bluffais-je? Quelque part non. Je ne pouvais ni tirer, ni résister à une balle dans la tête, mais je n'allais pas me laisser voler mon objectif sans combattre. Et si l'agonie devait me gagner, je l'emploierais à emmener mes bourreaux avec moi sur la sinellistre barque de l'ultime voyage.


* : L'arme de Leo ressemble à un lance grenades avec deux canons verticaux.


Dernière édition par Leo Sinelli le Mar 21 Sep - 12:25, édité 1 fois
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Re: Destination: Loguetown !

Message par Lou le Lun 9 Aoû - 13:23


J'suis l'roi des boulaireaux (l'mélange d'un boulet et d'un blaireau, bande de saoulettrés)! Le bon samaritain coiffé d'son gibus a d'la geule, ça pour sûr! Mais c'est un drôle de zig par la même... Et v'la que j'prend l'train en marche, sans m'rendre compte qu'il fonce droit dans le ravin! Saloperie de simplet de moi!

J'avais rien grillé sur l'départ. Le pey m'propose de m'montrer l'chemin jusqu'au port, moi j'dit oui, trop occupé à mirer sa coiffe que pour sentir v'nir l'oignon.

Pour ma défense, le temps d'lâcher une buse, on était sur l'port. Jusque là pas d'embrouille, contrat rempli! Surtout que Monsieur Mystère prend un ton sympa, du genre "on est pas pote mais un peu quand même". Ça aurait dû me mettre au jus l'coup d'l'inconnu planqué au milieu des ombres qui fait copain copain.

Un peu à la masse, le pif en fête (foutu odeur de flotte), j'remarque pas qu'mon compère se braque à la vue d'un autre piaf d'nuit. La trogne en grève, j'accompagne comme un saisi, confiant, demeuré.


"Tu vas voir l'effet que ça fait, un chapeau." qu'il me souffle.

Genre... Ce ton là j'le connais...
C'est le même qu'je prenais avec Lili et Al, quand j'les tirais dans des embrouilles plus pourraves que d'habitude. Le jus d'pomme tourne à la pisse, mais j'grille trop tard.

L'gus au chapeau s'la joue voleur de poule version rafiot, le flingue a la main, direction un bigleux tout beau, tout propre. Avec ses lunettes classos et son manteau d'major il est pas en rabe niveau look, mais sur sa tronche, c'est écrit qu'c'est pas le roi de l'blague... Genre sa gueule bouge pas, on l'a peinte par dessus les os.


Pas un bruit, pas un geste. Monte dans ce bateau, on met les voiles.

Clair net et précis, comme la réponse de l'autre zig.

Tu ne veux vraiment pas trouver quelqu'un d'autre à déranger?

La voix est posée, aucune trace de trouille... La situation s'tend d'un coup sec, les deux gus jouent à qui a la plus grosse, balle au centre.

J'capte maintenant l'intention d'mon "pote": piquer une vieille barque et s'carapater fissa... J'vais pas faire la pucelle, piquer un rafiot c'est pas non plus la mort, voir ça m'arrange, mais les flingues j'suis pas fan... Une arme de faible, pas discrète pour un sou, utilisé par des gamines qu'ont l'gourdin parce qu'ils bandent un bras mortel. Surtout que Jacko la Farce ( le zig aux briles) vient d'laisser apparaître une pétoire grosse comme une virilité à compenser!


"Moi aussi j'ai toujours deux canons sur moi. Alors, puisque vous tenez à mettre les voiles, tirez-vous et allez voler un autre navire. Ce sloop,c'est moi qui montrai dedans. Et si vous comptez augmenter votre prime d'infamie en prenant un otage, vous avez très mal choisi votre modèle." qu'il balance, pas commode.

Ma carte mère se met en marche vitesse grand V. C'est dans c'genre de piège à crétins que j'mobilise le mieux mes facultés! Alors allons-y:

1° Nous sommes trois.
2° Nous sommes trois à baver sur l'rafiot.
3° Le rafiot peut bien prendre trois gus.
4° Mr. Mystère n'aime pas Jacko la Farce et tous les deux veulent régler ça au plomb.
5° Je n'aime pas le plomb, et encore moins être pris pour une poire!
6° J'sais pas naviguer.

Problème cerné... Solutions ?

1° Leur casser la tronche: jouable mais j'sais toujours pas naviguer...
2° Monter sur le bateau, voir qui monte avec et casser celui qui reste au sol: mieux... bien mieux.
3° Me sortir de ce guêpier en traçant ma rou... Va pour la deux !

Les pistolero's se mirent toujours, les yeux dans les yeux. Limite c'est mignon. Mais ça me bourre! Y a rien à attendre pourtant! Si tu sors ton arme, c'est pour poutrer. Parce que si t'as fait clinquer ta pétoire juste pour faire impression, tu finis à tout les coups la mire vers le bleu éternel, allongé par un type qui savait qu'une arme, on la sort pour l'utiliser!

Histoire de sortir les deux amants d'leurs regards profonds, j'balance ma technique du "M'oublie pas copain": une bonne grosse droite dans le pavé, histoire de montrer qu'mes pattes servent pas qu'à les peler les patates.

Recta, ça fait l'effet qu'il faut! Le bruit, le geste et surtout la dalle défoncée rappellent aux duellistes que j'suis toujours derrière, en plus d'faire une bonne présentation d'mon caractère sympa. Jacko la Farce a presque une expression sur la face, quant à Mr. Mystère, sa pétoire fume gentiment... Il a laissé partir le plomb dans l'sursaut surement, sans rien toucher apparement. Glandu ...

Plutôt content d'mon charisme, j'prend le chemin d'la barquette, pour y monter d'un saut.

Arf! Une vieille leçon qu'je m'étais promis d'pas oublier: le bois mouillé à tendance à glisser ... Me v'là le derche à plat sur pont humide, avec l'air plutôt con... Pas la première fois, pas la dernière non plus. Ca devait être drôle en tout cas, à voir la tronche de Mr. Mystère qui s'bidonne tout doucement tandis que Jacko la Farce reste impassible. Ça doit être sa façon d'rire...

Pour couper court à la vanne, j'alpague les deux zigs le plus clairement possible:

"J'chope le rafiot et j'me tire les glandus. Vot'présence est recommandée. Si vous v'lez rester à terre tant mieux, mais j'vous laisserai les deux pieds d'vant, j'veux pas d'témoin, histoire d'rester un type honnête! ... ... ... Alors? On flotte ou on s'tape ?"


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Re: Destination: Loguetown !

Message par Enarik Santa le Lun 9 Aoû - 17:31

La providence ? Ah ben mon vieux, elle fait bien son office celle là tiens.

Je prenais rarement des initiatives osées, comme celle ci, sur un coup de tête. Et la tournure qu'avaient pris les évènements allait définitivement m'en faire passer le goût. Avant que je n'aie eu le temps de dire "ouf", la situation s'était métamorphosée d'occasion à saisir sans tarder en guerre des nerfs avec poudre en option. Le mec bien n'était en fin de compte pas si bien que ça. Pourquoi cette impression ? Déjà, quand on était normal, on ne se la jouait tout baigne relax avec une arme pointée sur sa poitrine. Ensuite, même parmi les dangereux psychopathes, il n'y en avait pas une flopée pour se trimballer avec une pièce d'artillerie pareille en guise d'arme de poing.

La chance sourit aux audacieux, hein ? Bah faut croire que je suis l'exception à la règle alors...

Un silence malsain s'installa après que ma cible peu coopérative eut lâché une phrase à rallonge en guise d'avertissement. Voilà qui en disait long sur son sang-froid, son niveau d'éducation autrement plus élevé que celui du vagabond en retrait pour le moment et sur ses intentions. Manifestement, lui aussi cherchait à prendre la mer. Et lui aussi avait jeté son dévolu sur cette embarcation. C'était un point à ne pas négliger pour lancer d'éventuelles négociations. Peut-être un moyen de sortir à temps de cette impasse pour éviter le carnage qui s'annonçait. Il fallait admettre que je n'avais qu'une crainte : voir l'homme à lunette dégainer à la cow-boy et me ficher son calibre aux effets probablement dévastateur sous le nez. Que je fusse assez prompt à me défendre ou non, cela n'en suggérait pas moins une tonne d'ennuis de plus pour ma pomme, ou même une tombe.

Conscient qu'il fallait trouver un terrain d'entente, et parce que dans le fond je me trouvais assez ridicule ainsi, je laissai tomber le numéro de mec froid qui tuait sans ciller. Inutile d'insister, l'autre y était insensible. Je repris donc une posture plus naturelle et assez nonchalante, une arme cependant toujours pointée vers l'autre, et la main gauche accrochée à mon ceinturon, près de ma seconde arme. Et maintenant, place aux palabres. Et mieux vaudrait se montrer persuasif.

Mais de négociations il n'y eu point. On ne m'en laissa pas le temps.

En effet, ce fut le moment que choisit le troisième acteur de la scène pour se rappeler à mon bon souvenir. Pris d'une soudaine envie de briser la glace, il broya en un coup un malheureux pavé qui n'avait jusque là rien fait de mal. Surpris par cette intervention pas vraiment opportune, j'appuyai bien involontairement sur la détente de mon pistolet. La balle vint se ficher dans la coque, un petit mètre à droite de l'inconnu pas commode qui me faisait face. Une chance pour nous deux que je ne l'aie pas mis sérieusement en joue, je l'aurais peut-être tout bonnement refroidi. J'aurais bien poussé une petite gueulante sur l'autre sinistre imbécile pour être passé si près d'une nouvelle catastrophe par sa faute, mais il ne comptait pas s'arrêter là.

