Zénith Ares, l'homme qui s'en prenait plein la gueule

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Message par Zénith Ares le Mar 13 Avr - 17:18

Zénith Ares, l'homme qui s'en prenait plein la gueule.


Sommaire :

-Présentation du joueur.
-Présentation du personnage
-Histoire

Présentation du Joueur

Age: 19 ans
Ce que vous aimez : Écrire, dessiner, Final Fantasy, les mangas en général, One Piece en particulier, Gundam Seed et 00, les musiques de films, le JdR, manger.
Ce que vous n'aimez pas : Le riz au lait, les choux de Bruxelles, les moules, les pruneaux et les avocats.
Première Impression : 404 page not found 1 divided by 0 error 512 512 512 512
Autres : Je suis fou.
Comment avez vous connu ce forum ? : Je vais très souvent sur le forum d'OPS même si je n'y suis pas inscrit. J'attendais de voir comment évoluait le fofo rp avant de m'y lancer.
J'ai longtemps hésité quand à la nature de mon perso. Moi qui joue d'habitude des persos burlesques et déjantés, j'avais là envie de jouer la carte du contraste avec le monde de One Piece et faire un personnage pas rigolo du tout. Je pense que vous n'aurez aucun mal à deviner quelle voie j'ai suivie.

Présentation du Personnage

Informations générales

Nom : Ares
Prénom : Zénith
Surnom : Le Damné
Âge : 21 ans
Race : Humain
Sexe : Masculin
Taille : 1m95
Poids : 93 kg
Peau : Blanche
Yeux : Rouges foncés
Cheveux : Bruns foncés
Origine : North Blue


Dernière édition par Zénith Ares le Jeu 17 Fév - 14:10, édité 36 fois
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Message par Zénith Ares le Mar 13 Avr - 17:19

Descriptions


Description Physique
Peu importe l'endroit d'où on regarde, Zénith Ares n'est que muscle et métal. N'ayant jamais eu le temps de faire quoi que ce soit d'autre que l'utiliser pour combattre, il a taillé son corps de telle manière que sa simple vue donne assez d'informations pour jauger sa force, réelle et palpable. Mais plus qu'un homme fort et endurant, on le devine alors sans aucun doute connaisseur des combats et des affrontements, ne pouvant rater les innombrables cicatrices qui ornent sa peau blanche. Rajoutons à cela les prothèses robotisées aux reflets d'acier qu'il arbore, remplaçant son bras gauche et sa jambe droite, et on peut sans problème affirmer que le gaillard en a vue des vertes et des pas mures devant lesquelles bien d'autres y seraient restés. Au final, piétinant une hypothétique souplesse, c'est une aura de vitalité qui émane de Zénith, comme si ce corps marqué ne pouvait s'effondrer quoi qu'il arrive. C'est un homme extrêmement robuste, et ça se voit. Toutefois, bien heureux celui qui parviendra à voir ce corps, constamment caché afin de ne pas dévoiler au monde la marque scarifiée dans sa longueur du symbole des Tenryuubitos, signe révélateur de son passé d'esclave.

Au niveau de la physionomie, le premier trait qui attire le regard est bien entendu la balafre qui s'étend de haut en bas sur le visage de Zénith, traversant un œil désormais scellé caché derrière un bandeau noir. Dommage, pourront se dire certaines, car l'homme aurait pu être plutôt beau garçon sans ce détail disgracieux. Perçant, l'œil gauche présente une teinte rouge tellement sombre qu'elle passe souvent pour noire, tout comme ses cheveux légèrement rebelles, accentuant un visage à l'air sauvage et indomptable, dont la couleur brune est trop souvent confondue avec la teinte de l'ébène. Se terminant par une mâchoire triangulaire et un fin menton, son visage n'a pas souvent ri ou souri et on peut sans peine le deviner, son propriétaire affichant rarement une mine réjouie, préférant garder un regard sérieux et impassible.

Habillé très simplement d'un kimono vert ou bleu foncé suivant les jours, Zénith se pose peu de question quant à sa tenue vestimentaire. Étant l'habitude qu'il prit auprès de son maître, il s'habille ainsi, mais ce n'est pas pour lui une obligation. Si les circonstances l'y mènent, changer de style ne lui posera pas de gros problèmes, il est habitué au changement.

Description mentale
Malgré son jeune âge, Zénith à déjà vu et subi bien des choses, et il ne faut pas croire que chaque événement tragique auquel il fut confronté se contenta de le rendre plus fort. Au contraire, après certaines expériences traumatisantes, il présente quelques faiblesse qu'il mettra encore du temps à faire disparaître.

Le bon point principal dans ce monde cruel de piraterie, c'est que de part son enfance, la mort est devenue pour lui un fait de tout les jours. Il a déjà tué, beaucoup tué, essentiellement des bêtes il est vrai mais également des pirates alors qu'il était marine et même quelques innocents villageois qui attentaient à sa vie. Ainsi, voir une personne mourir ou tuer quelqu'un de ses mains ne devraient sauf circonstances spéciales ne même pas l'émouvoir. A une exception près qui sont les enfants et plus particulièrement les petites filles. A noter également que si la vue du sang ne le dérange en temps normal pas, en voir en abus peut faire rejaillir des souvenirs douloureux qu'il préférerait garder loin de lui. Pour en revenir aux gamines, ces dernières ravivant un traumatisme important, il est très difficile pour lui de soutenir leur regard ou de les toucher, surtout si elles sont blondes.

A la vue de certains, Zénith pourrait paraître courageux, ne présentant plus les symptômes de la peur, mais il s'agit là plus que de son expérience que d'une quelconque capacité à surmonter sa terreur. Connaissant car les ayant subi bien des choses pouvant inspirer la crainte, il est normal pour lui de ne plus paniquer en leur présence, sachant tout simplement à quoi s'attendre. Dans un cas de figure inconnu, il lui serait tout à fait naturel de ressentir la peur, sans forcement il est vrai le montrer ouvertement.

Point notable, Zénith peut faire preuve d'une volonté sans faille dans un cas précis, à savoir lorsque sa propre vie est en danger. Pour toute autre situation, il peut certes montrer une ténacité certaine, mais son potentiel ne se révèle que pour survire. Développant ses instinct les plus primaires, il en vient à tirer de son corps la totalité de ses capacités, cela donnant parfois lieu sous le coup de la douleur ou l'épuisement à perte de raison, le ramenant à l'état de bête sauvage. Provoquant parfois des montées d'adrénalines extrêmes, ce genre d'expérience l'a souvent laissé à mi-chemin entre la vie et la mort, mais ont jusqu'alors tout de même permit sa survie.

Anciennement membre de la Marine, Zénith déserta les rangs de la Mouette par soucis de calme et de tranquillité et ne l'a en aucun cas quitté à cause de problème de valeurs. Bien au contraire, il soutient l'activité des militaires et détestant les pirates, du moins les plus cruels, au plus haut point il n'hésiterait pas à l'aider si l'occasion se présentait. Toutefois, s'il a beau porter la Marine dans son cœur, il a beaucoup de ressentiment envers le gouvernement mondial et sa représentation humaine que sont les nobles de Marijoa. Il les hait, tout simplement, condamnant leur attitude et par dessus tout le trafic et la notion même d'esclave.

Voyageant enfin librement, Zénith est dorénavant à la recherche de lignes de vie à étudier afin de construire la sienne, basée entre autres et pour l'instant sur quelques valeurs de l'honneur ainsi que la vie. Cherchant tout simplement une voie sure à laquelle se fier et en laquelle avoir une foi totale, il s'est persuadé qu'il était le seul à pouvoir se l'offrir et c'est pour cela qu'il tente de développer ce qu'il appelle pour l'heure « le Bushido de la Vie », appellation ridicule pour qui connait le code des samurais, mais pleine de sens pour le seul à qui cela s'adresse, à savoir lui-même. Étant passé à deux doigt de réussir son suicide, Zénith s'est depuis reprit et a compris que vivre lui était indispensable pour trouver les réponses à ses questions et continuer à créer son code, rejetant ainsi les fondements du véritable Bushido que son maître tenta de lui inculquer.

Pour ce qui est des relations qu'il entretient la majeure partie du temps avec autrui, c'est avant tout l'insensibilité qui domine. Pas de désintérêt ni même de mépris, bien au contraire, mais à par''t quelques exceptions, Zénith est peu touché par le malheur et la détresse de parfaits inconnus. Si l'on lui demande, c'est avec plaisir qu'il rendra service, son passé de Marine revenant à la surface, mais plus que les oppressés, ce sont les oppresseurs qui le feront réagir de lui-même. Qu'un homme souffre, peu importe, mais qu'un homme en fasse souffrir un autre, il ne le permet pas. Toutefois, paradoxe amusant ou inquiétant selon les points de vue, Zénith peut tuer des gens pour sa propre survie mais n'en aura jamais de remords, sa vie important plus que tout et persuadé qu'en aucun cas il ne pourrait être rangé du côté des méchants. Habituellement froid et distant, il s'avance rarement de son plein gré vers les autres, quand bien même il apprécie à sa juste valeur le contact humain. Ses réflexions étant son principal soucis, il ne supporte l'alcool ou tout autres substance à boire ou à fumer pouvant altérer ses sens et sa raison. N'étant pas du genre à rire, à chanter ou à danser, il n'est ce que l'on pourrait appeler un fêtard, quand bien même un changement sur ce point peut se faire rapidement. Pour finir, Zénith se posant sans cesse des questions pour tout et n'importe quoi, il vit constamment dans le doute et n'a aucune véritable certitude (c'est d'ailleurs pour trouver cette certitude qu'il voyage). Voyant dans chaque action une marge d'erreur, il répondra le plus souvent par des "probablement", "normalement" ou autres formules du genre là ou un oui serait largement accepté. Il faut dire ce qui est, il a terriblement peur de se tromper.

Capacité
Ayant usé et abusé du pouvoir guérisseur d'une sève spéciale, Zénith s'en est quelque peu imprégné et a désormais des capacités de régénération hors norme, quand bien même en deçà de l'effet du précieux liquide. Cela ne lui permet pas de faire repousser un membre où de reboucher un impact de balle en trois seconde, mais lui confère un avantage certain sur le moyen terme. Augmentant considérablement la coagulation, son organisme peut alors survivre à des hémorragies normalement mortelles. Ajoutée à sa constitution extrêmement robuste, cette capacité fait de Zénith un homme à la résistance effroyable pouvant survivre bien au delà de ce que devrait le permettre le corps humain. Toutefois, sa défense contre les infections, le poison ou la maladie n'est en rien augmenté et il y est aussi vulnérable que n'importe qui.


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Message par Zénith Ares le Mar 13 Avr - 17:22

Pour ceux qui ne souhaitent pas devoir lire tout ça (et je les comprends), un Résumé se trouve tout à la fin de l'histoire, après l'épilogue.

Histoire


Il était une fois un jeune garçon joyeux qui dansait et chantait tout les soirs avec ses parents et ses nombreux amis. Beau et déjà bien fort pour son âge, il rêvait de partir vivre avec sa gentille voisine, qui avait à peu près son âge, pour fonder un foyer dans un lieu paisible et fleuri. Après quelques années passées à étudier pour devenir médecin, il pu s'offrir la maison de ses rêves et se marier comme il l'avait souhaité. Heureux, il s'apprêtait à vivre une vie pleine de joie et de bonheur avec sa famille.

Cette présentation ne raconte pas son histoire.

Partie I : Survie


Prologue

« On dit que des fées viennent se pencher sur le berceau des nouveaux-nés. La mienne devait être bourrée. »

***
L'Île d'Akumu n'était pas vraiment connue comme étant un lieu réjouissant. Perdu dans North Blue, ce morceau de Terre présentait essentiellement de vastes plaines grisâtres d'où émergeaient parfois quelques collines rocheuses et arides. Il n'y avait de ce fait que deux villages sur un territoire qui aurait pu en accueillir bien plus, le terme village désignant alors plus une communauté réduite d'hommes et de femmes soudées par l'unique désir de survivre dans ces lieux désolés qu'autre chose. Ainsi, on ne pouvait pas dire que la venue d'un estomac supplémentaire était une bonne nouvelle et c'est pourquoi chaque grossesse était vu d'un très mauvais œil. Détesté et maudit avant même d'avoir vu la lumière du Soleil, Zénith pouvait déjà sentir planer sur lui l'ombre d'un destin peu sympathique. Toutefois, si Gin Ares abhorrait son fils, ce dernier ne tarda pas à résoudre le problème de la surpopulation qu'il impliquait. Volant à sa naissance la faible vie de sa mère, le bébé ne dut sa survie qu'à l'extrême tristesse de son père alors trop déprimé pour prendre le temps de se débarrasser de l'indésirable. Nommant l'enfant après un simple coup de tête vers l'astre solaire, Gin s'empressa de le maudire de nouveau avant de jeter tout son être dans l'alcool et la dépression.

Zénith grandit donc tout en étant détesté de tout son entourage. Chaque jour qui suivit sa naissance, son père renouvelait sa malédiction en lui disant qu'il le haïssait, lui qui avait tué celle qu'il aimait. Le subissant quotidiennement, ce rituel était quelque chose de naturel pour le jeune garçon, quand bien même il comprenait au fur et à mesure des années le caractère atypique du comportement de son père. Heureusement pour lui, son géniteur ne supportait pas de le voir et ne le retenait de ce fait pas à la maison, lui laissant l'occasion de découvrir le monde par lui-même. C'est ainsi qu'il finit par rencontrer fortuitement le fils du dirigeant du village, seul enfant de son âge. Se liant très vite d'amitié malgré les réticences de leurs parents respectifs, il grandirent et s'épanouirent ensemble de six à huit ans. Jusqu'aux huit ans de Zénith, plus exactement, où comme cadeau d'anniversaire son ami lui proposa d'aller jouer dans une partie interdite de la forêt, connaissant une entrée non-gardée.

Quelques heures après le coucher du soleil, on retrouvait les deux garçons au milieu des arbres, l'un d'eux étendu par terre un morceau de gorge arraché à coup de dents, l'autre debout à côté de lui un bout de chair sanguinolent dans la bouche.


Dernière édition par Zénith Ares le Lun 24 Mai - 4:15, édité 7 fois
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Message par Zénith Ares le Mer 14 Avr - 18:04

Chapitre 1. Infortune

Assis en tailleur sur le bord d'une falaise, un katana à la main, un jeune homme en kimono tentait de faire de l'ordre dans son esprit. Ses pensées étaient confuses, il ne savait plus quel chemin prendre, il ne savait plus quoi faire. Jamais il n'avait été dans un tel flou, un tel brouillard. Il ne parvenait plus à réfléchir. Des mots, des visages, des visions, tant de choses se bousculait dans sa tête. Par où devait-il commencer ??

"Le début... tout début..."

D'une voix grave et sinistre, l'homme venait de résoudre une partie de son problème. Il lui fallait tout revoir, tout se remémorer. Tout étudier, tout analyser... tout comprendre... et tout accepter. Remontant le flux de ses souvenirs, il revit un à un les évènements qui le menèrent jusqu'ici. Le début... le tout début. Le jour où sa vie avait brusquement basculée dans des ténèbres plus profondes encore que celles où il se trouvait alors. Ce jour... ses huit ans... la forêt...

***

"Taka, t'es bien sur qu'on craint rien ?? Elle fait peur cette forêt."

Marchant derrière son ami d'un pas peu rassuré, le petit Zénith jetait des regards anxieux partout autour de lui. Se retournant soudainement, le dénommé Taka offrit une horrible grimace à son compagnon, ce qui ne manqua pas de le faire sursauter. Gardant son faciès transformé, il répondit au trouillard, prenant alors une voix qui se voulait de monstre.

"Mouahahah !! Il y a plein de créatures mangeuses d'hommes ici, pauvre imbécile."

"Yaaaaaaaaah !!"

Reculant de quelques pas tout en hurlant, Zénith se serait probablement enfui s'il n'avait pas eu aussi peur de parcourir la forêt seul. Amusé par sa blague et son effet, Taka reprit son air habituel de gamin innocent. Rassurant le petit couard d'un rire, il continua.

"T'inquiète, même si ya des grosses bêtes, elle peuvent rien contre nous. On est des grands aventuriers ou pas ??"

Répondant d'un signe de tête par la positive, le petit Ares mit fin à la discussion et reprit la marche. Il était vrai que leur venue ici découlait de leur propre volonté, bien que Zénith fut un peu forcé par Taka. Une poignée d'heures plus tard, ils avaient déjà bien avancé au milieu de ce monde sauvage et inconnu lorsque le soleil prit sa teinte rougeâtre annonçant sa disparition prochaine. Le remarquant, le plus peureux des deux ne manqua pas de relever ce détail.

"Taka, Taka !! Il est vachement tard. Moi ça va aller avec mon père, mais le tien va surem..."

"Eh oh !! Ta gueule avec mon père !! Je peux jamais rien faire avec lui, alors merde !!"

Zénith savait parfaitement que son camarade allait réagir de cette façon, aussi ne s'offusqua-t-il pas d'être ainsi coupé. Cependant, il lui tenait vraiment à cœur de mettre l'accent sur l'heure tardive. Fort heureusement, après ce petit élan de grossièreté, Taka se pencha également sur la question.

"Mais bon... c'est vrai que j'ai pas envie de passer la nuit ici. On ira voir un autre coin la prochaine fois. On se rentre."

Répondant d'un simple hochement de tête approbateur, Zénith n'avait toutefois aucune envie de revenir une « prochaine fois ». Une seule visite lui avait suffit et il était plus que pressé de sortir de cette satanée forêt. Malheureusement pour lui, s'enfoncer dans un lieu inconnu et obscur était plus facile que d'en ressortir, aussi les deux enfants se perdirent-ils complètement. S'ils avaient beau fanfaronner les première minutes, s'exclamant haut et fort que ce n'était rien et qu'ils parviendraient sans problème à retrouver leur chemin, leur courage ou du moins le peu qu'ils en avaient s'évapora littéralement sous l'effet de l'obscurité et de la fatigue passé une heure à errer au hasard des arbres. Désormais rendus muets par l'effroi, les deux gamins avançaient collés l'un à l'autre, grelotant de peur et de froid. Finalement, conclurent-ils, venir ici était une très mauvaise idée. Mais malheureusement pour eux, la fraîcheur et l'ombre de la nuit n'allaient pas être leurs seuls problèmes.

