Un nouveau départ

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Un nouveau départ

Message par Munin Théo le Lun 1 Fév - 1:14

Un nouveau départ


Par une morose aurore du doux mois d’avril, une âme sur le quai de l’île du karaté lit avec émotion, les quelques mots écrits sur la première page d’un ouvrage.

Le sentiment général est que, dans la vie, toute chose a un début et une fin. Je me permettrais d’exposer mon humble avis sur la question. Pour ma part, il y a effectivement un commencement à tout. Mais, ce que le sens commun qualifie de fin, je préfère le percevoir comme un nouveau départ. Un adieu n’est qu’un au revoir, adressé à notre destiné.

Réflexion d’un modeste vivant.


Après avoir lu cet incipit, Théo referma le journal de bord que lui avait offert sa mère Marie. Il leva les yeux pour croiser les regards des quelques personnes qui composaient son foyer depuis quatre ans. Il y avait Archi, le doyen des érudits de l’île et gardien de l’esprit du jeune homme. Le foyer était aussi composé d’Hugo et de Taijiu, tous deux instituteurs et bâtisseurs des facultés physiques de l’aventurier. Puis, Marie, génitrice et modèle du courage de l’adolescent et enfin, Lucie, l’ardente flamme de sa passion. Chacun de ces individus avait été une composante essentielle de la famille pendant quatre longs printemps.

Le cœur étreint par la tristesse, Théo se surprit à verser quelques larmes. *Qu’il est pénible de les quitter*, pensa-t-il. Derrière lui, une petite caravelle, éclairée par les quelques rayons qui traversaient la nue cendrée, était prête à appareiller. Cette dernière avait été baptisée Raven Wood lorsque Théo, jeune noble à l’époque, vivait encore à Ureana. La figure de proue arborait les traits de la tête d’un corbeau le bec clos et les deux passerelles, une de chaque côté, s’apparentaient à des ailes le long du navire. Cette caravelle avait une courte, mais pesante, histoire et ce désagréable départ viendrait à nouveau assombrir celle-ci.

Théo adressa quelques remerciements à son entourage. Puis, sans grande assurance, il se retourna et rejoignit lentement le pont supérieur de l’embarcation. Une fois à bord, il posa sur le bois une besace, contenant le journal de bord, de l’encre et des plumes. Ensuite, il déplia la grande voile. Puis, après un bref instant, il s’orienta face à l’assistance et, tout en approchant ses mains, pour former un cercle face à son visage, comme s’il désirait amplifier les sons qui s’apprêtaient à s’envoler de ses lèvres, il s’écria :

« Surtout, ne vous inquiétez ! Je reviendrai sain et sauf ! Ceci, n’est qu’un au revoir ! »

À ces mots, Marie et Lucie levèrent leur voile blanc et les agitèrent frénétiquement, de droite à gauche, en hurlant des promesses de retrouvailles. Archi laissa couler quelques goûtes salines, le longs des rides qui creusaient ses joues. Emplit de fierté, Taijiu salua son disciple d’un léger sourire. Quant à Hugo, la tête baissée et les bras croisés, il ne cilla point.

Quelques secondes, ou bien était-ce quelques minutes plus tard, le silence gagna le quai. On n’entendait plus que le bruit des marins chargeant leur vaisseau mélangé au son incessamment mélodieux des vagues. Les deux femmes stoppèrent les secousses frénétiques de leur bout de tissu et Archi arrêta ses pleures. Soudainement, Hugo releva la tête et s’esclaffa :

« HA ! HA ! HA ! HA ! Bougre d’âne ! Tu ne pourras jamais nous revenir, si tu ne pars pas ! Comment pourrait-on ne pas nous inquiéter, si tu ne sais même pas qu’il faut l’arguer les amarres ? HA ! HA ! HA ! »

Effectivement, le jeune aventurier avait oublié de défaire les cordages qui retenaient la caravelle au port. Créant ainsi, une situation des plus ridicules qu’il ait vécus. Brusqué par la honte, Théo se hâta de l’arguer les amarres et cette fois, la cérémonie fut de courte durée. Quelques minutes plus tard, l’île n’était plus qu’un point à l'horizon.

Désormais seul au milieu des flots et livré à lui-même, ainsi qu’à ses piètres connaissances en matière de navigation, l’aventurier en herbe leva la tête comme pour se rappeler la raison qui l’avait poussée à quitter les siens. Son expression faciale s’attrista davantage et l’on pouvait sentir un déluge de regrets le parcourir. Malgré cette tempête d’émotions, Théo ne versa pas une larme, sans doute, estima-t-il que les quelques goûtes, que pleurait le ciel grisâtre, suffiraient à apaiser le mal qui l’habitait. Lentement, il abaissa la tête et après un lent soupir, un murmure assassin s’échappa de ses lèvres. * Vengeance *. Rien ne semblait avoir été perturbé par ce susurrement imperceptible, rien excepté Théo. La vengeance était la raison, qui l’avait poussé à abandonner les personnes qu’il chérissait le plus et la cause de son malaise. Malgré l’amertume, il se devait de suivre la voie du châtiment. Seule la vengeance pourrait lui apporter satisfaction, ou du moins, le pensait-il. Soudain, ses sombres réflexions furent interrompues par de fugitifs battements d’ailes. Surprit, le garçon n’eut pas l’occasion d’apercevoir le ténébreux volatile.

Ayant récupérer toute son étonnement, le jeune homme sortit une boussole de sa sacoche droite, puis se dirigea vers la cabine, tout en prenant le temps de récupérer sa besace. Une fois à l’intérieur, il vida sa besace, découvrant le journal, les outils d’écriture, une carte de South blue et un guide pour enseigner les bases de la navigation. Après avoir consulté la carte, Théo décida de voguer vers l’ouest, où se trouvait l’île la plus proche. Le voyage aurait pu ne durer que trois heures, mais le manque d’expérience le fera naviguer jusqu’au crépuscule et comble de l’ironie, il ne mouillera pas au port souhaité.



À suivre…


Dernière édition par Munin Théo le Lun 1 Fév - 21:08, édité 1 fois
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