En effet, outre un sens du timing parfaitement travaillé, ce jeune s'appuyait aussi sur un culot pas possible. Feignant d'ignorer, où ignorant peut-être réellement, la gravité de la situation et même le coup de feu partit involontairement de mon arme, il passa à côté de moi, puis arriva au niveau de l'homme, décidément de plus en plus suspect pour ne pas avoir réagit ostensiblement lors de la détonation, pour monter d'un bond à bord du navire si convoité.

Si jusque là, il s'en sortait plutôt bien, la réception lamentablement ratée entacha sérieusement la note artistique. En temps normal, spectacle si désolant m'aurait sans doute tiré une moue pincée. Mais pour le coup, j'étais plutôt reconnaissant au jeune de réussir fort involontairement et dans un style peu académique à détendre l'atmosphère.

Aussi me fendis-je d'un rire franc, exagéré certes mais pas plus narquois que cela, pour accueillir la chute de l'insouciant. Sans pour autant perdre de vue la sculpture de marbre qui me faisait face, indifférente.

"J'chope le rafiot et j'me tire les glandus. Vot'présence est recommandée. Si vous v'lez rester à terre tant mieux, mais j'vous laisserai les deux pieds d'vant, j'veux pas d'témoin, histoire d'rester un type honnête! ... ... ... Alors? On flotte ou on s'tape ?"

Si j'avais encore un peu de mal à cerner l'individu – était-il de ces génies incompris ou simplement un parfait idiot ? - il me sembla pourtant acquis qu'il était sérieux sur le coup. Alors, flotter ou taper ? Il ne me fallut pas longtemps pour faire mon choix. Sans quitter du coin de l'oeil celui que je considérai comme le plus suspect malgré tout derrière ces lunettes, je me dirigeai vers le bateau. Arrivé à hauteur de l'inconnu, je me raclai sommairement la gorge avant de m'exprimer, sans le regarder dans les yeux ni mettre d'effort sur l'intonation ce coup-ci, preuve pour moi que l'incident était clos.

Je vous dirais bien que vous n'avez rien à craindre de moi, mais vous ne semblez pas du genre à avoir besoin d'être rassuré. L'idée de voyager avec vous ne m'est pas insupportable, pour le reste à vous de voir.

Un moyen comme un autre d'enterrer la hache de guerre. La balle était dans son camp.

D'un saut, je rejoignis moi aussi l'embarcation, sans me fendre d'une réception aussi spectaculaire que celle du jeune débrouillard. Nous étions deux à bord, il n'en manquait donc plus qu'un.

Hin, la cohabitation promet...

Et c'était peu de le dire.
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Re: Destination: Loguetown !

Message par Leo Sinelli le Mar 10 Aoû - 12:57

C'est fou comme les ondes négatives changent de signe quand on les croise. La situation était tendue, mais pas inextricable. Le monteur de Colverts se détendit des épaules, et adopta l'attitude décontractée, dans le style "les frocs toujours secs? Ok étranger, il y a peut-être assez de place dans ce navire pour nous deux". Je me détendis aussi en observant le pistolero, avec son chapeau, ses flingues et sa posture d'affiche de western spaghetti. Il devait s'en gaver régulièrement pour que ça semble si naturel. Quelque part, dans ce monde, les miroirs avaient eu la vie dure.

Le suspense entre l'équipe des morts et des vivants s'étiolait, on sentait la fin de match et les morts allaient perdre la manche avec 1-3 pour les survivants de ma journée. Colvert faillit égaliser au dernier moment en tirant une balle surprenante autant pour moi que pour lui. Non cadrée, je remerciai ma chance et son habileté pour ne pas m'avoir offert une fin ridicule, dans un coin sans glamour face à un mec qui distribue les balles perdues au premier miaulement. Le miaulement était dans ce cas précis le fracs d'un pavé exécuté sans appel par celui que je pensais être le garde du corps. Les mots n'étant pas son fort - la suite le confirmera - il avait parlé avec les mains pour se faire comprendre.

L'albatros n'atterrit jamais sur les pattes. Je fus ravi de constater que l'oiseau sans zèle rendit hommage à sa manière lors de son bond qui frisa la classe. C'était probablement l'intention qui comptait, et comme un écho au rire du Colvert, je confinai un rire intérieur qu'un faux replacement de la branche de mes lunettes permit de masquer. Ma main baissa en même temps que mes commissures, chacun rejoignant sa place. La parole d'Icare étaient sommaires, mâchées et populaires, mais justes. Je remis ma veste par-dessus mon arme, mon choix était fait. Et j'entrepris ce voyage avec un début d'optimisme quand Colvert descendit de scelle et m'offrit même le tact un peu tardif d'un vouvoiement respectueux.

Je m'étais demandé s'ils étaient habiles ou débiles. J'avais ma réponse et elle était à leur avantage. Emboîtant le pas au pistolero, je calai la corde de mon sac entre les dents et grimpai sur le pont. Il y avait toujours de la lumière et du bruit à l'intérieur. Maintenant que nous étions embarquées sur le même voilier, il me faudrait peut-être briser un peu ce mutisme dans lequel j'avais l'habitude de m'ancrer. Nous étions peut-être condamnés à voguer ensemble et briser la glace autrement qu'à la poudre et aux poings. Je fis l'effort d'une phrase.

Merci.

Et me dirigeai vers la porte gorgée de lumière.
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Re: Destination: Loguetown !

Message par PNJ OPR le Jeu 12 Aoû - 16:35

Il étaient beurrés comme des galettes, ces bons compagnons de l'Albatros, navire au mouillage pour ses dernières heures avant de voguer là-bas, au loin. La cargaison pleine du rhum tipique de la région avait déjà embrasé les gosiers, parfumé les haleines et virevolté les jugements hasardeux de ces esprits confus qui pensent que c'est en puisant dans la teneur en eau du brevage qu'il noieront la sécheresse de leurs palais. La détonation du dehors traversa les oreilles encore vaillantes, sans pour autant éveiller la moindre déduction à la conscience autrefois acérée de l'équipage.

Unique, l'un d'entre eux sourcilla bien. Il n'était pas Capitaine, pas plus que Second ou Contre-maître. C'était un petit matelot, ni plus intelligent, ni plus alerte que les autres. Il devait son acuité de tantôt à son aversion naturelle pour toutes les boissons alcoolisées. Seth était curieux. Il s'amusait avec les autres, mais le coup lui semblait proche. Il finit par se convaincre d'aller jeter un oeil sur le pont.

Lorsqu'il ouvrit la porte, il vit un homme de bonne constitution penché vers le quai pour hurler à des gens qu'il pouvait voir qu'il allait prendr ele large.


Seth, interdit un instant, reçut la nouvelle d'un passager clandestin avec peu d'enthousiasme. Il referma discrètement la porte et chercha parmi ses frères celui qui les gouvernait tous.

Capitaine ?

Hey, Seth! Je t'offre un verre ?

J'ai encore du soda.

Bon. On fait un concours de renvois ? J'ai des réserves là.

Non merci, je viens vous informer que l'Albatros est sur le point d'embarquer un clandestin. Il est sur le pont.

Quoi !?!

Laissant le sang lui monter à la tête, le Capitaine poussa le matelot sur le côté et fit d'habiles enjambées pour arriver vivement à la porte. L'alcool semblait s'être dissipé à l'instant, ou avoir viré à la colère. Ne s'encombrant pas d'une perte de temps pour des futilités, la porte sortit elle aussi de ses gongs sous la puissance du coup de pied subi.

Le clandestin était triplé, et chaque clône différent. Le rhum ne pouvait plus rien pour les mirages du Capitaine, ce qu'il voyait était bien réel. Le doigt du destructeur pointa chacun des indésirables, et il leur résuma la situation en une phrase d'une voix faussement calme et véritablement ferme:



Vous avez pété ma porte, vous me devez 200.000 Berries.
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Re: Destination: Loguetown !

Message par Enarik Santa le Sam 14 Aoû - 16:38

Comme j'avais pu m'en rendre compte quelques instants auparavant, le propriétaire de l'embarcation n'était en rien le civil avec lequel j'avais failli en découdre. Celui-ci avait quand même accepté notre invitation et nous étions désormais tous les trois là, face à un bonhomme bien bâti et à l'air pas commode. Plus exactement face audit bonhomme et à sa malheureuse porte qui n'avait pas soutenu le poids de sa fureur et pour laquelle il nous demandait un dédommagement immédiat le plus sérieusement du monde.

J'aurais bien émis une protestation légitime dans d'autres circonstances, mais le gaillard était accompagné de plusieurs autres rustres sortis tout droit du même moule et dont on pouvait se douter qu'ils avaient bu autre chose que du petit lait. Infériorité numérique et opposition peu encline à la discussion. Cela faisait deux inconvénients de poids auxquels venaient s'ajouter plusieurs autres facteurs parmi lesquels entre autre le besoin de lever l'ancre au plus vite, sans échauffourée et la nécessité d'avoir avec nous un navigateur digne de ce nom pour diriger le navire.

Ayant goûté lors du manège précédent au sens de la négociation très particulier de mes deux tout nouveaux camarades, je décidai de prendre parole au nom du groupe entier dans le but de trouver un accord avec l'autre parti en présence. De plus, entre un va-nu-pieds à la gueule peu conciliante et un zigue à l'accoutrement suspect et à la mine glaciale, c'était sans doute moi celui des trois qui devait inspirer le plus confiance. Avançant d'un pas, je me calai devant le colosse moustachu, mais hors de portée d'un éventuel coup de poing, on était jamais trop prudent. Puis je me lançai dans mon discours sur un ton conciliant, qui se voulait persuasif, en prenant le soin de parler assez lentement et en articulant bien pour que l'autre perçût bien le sens de mes propos.

200 000 Berrys vous dites ? Cela ne vous rendra pas votre porte tout de suite. J'ai peut-être mieux à vous proposer : embaucher nous à bord de l'Albatros. Nous aurons alors tout le loisir de remonter votre porte en bonne et due forme. En plus de quoi nous nous engageons à travailler à titre de membres d'équipage pour toute la traversée.