Les épiant depuis quelques minutes, une créature attendait calmement le moment propice pour cueillir son repas du soir. Enfin, tandis que le sens principal des enfants, à savoir la vue, était devenu inutile, la bête semblable à un loup aux mouvements félins passa à l'attaque. Tout se passa très vite. Ne pouvant rien voir, le duo fut pris totalement au dépourvu. Cible principale, Zénith ne dut sa survie qu'à un extraordinaire réflexe qui le fit se jeter en arrière au moment où le prédateur se jetait sur lui. Sentant la mâchoire de l'animal se refermer sur sa main gauche et lui emporter deux de ses doigts, l'enfant ne pu s'empêcher de hurler. Résonnant à travers toute la forêt, son cri de douleur fut vite rejoint par l'expression toute aussi forte de la terreur de son ami. Toutefois, ce second hurlement ne tarda pas à disparaître dans un gargouillis écœurant, la bête ayant mit fin à cette nuisance sonore d'un vif coup de dents sur la gorge de Taka.

Ne pouvant prendre conscience de la situation, le survivant, à terre, sentit toutefois le meurtrier de son compagnon se ruer de nouveau vers lui. Sans trop savoir comment, le gamin parvint à bloquer l'attaque de l'animal en le saisissant au cou de toute la longueur de ses bras dans un geste alliant chance, instinct et adrénaline. Bien désireux de se libérer de l'étreinte de ce frêle petit humain, l'espèce de loup lui fit de nouveau sentir la douce caresse de ses crocs, les plantant dans sa chair, mordant l'insolente proie à l'épaule. Envahit par une douleur extrême, son opposant réussit tout de même, guidé par sa volonté de survivre, à la surmonter et à contrattaquer. Usant de sa seule arme disponible, Zénith imita son adversaire et lui mordit le cou aussi fort qu'il pu. Si les crocs de la bête étaient retenus par l'épaisseur du morceau et par les os que renfermait l'épaule de l'enfant, ce dernier pu de son côté enfoncer profondément ses petites quenottes dans la chair peu protégée qui s'offrait à lui. Resserrant l'un comme l'autre leurs mâchoires sous l'effet de la douleur, ce fut finalement Zénith qui sortit vainqueur de la bataille, parvenant à mordre assez fort pour que les dents du haut aillent rejoindre celle du bas, dérobant un épais morceau de chair à l'animal, qui sous le choc lâcha la dangereuse petite bestiole.

De nouveau libre, le petit gars se prépara à subir un ultime assaut qui sans nul doute aurait raison de lui, mais la bête n'entendait pas continuer la lutte, sentant approcher un danger plus grand. S'enfuyant, elle laissa Zénith seul avec sa douleur. Il avait mal, atrocement mal, plus mal que tout qu'il avait imaginé, mais sa volonté ne faiblissait pas, animé qu'il était alors par une force vitale bestiale qui s'il lui permettait de tenir le coup physiquement lui drainait sa raison. Dans une sorte de transe, il se releva et chercha par réflexe à connaître le destin de Taka. La bouche entrouverte, il ne se rendait même pas compte de ce qu'elle contenait, ne ressentant pas le goût détestable du sang. Peu à peu, il retrouva ses sens perdus à cause de l'excitation due au combat et finit par entendre ce qui avait poussé l'animal à fuir. Ces cris, ces appels, ces lumières, ils approchaient. Ses facultés de raisonnement étaient toutefois en miettes, aussi ne put-il rien faire face aux événements qui suivirent.

Alertés par les cris des enfants qu'ils recherchaient, trois adultes munis d'une lanterne déboulaient sur le lieu du combat où les attendait un cadavre tout frais et à côté de lui un enfant au yeux exorbités injectés de sang, le visage dégoulinant de ce fameux fluide et mâchouillant sans le vouloir, guidé par son instinct le plus primaire, un morceau de chair encore juteux. Bouches bées, les trois hommes restèrent là à fixer la scène avec effroi jusqu'à ce que l'un des trois se décide à bouger et à parler.

"Oh putain... mon... mon... mon Dieu !! Mais... mais qu'est-ce que t'as fait ?!"

Le regard empli d'un mélange de rage et d'horreur, l'homme se précipita vers l'espèce de zombie de huit ans qui se tenait devant lui, persuadé d'y voir l'auteur de la mort de Taka. Assénant un violent coup de pied au pauvre Zénith qui ne pouvait plus rien faire, l'envoyant voler deux mètres plus loin où il alla s'écraser contre un arbre, il chargea de nouveau, bien décidé à bastonner sévèrement le jeune Ares. Hélas, les reflets aléatoires des flammes de sa lanterne au milieu de la nuit lui cachèrent son bourreau, et une fine branche effilée alla s'enfoncer au dessus de sa pomme d'Adan avant de se briser sous le poids de sa victime, amenant son esprit auprès de celui du jeune garçon gisant tout près après deux secondes d'agonie silencieuse. Du point de vue des deux autres hommes, restés derrière leur confrère et qui le voyaient de dos, ce dernier venait de se faire abattre d'une façon mystérieuse par le gamin au regard affreusement passif devant lequel l'adulte s'effondrait. Envahit par la peur comme s'ils étaient en présence d'un monstre, les deux imbéciles prirent leurs jambes à leurs cous et détalèrent en criant au démon. Sonné, souffrant, c'était surtout de l'aide qu'attendait Zénith dont le corps et l'esprit ne pouvaient assimiler les faits passés. Sa vision aussi trouble que ses pensées, peinant à se relever, il tenta de suivre ces lumières qui s'éloignaient, en vain. Oubliant Taka, oubliant tout ce qui l'entourait, il se traîna seul dans la zone durant un petit moment après avoir avalé mécaniquement le bout de loup qu'il mâchait toujours, guidé par le seul petit morceau de volonté qui le maintenait debout. Une petite heure plus tard, alors que le son et les odeurs de la mer lui parvenaient, ses sens l'alertèrent de l'arrivée massive de gens du village. Ne pouvant en aucune manière y penser et donc faire quoi que ce soit en réaction, Zénith se laissa encercler par une vingtaine d'hommes qui le dévisageaient tous avec un air de dégoût. Parmi eux, son père. Tenant comme tout les autres un fusil en main, il était cependant le seul à montrer un visage singulier, présentant un rictus de satisfaction mêlée à la folie. A la vue de Gin, les pensées basiques et primitives du gosse se ravivèrent, lui indiquant, à tort, que se trouvait devant lui la représentation de son foyer et par conséquent la fin de ses souffrances. Tentant de lui tendre la main, Zénith voulu sourire mais offrit en lieu et place de l'exclamation souhaité une moue horrifiante qui ne fit qu'accentuer le statut de mort-vivant démoniaque que lui avait généreusement octroyé la superstition des villageois. Fou de rage, c'est le père de Taka, également présent, qui officialisa la condamnation à mort du garçon en faisant feu sur l'infortuné. Un instant plus tard, la balle tirée s'en alla perforer le poignet gauche de l'enfant. Un instant plus tard, chaque canon de fusil était dirigé vers le petit Ares, sentant presque déjà la poudre brûler dans leurs entrailles. Un instant plus tard, la Terre elle-même s'invita aux réjouissances.

Mettant fin à cette exécution malsaine, le sol s'effondra littéralement sous les pieds de toutes les personnes présentes, recouvrant de son rugissement les cris qui se multipliaient. Sentant sa conscience l'abandonner, Zénith ne pu assister au glissement de terrain qui les envoya tous à la mer.


Dernière édition par Zénith Ares le Mar 18 Mai - 9:50, édité 3 fois
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Message par Zénith Ares le Jeu 15 Avr - 2:13

Chapitre 2 : Solitude


« -Finalement, dans l'absolu... est-ce que j'ai manqué de chance tout du long, ou bien tout s'est joué au début ??

-Mais on s'en fout, Zénith, on s 'en fout !! »


***
Personne ne su jamais ce qui arriva à Zénith entre l'incident à Akumu et son réveil, ni quel laps de temps s'était écoulé durant cette période. Toujours est-il que son heure n'était pas vraisemblablement pas encore arrivée.

Reprenant peu à peu conscience dans un environnement inconnu, le garçon fut vite envahi par une odeur épouvantable qui émanait de partout autour de lui. Reprenant le contrôle de ses esprits et de sa vue, il ne tarda pas à remarquer qu'il trempait dans dix centimètre d'un liquide poisseux et visiblement source du parfum qui agressait ses narines. Encore embrouillé, il tenta de se mettre sur ses jambes. Mais alors qu'il cherchait un appui, sa main gauche lui passa devant les yeux, révélant l'absence d'un auriculaire et son voisin le plus proche, ainsi qu'une bonne portion de viande. Résultat des faits marquants de la veille, du moins ce qui était pour lui la veille, il n'y eut pas besoin de sa cicatrice située au poignet pour que Zénith se prenne les souvenirs en question en pleine tronche, désormais dans un état où il était capable d'y réfléchir. Toutefois, il n'avait que huit ans, aussi sa réaction fut-elle réduite à ce que son âge lui permettait : Il éclata en sanglots. Hurlant à la vue de sa main mutilée, hurlant en repensant au cadavre de Taka, hurlant en revoyant le père de ce dernier lui tirer dessus, hurlant devant son impuissance, son incompréhension et son désarroi, hurlant en mélangeant tout ça et pleurant en hurlant, il emplissait l'endroit d'un bruit assourdissant. Jetant des coups d'œil partout en espérant tout en redoutant voir un visage connu, il ne mit pas longtemps à faire le tour de la cavité souterraine dans laquelle il se trouvait. Grande d'une dizaine de mètres de diamètre, la grotte ouverte sur l'océan était parsemée d'énorme racines provenant d'au dessus, racines d'où semblait provenir ce qui constituait l'eau de son bain. C'est alors que la voix du gamin se coupa subitement. Il voulait appeler quelqu'un. Il voulait appeler quelqu'un, mais qui ?! La bouche ouverte et le souffle en suspens, Zénith fit le tour de toutes les personnes dont il pouvait invoquer l'aide. Devant le résultat nul de cette recherche mental, son désespoir se fit encore plus grand, de même que le nombre de décibel de ses cris qui repartirent de plus belle.

Trois heures plus tard, le silence reprenait ses droits. Essoufflé, le pauvre gosse avait reprit un semblant de calme et avait réussi à détourner son attention vers un autre sujet, fixant ses trois doigt restant à bâbord. Pourquoi la plaie avait-elle si bien cicatrisé alors qu'il était apparemment resté seul dans cette caverne. Il aurait du mourir depuis déjà bien longtemps. De plus, comment cela se faisait-il qu'il ne ressente aucune douleur, que ce soit au niveau de sa main ou au niveau de son épaule ?? Sortant de la sève collante pour s'assoir sur un racine, il trouva bien vite la réponse. Cinq minutes passées au sec, un picotement vint lui dire bonjour dans sa petite mimine, vite suivi par un élan de souffrance insoutenable pour un enfant de huit ans. La douleur revenait, partout. Elle n'était plus aussi forte que dans la forêt, mais ayant à ce moment perdu la raison, Zénith ne pouvait faire la comparaison. Ne sachant quoi faire, son premier réflexe fut de courir plonger sa main dans le seul liquide du coin, à savoir la sève où il se trouvait un instant plus tôt. Le contact avec le fluide lui procurant un bien fou, il retourna s'y plonger entièrement afin que son épaule puisse elle aussi profiter de ce bienfait. La raison de son rétablissement était désormais claire : il ne devait sa survie qu'à cette sève malodorante. Provoquant une régénération hors du commun et anesthésiant sa douleur, ce remède miracle lui avait tout simplement sauvé la vie, quand bien même il ne savait pas comment il bien pu y atterrir. Restant là sans bouger, le miraculé se reprit à repenser à ce qui s'était passé. Retournant les même images encore et encore, il resta allongé quelques minutes avant qu'un détail ne le sorte de nouveau de ses réflexions stériles.

Il était vivant, c'était bien. Il n'avait plus mal, c'était bien. Mais Zénith se rendit soudainement compte qu'il mourrait de faim. Seulement, sortir chercher à manger, pour peu qu'il en trouve, signifiait quitter ce petit lit de sève et s'exposer à la souffrance. Peu enclin à subir à nouveau le même supplice, le gamin résista près d'un jour entier sans bouger avant de se résigner à sortir. S'il ne mangeait pas, il allait sans aucun doute mourir, et ça ne l'arrangeait pas plus que ça. Il était d'ailleurs extrêmement affaibli et sentait qu'il n'en avait pour bien longtemps à fuir sa douleur. Contraint à quitter son abri, il fallu une grande dose de volonté pour que Zénith ne revienne pas en courant se tremper dans le liquide nauséabond dès qu'il fut sortit, enfin, de la caverne. Débouchant sur une plage de sable fin, il se dirigea rapidement vers l'intérieur des terres où s'élevait une jungle dense. Il ne reconnaissait rien et c'est anxieux qu'il y pénétra, luttant pour ne pas s'effondrer en pleurant sous la force des sensations qui l'envahissaient. Fort heureusement, l'endroit était rempli d'arbres fruitiers à tel point que Zéntih se maudit d'avoir attendu si longtemps dans la faim pour venir chercher une nourriture qui se trouvait si près. Ramassant un petit stock le plus rapidement possible, il se rentra dès ses courses finies dans son bain apaisant pour y prendre un repas appréciable. Seulement, si son moral remonta un coup une fois son estomac plein, il n'allait pas rester bien haut très longtemps. Il n'en était pas encore certain, mais il était bel et bien le seul être humain sur cette île, et s'il garda espoir de revoir un jour quelqu'un durant une poignée de journées, cette illusion s'en alla bien vite, pilonnée quotidiennement par le rituel qui le faisait sortit de sa grotte pour aller chercher à manger. Passant ses jours et ses nuits à gémir, pleurer et se lamenter, le jeune garçon n'était pas encore au bout de ses peines.

La douleur affectant soit l'ensemble de son bras, soit rien du tout suite à l'effet de la sève, Zénith ne s'en était pas rendu compte, mais petit à petit, un mal vicieux et sournois s'emparait de son poignet gauche. Profondément enfoncée dans sa chair, une bille de métal répandait une infection malsaine autour d'elle, infection contre laquelle le pouvoir de l'onguent ne pouvait lutter efficacement, se contentant de la ralentir. Peu enclin à se charcuter pour retirer la cause de ce problème, le petit décida une fois qu'il l'eut remarqué de ne pas y toucher et continua son train-train habituel et désespérant comme si de rien n'était. C'est ainsi qu'il du subir quelques semaines après son arrivée sur l'île la nécrose incurable de son bras gauche. Ayant connu au village une personne atteinte de gangrène, Zénith devina avec horreur quel allait être son sort s'il ne réagissait pas au plus vite. Mais le phénomène ayant avancé tranquillement, il n'y avait plus qu'un moyen de refuser l'invitation de la mort, et il s'agissait malheureusement d'une décision impossible à prendre pour un enfant de huit ans.

Et pourtant... il la prit.

Choisir de s'amputer un membre n'était bien sur pas facile, toutefois, la volonté de survivre du gamin était plus forte que tout et lui imposait de prendre cette voie extrême. Il se disait en réalité que la douleur engendré par la perte de sa main ne serait qu'à peine plus forte que celle qu'il subissait déjà et se réconfortait en s'assurant que de toutes façon, passant le plus clair de son temps dans la sève, il ne sentirait presque jamais rien. C'est ainsi qu'après avoir longuement cherché une pierre digne de l'ouvrage, Zénith se prépara, avec une pointe d'inconscience il vrai, à trancher ce bras qui menaçait sa vie. Plongeant sa main dans le liquide miracle qui allait lui permettre de mettre sa tâche à exécution sans souffrances inutiles, il brandit la pierre et frappa de toutes ses force... Ce fut une boucherie.

N'ayant pas mangé de viande depuis des lustres, la force déjà normalement ridicule du gamin était réduite de moitié. Le travail fut immonde, sanglant et terriblement long. Son sang coulant à flots malgré l'effet coagulent du liquide végétal, vomissant à la vue de son os à vif qu'il frappait sans retenue afin de le briser, le charcutier n'était plus que l'ombre de lui-même quand enfin le dernier morceau de peau céda et qu'il pu contempler sa main nécrosée détachée de son propriétaire. Attendant patiemment la cicatrisation et priant qu'il ne perde pas assez de sang pour passer dans l'autre monde, Zénith commença à se demander pourquoi alors qu'il avait déjà perdu tout espoir il se raccrochait ainsi à la vie. Hélas, il n'eut pas le temps de se perdre dans ses réflexions que deux yeux perçants vinrent se planter dans les siens. Debout à l'entrée de sa grotte, une sorte d'énorme porc-épique le fixait. Stupéfait par l'apparition de ce qui était le premier animal qu'il rencontrait sur l'île, le manchot récent fut également et surtout prit de panique. En effet, dévoilant ses grandes dents de carnivore, la bête se prépara à sauter sur ce qui représentait sa première proie post-hibernation. Partout sur l'île, la faune sauvage se réveillait... et elle avait faim... très faim. Aussi affamés que dangereux, des centaines d'animaux sortaient plus ou moins ensemble de leurs terriers, prêts pour une nouvelle saison de chasse et de lutte pour la survie. Bien décidée à ne pas manquer une occasion de repas, la bête à piquants chargea.

***
Assis en tailleur sur le bord d'une falaise, un katana à la main, un jeune homme en kimono souriait, amusé par ses souvenirs. Posant son regard sur sa main gauche, il repensait au jour où l'enfant qu'il était en fut privé. Trois ans... il avait passé trois ans sur cette maudite île, bataillant chaque seconde qui s'écoulait pour continuer à vivre, apprenant à fuir, apprenant à combattre... apprenant à tuer. Le visage d'un homme vint alors s'incruster dans ses douloureux souvenirs. Sans cet homme, probablement serait-il encore à manger du porc-épique sur un morceau de terre perdu. Mais, se dit-il, peut-être que ça n'aurait pas été une mauvaise chose.


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Zénith Ares, l'homme qui s'en prenait plein la gueule Empty Re: Zénith Ares, l'homme qui s'en prenait plein la gueule

Message par Zénith Ares le Ven 16 Avr - 22:32

Chapitre 3 : Insignifiance
Journal de bord du Capitaine Mittomai.