Après avoir laissé un temps à l'autre pour analyser les paroles qui montaient à son cerveau sans doute embrumé par une trop forte consommation d'alcool, je repris.

De la main-d'oeuvre gratuite, cela ne se refuse pas n'est ce pas ? Et de la main-d'oeuvre de qualité qui plus est : le gaillard derrière moi peut rivaliser avec n'importe lequel de vos matelots niveau force et il ne demande qu'à travailler. Et l'autre sous son accoutrement douteux, il est le roi des mécano. Si vous avez des réparations à faire, il est l'homme de la situation.

J'étais moins sûr de moi sur cette dernière affirmation, mais si l'individu semblait particulier, il devait bien y avoir une raison. Et comme il ne brillait pas par son physique, c'était sans doute qu'il possédait certaines capacités intellectuelles dignes d'intérêt. Son arme en tout point remarquable en attestait.

Ayant de mon point de vue rendu une plaidoirie plus qu'honorable, j'attendais désormais le verdict, implorant presque le sort pour qu'il fût favorable.
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Re: Destination: Loguetown !

Message par PNJ OPR le Mer 18 Aoû - 18:57

Intéressante réaction que celle de l'homme au chapeau. Il offrait au Capitaine une traversée de servitude, sans même rien savoir de la prochaine escale. Des vagabonds avec les nuages pour toit et l'horizon pour tentures, des aventuriers sans route tracée, vivant sous le caprice du Destin. La prétention de ces hommes qui pensaient leurs acquis utiles dans un navire si singulier que l'Albatros méritait à elle seule une correction sévère et des quais gorgés de rouge. Mais Bully songea à autre chose. Si la destinée avait placé ces gens sur son pont, face à sa colère, peut-être avaient-ils un autre dessein qu'en être les victimes. Laissant le futur décider du sort des trois volontaires, le colosse à la barbe blonde baissa son index et le rangea avec les autres doigts, à proximité de sa jambe.

Je devrais vous faire pendre à mon mât et vous regarder vous agiter comme des grelots de noël pendant toute ma fichue traversée. Mais ce serait un crime grave de priver le monde du roi des mécanos, d'un tas de muscles si puissants qu'il pourraient m'impressionner et d'une langue si habile à caresser la curiosité du joueur moyen, n'est-ce pas ?

Vous voulez du travail ? Jusqu'à ce que la traversée soit terminée c'est moi qui vous dis quand boire, manger, péter ou apprécier le voyage. Pour l'heure vous allez chercher du bois dans la réserve du Maître Calfa et me faire une porte plus solide. On ne pas boire tranquilles si elle cède au premier clandestin venu.

Quand ce sera fait, soit ça me plaît et je vous garde, soit vous m'avez escroqué et je vous promets un reste de vie à ne pouvoir bouffer que de la compote et des yaourts. Vous avez "le loisir" de réparer jusqu'au lever du jour, si quand on lève l'ancre c'est pas fini je sentirai l'entourloupe.


Le Capitaine se retourna avec les naseaux encore dilatés par l'énervement. Seth, de son côté, resta avec les trois engagés et les fixa sans dire aucun mot. Il était visiblement là pour les observer et s'acquittait de sa tâche avec une expression parfaitement neutre. Il allait bien entendu guider les ouvriers vers la réserve et les regarder travailler, la paille toujours coincée entre ses dents et son soda. Travailler de nuit n'allait pas être simple, mais fort heureusement la lumière qui débordait de la salle intérieure offrait une visibilité suffisante. Il restait à espérer que le trio improvisé sache comment construire une porte, et comment la faire répondre aux exigences du Capitaine dont un oeil lorgnait de temps en temps la lucarne qui le séparait de ses recrues.
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Re: Destination: Loguetown !

Message par Leo Sinelli le Dim 22 Aoû - 9:27

Voilà pourquoi je n'aimais pas travailler en équipe: l'initiative des autres maillons de la chaîne. Au moins les autres éléments n'étaient pas mauvais, mais si Colvert avait raison de la jouer défensive en ne maniant pas la susceptibilité du Capitaine de l'Albatros, il avait tord de faire une offre quant à la main d'oeuvre d'une marchandise mystérieuse. Il était hors de question que je rembourse la frustration d'un primaire incapable de presser une poignée de porte. Son prix et ses manières ne me convenaient pas, mais lui et son équipage respiraient l'expérience. J'avais l'impression d'être donné sans gage à un acquéreur à cause d'un commerçant qui n'avait pas pris le temps de m'évaluer. Le roi des mécanos? Je suppose que je devais ce titre au sceptre que je conservais sous ma veste, mais la vulgarité de son raisonnement et les termes qu'il offrait pour me mettre en valeur mirent mes nerfs à l'épreuve. Mon silence ne fut qu'une manoeuvre pour éviter de désouder l'image soudée d'un illusoire trio de choc que le chapeau venait de créer. Si j'intervenais pour lui dire qu'il se trompait, que je n'étais ni mécano, ni prêt à m'écraser devant la brute afro qui nous pointait du doigt, je rompais le lien du subterfuge que notre loquace se plaisait à tisser. Peut-être que je voulais moi-même maintenir ce mince fil qui nous unissait. Peut-être que pour lui laisser une chance de s'épaissir, j'acceptais non pas de me courber devant la fureur du molosse, mais de laisser une erreur se relever dans l'espoir qu'un jour elle apprenne à marcher.

Le Capitaine nous offrit le loisir de réparer les dégâts qu'il avait commis en fabriquant une nouvelle porte. C'était déjà plus intelligent que nous demander de payer, cette tâche me convenait. Je n'attendis pas la fin du briefing pour me pencher sur le cadavre de la porte et en décodai la fabrication. Cette mission était un piège, même si nous étions tous les trois des menuisiers confirmés, jamais nous ne pourrions espérer égaler la facture de l'objet qui, malgré la puissance du coup, n'avait aucun signe de lésion. Et quand bien même nous serions capables de dépasser la qualité initiale, une nuit pour le faire c'était impossible.

Je demandai au veilleur de nous conduire à la réserve pour y prendre deux grandes poutres de bois. Je me munis aussi d'une feuille de parchemin, d'une plume avec encrier et récupérai les gongs qui avaient sauté. J'exposai mon idée à l'équipe. Nous n'allions pas perdre notre temps à fabriquer une porte mais plutôt s'attaquer au chambrant et au système de maintien. Je traçai assez précisément le projet, une porte tenue par deux gongs et doté juste au-dessus d'elle d'un système mécanique que nous pourrions fabriquer avec des courroies et les pièces d'une grande horloge. J'expliquai que le succès de na nouvelle disposition du mécanisme résidait en un facteur simple: On automatise la fermeture de la porte. Cette dernière se referme alors aussitôt grâce aux courroies qui auront pour fonction de transformer toute l'énergie cinétique en énergie potentiel et vice versa en alternance sur une courte distance et de décrire un rapide mais aigu mouvement de balancier avant de stabiliser la porte, un peu comme les entrées de saloon mais avec une amplitude bien moindre. Une pression trop élevée pour le dispositif laissait donc la porte plier (s'ouvrir) pour ne pas céder, puis reprendre sa place sitôt la pression terminée. Avec un levier placé juste à côté de la porte, on pouvait aussi l'abaisser jusqu'à l'insérer dans un renfoncement du sol que nous allions créer. Ainsi, avec le levier relâché, la porte suivait le mouvement du tout venant et se remettait en place sitôt libérée de la pression, mais il était possible de l'ancrer au sol pour l'empêcher de bouger en cas de tempête ou d'invasion. Il fallait améliorer les verrous pour permettre une meilleure répartition des forces exercées en cas de tentative d'intrusion. Les trois nouveaux chambrants allaient y contribuer.

Il fallait donc accomplir trois travaux: alpha,la mise en place des nouveaux chambrants, la création d'une mince tranchée dans le sol juste assez large pour y caler la porte en mode barricade ainsi que d'un plateau juste au-dessus de la porte assez large pour accueillir tout le système de rouages pour les courroies de fermeture automatisée. Bêta, optimisation de la répartition des chocs sur la porte en incorporant de nouveaux verrous en bois sur plusieurs zones de la porte et fabrication du levier de montée et descente de la porte. Gamma, fabrication du mécanisme de fermeture automatique et du système de levier. J'étais naturellement disposé à m'occuper de gamma. Je demandai à Lou qu'il place chambrants et plateau pour le mécanisme de fermeture et à Enarik de renforcer la résistance des gongs aux chocs en travaillant sur la porte. Si ces deux là pouvaient veiller à faire de notre objet mobile un pavois aussi solide qu'un mur face à tout ce qui le percuterait, alors je pouvais m'occuper tranquillement de la partie mécanique. Sculpter un levier ou offrir un aspect homogène entre le nouveau bois et celui d'origine ne faisait pas partie de mon horaire, je laissai cette tâche à l'éventuel désir de l'équipe tandis que je vérifiais scrupuleusement que la machine installée entre la porte et le plafond répondait bien à mes attentes. Il fallait également s'assurer qu'il était facile de relever la porte en rabaissant le levier. Si elle restait coincée dans le creux du sol ou si le creux n'était pas assez large pour respecter la dilatation du bois, le travail était nul.

Je pris un véritable plaisir à concevoir le mécanisme. Je n'avais plus eu le loisir de créer quelque chose de "complexe" depuis un moment. Le matériel fourni restait précaire, mais au moins j'avais droit à du plus performant que ce que la forêt offrait. Puisque la fête battait son plein et que nous avancions à un rythme prometteur, je me présentai.

Puisque nous sommes dans le même bateau, autant savoir s'éviter les surnoms. Vous pouvez m'appeler Leonardo, et je n'ai rien contre le tutoiement tant que le propos reste courtois.

Puisque vous ne semblez pas être des pirates, on peut sans doute s'arranger pour rendre ce voyage aussi agréable que possible.

Je dois traverser la route des tous les périls et rejoindre Water Seven, mais j'ai vu dans un livre illustré une carte qui me montrait que la route, périlleuse ou pas, allait être longue. L'un de vous peut-il m'aider à atteindre cet endroit sans perdre mon temps à toutes les escales? Je ne promets pas d'argent en échange, mais un service en valant un autre, je saurai m'acquitter du soutien apporté.
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Re: Destination: Loguetown !

Message par Lou le Ven 3 Sep - 12:48

Tant qu'à s'faire embarquer dans un bourbier puant, autant y'aller des deux panards !

Me v'la en train de d'voir taper l'boulot du mandaï, option portage de planche et réparation gratos. J'ai pas trop compris comment on en est arrivé là, mais c'qu'est sure, c'est qu'on a pas eu le choix !

Jacko la farce, qu'apparemment a un nom, a pris la pose genre "Je pense, regardez-moi" et nous a pondu un bazar pas possible... Deux trois scraboutchas sur un papelard et hop! Le voilà qui nous sort les plans L'Oro Jackson le pey!

S'en suit un exposé sur les quoi, comment, qui. Et là ça coince! Je pige quedalle ! Le Jacko m'balance des noms pas possibles, me parle de branle et d'ornière... Je fais oui oui, le regard concentré, mais je connecte pas pour un kopek mon couillon !

Tout ce que je sais c'est qu'on doit réparer un porte, et rapidos !

Alors m'voila en train de devoir "fixer un chant de branle"... Mais qu'est-ce que c'est que ce truc! Ça parait cradasse pour sûr!

Notre autre copain risque pas d'm'aider. Je l'mire, qui fait genre "j'fais des trucs" mais on m'la fait pas à moi coco! L'en fout pas une le bougre! Voyant l'soleil qui va bientôt s'pointer, Jacko qu'est occupé à tripoter à des ... petits machins (j'me demande si c'type torture pas des insectes en fait) et l'bazar qu'avance pas, j'me décide enfin à faire les choses! Dans mon style!

Un clin d'oeil entendu à mes deux compère, et j'me carapate ! Une deux, une deux!

Il reste quoi avant que le soleil se lève ? 2 heures au mieux j'pense!

C'est suffisant pour me trouver ce qu'il faut!

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Re: Destination: Loguetown !

Message par Enarik Santa le Mer 8 Sep - 0:33

La tournure que prenait la situation était loin d'être aussi catastrophique que je l'avais prévu un court instant. Le capitaine avait obtempéré devant la finesse, peut-être même la justesse, de mes arguments. Obtempéré à sa manière bien sûr; il n'avait pas abandonné toute méfiance et ne s'était pas découvert un sens de l'hospitalité subit devant de tels ronds de jambes. Mais c'était un bon début. Nous étions donc embarqués pour un test capital qui devait nous permettre de valider notre billet pour le grand voyage, voyage vers je ne savais où d'ailleurs.

Dans le fond, il fallait bien l'admettre, je ne sentais pas une indicible envie de me décarcasser gagner chaque fibre de mon corps, malgré le contexte plus que préoccupant. En outre, je ne savais pas franchement comment m'y prendre. Mais les instructions communiquées par mon hypothétique futur collègue de traversée suffirent à me guider dans ma tâche. Je m'activais donc pendant un bon moment en silence, avec le sensation de fournir un travail satisfaisant, même si la pratique me manquait un peu. Après un temps d'adaptation et quelques tâtonnements, je réussis donc à incorporer un certain nombre de verrou en les répartissant équitablement sur toute la hauteur du bois, avant de m'attaquer à la manette qui devrait supporter les charges lourdes et finir de renforcer l'édifice.

Comme les bonnes nouvelles aussi n'arrivaient pas seules, ce cher Mécano se fendit, une fois l'atelier menuiserie sur la bonne voie, d'une présentation digne de la personnalité qu'il dégageait au premier abord; le ton n'était pas devenu franchement convivial, le bonhomme ne surjouait ni en sourires ni en bonté, mais la proposition restait encourageante. Les termes de la cohabitation n'avaient rien de très originaux et ne me heurtaient en aucune façon - à vrai dire il tombait presque sous le sens - mais encore fallait-il les divulguer. De plus, Leo, car c'était là son nom, souhaitait rejoindre Grand Line, Water Seven même. Peut-être pourrions nous trouver un arrangement visant à cheminer pour la durée de ce trajet ensemble, puisque j'avais aussi pour objectif de mettre le plus de distance entre cette île et moi. Et comme mes notions en géographie demeuraient quasi-nulle, je n'avais aucun lieu précis où me rendre. Autant le suivre donc, puisqu'il donnait l'impression d'en avoir dans le ciboulot et de ne pas perdre le Nord.

Hin, il reste quand-même un petit grain de sable qui dérange...

Si je n'avais pas l'air d'un pirate et ne me définissait certainement pas comme un forban sans foi ni loi, nul doute que je ne tarderais pas à être considéré comme tel par les bureaux de la Marine. Se borner à ignorer ce fait avec entêtement n'y changerait rien, pas plus que de clamer vainement mon innocence. Que faire donc ? Jouer la carte de la franchise ? Le style "En avant pour une belle et grande amitié sans nuage au tableau". Je n'avais rien contre l'idée d'établir une relation de confiance, mais l'autre ne m'en avait pas inspiré des masses lors de notre toute premier échange. Le mieux restait encore de faire profil bas, comme d'habitude.

Les révélations détonantes repoussées à une date ultérieure donc. J'enchaînai sans laisser véritablement de temps mort, une fois que l'autre eut fini son petit discours.

Enarik, ou Rik comme il vous sied. Pour ma part, je me rend également sur Grand Line une entente me semble donc possible. Pour les détails, on va peut-être remettre ça à plus tard, on devrait d'abord finir de retaper cette porte au plus vite.

Après un petit silence je lançai un regard au benjamin du trio, mais manifestement il ne jugea pas utile de nous répondre. Mieux encore, il apporta une nouvelle fois une touche d'originalité dont je me serais bien passé à notre séance de travail en atelier improvisée.

A quoi il joue l'autre gusse ?

Vlà que le troisième larron se dérobait. Fâcheux. Bigrement fâcheux même car cela risquait de réduire à néant tout le travail accompli. Sous l'effet de la surprise, les gens ne réagissaient pas tous de la même façon. S'il venait l'envie à notre superviseur d'aller toucher deux mots de l'escapade du jeunot à son capitaine, cela allait devenir coton. J'aurais bien abandonné lâchement toute la charge et les responsabilités à mon autre compère moi aussi, mais ce n'était dans mon intérêt ni à court, ni à long terme.. De toute façon, notre travail portait à sa fin, se carapater maintenant ne suivait aucune logique. L'oiseau ne s'était sans doute envolé que pour mieux revenir au nid. Je restai donc assis là, dans l'expectative, attendant de jauger les autres et leurs réactions dans l'obscurité pour mieux aviser ensuite.
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Re: Destination: Loguetown !

Message par Lou le Jeu 16 Sep - 12:31


Et de sept!

L'était temps! J'ai cru qu'j'allais craquer! Pas qu'ça ai été difficile, ça non! Mais fastidieux ça pour sure!

J'avais pourtant r'pérer des piaules geule de craie, du genre isolées et sur l'effondrage! Mais faut croire qu'je suis pas encore au top question observation, parce que je me suis r'trouvé coursé par du citadin coléreux, et pas qu'une fois! Et jouer à chat avec mon chargement, c'tait pas l'éclate copain!

Ha oui! J'ai oublié d'baver le truc: J'tape des portes!

Mais ouais poto! J'te remet la balle au centre; on est obligé avec les deux autres gus de s'réparer une porte! Pas trop youpiyé ça fait pas un pet!

J'sentais venir l'impasse dans mon moi, clair ça sentait l'ognon! Sans oublier que j'avais la reflecture au point mort. Mais comme j'suis pas l'genre à m'laisser mourir (tuer par une porte! Arf! la dèche!) j'suis passer à l'action!

J'avais miré à mon débarquage plusieurs pâtés d'bicoques du genre bien croulant, et niveau d'occupation zéro! Et donc face au problème du port, m'a pas fallu mille ans pour t'odorer l'aubaine.

Et m'voilà avec tous les matos qu'il faut: sept portasses d'état délicieux. Et comme j'suis pas une truffe, j'ai tout pris, histoire de pas avoir l'air tarte! Tu l'crois ça poto?! J'me balade avec un sacré paquetage: Porte, le truc autour, et du mur qui collait au truc, et en sept exemplaires! Dingue!

Bon c'fut pas un parcours santé non plus! Parce que certaines des baraques, y avait des gens d'dans! Le genre pas trop heureux d'voir partir la façade en milieu d'nuit!

Alors j'ai cavalé mon cochon! Avec tout l'bastringue!

Mais Lou tu peux pas test !

Et m'voilà qui pose le panard sur le pavé mouillu du port. Le grand Brillant est pas encore levé, j'arrive à point! Toujours le pif en fête des pures odeurs de la flotte! c'est plaisir ça! J'me sens bien là, j'ai accompli un truc!

En approche du chantier, j'mire que la situation a pris racine. Léo la pierre dresse toujours des puces, tandis que l'Homme mystère fait semblant d'se crever. Comme mon cadeau est plutôt bruyant, salissant et vachement impressionnant, les deux zigs tardent pas à braquer leurs soucoupes vers ma trogne, et j'peux y voir que j'suis fort.

Ce coup là ils l'attendaient pas et c'est écrit au milieu de leur tronche!

J'dépose négligemment mon brol usr l'plancher et j'te les alpague:


"J'vous apporte des portes!"