23em jour.

Le voyage se passe bien. Joe n'a pas raté sa connerie quotidienne et à failli envoyer son frère à la mer, c'est signe que tout va pour le mieux. En toute logique, nous devrions atteindre demain cette fameuse île peuplée de créatures en tout genre. Mes gars ont besoin de se dégourdir les pattes et de manger un peu de viande fraîche, ça leur fera du bien.

24em jour.

Comme prévu, nous somme arrivés en vue de ce petit bout de terre ridicule. L'accueil fut celui escompté et les bêtes n'ont pas manqué de venir nous tester. Mais elles n'avaient pas d'armes, elles. Mes petits gars s'en sont donné à coeur joie, à ce rythme on va avoir assez de nourriture pour remplir la cale. Joe a manqué de se faire bouffer la jambe, la chance est avec nous.

25em jour.

Une sacrée découverte, aujourd'hui !! Alors qu'on dépiautait gaiement un écureuil géant, un petit sauvage est sorti de la jungle et s'est précipité vers nous. Il pleurait de joie le gamin, et pour cause : presque trois ans qu'il était là !! Il nous a raconté son histoire et c'était pas vraiment la joie. Je sais pas comment il a survécu ici durant tout ce temps mais c'est un vrai miracle. Débrouillard comme il est, j'ai déjà quelques projets pour lui. Dommage qu'il se soit coupé le bras, par contre. Joe a voulu lui fabriquer un crochet, mais il s'est blessé avec.

26em jour.

Le gosse est intarissable. Il a l'impression qu'on s'intéresse à sa vie et qu'on a que ça à faire de l'écouter. S'il la boucle pas, je suis pas sur de le prendre avec nous. Espérons que le voyage le calmera un brin. Nos réserves sont pleines à craquer, demain, on reprend la mer, enfin si Joe retrouve les cordages qu'il a perdus.

27em jour.

On est reparti !! L'île était sympa, mais les vagues, ya que ça de vrai !! Seul bémol : le gamin s'est attaché à moi et reste dans mes pattes tout le temps... c'est lourd. Joe a chopé un rhume, le con.

28em jour.

Quelle putain de tempête !! Elle nous est tombée dessus d'un coup. On a bien failli perdre des membres la-dedans, mais Joe a assuré et a évité les morts. C'est mauvais, très mauvais, les gars mettent ça sur le compte du gamin et je les comprend. C'est un aimant à poisse ce gosse !! A la prochaine escale, je m'en débarrasse sans faute.

29em jour.

On a eu de la chance dans notre malheur. Aujourd'hui, perdus sur l'immensité de l'Océan, il a fallu qu'on tombe sur des envoyés des Tenryuubitos. Ces gars-là sont pire que des pillards, et pas possible de faire quoi que ce soit avec les trois navires de la marine qui les escortaient. Heureusement pour nous, ils étaient limités par la taille de leur cale qui devait encore accueillir je ne sais quoi et n'ont pas pris grand chose. Soutenu par l'équipage, je leur ai fait cadeau du gamin. Je n'aurais pas réussi à en tirer la moindre petite piécette au final, mais pas question de le garder sur le navire. Visiblement, le mauvais sort s'en est allé avec lui, Joe ayant confondu deux tonneaux dans la soirée. Je suis content que les choses soit rentrées dans l'ordre.


***

Neuf cent quatre-vingt-sept jours, c'est ce que symbolisaient les multiples entailles dans le tronc imposant d'un arbre perdu au milieu de ses congénères. Si le calendrier centenaire se souciait peu des années qui s'écoulaient, il avait cependant été témoin de l'évolution d'un jeune garçon dans son environnement à lui, hostile.

Depuis ce jour fatidique où il s'était mutilé, Zénith n'avait eu de cesse de lutter pour sa survie. S'il avait fini par s'y habituer, ses premiers mois sur l'île furent de loin les plus durs, tant physiquement que mentalement. Un membre en moins, il avait du à huit ans se dépasser en touts points pour rester en ce monde. Seul instant de répit que lui laissaient les animaux, l'hiver lui prenait la rudesse de la faune pour lui donner celle du froid, lui volant sa nourriture et sa force.

Une seule chose l'avait sauvé : sa volonté. S'il avait beau se lamenter chaque jour, s'il avait beau pleurer en chaque instant, Zénith ne parvint jamais à abandonner, trouvant en lui la force nécessaire pour évoluer et surpasser n'importe laquelle des créatures parmi lesquelles il survivait. Lui même ne comprenait pas cette force qui continuait à le pousser en avant alors qu'il tentait de se persuader qu'il ne servait à rien de lutter. Il pensait que tout espoir s'en était déjà allé depuis longtemps, mais au fond de lui son vœux le plus cher était de voir le lendemain, le cœur en réalité gonflé d'espérance pour un jour de félicité qui ne pourrait arriver qu'en restant vivant. Ainsi, croyant sans le vouloir ni le savoir en un futur moins sombre, il y était arrivé. Au fur et à mesure des mois, il avait atteint chacun des stades nécessaires à sa survie. Il était parvenu à fuir, il était parvenu à se cacher, il était parvenu à piéger, il était parvenu à chasser et enfin à dominer. Mais régner seul sur une jungle redoutable lui importait peu, et si son corps et ses capacités évoluèrent, ses pensées, elles, restèrent les mêmes durant ces neuf cent quatre-vingt-sept jours, jusqu'à ce qu'enfin, un navire vienne accoster et que des visages humains se montrent. Symbole de sa libération, ce bateau représentait la porte de sortie qu'il avait si longtemps espéré, c'est donc des larmes de joie dégoulinant sur ses joues sales et écorchées que Zénith s'était précipité vers eux.

*Alors pourquoi ??*

Alors pourquoi, en effet, se retrouvait-il enchaîné face contre sol, torse nu, un fer incandescent prêt à lui tomber dessus ?? Pourquoi ces gens ne le laissaient même pas s'exprimer, le frappant dès qu'il ouvrait la bouche ?? Et pourquoi le capitaine Mittomai l'avait-il abandonné ?! N'était-il pas son sauveur, l'homme qui l'avait ramené à la lumière ?? Au lieu de cela, il devenait celui qui d'un enfer l'envoyait simplement à un second.

Tandis qu'inexorablement, le fer rouge s'abattait sur son dos, Zénith hurla. Pas à cause de la douleur, non, mais en résultat de l'explosion de sa colère, sa déception et son désespoir.

***

Assis en tailleur sur le bord d'une falaise, un katana à la main, un jeune homme en kimono sentait la rage l'envahir peu à peu. Deux mois après avoir été offert aux Tenryuubitos, il se retrouvait devant eux à Marijoa. Jamais ses sentiments n'avaient été aussi noirs que durant cette époque. Battu, humilié, réduit au plus bas stade de la hiérarchie humaine, combien de fois avait-il souhaité la mort de ses soi-disant maîtres ?? Lui qui ne connaissait rien des nobles et de leurs affaires, il s'était vu catapulté dans leur monde et dépouillé de tout ce qui pouvait faire de lui un homme libre. Ce jour où d'être humain il était passé à moins qu'un animal de compagnie il s'en souvenait bien... il s'en souvenait très bien.

***

"Ciel, mais qu'est-ce donc que ce tas de crasse amorphe ?? Ne me dîtes pas que vous avez acheté ça ??"

Affichant un profond air de dégoût, l'homme qui pointait Zénith du doigt aurait bien mis sa main devant sa bouche s'il n'avait déjà une ridicule bulle autour de la tête sensée le maintenir à l'écart de l'atmosphère du bas-monde. Prêt de lui, le serviteur qui lui ramenait le tas de crasse en question s'expliqua.

"Non, bien sur que non, c'est un cadeau d'un marchand."

Réduit à n'être qu'un cadeau, Zénith écoutait les deux hommes discuter, ses bras entravés par une épaisse chaîne et ses espoirs de fuite par un imposant collier explosif. N'ayant pas tardé à comprendre sa position après que l'homme prêt du noble le lui ait expliqué non sans sadisme affiché, il restait muet, se contenant de penser. Il était alors divisé entre deux états d'esprit. Si le premier, désespéré, apeuré, regardait la scène en pleurant et criait à l'aide, suppliant qu'on le laisse partir et vivre enfin sa vie comme il le souhaitait, le second, lui, fixait ses ravisseurs d'un regard meurtrier, leur faisant bien comprendre qu'il pourraient faire tout ce qu'ils voulaient, il continuerait à vivre, attendant patiemment l'heure de sa libération et accessoirement de leur mort. Finalement, la haine envers ce duo abjecte n'étant que plus forte à chaque mot de plus qui sortait de leurs bouche, c'est l'option 2 que choisit de suivre l'âme du petit esclave, présentant ainsi le regard associé et les laissant parler.

"Peu importe, c'est répugnant, en quoi est-ce que ça pourrait me servir ??"

"C'est qu'il a survécu trois ans avec des bêtes féroce, Monsieur, je me suis dit qu'il pourrait vous divertir."

Oui, il avait survécu... et il comptait bien persévérer. Ils auraient beau l'enfermer un an, cinq ans, dix ans, cent ans, mille ans, Zénith se fit la promesse de sortir un jour de cet endroit, qu'importe ce qu'il allait devoir endurer. Ce fut probablement ce qui le sauva.

"Un petit sauvage, dîtes-vous ??"

Parvenant à se tourner vers Zénith malgré la nausée que lui inspirait le petit bonhomme, le Tenryuubito tomba nez à nez avec deux yeux qui lui disait ni plus ni moins qu'un jour, ils allaient le tuer. Soudainement rayonnant, son visage se transforma pour donner naissance à un sourire empli de malveillance.

"Ce regard... j'aime ce regard. Ces yeux flamboyant de vitalité, je les adore, et j'adore plus que tout les voir s'éteindre, noyés dans une mer de désespoir."

Se retournant vers son premier interlocuteur, il continua.

"Finalement, je vais le garder. Si ce que vous me dîtes est vrai, il pourrait m'amuser un temps. Sinon... le résultat arriva juste un peu plus tôt. Appelez moi les invités habituels, je vais l'essayer tout de suite."

En quelques secondes, le noble avait scellé le destin de Zénith pour les cinq années qui suivirent. Trois heures plus tard, le garçon se retrouvait affublé d'une lame placée sur son moignon et envoyé au beau milieu d'une arène. Dans les tribunes, plusieurs Tenryuubitos le regardaient, présentant une multitude de comportements différents. Certains étaient blasés, convaincus que le divertissement allait être sans intérêt, d'autre étaient horrifiés par l'absence de main à son bras gauche, d'autres encore trépignaient d'impatience et ne tenaient pas place. Toujours est-il qu'un haut-parleur leur cracha les détails de l'événement avant qu'enfin, sous les applaudissement, entre dans la zone de combat un ours de trois mètres. Zénith n'avait plus beaucoup de choix. La mort ou la vie. Il allait devoir combattre, encore et encore. S'il reculait, s'il ne faisait ne serait-ce qu'un pas en arrière, il perdrait, il le savait de son expérience sur l'île. Ainsi, il chargea. Il avait choisi la vie.

***

A partir de ce jour, le quotidien de Zénith Ares fut de combattre pour le plaisir d'une bande d'aristocrates. Visiblement, voir un enfant de démener pour envoyer au tapis des créatures trois fois plus grosses que lui leur plaisait, c'est pourquoi son maître l'utilisait très fréquemment, pouvant de combat en combat augmenter la puissance de son adversaire, celle de l'esclave suivant la même courbe. Il ne tenait pas vraiment à ce qu'il meurt, ses duels l'amusant et amusant d'autres, mais il ne pouvait s'empêcher d'espérer sa défaite afin de pouvoir enfin contempler la fin de ses illusions dans ses petits yeux trop insolents. Malheureusement pour lui, si les blessures se succédaient, si les cicatrices s'amoncelaient, chaque combat était une victoire. Jour après jour, semaine après semaines, mois après mois, année après année, Zénith ne perdit aucun duel. Fort heureusement pour lui, l'inverse étant synonyme de mort. Cependant, l'un de ses adversaire eut un jour d'autres armes que la force brute pour lutter contre lui, et s'il en subit les frais et connut une souffrance indescriptible, jamais Zénith ne pourrait assez remercier le poison de la plante carnivore qui avait mis fin à cette époque de sa vie.

Inutile de revenir en détail sur les cinq ans que Zénith passa à Marijoa, car à part l'espèce et le nombre de ses adversaire, rien ne changea dans l'esprit ni dans le quotidien de ce qui était devenu un adolescent. Il n'avait qu'un seul but, survivre. Quelques soient les efforts à fournir, il devait vivre en attendant sa liberté. Bien des gens seraient tombés en dépression dans une situation pareille, mais fort de ce qu'il avait vécu sur l'île, il ne succomba pas. A vrai dire, il tenait plus facilement, sur le plan mental tout du moins, que lorsqu'il avait huit ans et aurait pu tenir des années supplémentaires, soutenu par son seul vœu de survie. En réalité, soin espérance de vie était limitée. En effet, en grandissant, on aurait fini par le mettre face à face avec d'autres esclaves. Les Tenryuubitos ayant asservi des gens aux capacités de toutes sortes, nul doute qu'un monstre de combat aurait rapidement mit fin à sa carrière, lui qui ne jouait finalement que dans la petite cour des matchs des nobles. Toutefois, il n'eut pas à se poser de questions à ce sujet, son dernier adversaire ayant réglé ses problèmes.

La Coprosia Sylphylis était laide, affreusement laide. S'il devait y avoir un classement des végétaux les plus laids du monde, aucun doute qu'elle aurait été dans le top 5. Tentacules, grosses dents, coloris morbides, tout était là pour faire d'elle une créature immonde et nauséabonde. Cependant, être moche ne signifie pas forcément être puissant et sans être une partie de plaisir, la plante n'offrit pas de grande résistance face aux assauts de Zénith. Quelques coups bien placés et la bestiole agonisa, vomissant un liquide inqualifiable faute d'adjectifs assez fort pour exprimer sa nature peu ragoutante. Victorieux, l'ado ne prêta aucune attention à l'éraflure qu'il avait subit durant l'affrontement, ne la sentant même pas. Et pourtant, trois heures après son duel, Zénith s'effondrait, vaincu par un poison trop puissant pour lui.

De toute sa vie, jamais Zénith n'avait ressenti pareille douleur. Comme s'il pourrissait de l'intérieur, il vomissait diverses choses qui n'auraient jamais eu à sortir dans un mélange de divers fluides qui auraient mieux fait de ne pas les accompagner. Dans la journée qui suivi son extermination de mauvaise herbe, il passa de fringuant adolescent à un stade situé entre l'humain, la limace et la bouillie. Chaque partie de son corps qui en était capable le faisait souffrir au plus haut point. Son organisme était très violemment attaqué et ne manquait pas de le lui faire remarquer. Subissant les symptômes d'une vingtaine de maladie à la fois et en l'espace de dix heures, on le laissa toutefois une journée à son triste sort, agonisant dans sa cellule, avant qu'enfin son maître dédaigne décider de son destin. Toutefois, il n'alla pas le voir en personne, n'ayant d'une part pas à se rabaisser à ça et étant d'autre part éloigné de l'odeur que le cadavre vivant dégageait. Cependant, malgré son état assez alarmant, Zénith pu saisir quelques bribes de la discussion entre le noble et l'un de ses valets.

"Mais c'est infect !! Débarrassez-moi vite de ça."

"Vraiment, Monsieur ?? C'est votre fille qui va être malheureuse, elle qui aime tant voir ses animaux s'amuser avec lui."

Depuis le temps, le malade s'était habitué à ce mépris sans borne, mais cette fois-ci, les paroles de l'aristocrate le touchèrent plus durement. Une journée auparavant, il était encore un être vivant. Pas un être humain, non, même pas un chien, mais il était encore vivant. Or, tel qu'il était alors, Zénith Ares n'était plus qu'un déchet malodorant.

*Un déchet qui te bouffera la gueule, un jour...*

Fixant sans pour autant voir quoi que ce soit, le regard clos par l'effet de la toxine, l'endroit d'où venait les voix, le tas de chair en nécrose ne perdait rien de sa volonté. Il ne s'en était pas rendu compte lui-même, mais un second élément l'avait gardé en vie, autre que la force que lui donnait l'espoir d'un jour de liberté. La haine. Dès le premier jour, ce sentiment l'avait envahi pour ne jamais le quitter un instant. Il détestait cet homme qui lui prenait sa qualité d'être humain en claquant des doigts, il le haïssait de tout son être. Il n'en laissait rien paraître, ni a quiconque ni même à lui-même, mais cette rage l'avait également poussé à survivre, dans l'espoir cette fois-ci de pouvoir un jour arracher cette tête embullée qu'il ne supportait pas. Mais il ne s'agissait là plus que d'illusions. Il était fini, n'importe qui de sensé pouvait le comprendre. Toutefois, après ce qu'il avait vécu, Zénith ne pouvait pas être considéré comme sensé. Il n'avait pas appris à réfléchir durant les huit dernière années, aussi avait-il encore confiance en sa propre vitalité, pensant de manière simpliste qu'il lui suffisait d'être plus fort que le poison pour s'en sortir, à tort.

"Vous n'avez pas à me dire quoi faire. Si elle veut un nouvel enfant sauvage, elle ira l'acheter elle-même. Pour l'instant, jetez moi ça, c'est vraiment..."

Il était dorénavant sourd. D'ailleurs, plus aucun de ses sens ne fonctionnait maintenant. Seule restait la douleur qui lui indiquait qu'il était encore en vie, sans quoi il aurait été en droit de se poser la question. Il parvint toutefois à comprendre qu'on le transportait, sans savoir pour autant qu'on allait le benner tout simplement avec les ordures. Sans savoir non plus que par sécurité, on lui avait ôté ce fameux collier explosif pour éviter un incident bête et regrettable pouvant se terminer en un incendie. Sans savoir non plus, l'esprit devenu trop flou, combien de temps s'était écoulé avant qu'il perde enfin conscience. Finalement, accompagné par plusieurs tonnes de déchets, Zénith fut envoyé à la mer...depuis le sommet de Red Line.


Dernière édition par Zénith Ares le Ven 7 Mai - 22:33, édité 2 fois
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Message par Zénith Ares le Sam 24 Avr - 23:55

Chapitre 4 : Lumière

Baignant dans l'obscurité, Zénith sentait sa conscience revenir peu à peu. Son corps tentait de lui parler, mais son esprit ne pouvait comprendre quoi que ce soit dans le vacarme des signaux que son organisme lui adressait. Plus de douleur, juste une cacophonie nerveuse qui lui entravait ses capacités cérébrales. Cependant, il entendait des voix. Il les comprenait phonétiquement, pouvant dissocier chaque mot des autres sans problème, mais en aucun cas il n'aurait pu donner un sens à ces phrases qui venait se rajouter à cette bouillie dans laquelle son esprit était plongé.

"Doc, il se réveille !!"

"Quoi ?! Mais c'est pas humainement foutu possible !! Fais quelque chose ou on va le perdre !!"

"OK, je lui fous un coup de gaz."

"Dépêche-toi, il a le bide ouvert, bord..."

De nouveau les ténèbres.

***

Assis en tailleur sur le bord d'une falaise, un katana à la main, un jeune homme en kimono se recueillait, touché par des sentiments profonds teinté de respect, de nostalgie et surtout d'une reconnaissance sans borne envers l'homme qui lui avait sauvé la vie le jour de sa chute. Aux hommes, plus exactement. A ces deux lueurs qui avaient enfin apporté à ses yeux obscurcis par sa vie passée la lumière nécessaire pour le guider vers la liberté et une vie pouvant être considérée comme telle. Avec le temps, il avait presque oublié la dette sans fin qu'il avait désormais envers cette lumière. Peut-être était-ce là le phare qui pourrait l'extirper de la nuit dans laquelle son esprit était de nouveau enfoncé. Déjà, le ciel semblait s'éclaircir.

***

Déchirant le rideau d'ombre qui bloquait sa vision, un trait immaculé vint aveugler un adolescent convalescent. Peinant à sortir de sa léthargie, son corps lui permettant enfin de rassembler un semblant de conscience, Zénith referma immédiatement les yeux, ébloui, avant de les rouvrir dans un gémissement ne se voulant être aucune parole constructive quand bien même un son plus proche du langage humain était alors sensé résonner dans la pièce où il se trouvait.

Peu à peu, la raison lui revenait. Cette chose blanche qui s'étendait au dessus de lui, c'était un plafond, il reconnaissait. Mais sur quoi était-il donc installé ?? Quelle était ce socle au contact si agréable ?? Depuis combien de temps n'avait-il pas goûté à un confort semblable. Ce meuble sur lequel il était allongé, il l'avait déjà connu, du moins quelque chose y ressemblant. Longtemps... bien longtemps dans le passé, il se retrouvait la nuit sur un morceau de bois qui rappelait vaguement le matelas actuel. C'était...

*Un lit ??*

Dans son état il ne pouvait rien dire, mais dans le cas contraire, sa voix aurait certainement été nouée par l'émotion. Banal lit pour le commun des mortels, la couchette de l'ado écrasait de son simple moelleux la totalité de chaque petite parcelle de confort que Zénith avait pu avoir au cours des huit dernière années. S'il avait cru en un Paradis ou même eu quelque notion que ce soit de religion y faisant référence, aucun doute qu'il s'y serait imaginé. Au lieu de cela, seule restait une émotion de soulagement et de bonheur intense qui débordaient de son cœur en grosses larmes. Il ne pouvait pas bouger et s'en foutait royalement : il n'avait même pas essayé ; il était bien... tout simplement bien. Transi par un bien-être tel qu'il n'en avait jamais connu, il se contentait de pleurer sans même prendre la peine de réfléchir. Pas pour longtemps cependant. En effet, perçant ce bonheur auquel Zénith s'habituait petit à petit, les questions vinrent pointer le bout de leur nez. Cette pièce, ce lit, sa propre vie, qu'est-ce que ça signifiait ?? Lui volant son instant de joie, les interrogations se multipliait au fur et à mesure que le miraculé recouvrait sa mémoire. Dans un élan d'angoisse, il tenta de porter sa main à sa gorge, vite retenu par l'état de son corps qui l'en empêchait. Si le collier était toujours accroché à son cou, cela signifiait tout simplement qu'il était encore sous l'emprise des nobles. Tant qu'il serait là, Zénith ne pourrait avancer aucune hypothèse qui pourrait lui provoquer des désillusions douloureuses. Malheureusement pour lui, pas moyen de faire bouger ce maudit bras qu'il souhaitait utiliser pour réaliser la vérification. Plus il tentait de le mettre en mouvement, plus une douleur indescriptible l'envahissait. Enfin... indescriptible, certes, insurmontable, pas pour lui en tout cas. Huit ans auparavant, il avait du s'enfuir avec un moignon sanguinolent tout frais et ce qu'il ressentait là se rapprochait assez de ce qu'il avait subit le jour de son amputation. Pourtant, bon gré mal gré, il avait encaissé. Et puis au vu de ce qu'il avait connu depuis, ça n'était pas grand chose. Fixant ce membre qui le défiait, du moins l'extrémité qui surgissait quelque peu dans son champ de vision, il ne cessa de forcer dessus. Toujours plus fort. Plus la douleur grimpait, plus il tirait. Et si la douleur lui était toujours gênante, elle ne pouvait plus aller contre sa volonté, ainsi, défiant les lois que sa chair elle-même voulait lui dicter, Zénith forca ses muscles à l'obéissance. Comme si une attache avait lâché, son bras cessa soudainement d'opposer résistance et s'élança violemment contre la gorge de son propriétaire, refermant la main se trouvant à son bout sur une peau irritée par les années passées au contact du métal.

Volant en éclat, la prison de Zénith venait de disparaître. Ce satané collier qui lui volait tout espoir de fuite avait disparu, c'était maintenant une certitude. Délivré, le malade était peu à peu gagné par le rire, prenant conscience de ce que l'absence d'acier sous la paume de sa main signifiait. Ce sentiment, il avait tant de fois voulu le connaître de nouveau, comme lorsque le capitaine Mittomai était venu le chercher sur son île.

*Mittomai...*

Se souvenant avec aigreur du visage de l'homme qui lui avait gentillement offert ses années passées en esclavage, l'ado ne pu refréner une importante vague de méfiance. Après tout, il n'avait toujours aucune idée de l'endroit où il était, ni du but qui animait ceux que l'avaient placé là. Refusant de prendre le risque de se voir à nouveau embarqué vers un destin contre lequel il ne pourrait lutter, Zénith décida de s'enfuir du bâtiment, que son organisme soit d'accord ou pas.

Passé une heure à batailler avec chaque partie de son corps, le garçon était debout. Tremblant de toutes parts à cause de la douleur et surtout de son affaiblissement extrême, il peinait à garder son équilibre, quand bien même aidé par l'appui du premier mur qu'il avait pu atteindre. Il refusait de se l'avouer, mais s'il pouvait se déplacer grâce à son incroyable volonté, il ne pourrait pas le faire bien longtemps, sa récupération ne le permettant physiquement pas, qu'il le désire de toute son âme ou non. Toutefois, ayant été chercher au fin fond des possibilités humaines de quoi se mouvoir, il pouvait durant un laps de temps indéterminé placer quelques pas l'un devant l'autre. C'est ainsi qu'en se traînant plus qu'en marchant, Zénith quitta son lit pour traverser la pièce dans laquelle il était, simple chambre d'homme, sobre et pratique, ce qui lui convenait assez. Arrachant un perfusion qui le gênait, il tenta d'ouvrir la fenêtre de la pièce, sans succès. Le système était un peu trop rouillé pour ses muscles qui l'étaient bien plus encore. Ainsi, finalement, il termina nez à nez avec une porte qui lui ouvrit sans réticence la voie vers un petit couloir aux teintes claires et reposantes. Y avançant prudemment, Zénith tenta d'ouvrir une première porte se trouvant sur son chemin mais dont le verrou le laissa continuer vers une seconde. Se déployant sans problème, le pan de bois dévoila une petite cuisine sans détail notable si ce n'était les deux hommes en train de boire un café, assis à la table centrale et qui le fixaient avec des yeux de la taille d'un jambonneau. Déconcerté, ce qui ressemblait fortement à un officier de la Marine s'exprima.

"Euh... Doc... vous aviez pas dit un mois ??"

"Putain de bordel de merde de foutu con d'abruti sans cervelle à la noix !! Mais d'où il sort, celui-là ?!"

Tout aussi décontenancé par cette rencontre, l'adolescent cru rapetisser dans l'instant, se sentant minuscule à côté du médecin, en réalité plutôt petit, qui s'avançait vers lui l'air furieux et le fusillant d'un regard qui semblait avoir le pouvoir le tuer. Intimidé par le fort caractère et les injures qui marchaient dans sa direction, Zénith ne pensa même pas à s'enfuir, se sentant comme un enfant venant de se faire prendre à faire une grosse bêtise.

Lui chopant l'oreille gauche, le docteur continua sa route dans le couloir, entraînant derrière lui un Zénith suivant comme il pouvait, souffrant le martyr à chaque pas que l'homme qui le précédait l'obligeait à faire, manquant d'arracher le morceau de bonhomme qu'il tenait à chaque ralentissement. Quelques instants plus tard, le corps en feu, le jeune garçon était de retour dans son lit, seul, sa volonté de s'échapper complètement dissipée et fixant vaguement le plafond, se demandant, ne l'ayant pas tout à fait compris, ce qui venait de se passer. C'est à ce moment que le marine entra dans la pièce. Lui adressant un regard meurtrier, le blessé le laissa cependant s'installer sans rien dire. Pour lui, les marines n'étaient rien d'autre que les chiens des Tenryuubitos, aussi en voir un ne l'enchantait pas particulièrement, quand bien même le gaillard n'avait pas l'air méchant. S'asseyant sur une chaise après l'avoir amenée près du lui, le militaire s'exprima.

"Pas la peine de faire cette-là... il est pas méchant, il tient juste ta santé..."

Ne saisissant pas de suite ce que le marine voulait lui dire, l'allité mit un temps à comprendre qu'il parlait du bonhomme au caractère imposant qui l'avait ramené au lit un peu plus tôt. N'en ayant rien a faire, il garda le silence, contrairement à celui qui lui parlait.

"Tu peux me parler tu sais, je vais pas te ramener chez les nobles."

Zénith avait beau vouloir faire son dur, ces paroles le touchaient en plein cœur. Ces mots, il appréciait tant les entendre. Plus qu'un petit effort et il allait enfin pouvoir droit à la délivrance. Il ne le connaissait pas, ce gars, il n'avait même pas confiance en lui, mais il voulait l'entendre dire. C'est pourquoi il se délia la langue. Son regard passant de la défiance à l'imploration, il balbutia.

"Est-ce que... ça ... ça veut dire que... je suis..."

Souriant, le marine termina comme si il avait lu dans son esprit la phrase de ce qui n'était pour lui rien d'autre qu'un gamin complètement paumé.

"T'es libre, mon gars... t'es libre."

Le lit, le collier et maintenant ça, avec tous ces éléments, Zénith en était persuadé, la sombre époque où il était esclave était révolue. Ses nerfs lâchant complètement, il se jeta malgré les hurlements de son corps dans les bras de ce marine à la tête finalement bien sympathique dans un mélange de rire et de larmes, déversant sur l'officier huit ans d'émotions retenues.

***

Le Docteur Parker n'était pas un fervent adepte des relations humaines, aussi laissa-t-il sans hésiter la tâche à son ami de raconter au malade les raisons de sa survie. Revenu dans sa cuisine, il terminait tranquillement son café, attendant patiemment le retour de son compagnon de discussion. Quelques mètre plus loin, Zénith apprenait à grands renforts de mimes comment l'homme qui se tenait devant lui l'avait récupéré tandis qu'il chutait.

***

Colonel de la Marine, Toyako Toribaka avait déjà vu bien des choses dans sa vie. Mais on a beau être aussi rôdé que l'on veut, Grand Line saura toujours vous apporter de nouvelles surprises. Navigant calmement près de Red Line, l'équipage du navire dont il était le capitaine manqua de peu de se retrouver au fin fond des flots, et lui avec. Fort heureusement, le goût prononcé de leur vigie pour la sieste su les sortir du mauvais pas dans lequel ils étaient fourrés, sa position allongé sur le dos lui permettant d'admirer l'étrange nuage noir qui, tandis qu'il s'avançait vers eux dévoila sa nature de montagne d'immondices. A partir de là, il ne fallut qu'une petite manœuvre pour éviter la catastrophe.

Mais quelles étaient les chances que parmi tout les déchets présent dans cette cascade malsaine la forme d'un être humain viennent se refléter dans le fond des yeux de cette fameuse vigie ?? Zénith n'en avait aucune idée et n'en aurait probablement jamais aucune, mais ce jour-là, le marine en poste au sommet du navire l'avait bel et bien vu. Lui-même mit un certain temps à se persuader que ce qu'il apercevait fortuitement au milieu des ordures était réellement le corps d'un adolescent, mais finalement, il prévint son supérieur. Fier et heureux détenteur d'un fruit du démon lui permettant d'aller sauver l'infortuné, le colonel Toribaka s'élança, transformé en un magnifique pigeon, récupérer malgré le danger le corps inconscient qui menaçait de s'écraser à la surface de l'eau. Une fois sur le navire, il semblait clair aux yeux de l'équipage que le gamin était condamné. C'était sans compter les relations de l'homme-pigeon et le talent du Docteur Parker.

Exilé de Drum, le vieux médecin avait fermé son cabinet depuis quelques temps déjà, le jour où il avait cessé d'être médecin après une triste affaire dans son pays d'origine. Toutefois, le cas qu'on lui amena n'était en rien une rougeole ou quelqu'autre grippe qu'un étudiant maladroit pourrait soigner en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. A bord de la mort qui aurait déjà du l'emporter depuis des lustres, Zénith Ares ne pouvait plus être sauvé que par un homme ayant le talent légendaire de Drum et les produits nécessaires à son rétablissement. Alex Parker avait les deux.

C'est ainsi qu'une semaine après une longue opération, le rescapé professionnel se réveilla, trois semaines trop tôt selon son médecin, dans la chambre où il devait se reposer.

***

Buvant le récit du colonel, Zénith prenait peu à peu conscience de la dette éternelle qu'il avait envers les hommes qui lui avait offert cette nouvelle vie. Toutefois, comme le fit remarquer le marine, l'heure était eu repos. Ayant forcé bien au delà du raisonnable et plus encore, l'ado n'allait de toute façons plus pouvoir bouger quoique ce soit avant un bon bout de temps. Il s'était réveillé en avance, il était vrai, mais sa convalescence devait durer encore. Mais quand bien même de longs jours de rétablissement et de rééducation l'attendaient, il pouvait pour une fois depuis des années s'endormir le sourire aux lèvres, serein, devinant à l'horizon des jours paisibles.

***

De tout ce qu'il avait vécu et avait encore à vivre jusqu'à nos jours, c'est peu dire que d'affirmer que la période qui suivit le rétablissement de Zénith fut la plus heureuse de toutes. Vivant chez le Docteur, il ne tarda pas, dès qu'il en fut capable, à sortit explorer l'Archipel afin d'enfin, avec des années de retard, découvrir le monde dont on l'avait privé, traçant un trait sur sa vie d'esclave, au sens propre comme au figuré, s'étant lui-même scarifié le dos, offrant au symbole du dragon une longue cicatrice le déchirant de part en part.

Dorénavant libre, le jeune garçon s'émerveillait de tout ce qu'il croisait. Son corps avait grandi et était devenu robuste, quand bien même le poison lui avait fait fondre une partie de sa musculature, mais son intellect était resté dans une forêt huit ans auparavant et ne refaisait surface que maintenant. Accompagnant souvent le gentil et cultivé colonel Toribaka, Zénith s'empressa de faire la connaissance de l'équipage à qui il devait la vie. Devenant dès lors comme sa nouvelle famille, c'est en grande partie auprès de ce groupe de joyeux lurons malheureusement trop souvent partis que s'épanouit le redoublant ultra récidiviste, prenant autrement parfois du temps pour étudier auprès de Monsieur Parker, qui s'il ne cessait de ronchonner était en réalité ravi d'avoir ce gus qui lui changeait le quotidien et qui assimilait fort bien ses cours, animé par une soif de connaissance sans borne. Chaque nom qu'il entendait, chaque paysage, chaque nouvel objet qu'il manipulait, Zénith le gardait bien ancré dans sa petite tête presque vide qui ne demandait qu'à se remplir à raz bord et à chasser le fond de crasse de mauvais souvenirs que sa vie précédente lui avait alloué. Cependant, avide de découverte, notre protagoniste ne mit pas longtemps à désirer autre chose que Shabondy, en ayant vite fait le tour et tout de même gêné par la présence fréquentes des Tenryuubitos, nuage d'ébène dans son ciel bleu. C'est pourquoi après deux ans passés sur l'Archipel, Zénith fit un choix qui lui aurait semblé inimaginable durant sa captivité. Émoustillé par ce que pouvaient bien voir le colonel et ses hommes durant leur voyage et admirant cet homme comme un enfant peut admirer son père, il demanda à s'engager à bord de son navire. Les formalités d'usages pliées, c'est à bras ouverts qu'on l'accueillit dans la Marine.

***

Apogée de son ère de lumière, son temps en tant que marine fut pour Zénith tout aussi merveilleux qu'éprouvant. Fort de son expérience en combat, il pouvait suivre le rythme dans la traque aux criminel qu'exerçait Toribaka, son moignon gauche fièrement orné d'une superbe lame forgée spécialement pour lui par un ami forgeron du colonel, qui connaissait décidément bien du beau monde. Filtrant malgré lui, des bribes de son histoires se chuchotaient parfois dans les rangs de ses confrères, lui donnant de ce fait le surnom de Damné malgré les efforts de Toribaka pour éviter que se répandent de trop les rumeurs sur le passé d'esclave de son protégé. Mais s'il lui rappelait de temps en temps quelques souvenirs douloureux, Zénith était plutôt heureux d'avoir lui-aussi un surnom, chose courante dans son équipage. Il y avait Toyako le Pigeon, qui s'il représentait un certain trait du colonel discordait cependant avec les autres ; South Bird Jake, la vigie, qui selon les dires pouvait diriger la tête vers le Sud, sa terre natale, peu importe son emplacement sur Grand Line ; Pepito les Bons Gâteaux, le cuisiner à l'accent si spécial ; Ali Toutenfer, le sergent, qui ne quittait jamais son imposante armure de combat ou encore la ravissante Levi Passe-serrure, dont les doigts de fée l'avait une fois sortie d'un sympathique pétrin qui était alors resté dans les mémoires de ses camarades. Il y en avait bien d'autre et Zénith les connaissait tous très bien, pouvant sans problème imiter leurs tics et leurs manies. Bref, si les missions pouvaient être dures et parfois périlleuses, la vie à bord du navire de Toribaka était un véritable paradis pour le jeune homme à l'enfance douloureuse. Véritable astre de lumière bénissant sa vie trop longtemps restée dans l'obscurité, ce bateau ensoleillait son monde comme son âme de ses rayons chaleureux. Hélas, la journée fut bien courte, et à peine Zénith eut-il aperçu le soleil que déjà le crépuscule attirait vers lui et les ténèbres qui le suivent constamment ce soleil tant désiré, le teintant lui et le ciel d'une couleur tristement écarlate.