Arf elle est vraiment bonne celle-là, j'l'avais préparée !

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Re: Destination: Loguetown !

Message par Leo Sinelli le Lun 20 Sep - 5:52

Enarik s'était bien présenté, et savoir que Grande Line ne lui faisait pas peur me soulageait. Je ne lui demandai pas ce qu'il comptait y faire, non seulement je m'en fichais, mais en plus il avait raison, nous devions nous atteler à finir la porte avant le lever du jour. Pouvais-je parler en travaillant de petits objets tout en étant certain de ne pas me tromper dans ce que je faisais? Je n'en n'étais pas sûr, jamais essayé. Il faudrait y songer un jour, mais pas sur quelque chose qui risque de me laisser sur le quai. j'étais presque trop impatient pour le travail à faire. Comme le troisième membre nous avait faussé compagnie, je m'étais chargé d'ajuster le support du mécanisme et de tout ce que j'aurais espérer qu'il fasse. Enarik m'aida à remplir la liste de tâches dressée pour Lou toujours absent. Avais-je prévu de pouvoir remplir le contrat à temps malgré son absence? Oui. Avais-je prévu de remplir le contrat à temps si j'étais seul? Non. Ayant accepté l'équipe, je comptais sur au moins deux demi-hommes pour m'aider, par chance Enarik était un homme complet.

Peu avant les finalisation, le plus costaud d'entre nous revint, l'expression fière, le bon mot au bord des lèvres et une porte pour chaque jour de la semaine sur le dos. Je restai immobile un instant. Dans quel monde pouvait bien vivre cet être? Je lui avais réservé les tâches les plus physiques et surtout les moins intellectuelles, et en toute réponse il avait apporté sept portes alors que nous étions déjà courts pour en replacer une. Le problème n'était pas l'objet, mais ses attaches, on s'en fichait d'avoir une porte plus solide ce qu'il nous fallait c'était un moyen qu'elle ne se décroche plus après un coup du gorille qui allait devenir notre Capitaine.

Alors que j'aurais du laisser parler ma déception et signaler au primaire l'inutilité de son geste, je masquai mon scepticisme. Icare n'était pas fait du bois de construction. Les grosses planches en bois, qu'elles aient une poignée ou non, il devait trouver son compte en les alignant et en les cassant d'un coup net du tranchant de la main, du coude ou de la mâchoire. Cette pensée me mena à une conclusion plutôt fairplay, car je me voyais mal être à sa place et devoir briser des portes en un coup pour accomplir ma mission. Je ne pouvais pas faire de lui quelqu'un comme moi, et inversement. Que chacun fasse ce qu'il est capable de faire, c'était ma leçon du jour.

Bien, avec ces portes, nous pourrons nous permettre quelques échecs et préventions en cas de nouvelle effraction de "notre part".

Je demandai au membre physique de l'équipe de bien vouloir les placer dans la réserve, il faudrait que je les réajuste pour coller avec celle de base. Le travail terminé, je vérifiai l'ensemble de rouages masqués par un coffret en bois au-dessus de la porte. Je poussai d'abord la porte sans forcer, elle s'ouvrit sans que les courroies ne la retiennent. Je refermai, puis tapai dedans du pied pour mimer l'humeur d'un Capitaine enragé. La force était bien moindre, mais le choc enclencha le mécanisme qui retint la porte dans son ouverture pour la ramener aussitôt. Je dus faire un pas en arrière, avant de se stabiliser, la plaque pivotante faisait quelques allées et venues, avec toujours moins de force grâce à l'absorption de l'énergie cinétique. Ca faisait une grosse porte de saloon mais sans sa jumelle.

Enarik ayant largement contribué au travail pour ce que j'en attendais, je lui laissai tester le levier anti-tempête et donner le prochain coup. Si la porte ne bougeait pas, et si on pouvait la redresser, il ne manquait plus que le tampon du Capitaine pour valider notre billet.
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Re: Destination: Loguetown !

Message par Enarik Santa le Lun 20 Sep - 10:27

La petite escapade du musclor du groupe n'avait finalement pas eu d'incidences regrettables. Frayeur gratuite mais sans suite. Tant mieux pour moi. Tant mieux pour l'autre simplet aussi car j'aurais mal digéré de me faire refuser mon ticket vers la belle vie des suites de ce que l'on qualifiera diplomatiquement d'excès de zèle de sa part. Tant mieux également pour notre leader d'atelier aussi après réflexion puisqu'il tenait à se rendre sur Grand Line. Sa réaction confirma d'ailleurs une fois de plus qu'il devait être réputé au pays des pinces sans rire, car sauf erreur de ma part, il prenait lui aussi sacrément sur sa personne pour ne pas souffler dans les bronches de notre benjamin. Tant mieux pour tout le monde, en fin de compte.

Tout rentrait donc dans l'ordre. Les planètes retrouvaient leur alignement. La vie reprenait son cours. Avec son lot de bonnes mais aussi de mauvaises surprises, pour qui aurait perdu à la roulette du destin mais ce n'était plus mon problème. Pour moi le plus dur était passé, j'avais chèrement acquis le droit de filer vers de meilleurs hospices. La nuit touchait à sa fin et verrait le jour lui succéder sans délai; le grand voyage nous tendait les bras. Ne restait donc qu'à procéder aux ultimes vérifications.

Léo y procéda avec soin, dispensant notre ouvrage de quelques coups pour s'assurer de sa solidité. Résultat concluant. Je devais aussi veiller à ce que le levier offrît le service demandé, puisque mon collègue de traversée m'y invitait, me remerciant sans doute ainsi à sa façon pour le travail accompli.

De mon point de vue, cela aurait plutôt été à moi de lui tirer mon chapeau. Tiré de sa vie tranquille, ou pas d'ailleurs, par mon irruption pas franchement amicale, puis invité avec un manque certain de tact pour ne pas dire plus à monter à bord, il nous avait néanmoins dressé un plan de travail des plus efficaces pour nous sortir du pétrin, acceptant ainsi de faire valoir une certaine cohésion d'équipe que j'avais proposé d'instaurer.

Il ne restait donc plus qu'à voir si mon application au travail avait elle aussi porté ses fruits.

Moment de vérité mon vieux. Si je me suis foiré, l'ambiance sera sympa pour le p'ti déj tout à l'heure...

Pression sur le levier pour l'abaisser. La porte coulissa, pour venir se ranger dans le sillon prévu à cet effet. Une vérification s'imposait pour s'assurer que le mécanisme était sans faille; je remontai le levier. L'édifice de bois revint à sa position d'origine.

Après un second va-et-vient conclu sans accroc, j'en conclus que nous avions réussi notre pari. Sans être plus pessimiste de nature que cela, je ne m'attendais absolument pas à obtenir un résultat si brillant. Mais c'était bon à prendre étant donné le contexte. Soulagé, comme probablement mes deux acolytes, je lâchai un petit sifflement admiratif pour masquer ma surprise et faire office de réponse à la question non formulée par Lou et Léo concernant notre degré de réussite. Nos efforts combinés, ou à tout le moins la bonne volonté de chacun, avaient finalement fructifié.

Hin, la belle équipe...Bon c'est pas le moment de jouer les aigris.

Je vais prévenir le capitaine, fis-je après un bref regard vers les deux autres, bien que le jour ne pointât pas encore.

Car si l'on pouvait lever l'ancre au plus vite, cela ne serait évidemment pas pour me déplaire, ma situation ici portant nettement plus sur la figue que sur le raisin. En quelques pas, j'arrivai dans la pièce, ôtant du même coup mon chapeau pour le principe. Afin aussi que l'autre ne pût rien me reprocher en dépit de son éthylisme prononcé qui le rendait peut-être plus susceptible.

Monsieur, si vous voulez bien vous donnez la peine...

D'un bras j'invitai le colosse à venir juger de lui-même la qualité de notre travail. Sauf imprévu, notre barbu et non moins attendrissant Capitaine nous donnerait son accord pour être du voyage. Et sauf cataclysme express, séisme de dernière minute ou autre incident majeur du même cru, rien alors ne saurait plus retarder notre départ.
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Re: Destination: Loguetown !

Message par PNJ OPR le Mer 22 Sep - 19:07

Il aurait fait un merveilleux feu d'artifices cet Albatros, tant l'air de la salle-à-boire ondulait sous les effluves d'alcool. Le Capitaine, modèle d'ébriété pour ses hommes, avait parié qu'il pourrait boire trois fois son poids avant le lever du soleil. Le soleil se levait bigrement tôt dans la région, et qu'il avait été trop saoul pour mentir sur sa masse ce bon Capitaine aux joues pourpres. On ne savait pas vraiment ce qu'ils fêtaient mais ce qui était sûr c'est qu'il le fêtaient bien, il y avait au sein du navire de quoi lessiver tout un village de mineurs et mis à part Seth plus personne ne percevait le temps qui défilait. Pour les sur-hydratés, c'était l'heure de l'histoire avant d'aller vomir. Chacun son tour prenait la peine de se lever, exploit déjà notable en soi, et de narre rune anecdote qui pouvait ou non exister mais avec laquelle chacun semblait d'accord. De temps en temps, comme pour pimenter un peu le récit, un des membres de l'équipage ajoutait un détail qu'il tenait pour authentique, même s'il n'avait rien d'un témoin du récit. Le conteur en tenait compte et appuyait chaque intervention, ce qui avait un effet terriblement démystifiant pour tout spectateur en pleine possession de ses esprits.