Dernière édition par Zénith Ares le Sam 8 Mai - 9:57, édité 11 fois
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Zénith Ares, l'homme qui s'en prenait plein la gueule Empty Re: Zénith Ares, l'homme qui s'en prenait plein la gueule

Message par Zénith Ares le Sam 24 Avr - 23:56

Chapitre 5 : Échec

Seuls deux ans s'étaient écoulés depuis Marijoa, mais Zénith était devenu un tout autre homme. Combattant au nom de la justice et fier de le faire, il se concentrait dorénavant sur son métier et ses capacités qu'il devait mettre au service de la Marine. S'entrainant quotidiennement avec Ali, il devint vite assez fort pour s'occuper de n'importe quelle petite frappe tout juste sortie de son Océan. Parcourant parfois South Blue, l'équipage passait toutefois le plus clair de son temps dans Grand Line, où la force du Colonel était plus attendue. Bien sur, à pourchasser le pirate, Zénith récolta un joli lot de cicatrices, résultat de conflits difficiles mais surtout de son propre style de combat mettant en avant son endurance hors du commun pour vaincre sur le long terme. Il y avait de jolis monstres sur son navire, et parfois extrêmement plus puissant que lui, mais tous s'accordaient à dire que le manchot avait été doté d'un corps à la résistance inhumaine. Ceci ajouté à sa volonté sans faille et sa propre histoire, on venait à se demander s'il lui était tout simplement possible de mourir. Heureusement pour le gars en question, personne ne chercha à prouver que oui.

Ainsi, c'est dans la bonne ambiance de sa routine quotidienne que le Caporal Ares mit pied à terre sur l'île de St Jimi, quelque part dans Grand Line. Ayant eu vent de la présence d'un fauteur de trouble inquiétant, on avait envoyé l'équipe de Toribaka sur place, ne prenant que le temps de leur fournir un Eternal Pose. Renseigné depuis, le maire de Drixhen, plus grande ville de l'île, leur annonça avec plus de précision le nom de l'homme qu'ils devaient chasser de son territoire.

***

"Nadir le Ouf ?? Mais qu'est-ce qu'il fout là ??"

La réaction du Colonel ne s'était pas fait attendre. Criant face à l'affiche qu'on venait de lui remettre, il ne cachait pas son étonnement et l'anxiété que le rongeait. Peu habitué à le voir quitter sa sérénité, Zénith ne manqua pas de jeter un œil sur le bout de papier qui faisait réagir ainsi son supérieur. Un simple regard sur la prime indiqué et on pouvait l'entendre déglutir. Des têtes à primes, il en avait vu et en avait capturé quelques unes, mais jamais il n'avait touché à quelqu'un affichant trois chiffre au niveau des millions et qui plus est en multipliant les centaines. Présentant sa jolie tête blonde décoré d'un sourire à mi-chemin entre la sympathie et le sadisme, le fameux Nadir se payait le luxe d'être recherché pour la modique somme de trois cent cinq millions de Berrys.

"Merde, mais pourquoi il est sorti du Nouveau Monde, celui-là ?!"

Troublé, Toribaka réfléchissait à la marche à suivre. Derrière lui, plusieurs de ses hommes étaient livides, connaissant contrairement à Zénith la réputation du pirate pour lequel ils avaient été conviés. Décelant les doutes du militaire, le maire s'exprima.

"Mais... vous allez nous aider quand même, hein ?? La vie est insupportable depuis qu'il traîne dans les environs, je vous en supplie !!"

Lui attrapant la main droite, le pauvre vieux présentait à son interlocuteur un visage traduisant l'extrême et sincère détresse dans laquelle il était. Résistant à l'envie de se jeter à ses pieds, il ne pouvait cependant pas dissimuler les larmes qui lui venait inexorablement. En retrait, Zénith avait du mal à saisir la teneur de la situation de l'île. Il ne connaissait rien de Nadir le Ouf et venait tout juste, comme tout les marines présent, d'arriver sur place. Aussi garda-t-il le silence, redoutant le verdict du Pigeon. En effet, d'un altruisme naturel sans équivalent, le colonel ne pouvait plus reculer devant une demande pareille. C'est pourquoi il déchira l'affiche avant d'annoncer sa décision.

"Très bien. Mais je veux toutes les informations possibles !! Hors de question que l'on fonce affronter un type à plus de trois cent millions sans aucune préparation !!"

Jetant les morceaux de papier dans la première corbeille venue, Toyako se dirigea ensuite vers un bureau adjacent à la pièce et en ouvrit la porte avant de d'appeler ses hommes.

"Lieutenant !! Sergent !! Jake !! Avec moi !! Et vous aussi, Monsieur le Maire."

Cette configuration, Zénith la connaissait bien. Conseil stratégique, les personnes entrées dans le bureau ne devaient ressortir qu'une fois un plan établi. Comme le reste de l'équipage, il était habitué à ces réunions desquelles on pouvait parfois saisir quelques éclats de voix d'Ali, au tempérament assez sanguin. Cela prenait parfois des heures, mais les consignes étaient claires et les marines ne devaient an aucun cas quitter la pièce où ils se trouvaient. En l'occurrence, ce fut deux bonnes heures que durent attendre les militaires pour enfin voir sortir leurs supérieurs. Déployant une carte de l'île sur la table centrale, le Pigeon commença ses explications.

"Les pirates ont investi une ancienne forteresse accolée à la montagne, si on les attaque de front, on est mort."

Plaçant son doigt sur la montagne en question, il continua.

"Toutefois, le fait qu'il soient cantonnés la-dedans peut nous être favorable. La montagne abrite un filon de minerais volcanique."

"Il nous servait bien avant, mais on s'est aperçu qu'il pouvait dégager un gaz nocif et surtout extrêmement douloureux."

Ayant terminé sa petite parenthèse, le Maire se tut rapidement, ne manquant pas de remarquer que le colonel n'avait pas forcément apprécié d'être coupé, ce dernier le fixant d'un regard mortel.

"Merci, Monsieur le Maire. Bref, toujours est-il qu'une de ces mines passe juste sous le fort. Notre but est simple : Faire sauter l'endroit. Si ce que le Maire m'a dit est exact, ça libèrera le gaz en question en plus de faire s'effondrer une partie de l'édifice. Équipés de masque à gaz, on lancera l'assaut pendant que le nuage les neutralisera."

Marquant une pause, le colonel pouvait déjà sentir planer l'interrogation principale qui envahissait l'esprit de chacun : qui allait devoir s'enfoncer dans les mines ?? Soufflant un coup, il reprit.

"Le problème, c'est que la ventilation ne fonctionne plus dans les tunnels, et il y fait chaud, assez chaud pour qu'il y ait déjà eu des gens à s'y effondrer. C'est pourquoi Zénith, tu y vas. Ça va pas être une partie de plaisir, mais je peux pas prendre le risque d'y envoyer quelqu'un d'autre."

"Entendu."

Soutenant son accord par un signe de tête s'ajoutant à ses paroles, le Caporal comprenait parfaitement le choix de Toyako, tout comme le reste de l'équipage. Présentant une endurance hors norme, il était normal de vouloir assurer le coup en lui donnant cette tâche. Cependant, le colonel avait en tête une personne supplémentaire pour la mission.

"Levi, tu l'accompagnes. Tu n'auras pas à le suivre jusqu'au bout, mais il va avoir besoin de toi pour dégager le chemin. Apparemment, quelques portes vont poser problème."

Faisant craquer ses doigts trois fois chacun, la rousse dont il était question montrait de ce simple geste son accord quant à sa tâche. Le pigeon de con côté referma la carte avant de la tendre au Caporal qui l'accepta.

"L'entrée est marquée au point A. L'itinéraire est indiqué mais je crois que sous terre, ça te servira pas à grand chose. Fais juste attention, il aura une intersection, il faudra prendre droite. Vous partez maintenant, on vous donnera le matériel nécessaire dehors."

Repérant le regard que lui adressait le Maire et qui semblait vouloir dire qu'il fallait le suivre, Zénith acquiesça et sorti de la salle, précédé du dirigeant de la ville et de sa camarade sous les « bonnes chances » ou autres formules convenant à la situation. Une poignée de minutes plus tard, ils se retrouvaient à attendre sous un préau l'arrivée de l'homme qui devait leur remettre masques et explosifs. Légèrement anxieux, le jeune homme chercha à détendre l'atmosphère et engagea la discussion.

"Tu connais quelque chose sur ce Nadir ??"

Fouillant rapidement dans ses souvenirs pour lui donner une réponse complète, la rouquine ne tarda à pas répliquer.

"Plus ou moins. Disons que comme il est connu pour son comportement chaotique et imprévisible, il est difficile d'en faire un portrait fidèle du point de vue mental... Ce type ne suit aucune loi, aucun code, dieu ou précepte que ce soit et ses actions paraissent complètement irrationnelles. C'est en partie ce qui lui a valu sa prime, d'ailleurs. A ce qui paraît, il aimerait découper les gens en morceau, un vrai malade."

"Ah..."

Pour ce qui était de se détendre, c'était raté. Bien au contraire, la description de Levi n'avait fait que les plonger dans un stress encore plus grand. Les missions, ils en avaient déjà exécuté bien d'autres, mais le simple fait qu'il s'agisse d'un homme ayant déjà fait des siennes dans le nouveau monde suffisait, et à raison, à mettre leurs nerfs à fleur de peau. Finalement, se disaient-ils, il étaient les plus en sécurité, étant donné qu'ils n'auraient pas à combattre directement, sans être certain qui ça pouvait les rassurer.

Passé un temps, un homme arriva enfin près d'eux un grand sac sur le dos. Le déposant à leurs pieds, il leur adressa un sourire chaleureux.

"Alors c'est vous les veinards qui descendent ?? Bon, perdons pas de temps, je vous montre comment vous servir de vos joujous et vous pouvez décoller."

S'en suivi une rapide explication sur l'utilisation des explosifs, des lampes frontales et des masques à gaz qui n'était pas assez compliqué pour leur briser des neurones. Toutefois, détail intriguant, le sac resta énorme une fois vidé de ces fameux objets. Curieux, Zénith na manqua pas de demander ce qu'il contenait. Visiblement décontenancé par la question dont la réponse lui était évidente, l'homme prit tout de même la peine de répondre.

"Ben, c'est de l'eau mon ami, de l'eau. A moins que tu ne veuille crever bêtement là-bas, je te conseille de la prendre avec toi."

Ceci dit et les ultimes informations sur les précautions à prendre et sur l'emplacement des portes dont devait s'occuper Levi données, le duo fut libre de se diriger vers l'entrée du souterrain, à trois kilomètres de l'endroit où devait avoir lieu la bataille. Zénith ne pouvant l'utiliser correctement à cause de son handicape, c'est Levi qui prit la carte et mena le petit commando. Le temps était frais et ça n'en était que meilleur pour les deux marines qui n'allaient pas tarder à s'enfoncer dans un véritable four. Four qui leur apparu après environ une demi-heure de marche. Comme prévu, un imposant pan d'acier scellait l'entrée de la mine, et il fallu toute la dextérité de la demoiselle pour qu'enfin cette satanée serrure rouillée accepte de céder et dévoiler le passage vers l'enfer, températurement parlant. Fort heureusement pour eux et surtout pour la jeune femme, ils leur restaient encore bien des mètres à parcourir avant que la chaleur ne devienne supportable que par des espèces de monstre de la trempe de Zénith.

Avançant d'un pas rapide mais prudent, les collègues traversaient des salles où travaillaient autrefois des dizaines de personnes, aujourd'hui vides. Organisée en étages, la mine présentait de nombreux escaliers qui divisaient l'endroit en plusieurs niveau, d'une part du point de vue de l'espace, mais également et surtout, étant dans leur cas ce qui les inquiétait le plus, du point de vue de la chaleur. A chaque escalier, ils pouvaient sentir la net différence qu'il avait entre la première et la dernière marche. Se débarrassant aisément des obstacle à gonds qui se dressaient comme annoncé sur le chemin, Levi ne devait cependant pas tarder à ressentir les effets de la hausse importante de température. Bien entendu, Zénith avait tout aussi chaud qu'elle, mais ils n'avaient ni le même corps, ni traversé les même épreuves, c'est pourquoi elle était bien plus affectée que lui. Quand enfin arriva la fameuse intersection, ce fut pour elle la délivrance, sachant que la porte qui s'y trouvait était la dernière... du moins, c'est ce qui aurait du en être. L'ultime obstacle ouvert, la demoiselle se préparait à repartir vers l'entrée pour y attendre son compagnon, mais un contretemps fâcheux fit alors son apparition.

Une torche à la main, un homme déboula dans le couloir par le chemin soit-disant inutile, vite suivi par un second. Tout deux dégoulinant de sueur à grosses goûtes, ils présentaient cependant contrairement aux deux marines la particularité d'afficher un regard affreusement réjoui et satisfait. Sans perdre de temps, ils s'exprimèrent.

"Et bien c'est pas trop tôt !! On commençait à désespérer de voir la Marine débarquer. Toki, cours prévenir le Capitaine que les invités sont là, je m'occupe d'eux."

"Faudra pas me le dire deux fois, j'en peux plus de cet endroit."

"Viens chez moi à Alabasta, tu verras ce que c'est que la chaleur."

"J'y tiens pas... amuse toi bien."

Discutant comme si rien n'était leur petit groupe se divisa donc, l'un d'eux prenant la direction de ce qui était vraisemblablement une autre sortie. Devinant tout comme Zénith qu'il s'agissait des hommes de Nadir et redoutant les conséquences de leur découverte, Levi ne perdit pas de temps et épaula son fusil, bien décidée à abattre l'homme qui s'en allait nonchalant en lui tournant le dos. Un instant plus tard, la rousse allait s'écraser contre la paroi du couloir, touchée par le coup de poing fulgurant de l'homme du désert, prenant complètement de vitesse un pauvre Zénith qui n'avait jamais assisté à une telle démonstration de rapidité. Devenant la cible du regard du pirate, il se mit en garde, prêt malgré la tension qui montait en lui à engager le combat. Des adversaires, il en avait eu une montagne, mais celui qui se tenait devant lui donnait l'impression de pouvoir l'écraser d'un souffle. Plantant d'un coup sec sa torche dans le mur, le pirate lança son poing droit dans le gauche, ne laissant plus aucun doute quant à ses pensées. Laissant Levi étendue par terre, inconsciente, il entama la conversation.

"J'espère que tu tiens bien la chaleur, histoire qu'on puisse s'amuser longtemps."

Dévoilant un sourire sadique, il se précipita vers Zénith, lui assenant un punch ravageur en plein estomac. Le Caporal aurait pu être en enfer, peut lui importait devant la puissance du coup qu'il venait de recevoir. Des ours, des sanglier, des tigres... bien des bêtes et dans de nombreux formats il avait eu sur son chemin... aucune qui possédaient une force comparable à celle de l'homme qui l'écrasait d'une main contre le mur. Toutefois, s'il s'agissait sans conteste du poing le plus destructeur à qui il avait eu à affaire, ce n'était toujours pas assez pour faire plier ni le corps ni la volonté de Zénith. Gardant ses esprits, ce dernier tenta de trancher de son bras gauche cette tête arrogante. Filant dans le vide, la lame n'avait pas finie son mouvement que déjà un genou entrait en collision avec son flanc, le propulsant à plusieurs mètre de là. De son côté, la brute jubilait, heureux d'avoir à disposition un puching-ball valable.

S'en suivi un duel particulièrement violent et humiliant pour Zénith. Roué de coup par un adversaire qu'il ne pouvait presque pas voir, il passa son temps à voler de droite à gauche propulsé par ce qui aurait déjà tué bien des gens d'une constitution moindre. Sentant presque sa conscience s'envoler à chaque droite reçue, il lui fallu puiser dans ses réserves les plus profondes pour ne pas s'effondrer et parvenir à se remettre debout, du moins lorsqu'on lui en laissait le temps. Finalement, emporté par l'excitation malsaine que lui procurait le combat, le pirate mis fin à l'affrontement plus tôt que prévu.

Tenant sans plus trop savoir ni comment ni pourquoi, Zénith rentrait peu à peu dans le même état de transe que lors de son tout premier combat. Son corps tenait bon, mais sa raison s'enfuyait, laissant toute place à ses instincts de survie. Coups après coups, ses pensées se brouillaient. Il n'y avait plus de tunnel, plus de mission, plus de pirate, ne restait qu'une forme colorée et agressive qui menaçait sa vie. Ayant plusieurs fois lâché des cris de douleur durant l'affrontement, il était désormais muet. La douleur même avait disparu de son esprit. Ne restait plus que des signaux que son corps meurtri envoyait à ses bras qui devaient le défendre. Tentant une énième attaque de son bras-lame, Zénith pu voir cette dernière s'envoler au loin avec le coude qui y était attaché. Soudainement envahi d'une sensation brûlante, le jeune homme pu récupérer un peu de sa raison, la douleur engendré par la mutilation l'extirpant du brouillard où il s'enfonçait. Les yeux embués de larmes, il parvint à trouver la force, tant mentale que physique pour lancer sa jambe droite dans l'espoir de toucher enfin son ennemi. Se résultant de la même façon que celle qui venait d'échouer, l'attaque se solda par un brassage d'air effectué par une cuisse sanguinolente privée de ce qui devait y être joint.

Expert dans l'utilisation du Rankyaku, ce qui n'était rien de moins que le bras droit de Nadir le Ouf s'était un peu emporté et venait de briser son précieux jouet. Baignant dans son sang qui s'étalait un peu plus à chaque instant, Zénith quant à lui souffrait le martyr, hurlant à en réveiller les morts en se tenant la jambe raccourcie de son unique bras, bien entendu écroulé par terre et pas près de se relever. Le regardant d'un air désolé et un peu triste, l'immonde brute se préparait à en terminer avec ce tas de chair bruyant qui avait tout perdu de son intérêt. Levant le bras, il allait l'abattre sur un jeune homme blessé à l'esprit trop concentré sur sa douleur pour penser à quoi que ce soit d'autre lorsque accompagnée d'une détonation, une balle vint traverser par derrière le genou gauche du pirate, vite accompagnée d'une consœur s'occupant de l'articulation tribord. Tombant à quatre pattes, le bonhomme à la force ridiculement grande eut le loisir de recevoir trois autres coups dans le dos avant d'enfin pouvoir se retourner vers la cause de l'aggression.

N'ayant qu'à peine changé de position après s'être fait éjectée, Levi était parvenu à se réveiller à temps pour empêcher l'exécution de son camarade. Tenant son fusil d'une main, elle avait réussi à mettre le furieux à terre. Dans un hurlement de rage, ce dernier lui planta ses deux yeux dans les siens, lui faisant part de son envie non dissimulée de la voir morte.

"SALOOOOOOOOOPE !!"

Une autre détonation, et la tête du bandit reçu un ultime cadeau petit, rond et métallique avant de s'effondrer sur le sol pour ne plus le quitter. Parvenant tant bien que mal à se remettre sur pied, la rouquine s'empressa de s'occuper de son camarade grièvement blessé. Déchirant ses manches, elle les utilisa pour enrayer avec ses piètres compétences les saignements de Zénith, lui adressant des encouragements qu'il n'entendait de toutes façons pas. Utilisant la torche pour cautériser, du moins quelque chose y ressemblant, elle manqua elle-même de s'évanouir à la vue des membres gisant qu'elle ne pourrait ramener avec elle. Quelques secondes plus tard, le blessé était sur le dos de la demoiselle, conscient mais incapable de produire de sons autres que des gémissements plaintifs. Surmontant l'action de la température ambiante sur son esprit, Levi entama la longue remontée à la surface, sachant que leur expédition était devenue vaine et redoutant plus que tout le retour à l'Hotel de ville qui constituait leur base. Si Nadir attendait la venue de la Marine, aucun doute qu'il se mettrait en action dès l'information obtenue. Action qui risquait fort d'être violente et sanglante. Anxieuse comme jamais, elle se mit à imaginer les pires choses qui pouvaient arriver à l'équipage, sans savoir qu'elle était alors très proche de la réalité. Mais encore fallait-il sortir vivant du tunnel meurtrier.

Levi ne su jamais combien de temps elle avait alors mit pour être de nouveau éclairée par la lumière du jour, peut-être car ça n'était pas son soucis principal. Dehors, rien n'avait changé. La même brise fraîche, le même paysage. Rien ne présageait de ce qui s'était passé en leur absence. Mettant près d'une heure à revenir, elle n'eut pas à entrer dans le bâtiment pour connaître le destin de ce qui s'y trouvaient. D'une part car ils n'y étaient plus, d'autres part car tout les marines présents étaient éparpillés devant l'Hotel de ville. Pas seulement dispersés, non, bel et bien éparpillés, des bras, des jambes, des têtes étant disséminées un peu partout et rarement avec ce qui devrait les accompagner. Seul était resté intact le corps du colonel Toribaka autour duquel gisaient les cadavres de plusieurs pirates.

Sentant son appui trembler, Zénith cru bon, bien que mentalement à mi-chemin entre la courgette et le poivron, de lever les yeux, sa tête jusque là ballotant sur l'épaule de Levi, vers ce qui semblait troubler sa camarade. Bien que courte, la vision qui s'offrit à lui se grava littéralement dans ses pupilles, avant que, vaincue par ses émotions, sa porteuse ne s'évanouisse, le laissant chuter sur le dos, incapable de bouger mais les yeux écarquillés, ne parvenant pas et n'étant de toutes façon pas en état de le vouloir à chasser l'image de ses compagnons démembrés de ses pensées. Restant ainsi un temps qu'il ne saurait déterminé, c'est tout juste s'il entendit les cris du maires qui appelait quelqu'un et s'il vu l'homme énorme, pourtant dans son champ de vision, qui le ramassa de son énorme main aux reflets de métal avant le placer sur son épaule où il perdit connaissance.


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Zénith Ares, l'homme qui s'en prenait plein la gueule Empty Re: Zénith Ares, l'homme qui s'en prenait plein la gueule

Message par Zénith Ares le Sam 24 Avr - 23:56

Partie II : Foi


Chapitre 6 : Renouveau

«En y repensant... y a-t-il vraiment lieu de regretter et se morfondre ?? Sans mon histoire, je ne serais pas celui que je suis. A quoi bon refuser un passé sans lequel je n'existerais pas ??

Le destin n'oblige pas à l'oubli, Zénith, ni à l'insouciance.

Mais qu'est-ce que le destin, Zénith ?? Une route définie ou à définir ?? Un ensemble de choix ou de conséquences ?? Passé, Futur ?? D'où vient-il exactement ??

Occupe-toi déjà du présent.

Je suis d'accord.

Moi aussi.

N'était-ce pas toi qui parlait d'insouciance ??

Je connais aussi le sens des priorités, Zénith. Pour l'heure, peu m'importe de savoir si les regrets sont sensés ou non. Il me faut avancer et trouver les réponses aux questions qui peuvent me pousser en avant.

Mais qui es-tu pour clamer qu'une question est plus digne d'une autre ??

Une âme perdue dans un océan d'interrogations, voilà ce que tu es.

Sans choisir de direction, comment alors s'en sortir, de cet océan ??

Mais choisir une voie en refusant les autres ne me condamnerait-il pas à l'erreur ??

Un code ne suit pas chaque voie, Zénith, il suit la sienne.

Mais qu'en est-il de mon code... et de ma voie ??

N'oublie pas pourquoi tu en est là.

A rejeter les chemins tracés, tu te retrouve en cambrousse.

Tu tente de tracer le tien, mais ça me semble difficile.

C'est la voie de la sagesse.

C'est de la folie !!

Le sage se contenterait peut-être de connaître l'océan plutôt de d'en chercher une sortie.

Peut-être ne serait-il pas forcement aussi sage qu'on ne le pense ??

Mais alors, qu'est-ce que la sagesse ?? Est-ce indispensable en ce qui me concerne ??

Le sage n'aurait pas de voie ?? Mais ce serait alors la voie du sage.

Veux-tu vraiment être un sage ??

Je me le demande.

Je tourne en rond...»


***

Assis en tailleur sur le bord d'une falaise, un katana à la main, un jeune homme en kimono levait les yeux au ciel, le regard perdu dans la masse sombre de nuages qui obscurcissait les cieux. Comme un calque venant se glisser devant sa vision, l'image de ses compagnons marines anéantis se plaça entre ses pensées et sa vue. S'il croyait en un quelconque dieu, sans doute lui aurait-il adressé une prière, plus par principe que par foi. Il n'avait eu sur la scène qu'un rapide regard, mais cela lui avait suffit pour tour en retenir. La cuirasse d'Ali éventrée, la tête de Jake fendue en deux et arrachée de son cou... il pouvait se souvenir de tout les détails comme s'il y était encore. Cette image l'avait longtemps hanté, et pourtant, il pouvait maintenant y revenir sereinement. La vision de leurs corps mutilés l'avait certes choqué, mais ayant vécu dans le sang toute sa jeunesse, ce fut surtout leur absence qui fit de leur deuil un fardeau dur à porter. Jusqu'à ses seize ans, Zénith n'avait pas de place pour qui que ce soit dans son cœur, c'est pourquoi perdre une famille qu'il venait de trouver fut un trouble difficile à vaincre. Toutefois, ce trouble devait vite perdre de son intensité. La cause de ceci n'était malheureusement pas la force d'esprit de Zénith, mais un événement plus sombre encore. Fermant les yeux, le visage crispé, le jeune homme tenta de sortir de son esprit le souvenir de ce jour noir à côté duquel sa vie de misère n'était finalement qu'un petite nuage grisâtre déversant plus de pluie que d'ombre. Cependant, les deux incidents étant liés, il était difficile pour Zénith de penser au carnage de Drixhen sans que la pierre de jais ancré dans son cœur comme dans ses souvenirs ne vienne déteindre sur ses pensées présentes. Son temps devait pourtant venir bien assez tôt.

*L'ordre... je dois garder l'ordre...*

Parvenant à repousser cette obscurité voulant défier la chronologie de sa mémoire, le jeune Ares pu reprendre où il en était, sentant presque les larmes venir, sachant qu'il ne pourrait ni ne devait refuser la noirceur de ce jour dont le tour se rapprochait de plus en plus.

***

Dans le passé, il était déjà arrivé à Zénith de s'évanouir suite à ses blessures, mais ses réveils avaient alors eu la décence de se faire une fois ses douleurs quelques peu calmées. Malheureusement pour lui, ce n'était dans le cas présent pas tout à fait pareil. Tandis qu'il reprenait conscience, le Caporal eut le loisir de découvrir la souffrance sans nom qui l'attendait. Accélérant le processus, la sensation désagréable provoquée par le passage d'un courant électrique peu sympathique dans son organisme ne mit pas longtemps à atteindre la conscience vacillante du marine qui revenait bon gré mal gré dans le monde des vivants. En une fraction de seconde, l'agression se précisa. Localisée sur ses membres diminués, la chaleur accompagnait la foudre dans un mélange détonant de douleur et de désagréments. Ouvrant soudainement les yeux dans le but plus sorti de ses réflexes que de sa réflexion, ne pouvant en développer aucune de valable, de découvrir ce qui le faisait ainsi souffrir, Zénith tomba instantanément sur un chauve de presque trois mètres de haut et d'autant de large, tout en muscles, qui lui trifouillait quelque chose dans l'épaule gauche à l'aide de divers outils à la forme peu engageante, un cigare au bec et un casque sur les oreilles. Il ne voyait pas les instruments en question, mais les ayant plantés dans la chair, il imaginait sans mal ce à quoi ils pouvaient ressembler, du moins leur extrémités. Ses facultés mentales plus ou moins restaurées, son cerveau pu enfin réaliser à peu près tout ce qui se passait et donner l'ordre basique de réaction aboutissant à des hurlements de douleur et d'incompréhension. Imperturbable et ce grâce à la musique qu'il écoutait et qui écrasait de son volume celui du jeune homme, l'espèce d'ours au crâne rasé ne prêtait aucune considération au blessé pénible qui aurait sans aucun doute gesticulé s'il n'avait prit la précaution de l'attacher fermement à l'aide de sangles de chantier. Ce n'était pas tout les jours qu'il avait la chance de travailler sur quelqu'un pouvant survivre à ses soins et à ses talents, aussi ne désirait-il pas voir ce petit moment de plaisir gâché par ce que pouvait bien avoir à dire le plus important et central de ses matériaux. De son côté, le matériau en question devait se contenter de subir, entravés qu'il était par des liens que sa volonté seule ne pourrait défaire. Hurlant mais n'étant entendu que de lui-même, il n'avait d'autre choix que d'attendre que les étranges travaux que l'on effectuait sur lui se terminent, pour peu qu'ils aient une fin. Petit point positif, ce passage sur cette table d'opération l'empêcha de penser un seul instant au massacres de ses amis, l'esprit bien trop occupé à se concentrer sur la douleur inextinguible qui l'envahissait.

***

Expert renommé, du moins anciennement, en robo-chirurgie, Rurik Gvozdev avait vu son prestige s'effondrer tandis que sa passion pour son travail ne faisait elle que grimper. Ne cherchant plus ni à sauver des vies ni à tout simplement aider son prochain, il se mit un jour à opérer des personnes pas forcément malades et encore moins consentantes, le tout sans inutile anesthésie qui freinait les réactions nerveuses et donc la bonne avancée de son boulot, boulot qui ne débouchait pas toujours sur le résultat attendu, ni par lui ni par son malheureux client. Se créant de ce fait à la fois des ennemis et un dossier chez la Marine, il du quitter son île pour se faire oublier un peu, une prime de cinq cent mille berrys ayant finie par être mise en place pour sa capture. C'est ainsi que d'îles en îles il se retrouva sur Drixhen où après quelques travers le Maire accepta sa présence en échange de ses services, dans des conditions décentes cette fois-ci. Toutefois, rien ne pu l'arrêter à la vue de l'homme mutilé qui parvenait à rester d'une part conscient mais surtout vivant malgré l'état de ses blessures normalement mortelles. Y voyant une occasion en or de faire du bon travail, Rurik n'hésita pas un instant et récupéra le précieux patient. Trois jours plus tard, il avait déjà bien avancé, poussé par sa soif de travail, lorsque concordant avec ses espoirs Zénith se réveilla, lui devant alors son rétablissement. Habitué à œuvrer dans le bruit, son casque lui permettait de ne pas être gêné par les hurlements habituels de ceux qu'il traitait, n'ayant strictement rien à cirer de leurs états d'âme. C'est pourquoi il pu traiter le marine sans le considérer un instant comme un être humain. Bloc de chair prompt à être sculpté, Zénith ne su ce que le médecin si étrange fabriquait sur qu'une fois la longue opération de plus d'une semaine terminée.

***

"Ah ah !! Dernière connexion !!"

Un claquement métallique plus tard, le patient malgré lui sentit l'horrible choc électrique résultant de ces fameuses connexions. C'était loin d'être la première, et à vrai dire il y en avait déjà tant eu qu'il lui était impossible de les compter, mais peu importe, l'habitude ne diminuait en rien les sensations que cela impliquait et qui manquaient pas de lui arracher un nouveau cri, quand bien même la fatigue et le manque de nourriture ne lui permettaient plus que de vagues exclamations bien loin de ce qu'il en était les premiers jours. Fort heureusement, le soulagement devait remplacer la peine, le bricoleur retirant avec un sourire les instruments plantés de-ci, de-là dans le corps de l'infortuné, ceci n'étant toutefois pas assez douloureux pour que Zénith y réagisse. Au contraire, ce dernier ressentait alors plus une sensation de liberté, comme s'il avait été privé de quelque chose dont il retrouvait alors propriété. Retirant son casque, Rurik entama de défaire ses liens tout en lui parlant.

"C'est du boulot soigné mon gars, content que t'aies tenu jusqu'au bout."

Mais de quoi causait donc l'énorme gars ?? Ça faisait une semaine qu'il le charcutait et maintenant il semblait vouloir recevoir des félicitations. N'ayant logiquement que du ressentiment envers Rurik, Zénith lui aurait bien sauté dessus une fois libéré s'il n'était pas aussi affaibli et si le gaillard n'était pas une montagne de muscles. Au lieu de ça, il se laissa faire, ne pouvant repousser et n'en ayant aucunement l'envie le sentiment de soulagement qu'il connaissait alors. Quelle ne fut pas sa surprise lorsque tentant par réflexe de se redresser sur la table d'opération, réfléchissant à ce qu'il allait bien pouvoir faire ensuite en examinant des possibilités d'exécution du médecin fou, ce fut cinq doigts qui s'appuyèrent sur le socle au lieu de la lame habituelle. Dans une complexité technologique loin de ses capacités scientifiques, un bras de métal s'activait, lui envoyant divers signaux électrique que son cerveau commençait à identifier et à comprendre. Deux secondes plus tard, Zénith pu sentir la matière sur laquelle était posée sa nouvelle main gauche pour la première fois depuis plus de dix ans. L'examinant sans attendre, il réalisa dans un mélange de surprise et d'incompréhension que ce bras d'acier était l'œuvre du chirurgien au cigare qui regardait bouger sa création en frisant l'euphorie. Son regard passant alors de meurtrier à perdu, le réparé récent voulu se tourner vers le gros mais tomba avant cela sur une jambe complète et fabriquée de la même manière que sa main. Tentant sans trop y réfléchir d'en bouger un orteil, il ne cacha pas son étonnement lorsque précédée d'une réaction nerveuse, la mécanique s'enclencha et que la machine répondit à son ordre. N'y connaissant rien à la robotique, chose normale n'étant pas un intellectuel de nature et cette science restant difficile d'accès, voir ces orteils se tortiller à son ordre était quelque chose de complètement incroyable. Malheureusement, délivré des souffrances inouïes qui précédaient ces instants et à la vue de cette jambe maintenant de retour mais s'étant envolée au loin quelques temps plus tôt, Zénith laissa le souvenir du l'Hôtel de ville lui revenir. S'il ne s'agissait que de simples quidams, la vue de leurs corps en charpie ne l'auraient que peu choqué, habitué qu'il était aux spectacles sanglants. Mais voir ainsi ses amis et camarades victime de la folie destructrice d'un pirate et son équipage ne pouvait le laisser indifférent. Comme si le sol lui-même s'ouvrait, le pilier qui maintenait son monde venait de s'effondrer. Le petit bateau de lumière avait sombré dans les ténèbres et le laissait seul au milieu des ombres. Le pigeon s'était envolé bien loin et n'avait pas eu le temps de lui indiquer la marche à suivre. Perdu et sentant son cœur se serrer en réalisant peu à peu qu'un nouveau monde de solitude et d'obscurité l'attendait, le jeune homme ne pouvait garder loin de lui des sentiments de tristesse qu'il avait souvent frôlé mais que la spécificité d'être le résultat de la perte de proche rendait pour lui nouvelle et contre lesquelles il ne savaient comment lutter. Les sanglots étaient pour lui une réaction révolue, aussi resta-t-il muet et immobile. Cherchant désespérément une porte de sortie et une solution, son esprit retournait l'image du carnage et l'examinait de bout en bout tout en fouillant dans ses souvenirs, son expérience et ses connaissances la réactions appropriée. Seules restaient les questions. Se multipliant sans cesse, elles n'aboutissaient que sur d'autres, embrouillant Zénith et le plongeant dans un brouhaha mental, courant contre lequel il ne parvint vite plus à lutter et qui l'emporta vers des interrogations sans fin.

"Ta gueule !!"