L'histoire la plus loufoque demeurait encore celle du bon Capitaine, qui la barbe trempée de boisson racontait qu'un jour il s'était terré sous trois mètres de sables pendant deux jours, puis trois après intervention extérieure, afin de surprendre les foutus pirates qui lui avaient piqué l'Albatros. L'île était minuscule et visible de toutes parts depuis la mer, il lui fallait donc congédier l'équipage et éloigner le navire de remplacement pour laisser ses voleurs accoster et commencer à chercher le faux trésor que sa fausse carte dans son vrai coffre fort indiquait. "Un véritable attrape couillons qui nous aura servi plus d'une fois à épingler un fils de Roger". C'est donc planqué comme une grosse palourde que le Capitaine aurait fini par attraper la jambe du plus gras d'entre eux et de s'en servir comme massue pour défaire par paquet de dix les 84 pirates qui l'avaient dérobé. Tous les superlatifs propres aux classiques histoires de tavernes y étaient. Le pied était si lourd qu'il transformait le sable en brume, le projectile vivant imitait le bruit du tonnerre en claquant malgré lui sur ses compagnons, le souffle du furieux inspirait leur rythme aux vagues, et tous aimaient sentir en l'anecdote de chacun les récits improbables mais séduisants d'un équipage composé de monstres.

Un être plus petit et plus sec tant dehors que dedans par rapport à la plupart des membres se fraya un chemin au milieu des vapeurs et gueules à rires pour informer de l'aboutissement des travaux.

Monsieur, si vous voulez bien vous donnez la peine...


L'apostrophé sursauta, écarquillant les yeux sur Enarik dont la présentation était irréprochable, et hurla pour couvrir les exclamations de tous ses hommes.

Rhaaaaaa, un clandestin! Buttez-moi ce cancrelat.


Comme un seul mille-pattes, tous les bras se tendirent vers l'entièreté du corps de Santa avec une armada inconfortable de pistolets armés.

Woh là non, le buttez pas, c'est langue de serpent.


Le lourd blondin s'appuya sur une épaule grasse d'un de ses gars puis sur la pauvre carcasse d'Enarik qui ne put que constater que le barbu n'avait pas menti sur ses 170 kilos.

Mon p'ti bifide. T'sais qu'j'vous avais oublié ? Z'auriez du vous joindre à la fête après avoir terminé. Alors, vous l'avez ma porte ?

Le colosse utilisa Enarik comme stabilisateur jusqu'à l'objet et le fixa avec des yeux grands ouverts.

J'la reconnais cette porte, c'est la mienne. Z'avez rien foutu ou quoi ? Ah non, mes zescuzes, la mienne elle était dix mètres plus loin.


D'un coup de poing vigoureux, l'entrée fut forcée jusqu'à tendre l'attache élastique de façon très au-delà du précédent coup. A nouveau, elle revint, mais cette fois nettement plus vite. Le Capitaine aux réflexes toujours au milieu de la beuverie n'anticipa pas du tout le retour du bois qui lui percuta de plein fouet le visage. Il bascula en arrière sous le choc et se tint le ney qui ne tarda pas à former un ruisseau de sang entre ses phalanges.

Ha ha ha ha, vous avez inventé la porte qui rend les coups, ça c'est du matos digne de l'Albatros. Seth, tu confirmes qu'ils ont bien bossé mes clandestins ?

Seth pris le temps d'avaler sa gorgée de soda, jeta un oeil global sur les trois ouvriers puis répondit d'un ton enthousiaste: Je confirme.

Bien, alors vous m'devez plus 500.000 Berrys. C'était quoi ton deal le persifleur ? Ah oui, une place et en échange je vous emmène. Toi le "costaud qui peut rivaliser avec tous mes gars", tu m'as l'air d'être un gars qui a besoin d'un boulot physique. Les patates ça doit te connaître j'me trompe ? Félicitations, t'es au service cuisine avec notre bon vieux Seth. Toi le "roi de la mécanique" j't'aurais bien mis à la charpente mais on est limite en surnombre de ce côté. Par contre, on a besoin d'un roi de la serpillère, tu penses pouvoir gouverner cette tâche ? Et enfin, toi mon petit reptile à la sifflante. J'espère que t'aimes bourrer autre chose que le mou, parce que tu vas apprendre à recharger un canon en un temps record. Ca va te faire drôle d'être avec des trucs qui ont aussi grande gueule que toi ha ha ha ha !

Réveillez les gars donc c'est le quart, on lève l'ancre. Toutes voiles vers Grande Line, on fait un dernier coucou à Rhumland et on reprend le boulot. On a un colis à livrer. Vous lez trois nouveaux, vous avez six heures de pause. Buvez, dormez, faites le tour du proprio si ça vous chante, mais à midi je vous veux au boulot.


HRP: On va continuer à poster ici jusqu'à votre arrivée à Revers Mountain donc c'est à vous. Wink
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Re: Destination: Loguetown !

Message par Leo Sinelli le Mar 28 Sep - 17:59

Constater que la porte résistait à la force de notre nouveau Capitaine m'avait presque procuré autant de satisfaction que de l'avoir vu se faire placer un knock down par son propre excès de puissance. Je ne savais pas combien de temps la courroie résisterait, mais elle tiendrait largement le temps de la traversée. J'avais dû faire avec les moyens du bord, ma construction était solide mais celui qui l'éprouvait n'était pas dans les normes, et le matériel était prévu pour servir les hommes pas les gorilles. Durant le voyage, je prendrais cinq minutes pour expliquer comment on change l'élastique, le levier ou la porte. Le mécanisme, lui, nécessitait des connaissances en mécanique, mais je l'avais suffisamment protégé pour que sa fiabilité de compte en années.

Le test réussi, je fus bombardé nettoyeur du navire. J'aurais pu le prendre comme une injure si le navire avait été mal entretenu, mais visiblement l'Albatros avait une grande valeur pour son équipage et en prendre soin me convenait, même si cela mettait de côté la plupart de mes talents et offrait au Capitaine le loisir de se payer ma tête. Je nettoyai bien vite dans mon esprit le gras de son humour qui se voulait pinçant et profitait de la pause pour étudier le bâtiment. J'avais dormi, je ne voulais pas boire et partager les histoires sans intérêt de l'équipage n'aurait rien d'une pause pour moi. Aussi je mémorisai la disposition des pièces et objets principaux dans chacune d'elle. Le travail de ménager allait avoir le net avantage de me permettre d'avoir accès à la plupart des locaux...et d'être seul. La compagnie des gens bruyants me lassait fort vite, et ici les gens étaient très bruyants.

A midi, l'ancre fut levée. Je me tenais à mon poste, un balai et des produits plein mon chariot. Il y avait un récipient d'eau savonneuse et un gros sac de sable. Ce dernier était là pour être semé dans les escaliers et la salle d'opération afin d'éviter qu'on y glisse. Comme les plantes médicinales que j'avais pris n'allaient plus être consommables, je les offris au médecin de bord et lui proposai de l'aider à préparer ses produits après mes heures de service. Je fis aussi doué de parole avec le charpentier dont les outils m'intéressaient au prêt et qui avait fort heureusement fort besoin de mon passage pour y voir clair sur son sol suffoquant sous les copeaux. L'équipage semblait aussi fraternel que professionnel, même ceux qui avaient bu à s'en faire exploser le foie étaient à leur tâche et ne souffraient d'aucune approximation. Ce parfum du travail me mis à l'aise et je me surpris un peu à être de très bonne humeur lors de ma tournée. Je profitai de l'heure du repas pour nettoyer le sol et les machines en cuisine où l'un de nous avait été muté. Le bruit de la cantine ne me dérangeait presque pas, je voyais à présent tous les marins comme de solides travailleurs qui avaient bien mérité de se détendre tant leur concentration avait été de mise durant leur quart. Quand le mien fut fini, je pris mon repas et emportai une bouteille de rhum pour les charpentiers. Arrivé chez eux, je leur offris la boisson de la détente et demandai si l'on pouvait me prêter les outils inutilisés et un bout de pièce afin que je sculpte le rondin que j'avais pris dans la forêt de Gemeylrum. On accepta sans trop de réticence, le travail effectué sur la porte ayant offert du crédit à notre soin. Je remerciai et me mis immédiatement au travail. Ce n'était pas un arc que j'allais tailler, ni des fléchettes en bois comme cela m'avait traversé l'esprit à un moment. Puisque nous faisons cap sur Grande Line, il me fallait fabriquer ma clef pour accéder au Gouvernement Mondial.

HJ: Je n'ai pas trop fait dans le détail parce que je ne peux pas jouer l'équipage ni prendre tous les renseignements que je veux sans accord d'un Guide. J'ai pris la liberté d'avoir le droit d'emprunter les outils mais ça se fait uniquement en présence de l'équipage. S'il faut que je modifie quelque chose, merci de me prévenir.
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Re: Destination: Loguetown !

Message par Enarik Santa le Ven 1 Oct - 18:43

Pour le coup, j'avais frôlé la correctionnelle, ou un lynchage dans les règles de l'art. Moi, un clandestin ? Plus aux dernières nouvelles. Il fallait mettre cet écart, et le reste aussi sans doute, sur le compte de l'alcool, raison pour laquelle je ne m'offusquai pas. De toute façon j'étais mal placé pour agir de la sorte. Après ce léger moment de flottement donc, les ultimes tests se conclurent par une bise fraternelle entre le capitaine et sa chère moitié de bois, scène à laquelle j'assistai depuis les premières loges, ayant eu l'insigne honneur de servir d'accoudoir au colosse un instant plus tôt.

Je ne savais pas trop si c'était la conséquence de ladite bise ou autre, mais le capitaine se mit à m'affubler de surnoms reptiliens qui eurent au moins le mérite de me confirmer que mon plaidoyer avait été convainquant. Comme en écho à cette pensée, le capitaine nous gratifia chacun d'une tâche pour le voyage à venir.

Hmm, canonnier ? Ma foi, pourquoi pas.