Surprenant le gros médecin qui se contenta de regarder ce qui était encore pour lui un gamin avec une vague moue d'incompréhension, l'exclamation de Zéntih était surtout destinée à lui-même, tentant d'enrayer le flots de questions qu'il provoquait malgré lui.

*Mais pourquoi ?? Je veux savoir !!*

"La ferme !!"

*Tu veux savoir, Zénith, ne te voile pas la face*

"Je veux savoir, pas me demander."

*L'un ne va pas sans l'autre.*

"Je sais, je sais, mais trop de questions ne m'avanceront à rien."

*Alors quelles questions t'avancerons ??*

"J'en sais rien... de toutes façons, même des réponses ne referont pas ce qui est fait..."

*Peut-être n'ai-je même pas besoin de réponse, dans le fond...*

"Peu-être est-ce la réponse, alors."

*Mais comment le savoir*

"Je sais pas !! Mais... j'ai besoin de calme... sans quoi je ne pourrais jamais trouver."

*Reste serein.*

"C'est la meilleur chose à faire... pour l'instant..."

Reprenant peu à peu son calme et ses moyens, le jeune marine pu concentrer son esprit sur autre chose que ses pensées elle-même. Croisant le regard de Rurik, il aurait probablement souri si des sentiments accablant n'entravaient pas alors sa capacité à être heureux. Assis sur un siège loin d'être à sa taille, le chirurgien regardait son patient avec cette-ci fois des yeux écarquillés, persuadé que le jeune homme devant lui était complètement fou et pourtant certain de ne pas avoir touché au cerveau. D'une façon naturelle, Zénith venait d'entretenir un dialogue avec lui-même pour la première fois.

***

Découlant de son expérience de la solitude, le jeune Ares avait en réalité développé cette capacité d'auto-discussion depuis son séjour sur une île en solitaire. Enfouie dans son esprit, cette particularité ne pouvait cependant pas s'épanouir sans le savoir apporté par le Docteur Parker. En effet, comment s'apporter à soi-même des réponses sans connaissance et sans habitude de réflexion ?? Autrefois, Zénith ne possédait rien de cela et ne pouvait de ce fait se répondre, mais il avait depuis évolué. Chacun se pose des questions, bien entendu, mais rares sont ceux qui le font verbalement, comme face à face avec un second interlocuteur. Toutefois, si cet interlocuteur ne peut apporter une science qui lui est inconnu, il a l'avantage de comprendre parfaitement les pensées et la question de celui qui la pose. Zénith avait besoin de faire de tri dans ses questions, de canaliser ce flux, c'est pourquoi il se dévoila enfin à lui-même. Exercice naturel, il devait dans le futur le réitérer à de bien nombreuses reprises. Toute sa vie, il n'avait eu comme seul but de survivre, mais il entrait alors dans une ère de doutes, d'ignorance et d'interrogations. Il devait mûrir, tout simplement, et allait s'aider pour ça.

***

Préparé par les soins de Rurik, le rétablissement de Zénith fut rapide. Bien entendu, l'atmosphère était tendue au début. D'un part car l'un n'avait pas forcément été très doux avec l'autre, et d'autre part car l'autre en question n'était pas d'humeur à la rigolade après les évènements tragiques qui lui avaient volé ses amis. Cependant, le marine flambant neuf ne pouvait rester fâché envers l'homme qui lui avait offert de nouveaux membres et parvint sans vraiment lui pardonner à entretenir une relation plus chaleureuse avec l'ours. De toutes façons, allongé sur son lit, Rurik était la seule personne qu'il avait l'occasion de voir, ce dernier ayant interdit les visites jusqu'à nouvel ordre. Le chirurgien de son côté trouvait il est vrai un peu étrange de voir son patient parler parfois dans le vide mais tant lui-même pas tout à fait sain d'esprit, il ne s'en préoccupa pas plus. En effet, fort de sa première expérience, Zénith n'avait pas manqué de recommencer ses dialogues mentaux, perdus qu'il était sans route ni personne à suivre. Malheureusement pour lui, il ne parvenait le plus souvent qu'à répondre à ses questions par d'autres question, et si ses réflexions se faisait plus disciplinées, elle ne parvenait toujours pas à aboutir sur un résultat.

Le caporal resta ainsi quatre jours de plus, coupé du monde, à se reposer chez Rurik avant qu'enfin le médecin accepte qu'on vienne voir son précieux patient. Il ne fallu pas attendre longtemps pour que Levi vienne pointer le bout de son nez. Ayant bien récupéré, Zénith pouvait profiter de sa motricité retrouvée et déjeunait à une table quand sa collègue entra. Les yeux rouges et de jolies cernes les bordant, elle ne pouvait dissimuler l'état de profonde fatigue dans lequel elle était. Éclairant son visage marqué par les sanglots d'un sourire ravi à la vue de son camarade, elle alla s'assoir en face de lui, peinant à retenir ses émotions et son soulagement de le voir vivant.

"Je suis bien contente que tu t'en soit tiré..."

Et contente elle l'était. La survie de Zénith l'avait sauvé d'une chute définitive dans la dépression. En effet, c'était grâce à elle que son ami était encore en vie, et cette simple idée lui permettait de tenir bon. De son côté, le rafistolé ne savait pas vraiment quoi dire. Il n'avait aucune idée des mots à utiliser pour ne pas la replonger dans l'horreur de ces derniers jours. Il lui fallait une formule courte.

"C'est réciproque."

Les premiers mots étaient échangés, mais c'est un grand blanc qui suivit. Aucun des deux ne souhaitaient parler, sachant pertinemment qu'il ne fallait que peu de chose pour raviver des souvenirs douloureux. Finalement, Levi continua.

"Un bateau part d'ici demain pour Gyhua, de là-bas on pourra retourner au QG."

*Le QG ??*

Lui rappelant qu'il était caporal de la marine, Levi venait de soulever une interrogation majeure : Qu'avait-il à faire au QG ?? Qu'est-ce qui le retenait chez les militaire, maintenant que Toribaka et son équipage étaient décimés ?? Y réfléchissant un instant, Zénith répondit.

"Je ne vais pas rentrer..."

"Hein ??"

Surprise, Levi ne s'attendait certainement pas à une réponse de ce genre. Elle avait besoin de la présence de Zénith pour continuer. Il était la dernière parcelle de l'équipe du pigeon. Sans lui, elle se retrouverait définitivement seule et sans rien de familier pour la soutenir.

"Dis-leurs que j'ai pas survécu... j'ai besoin de vacances, de repartir à zéro."

C'était à ses yeux la meilleure solution. Il n'avait toujours pas trouvé de réponses à ses questions, mais il sentait que retourner dans la Marine l'empêcherait de les trouver. La rouquine de son côté était quelque peu perturbée par cette annonce. Elle venait de voir tout ses camarades déchiquetés et le dernier d'entre eux souhaitait qu'elle le considère comme mort. Cependant, elle comprenait parfaitement le besoin qu'avait Zénith de chercher le repos et le calme, de vouloir rester à l'écart de la Marine et de ses soucis. Elle-même ne pouvait éteindre l'envie de tout arrêter et de recommencer sa vie autrement. C'est pourquoi elle se résigna.

"Je comprends..."

"C'est excellent !! J'ai un service à te demander, mon petit !!"

Déboulant de par la porte entrouverte, Rurik amena son énorme personne dans la pièce qui devenait d'un seul coup trop petite pour eux trois. Sans plus tarder, il continua.

"T'es costaud et t'es dispo, alors tu vas m'aider."

"Mais..."

"Kseniya, viens là !!"

Coupant la parole à un Zénith qui n'aurait de toutes façons fait que balbutier une expression d'incompréhension pas forcément compréhensible, le bricoleur s'écarta de la porte pour laisser entrer une petite fille d'à peu près dix ans, le visage timidement baissé et qui s'avançait gênée en tentant de dissimuler son regard derrière quelques mèches de ses longs cheveux blonds. Ne laissant pas le temps aux deux marines d'exprimer leur stupéfaction, Rurik s'expliqua.

"C'est ma fille, Kseniya. Elle doit aller chez sa mère à Lopferass, sur l'île d'Ignij, mais j'ai pas le temps de l'amener, alors tu vas aller avec elle."

Bouche bée tout comme Zénith, Levi laissa tomber sur visage surpris pour afficher un sourire amusé contrastant assez fortement avec le reste de sa physionomie. Posant sa main sur l'épaule de son ami, elle officialisa son enrôlement.

"Et bien tu viens de te trouver un nouveau job, Zénith. Félicitations."

"J'ai peut-être mon mot à dire, nan ??"

Feignant l'offusqué sans vraiment l'être, en réalité plutôt heureux de l'arrivée du médecin et de l'ambiance détendue qui s'en suivit, le jeune homme réfléchissait toutefois sérieusement à la demande, pour ne pas dire l'exigence de Rurik. Il avait une dette certaine envers lui et n'avait il était vrai rien d'autre à faire ni quelque but que ce soit. Ainsi, soutenu par Levi qui regrettait tout de même de le voir partir, Zénith accepta de devenir garde du corps.


Dernière édition par Zénith Ares le Mer 19 Mai - 19:41, édité 10 fois
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Message par Zénith Ares le Sam 24 Avr - 23:57

Chapitre 7 : Faiblesse

Laissant derrière lui sa vie de marine, l'ex-caporal Ares fit ses adieux à la Mouette en la personne de Levi tandis qu'elle prenait un navire pour rejoindre le Quartier Général. De son côté, il embarquait sur un second bateau dont l'un des Eternal Pose devait l'emmener à Ignij, immense île perdue dans Grand Line. A ses côtés, Kseniya Gvozdev le laissait la guider, confiante en son statut d'ancien marine. Sur le quai, Rurik leur faisait des signes des signes d'au-revoir de ses grosses mains en proférant divers encouragements ressemblant plus à des menaces envers Zénith s'il devait arriver quelque chose à sa fille. Fier de sa nouvelle main et selon les indications de son médecin, le jeune homme passait son temps à l'agiter pour un oui ou pour un non afin de développer les sensations qu'il pouvait en avoir et retrouver un équilibre et une maniabilité naturels. Le navire s'éloignait doucement quand, ultime hommages aux homme qui reposaient maintenant sur Drixhen, une casquette de caporal s'envola pour se poser délicatement sur l'eau avant d'y disparaître à jamais. Voyant les côtes de l'île rejoindre l'horizon, Zénith entrait dans une nouvelle période de sa vie. Une lumière venait de s'éteindre, son seul désir était d'en trouver une nouvelle.

***

Le gros médecin n'avait laissé que peu d'indications à son « employé » pour amener sa fille chez sa mère, lui ayant simplement dit que la petite blonde connaissait mieux le chemin que lui. Il restait cependant un léger problème.

"Mais parle, bon sang !!"

Tentant de se rapprocher de la fillette avec qui il allait devoir faire un bout de chemin, Zénith avait maintes fois tenté d'entamer un dialogue, mais Kseniya ne lui avait jamais répondu autrement que par des hochements de tête. Pas un mot, elle n'avait pas dit un mot depuis qu'ils se connaissaient. Elle n'était pas muette, non, simplement trop timide pour adresser la parole à un homme qu'elle connaissait depuis une poignée d'heure seulement, quand bien même convaincue de sa valeur. Elle ne ressentait de plus pas vraiment le besoin de discuter, contrairement à son protecteur, hanté par des questions sans réponses et la vision du carnage dont il ne pouvait se séparer. Ainsi, elle fut plutôt surprise quand Zénith s'exclama de la sorte. Il n'avait pas haussé la voie et avait alors un ton plus désespéré que fâché, ayant échoué dans toutes ses tentatives de lui faire ouvrir la bouche autrement que pour manger. Étonnée mais pas apeurée, donc, elle parla enfin, comprenant que son silence avait gêné son compagnon de voyage et parvenant de ce fait à surmonter sa timidité.

"Dé... désolée..."

Un simple petit mot, sincère, et le contact était établi. N'ayant rien d'autre à faire que se perdre dans ses pensées, Zénith était bien content de pouvoir enfin taper la discut avec la blondinette. Soulagé, il entreprit sans qu'elle lui demande quoi que ce soit de lui raconter sa vie, toute sa vie. Il avait besoin de le faire, sans trop savoir pourquoi, et c'est tout juste s'il n'alla pas lui détailler l'état de son poignet le jour de sa première amputation. Cependant, habituée aux récits peu ragoutant des expériences de son père, la gamine n'était plus choquée que ça à l'évocation de certains faits sanglants. Toutefois elle ne pouvait pas ne pas être sensible à la vie agité de l'homme aux membres de métal qui lui parlait. Du haut de ses dix ans, elle prit Zénith en pitié, touchée par son histoire. C'est pourquoi elle alla d'elle-même lui raconte la sienne, afin surtout de lui faire plaisir, devinant que discuter pouvait lui faire du bien. Malheureusement pour elle, sa propre histoire avait été bien plus courte et bien moins trépignante, restant malgré son père une enfant sans problèmes. C'est donc ainsi, avec la narration de leurs passés respectifs, que le gardien et la protégée nouèrent leur relation.

***

Le voyage de Drixhen à Lopferass était assez conséquent pour une fillette, durant à peu près douze jours. N'étant jamais sur de rien sur Grand Line, Rurik avait l'habitude de toujours accompagner sa fille, sa force étant réelle et lui permettant de venir à bout de certains équipages pirates mal préparés. Toutefois, une montagne de boulot l'attendant suite au temps perdu dans l'opération imprévue de Zénith, il avait préféré laisser aux soins de ce dernier la protection de sa fille pendant le trajet, refusant de la laisser aller seule car sachant pertinemment que les risques étaient bien présents. Mais heureusement pour eux, Zénith et Kseniya purent jouir d'un voyage paisible, passant le plus clair de leur temps libre à discuter et à se connaître. De temps en temps, l'un ou l'autre se souvenaient de quelques anecdotes amusantes ou non qu'ils ajoutaient à leur dossier respectifs. Tout allait pour le mieux jusqu'à ce qu'ils parviennent enfin à Rekj, cité portuaire la plus proche de Lopferass.

***

Vue de leur navire, la ville était on ne peut plus normale, éclairée par un soleil chaleureux et profitant de la présence exceptionnelle de la Marine, l'un de ses bâtiments trônant fièrement au centre du port. Les gens s'y activaient, travaillent, vivaient normalement. Rien qui puisse présager de la présence d'un danger incontrôlable en ses rues... sauf pour Zénith. Malheureusement pour lui, il se reposait à l'intérieur du bateau lorsque celui-ci lâcha son ancre près des quais. S'il était sorti une poignée de minutes plus tôt, nul doute qu'il aurait empêché l'accostage, mais sa réaction se fit de par ce retard tout à fait autre. Il ne lui fallu pas deux secondes pour que de son habituel masque de réflexion son visage ne passe à divers états dont le nombre et la nature ne permette la description. Ces voiles, cette coque, il les connaissaient bien. Le navire militaire qui se présenta à ses yeux n'était pas qu'un banal vaisseau de la Marine à ses yeux, pour la simple et bonne raison qu'il avait servi deux ans à son bord. N'étant rien sans son équipage, le bâtiment n'avait pas retenu l'attention de Zénith après les évènements de Drixhen, mais le voir ici avait une signification importante. Dans cette ville, Rekj, ou dans ses environs était terré l'homme qui avait prit possession de ce bateau quelques semaines auparavant.

"Nadir..."

Stupeur, rage, tristesse, peur, tant de sentiments se bousculaient dans la tête de Zénith qu'il lui était difficile de faire le tri. Dansant au milieu de tout ça, l'affiche du Ouf tournoyait dans son esprit, focalisant ses pensées sur ce satané sourire que le pirate présentait. A une poignée de mètres se tenait l'ancienne maison du Pigeon, visiblement intacte mais tachée de sang à la vue de ce qui en y était un occupant. Confusion, confusion, confusion, confusion, tout n'était que confusion, troubles et brumes dans la petite tête de Zénih Ares. Sa propre voix résonnait. Il tentait de se calmer, de se répondre comme il prenait l'habitude de le faire, mais il était aussi perdu qui lui à chaque réponse qu'il se formulait. Pas un instant il n'avait imaginé avoir affaire de nouveau à Nadir le Ouf et rien ne le préparait à ça. La seul question qu'il parvenait à tirer du mélange mental était « pourquoi ?? », pourquoi était-il là ?? Pourquoi était-il encore sur sa route ?? Et pourquoi...

"Mais pourquoi il existe encore, celui-là ?!"

Surprenant les passagers du bateau qui commençaient à débarquer, Zénih s'attira en criant les regards de plusieurs personnes qui ne tardèrent pas à reprendre leur activité, contrairement à Kseniya qui garda son attention sur son garde du corps, cherchant à déceler la raison de son exclamation. Comme si on l'avait entendu, la suite ne tarda pas à venir. La rage l'emportant peu à peu, le jeune homme tremblait tellement qu'on pouvait sentir son ressentiment à son simple contact. Ne tenant plus il se lâcha.

"NADIIIIIIIIIIIIR !! Montre-toi fils de pute !!"

Sautant par dessus la barrière du navire pour se rétablir sur le sol du port, il couru vers le petit bateau de lumière afin d'y exterminer les occupants. Immobile sur le pont, la fillette le regardait s'éloigner tout en mettant doucement en corrélation les évènements et ses connaissances. Zénith lui avait bien sur parlé de Nadir, lui ayant raconté son histoire, mais elle mit un moment fait le lien. Réalisant que l'homme après qui Zénith courait n'était nul autre que celui qui avait décimé l'équipage de Toribaka, elle se lança à sa poursuite.