D'un point de vue intérêt, je m'en tirai à meilleur compte que mes collègues, assignés l'un aux corvées de patates et l'autre au nettoyage. D'un autre côté, à entendre le gaillard se fendre la poire comme ça, le boulot allait manifestement pas être de tout repos. Et à ce niveau, il risquait d'y avoir incompatibilité singulière entre cet aspect de mon travail et ma nonchalance naturelle. J'accueillis donc la nouvelle sans enthousiasme particulier, mais sans manifester non plus de réelle contrariété.

Six heures devant nous avant de passer à la pratique. La visite des lieux attendrait, j'avais autrement plus important à faire pour occuper mon temps d'ici là. Dormir. La suite s'annonçant mouvementée, voire particulièrement speedante, prendre un peu de sommeil ne serait donc pas de trop. Je n'eus pas de mal à trouver un coin de repos, prenant place là ou un certain nombre de matelots se réveillaient, ceux-là même qui devaient prendre leur quart maintenant. Après un bref signe de tête aux quelques presque dormeurs que je croisai et qui me dévisageaient avec surprise - sans doute ces gars-là n'étaient-ils pas encore au courant que le patron avait embauché ferme cette nuit - je m'installai pour le roupillon qui devait me mener jusqu'à midi et mes grands débuts sur l'Albatros. Sans faire de manières, ni manifester d'embarras ou de gêne. J'avais acquis mon statut de matelot pour la traversée auprès du boss, ma présence se justifiait donc sans peine. Les quelques regards à la détournée qui me visaient n'y changeraient rien. De toute façon, si ces gars avaient un tant soit peu de jugeote, ils comprendraient bientôt que je n'étais pas d'un naturel contrariant. Pas très conciliant ou extraverti non plus, certes, il fallait pas s'attendre à des miracles non plus, mais supportable.

Boarf, l'un dans l'autre, ça devrait bien se passer...

Sur cette dernière pensée, je plongeai dans mon sommeil, enfoncé dans un hamac fixé comme de nombreux autres un peu à l'emporte pièce, pour les quelques heures suivantes.

[...]

Midi arriva bien vite. Mais ces quelques heures de repos furent bénéfiques. La fatigue, dissipée. L'humeur peut-être même un chouilla meilleure qu'à l'accoutumée. Je m'étais même levé légèrement en avance histoire de ne pas manquer mes débuts d'une part, et même pour essayer d'arriver en avance à mon poste et marquer de la sorte un certain entrain pour la tâche qui m'incombait désormais. J'arrivai donc sur la dunette environ un quart d'heure avant l'horaire imposé, et après un bref salut à celui qui tenait la barre, me présentai au niveau des pièces d'artilleries, au nombre de quatre, sur lesquelles veillaient soigneusement deux matelots. L'un presque géant, l'autre au contraire plus tassé; les deux bougrement costauds, rien d'étonnant puisque c'était semblait-il la condition sine qua non à l'admission sur l'Albatros, nos cas particuliers exceptés.

-Manifestement, je vais bosser avec vous les gars. Le capitaine m'a assigné à l'emploi des canons.

Pas de réponse, mais leurs deux paires d'yeux me lorgnaient.

...Expliquez-moi ce que j'ai à savoir, j'ferai de mon mieux pour prendre le coup de main au plus vite.

Allez, que l'aventure commence...
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Re: Destination: Loguetown !

Message par Lou le Dim 3 Oct - 12:35

Un homme apparait dans l'embrasure de la porte. La lumière de l'extérieur l'entoure d'un allo lumineux qui met en valeur sa prestance. Debout sur le plancher, sa stature impressionne tant elle est solide. Il réside là, et une impression de force tranquille, d'intense charisme et de charme frappe tous ceux qui l'observent. Cette homme c'est...

"Qu'est-ce que tu marmonnes?..."


Arf! Même pas l'occaz de laisser zoner ma carte mère dans les hauteurs, qu'ma bonne potine le réalité, et mon nouveau poto Seth, me ramène à mon nouveau statut: le Great Lou Cook!

C'est moi, le roi de la patate! J'te sers de la patate comme tu l'sens: en sauce, en ragout, en steak, en...


"Bon tu les pèles ces patates?!"

... le roi de la patate quoi...
Faut c'qui faut, et puis j'peux pas partir découvrir l'monde en passant mes jours à distribuer du gros pain! J'suis dans la motivation! J'vois cette descente au four comme une occaz de d'venir un type meilleur, avec plusieurs cordes à son... avec pleins d'cordes!

Le gus qui m'gère (pas possible) s'appelle Seth, et c'est pas un trou d'fondement. J'dirais même qu'il est plutôt paisible, genre sympa, pèpère, avec d'la compréhension, toussa.

L'zig m'a donné des boulots faciles, mais du genre qui fatiguent. Moi j'marche.

J'me d'mande comment s'en sortent les deux aut'piafs ? J'les ai pas encore mirés, les cuistots bouffent pas en même temps qu'le reste d'la nichée. S'en sortiront, et puis pour être vrai, j'm'en tamponne l'ami!

Mais l'Seth s'active, faut en faire autant. Encore 12 fois 12 fois 12 plus 4 patates à peler.


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Re: Destination: Loguetown !

Message par PNJ OPR le Mer 6 Oct - 19:55

Avec tout le liquide que l'équipage avait bu, d'accord l'Albatros était plus léger mais il y avait quasi pénurie de personnelle pour lui tripoter les manoeuvres. En effectif réduit, Leo avait de quoi s'amuser dans ces couloirs jonchés de cadavres ronflants encore plus décoratifs que des plantes vertes, même s'il fallait aimer le genre. Ce qui est sûr, c'est qu'ils ne sentaient pas la lavande, et la javel du commis de torchon avait beau faire oublier les traces de vomi en flaques et flasques renversées, les corps continuaient de diffuser leur brise dans toutes les pièces sans circulation d'air.

Les charpentiers acceptèrent le discret Leo qui ne parlait jamais pour meubler un blanc. Le vieil Emile, qu'on appelait "le vioc" ou "le sapin" tellement il était âgé, laissa le loisir à Leo d'utiliser ses outils tant que c'était sur son établi et qu'il remettait tout en place. Emile était curieux, il voulait savoir ce que préparait le nouveau avec la fougue d'un enfant de setp ans.

Allez, si tu me dis ce que tu fais, je t'apprends à le tailler. Parce que t'as de la technique, j'en conviens, mais t'as pas les trucs et astuces du vieil Emile.


Du côté d'Enarik, ça enchaînait les boutefeux. Les deux marins, pas taiseux pour deux berrys, ponctuaient les tirs de questions et anecdotes. Webley et Scott, les frères Grenaille, passionnés par la dissipation à la shrapnel des foules récalcitrantes, montraient toutes les étapes de recharge de pièce et surtout le timing qu'il fallait pour que chaque canon soit prêt en même temps. Quand Enarik avait fini de remplir les étapes, il devait ouvrir grand la bouche en entendant "Boutefeux!" afin de préserver ses tympans de la détonation. L'ambiance était très détendue, mais en situation réelle, le stress accumulé par les servants de pièce pouvait leur faire rater une manoeuvre, et compromettre un précieux tir qui pourrait faire la différence. Les Grenaille montraient comme des trophées la grêle de cicatrice sur leurs bras et leur torse. De bons souvenirs de sabords éclatés par des tirs opposés, une vraie journée mémorable sous les ordres du Capitaine Bully.

Not' boss c'est une machine à décibels, il gueule même en dormant j'te jure. Mais au moins on sait qu'il est toujours sur le navire. C'est un putain de monstre quand il utilise son fruit.

Hey Webley, j'sais pas si t'es censé dire aux nouveaux qu'notre bon Capitaine a bouffé un fruit du démon de type Zoan.

Ouais t'as raison, faut toujours que j'en dise trop.


La table de la cuisine était bourrée de grands gobelets en cartons vidés puis farcis aux épluchures. Tandis que Lou partait prendre les patates, les champignons, les oignons, les fruits, les grosses carcasses de viande, Seth faisait des allers et retours entre la table de cuisine et la pompe à soda. Quand Lou n'était pas là, il chantonnait avec le nez une ballade assez douce, et quand Lou revenait, il sirotait comme les vieux fument la pipe en lançant quelques phrases par ci par là. Ses phrases étaient courtes mais prononcées lentement, un peu comme s'il n'employait pas sa langue maternelle.

Bluuuuuuuuuuuurp !

Ah oui, il rotait aussi, il rotait souvent. Tout le gaz qu'il ingurgitait devait bien ressortir, et c'était encore la plus agréable des cavités pour qui était à proximité. Chaque renvoi était fait avec science, il ne s'agissait pas de simplement évacuer, mais de le faire avec un maximum de bruit. Seth se faisait souvent crier dessus par le chef Coq qui perdait le fil de ses idées à chaque interruption de l'éplucheur, mais Seth ignorait totalement toute remarque extérieure et continuait de se focaliser sur les pelures et le bruit de ses renvois.

On a assez de patates, viens on va se prendre quelques réserves de boisson, faut qu'on aille sonner le chant du Coq dans les pièces pour que tout le monde mange.


Seth remplit plusieurs gobelets et partit en inspection. Dans le couloir, deux cachalots échoués. Il les réveilla en sursaut en leur lâchant au bord de leurs oreilles un rot caverneux aussi effrayant qu'un rugissement de fauve.

Bordel Seth, arrête de faire ça, en plus ça schlingue l'orange chimique ton truc.

Hé hé hé hé, faut manger. C'est l'heure.


Ca va, on arrive. Mais ne fais plus jamais ça, j'me suis pas éloigné des canons des deux tarés pour me faire réveiller par un 36 livres ambulant.

Seth repartit en souriant. Il reprit quelques gorgées avant l'inspection suivante, la réserve de nourriture, mais il adressa un mot dans une intonation pour le moins optimiste à Lou qui avait aussi des cartons plein les mains.

Allez, à toi de faire le chant du Coq, hé hé hé.
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Re: Destination: Loguetown !

Message par Enarik Santa le Lun 11 Oct - 21:06

La pratique consistait en quelques points précis qu'il me fallut vite assimiler. Dans un premier lieu, déposer la gargousse de poudre au fond du tube, puis y ajouter le boulet. Ensuite, bouchonner le tout. Puis crever l'enveloppe de poudre et en déposer une petite quantité par la lumière, destinée à allumer la charge. Enfin, le traditionnel "Boutefeu" venait annoncer le tir qui suivait sans tarder. Ce véritable rituel pour tout canonnier qui se respectait se ponctuait par le nettoyage du fût, lequel ne devait évidemment pas finir obstrué par les débris amassés, et ce afin d'éviter toute mauvaise surprise.

Au fil des heures, j'acquis une maîtrise relative, qui me satisfît amplement, n'ayant pas la prétention de passer expert en la matière en une simple journée. Mais du fait de cette réussite, la séance fut plus agréable que dans mes prévisions initiales. Bien sûr, les Grenaille avaient un défaut de taille, leur inusable salive. Mais finalement, ils pimentaient bien mon entraînement avec leurs débats et anecdotes. Dès que l'un se taisait, l'autre prenait le relai. Je ne me fendais que rarement de quelques mots sortant du cadre de mon apprentissage, participant de loin à leurs conversations. Suffisamment pour montrer que j'y apportais un certain intérêt, mais pas trop cependant car peu envieux de les relancer quand les moulins à paroles se tarissaient, et de toute manière pas non plus assez doué dans l'exercice pour intervenir à propos tout le temps. Au final, ils n'étaient pas difficiles ces gars, de bons marins en somme. S'accommodant rapidement de mon côté détaché, ils se lançaient de toute façon souvent dans des échanges verbaux relevés où je n'avais pas mon mot à dire.

A parler franchement, je préférais nettement me concentrer sur ma tâche, les corps de Webley et Scott marqués des stigmates de l'usage de ses engins de guerre étant là pour m'en rappeler la dangerosité. L'un dans l'autre, je ne m'en tirais pas à trop mauvais compte, me pliant aux directives des deux autres sans rechigner, conscient qu'ils s'y connaissaient bien dans leur domaine, même si l'on pouvait les suspecter d'avoir laissé une case ou deux dans la bataille au fil des années tant leurs exposés sur la manière de "foutre le pétard" ou "d'allumer une bonne mèche" laissaient supposer un certain déséquilibre mental.

La conversation finit par dériver vers un point plus particulièrement intéressant que le reste. Pas que les explications endiablées sur comment différencier un canon 16 livres d'un canon 24 livres au premier coup d'oeil ne fussent pas prenantes, non. Mais là, les langues bien pendues des frangins Grenaille venaient de m'en apprendre une bonne : le capitaine, Billy de son petit nom, était le possesseur d'un Fruit du Démon, ces fruits mythiques dont mon scepticisme m'avait longtemps poussé à refuser l'existence sans preuve avérée.

Pour une fois que j'avais l'occasion d'en apprendre un peu plus à ce propos, je ne me fis pas prier. Quelques explications sur le sujet ne seraient pas de trop, étant donné que nous nous rendions probablement vers un coin du monde où il valait mieux se tenir au courant de ce genre de petites infos. D'un ton qui se voulait aussi naturel et neutre qu'à l'accoutumée, je lançai au duo :

-Ah, et alors, ça fait quoi exactement un Fruit du démon ? Qu'est ce qu'il se passe quand il l'utilise ?

Au même moment, on vint nous prévenir que le repas était prêt. L'occasion entre autre de juger des qualités du jeune loubard reconverti apprenti cuistot. Je suivis vers le coin bouffe les deux frangins qui, pour commencer à les connaitre, ne se feraient sûrement pas prier pour me fournir de plus amples détails.

J'aurais p'tetre même des nouvelles des deux autres, tiens...en tout cas y'a pas à dire, les traversées en haute mers peuvent s'avérer enrichissantes.


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Re: Destination: Loguetown !

Message par Lou le Ven 15 Oct - 12:54

Faut savoir un truc les potos: quand t'es un chiare lâché dans Déchetville, avec même pas une échoppe qu'mérite d'être pillée, t'en viens vite à crever l'temps en mode pèpère glandu avec du jeu bien crapax! Et chez les gamins, le concours "d'qui fait l'plus de son avec le bec" est un must!

Alors t'imagine ma trogne quand j'entend l'Seth qu'fait résonner son conduit du mangé en mode Crapaud-Lion! J'dois dire, le gus a du niveau et d'la pratique, pour sûr: ça pousse l'respect tant d'discipline ! Mais l'plus impressionnant, c'est qu'bonhomme à tirer d'je n'sais où une tech ultime, à savoir l'odorama !

Mais revenons au taf: J'ai causé d'la patate, parce qu'ça m'chauffe, mais y a pleins d'autres bouffes! Des machins fendards à la gueule pas ragoutante mais qu'sentent bons en soupe, genre viandasses, têtes à pied, fruits verts, rouges, bleus. Tout ça repose pèpère dans d'la caissette, et devine qui porte ?! C'tait pas vraiment une question poto!

Et m'vla les pattes qui gliglinguent, la faute au chargement d'picole à bulles qu'j'me trimballe. En tête de groupe, le gros Seth, qui t'balance de la bombasse sonnante et odorante pour tinter la cloche du r'pas... J'doute qu'son art pousse à l'appétit, mais moi ça m'fait bidonner !

Puis l'grand moment! L'Seth me mire, on est d'vant un vieille porte en bois, et m'lance:


Allez, à toi de faire le chant du Coq, hé hé hé.


Arf, y veut test! On m'la fait pas à moi, s'tu veux voir Lou en action, Lou répond!

J'fais gaffe à y mettre les formes: d'un bras, j'pose deux caisses pour en garder qu'une. Avec mes entre-pattes droites, j'choppe quatre sodas, et j'lance la caisse en l'air! Tu l'crois ça ?

Un temps, quinze mouvements, j't'avale le contenu des bouteilles, qu'j'balance. La caisse retombe pile sur la patte gauche, j'la temporise et :


BBBHHHRRROUUUUUUUAOUAOUAOUAOUAOUAOAUAOUAouaouaouaouaouaoaouaouaouaouaoau


Le silence, pas une mouche qui pète, juste les bouteilles qui vibrent comme des pucelles.


J'te mate le Seth:

Facile pour Lou !


La bateau à l'air s'coué... Mon chant, c'tait pareil le même qu'le cri d'amour d'un roi des flottes !




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Re: Destination: Loguetown !

Message par PNJ OPR le Ven 29 Oct - 10:46

Webley et Scott donnèrent tant bien que mal des informations qui fuyaient malgré leur instruction de garder ça secret. La conversation entre les deux frères donnait quelque chose du genre:

"Le fruit du démon c'est un gros fruit tout moche qu'est pas très bon. Ca vient d'un arbre qui pousse dans l'eau.
- D'une algue donc.
- On sait pas si c'est une algue, ça donne des fruits les algues ?
- Oui puisque ça donne les fruits du démon.
- Toutes les algues donnent un fruit du démon ? Enfin soit, celui qui mange le machin il a un pouvoir, mais il ne sait pas lequel.
- Ce n'est pas un pouvoir, c'est une malédiction, on coule comme une pierre quand on en a mangé un.
- Oui, mais on a un fichu talent, genre résister à un tir direct de shrapnels.
- On n'est pas sûr qu'ils peuvent résister, on n'a jamais testé encore, mais c'est pour dire.
- Ouais, not' Capitaine Bully il a un fruit qui fait de lui un bestiaux, mais y'en a d'autres sortes. j'sais pas exactement lesquelles, mais c'est toujours un truc qui rend nerveux la Marine. Vu que ces fruits semblent issus de la mer, c'est bien entendu les pirates qui en ramassent le plus. "

Enarik ne put avoir plus de précision, la discussion dévia sur les cocktails de fruits pressés. De son côté, Seth était aux anges avec un serial rotteur en guise de partenaire. Ils firent le tour des couchettes avec du gaz plein l'oesophage et un concerto dans les graves pour l'ensemble des matelots. Le repas se passa bien, de même que le quart suivant. La nuit tomba bientôt et la salle de repos, à présent potable suite au passage de Leo, donna suite à un nouveau rassemblement, fort heureusement moins arrosé que le précédent. Les nuques grasses avaient troqué le sabre ou la bombarde contre des instruments de musique, des cartes, de la bière. L'atelier d'histoires plus ou moins authentiques continuait à battre son plein et Lou fit vite invité par Seth à en raconter une à l'équipage. Bully, enfermé dans sa cabine jusque là, finit par se joindre au groupe, un mondial en main. Il demanda le silence d'une frappe de paume contre une poutre qui prit dix ans d'un coup.

Les gars, on a une main d'oeuvre à deux millions à bord.


Bully montra la page du wanted's info affichant la trombine de Santa et du paquet de fric que sa capture représentait.

"Enarik Santa, condamné pour outrage à officier, représente un grand seuil de menace". Dis donc la vipère t'as troqué à un Commandant son pirate recherché contre le con de sa bourgeoise pour qu'on t'en veuille à ce point ? Un outrage à six zéro, j'espère que pour ce prix tu l'as forcé à regardé, Ha ha ha ha.

Bon, trève de blague. Le fric je m'en fous, mais je ne me rendrai jamais complice de piraterie en protégeant un pirate.


Bully regarda Enarik dans les yeux, puis l'avis de recherche. Il articula un "bha..." avec les lèvres et retira la page de son journal.

D'un autre côté, t'as un contrat avec moi. Je dois te mener à notre prochaine escale, et c'est pas une base de la Marine. Une fois à terre, si je vois un pirate à mon bord, je le livre à la Justice.

Et maintenant, reprenez la soirée. Demain on atteindra Revers Mountain.
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