Grimpant en vitesse sur son ancien navire, le déserteur ne mit pas longtemps à comprendre qu'il était vide. Finalement rattrapé par Kseniya, il lui présenta un regard de démence quand celle-ci lui parla. Dans un sens, il avait progressé ; plus de questions, plus de pensées embrouillées ; la haine seule devait demeurer. Fixant la gamine, Zénith lâcha un grognement de dédain avant de l'écarter de son chemin et redescendre sur le quai, bien décidé à mettre la main sur celui qui lui avait volé son ère de lumière. Seule, la petite ne pu qu'assister sans rien faire au spectacle que son gardien lui offrait. De passant en passant, de maison en maison, d'auberges en tavernes, il alla partout où ses pieds l'emmenaient demander des renseignements sur Nadir, faisant peur à la plupart des gens qu'il rencontrait à cause de son air furibond et aux portes de la folie. Vaine, sa recherche dura tout de même plusieurs heures et le mena au coucher du soleil, où son calme finit par le rattraper et estomper sa rage. Accompagnant l'obscurité général qui tombait sur Rekj, de généreux nuages vinrent offrir quelques gouttes à la ville portuaire. Ayant terminé sa course sur un banc, Zénith profitait de la bruine rafraichissante qui mettait un peu d'ordre dans ses pensées. Le problème ne lui effleurait l'esprit que maintenant, mais il savait qu'il lui était impossible de se débarrasser de l'équipage de Nadir le Ouf après la défaite récoltée contre ce qu'il prenait pour un membre lambda. L'ayant suivi sans dire un mot, Kseniya se tenait près de lui, attendant patiemment qu'il recouvre son calme. Réalisant le peu de tact dont il avait fait preuve, le jeune homme s'excusa.

"Désolé pour ça... On reprend la route, ta mère t'a assez attendu."

Lui répondant par un sourire, la jeune fille ne releva ni le problème de l'heure ni le problème de temps. Elle savait qu'il serait pénible pour Zénith de rester dans cette ville, aussi était-elle plutôt heureuse d'enfin la quitter. Réunissant leurs affaires, il reprirent la route.

Il fallait à peu près trois jours de voyages pour rejoindre Lopferass. Bordée d'auberges, la route était longue mais d'une praticabilité et d'une beauté incomparable. Mélange de fjords et de forêts aux couleurs chatoyantes, Ignij présentait faune et flore chacune plus variée l'une que l'autre. Toutefois, le duo n'eut que peu de temps pour s'en préoccuper, un obstacle venant leur barrer la route après trois heures de marche sous un ciel de plus en plus encombré.

Zénith ne le savait pas, mais ça faisait un moment déjà qu'il était suivi. Tapis dans l'ombre, chose alors plutôt aisée, un homme l'épiait, bien trop discret pour les sens de sa proie. Vite rejoint par un second, puis par un troisième, puis par d'autre, il se décida finalement à sortir de sa cachette lorsque la silhouette de son supérieur apparut au milieu du chemin, juste devant les deux voyageurs. Soudainement encerclé par une dizaine de pirate, le garde du corps ne pu que se mettre en position de défense, pris par surprise. Heureusement pour lui, les personnes autour de lui ne semblait pas chercher le conflit et n'avait même pas sorti leurs armes, du moins ceux qui en possédaient. En étant démuni, Zénith ne donna pas cher de sa peau si un combat éclatait. Cherchant des yeux une porte de sortie, il ne mit pas longtemps à la trouver, une brèche béante ayant été laissée dans la formation des pirates. Toutefois, elle devait bientôt se refermer, un nouvel arrivant venant dans leur direction depuis la route. S'avançant calmement et sans précipitation, Nadir le Ouf vint sceller le cercle humain emprisonnant le duo dont l'espérance de survie venait de chuter considérablement. Présentant un regard neutre et sans animosité, le criminel parla sereinement.

"On m'a dit que tu me cherchais, voir même que tu voulais me tuer. Tu t'es donné beaucoup de mal pour un simple chasseur de prime, je peux savoir ce que tu me veux, exactement ??"

Chaleureuse, presque rassurante, sa voix aurait fait penser à n'importe qui qu'il s'agissait là d'un homme respectable et non d'un fou furieux comme l'avait décri Levi. Mais aux yeux de Zénith, l'homme qui se tenait devant lui arborant sa foutu chevelure dorée qu'il avait déjà eu le loisir de maudire n'était rien d'autre qu'un meurtrier instable et dont il souhaitait plus que tout la disparition. Toutefois, cette voix si apaisante parvint à le faire douter. Un tout petit peu, vraiment presque rien, mais assez pour l'empêcher de bondir sur le champ sur celui à qui il devait ce brusque changement dans sa vie déjà trop marquée. Sentant la rage l'envahir de nouveau, il lui répondit.

"Est-ce que c'est toi... est-ce que c'est toi..."

Submergé par ses émotions, il éclata.

"Est-ce que c'est toi le sale bâtard qui a démoli mon équipage à Drixhen ?!!"

Lui ayant littéralement hurlé sa question, Il n'eut comme réponse qu'une simple expression d'étonnement avant que le sourire si étrange de l'affiche de recherche ne vienne remplacer le visage blasé de Nadir, qui ne tarda pas à répliquer.

"Alors tu étais sur le navire de Toribaka ?? Désolé mais j'en ai besoin pour quitter Grand Line, je ne le rendrai pas. Mais tu peux peut-être m'éclairer sur un...."

Ne l'écoutant plus, Zénith chargea sur son ennemi juré dans un hurlement rageur, laissant derrière Kseniya et sa raison. Un instant plus tard, sa tête s'écrasa sur le sol, expédié au tapis dans un mouvement éclair. Maintenant son visage face à la terre à l'aide de son pied droit, Nadir poursuivit.

"M'éclairer sur un point, disais-je. L'un de mes meilleurs hommes n'était pas là à l'heure du départ, tu n'as pas une idée de ce qui a pu lui arriver ?? Il devait s'occuper de deux rats dans une cave et on l'a pas revu depuis. Tu saurais pas où..."

"Il est mort !!"

Contrarié par cet énergumène qui ne cessait de l'interrompre, le Ouf enfonça un peu plus profondément la tête de son interlocuteur d'un coup de pied dénué de toute douceur.

"D'une, tu ne parles que quand j'ai fini de parler."

Réitérant son geste, commençant à sonner sérieusement Zénith dont le crâne aussi solide soit-il n'allait pas supporter bien longtemps des coups aussi rudes, il continua.

"De deux, il est tout simplement im-po-ssible que Mirage ait pu se faire tuer sur une île aussi minable, alors pas la peine de me mentir !!"

"Euh... Nadir... "

"Quoi ?!"

S'avançant prudemment, l'un des hommes qui formaient le cercle attira l'attention de son supérieur qui ressemblait de moins en moins à quelqu'un de serein. L'ayant à peine vu dans le tunnel, Zénith ne l'avait reconnu dans le feu de l'action mais sa voie lui précisa qu'il s'agissait bien du pirate qui avait laissé son compagnon seul dans les mines. Le bandit était alors dans la même situation et ne faisait le lien que maintenant.

"Ce type, il était avec une nana dans le tunnel. Mirage devait s'en occuper... Je l'ai pas reconnu sans son uniforme, mais c'était bien lui."

Passant de colère à stupeur, Nadir se baissa pour prendre Zénith par le col, l'amenant comme s'il ne pesait rien à sa hauteur.

"Oh ?! Alors tu l'aurais vraiment tué ?? J'ai du mal à le croire..."

Tentant de s'évader de l'emprise du blond, l'ancien marine attrapa le poignet de son adversaire de ses deux mains et commença à serrer dans l'espoir de le faire lâcher, le tout en lui présentant des yeux emplis de haine. Toutefois, Nadir ne réagissait pas. Dix doigts crispés avaient beau s'enfoncer dans sa chair, cela n'avait pas l'air de le gêner plus que cela, même lorsque son propre sang coula le long de son bras. Concentré sur sa proie, il essayait de sonder son âme en examinant son regard. Finalement, il le lâcha avant de dégainer un ninja-to et de le plonger pointe en avant vers le bras gauche de sa cible. Retentissant dans la zone, le son de la lame rebondissant contre l'acier d'un bras mécanique ne manqua pas d'arracher un nouveau regard de surprise au pirate à la crinière blonde. Zénith de son côté ne comprit de l'assaut que le choc qui le fit reculer d'un pas. Complètement dominé, ses facultés de perceptions ne lui permettaient pas de contrer la vitesse de Nadir.. Mais il n'eut même pas le temps d'y réfléchir qu'une entaille apparaissait sur son épaule gauche, résultat d'une nouvelle attaque de son adversaire qui pourtant se trouvait un instant plus tôt dans son champs de vision. Réflexe naturel provoqué par la douleur, même insignifiante, sa main droite alla sa placer sur la zone blessée. Apparaissant dans son dos, le Ouf embrocha en une fraction de seconde épaule et main et alla planter tout cela sur le sol. Le combat avait duré tout au plus deux secondes mais cela avait été suffisant pour que Zénith se retrouve de nouveau face contre terre, cette fois-ci maintenu pas une lame qui lui scellait les bras. Hurlant pour exprimer sa douleur, le pauvre gars n'avait même pas eu le temps de comprendre quoi que ce soit que Nadir était assis sur son dos, ayant réussi le mouvement escompté sans le moindre problème. Maintenant confortablement installé, il arracha d'un coup sec la manche gauche de son siège, découvrant la prothèse toute neuve. Examinant la jointure chair/métal, il s'offrit un nouveau sourire.

"Je vois que Mirage t'a fait un cadeau... Très bien, je te crois. Le simple fait que tu sois en vie après l'avoir combattu est une preuve suffisante... mais vois-tu..."

Agitant légèrement son arme dans le but simple et sadique d'augmenter la douleur de Zénith qui ne manqua pas d'y répondre par de nouveaux cris de douleur, il poursuivit.

"Mirage était mon ami. Aussi, pour te féliciter de l'avoir vaincu, permet-moi de t'offrir un spectacle inoubliable. Max, tient-le."

Une expression mauvaise à en donner la nausée passant sur son visage, Nadir se mit debout et laissa à l'un de ses hommes le soin de surveiller l'homme à terre. Sortant de ses vêtements une lame supplémentaire ressemblant à un grand scalpel, le blond s'avança alors vers Kseniya, toujours immobile car paralysée par la peur. Brandissant son outil, Nadir le Ouf pénétrait doucement dans un monde connu de lui seul, fait de sang et de chair. Ne prêtant aucunement attention aux exclamations, insultes, menaces et autres prières de Zénith, alors pour lui resté dans une autre dimension, il abattit son bras sur la gamine dont l'effroi ne lui permettait même pas de fuir. Un coup de couteau plus tard, une petite phalange volait, accompagnée par le cri strident d'une enfant blessée. Se débattant en vain, hurlant sans cesse, le pauvre garde du corps ne pu rien faire face à l'homme qui semblait ressentir une jouissance intense à la vue de ce petit bout de doigt qu'il venait de voler. Dévoilant sa vraie nature dans une expression de folie, Nadir le Ouf ne pouvait plus être arrêté. Éclatant de rire, il se prépara à continuer son œuvre, plongé qu'il était dans une transe frénétique défiant les plus laxistes des valeurs humaines.

"Tu vas souffrir, jeune fille !!"


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Message par Zénith Ares le Sam 24 Avr - 23:57

Chapitre 8 : Désespoir

Assis en tailleur sur le bord d'une falaise, un katana à la main, un jeune homme en kimono ne pouvait plus longtemps retenir ses larmes. Brillant d'un éclat d'ombre, la pierre de jais était là. Surpassant toutes les horreurs qu'il avait pu voir et subir dans sa vie, le morceau qu'exécuta Nadir près de Rekj présentait dans sa partition plus d'obscurité que dans la totalité ce que qu'avait alors écouté le jeune Ares. S'il n'était pas ainsi acculé, jamais il n'aurait de lui-même fait rejaillir de son passé cette expérience insoutenable. Il avait beau crier, il avait beau mettre toutes ses forces et sa volonté dans diverses tentatives d'évasion, rien de ce qu'il fit n'altéra la représentation de Nadir qui se joua sans anicroche d'un bout à l'autre. Éclats sanglants de chair et de cris, la pièce écarlate semblait ne jamais pouvoir s'arrêter tant l'acteur principal prenait de plaisir.

***

Dans tout ses cauchemars les plus sombres, de tout ce qu'il avait vu, rien ne rivalisait avec l'horreur qui s'offrit à ses yeux. Jamais dans son esprit quelque peu équilibré Zénith n'avait pensé qu'on puisse découper un être humain en autant de morceaux. Et pourtant... Carré de peau par carré de peau, oreilles, lèvres, langue, nez, yeux, doigts, phalange par phalange, orteils, mains, pieds, bras, jambes... Nadir découpa tout. Associant rapidité et minutie, utilisant ses connaissances approfondies de l'anatomie afin de garder sa victime vivante le plus longtemps possible, il parvenait à couvrir les hurlements horrifiants gorgés de sang de Kseniya avec ses propres éclats de rire. Très vite, ses propres hommes détournèrent le regard devant ce spectacle insoutenable. Seul resta Zénith, le regard maintenu malgré lui sur la scène. Mais même sa propre volonté s'inclina devant la performance dont il était spectateur. Sa raison s'envolant au même ryhtme que les pièces humaines arrachées à sa protégée, ses cris se changeant vite en larmes, ses larmes aboutirent elles sur le vide. Il n'était pas préparé à ça -qui l'aurait été ??- et son esprit ne pu subir bien longtemps cette agression contre nature. Ainsi, ses sens se fermant, son raisonnement s'interdisant à lui même, il ne pu déceler le moment où, réduit à un tronc sanguinolent, Kseniya rendit enfin l'âme dans un ultime et immonde gargouillis. Malheureusement, même avec le départ d'un des protagoniste, la pièce continua. Nadir ne pouvait être stoppé, ni par lui ni par autrui. Faisant voler sa lame, encore et encore, il tranchait sans relâche dans la masse de chair qui s'offrait à lui, la réduisant d'un morceau minuscule à chacun de ses mouvements qui s'enchaînaient sans vouloir un jour s'arrêter. Mentalement effondré, Zénith ne bougeait ne ne réfléchissait. Il assimilait les faits, les voyait et les comprenait, mais broyé tel qu'il l'était, son esprit ne devait lui permettre une réaction que bien plus tard. C'est pourquoi il ne pu que garder le silence jusqu'à la fin de la représentation.

Combien de temps dura l'exécution de Kseniya ?? Aux yeux de Zénith, des années, pour Nadir, un petit instant de bonheur intense. Toujours est-il que l'un comme l'autre ne surent exactement le nombre de minutes qui s'était écoulé entre le premier coup de couteau et le dernier et s'en fichaient d'ailleurs éperdument. Baissant le rideau sur la scène, le ciel laissa s'effondrer sur la terre quelques flots prémices de tempêtes. Les bras en croix le regard fixé vers les cieux, l'artiste cessa son rire, profitant dans le calme des ultimes instant de son œuvre terminée. Debout au milieu de ce qui n'était rien de plus qu'un gigantesque puzzle humain de plusieurs milliers de pièces, il laissait la pluie se mélanger au sang dont il était recouvert et dans lequel il se tenait. Restant ainsi immobile, les yeux fermés, il mit plusieurs minutes à attendre que s'estompe l'effet euphorique et jouissif de la découpe, reprenant tranquillement son calme. Rouvrant les yeux une fois serein, il se dirigea vers l'espèce de courgette lobotomisée qu'était devenu Zénith, regardant avec dédain le nommé Max, assis sur l'ex-caporal, qui n'avait pu garder son regard fixée sur les actions de son capitaine.

"Mirage n'aurait pas cillé, lui..."

Retirant sans douceur son arme de l'épaule de Zénith, qui n'offrit en retour aucun réaction, il fit signe à son équipage dont la plupart des membres étaient blêmes qu'il était temps de partir. Obéissant sans dire un mot, les hommes reprirent la route, non mécontent de quitter le tapis de viande dont la vision les dérangeait. Tournant une ultime fois son regard vers celui du jeune homme étendu par terre, hagard, il offrit à Zénith son sourire si spécial avant de lâcher ses adieux.

"J'espère que ça t'a plu."

Se retirant en sifflotant, écarlate de la tête aux pieds malgré la douche qu'il subissait, Nadir le Ouf disparaissait au loin, laissant un pauvre gars perdu que la simple idée de se relever ne parvenait à effleurer. Restant ainsi plusieurs minutes voir plusieurs heures, le cerveau bloqué et les yeux rivés sur ce qu'était devenu celle sur qui il devait veiller, il ne pouvait plus rien faire. S'écoulant jusqu'à lui, les litres de sang déversés ne cessaient d'élargir la flaque qu'ils composaient.

Revenant calmement, la conscience et la raison de Zénith lui permirent finalement de se relever, ne se souciant que peu de la plaie béante de son épaule. S'avançant au milieu de l'amas sanglants des morceaux de Kseniya, il y récupéra assez ses moyens pour y vomir, déversant au milieu du sang et de la chair le résultat de son traumatisme. Cherchant instinctivement à quitter ce lieu d'horreur, ses pas l'emmenèrent ensuite plus loin, dans une direction prise au hasard. Tout en marchant, le jeune homme retrouvait sa réflexion. Il commençait à prendre conscience, à réaliser, à comprendre. La jeune fille à laquelle il commençait à s'attacher et que l'homme à qui il devait la vie lui avait confié n'était pas seulement morte. Victime de plus de souffrance qu'il n'en avait subi durant toute sa vie, elle était réduite à l'état de tas de viande informe. Et pourquoi ?? Le temps était venu des questions.

*À cause de toi, Zénith.*

*Je sais...*

*À cause de toi, bordel !!*

*Je sais.*

*À cause de toi, Zéntih !! A cause de toi !!*

"Je sais !!"

"À CAUSE DE TOI !!"

"JE SAIS !!"

*Tu sers à rien.*

*J'ai jamais servi à rien.*

*Même pas foutu capable de protéger une gamine.*

*Je sers à rien.*

*Pourquoi est-ce que je suis encore là, de toutes façons ??*

*Tu te cramponne à la vie depuis tant d'années, et où ça t'a mené ??*

*Dans le noir... je passe ma vie dans le noir.*

*À quoi bon ??*

*Qu'a donc la vie pour que tu tienne ainsi à elle ??*

"La souffrance, voilà ce qu'elle a, voilà ce qu'elle m'a toujours donné."

*À quoi bon ??*

*Pourquoi continuer ??*

*Pas de but*

*Pas de famille*

*Pas de rêves*

*Pas d'espoir*

"Je sers à rien..."

*À quoi bon ??*

*À quoi bon continuer sur cette voix, Zénith ??*

*La vie ne veut pas de toi, elle te l'a déjà fait comprendre.*

*Et que veux-tu de la vie, toi ??*

*Du bonheur ??*

*Il n'y en a pas pour toi, il n'y en a jamais eu.*

*Tout ce qu'on t'a donné, on te l'a reprit.*

*Tu n'a aucun droit*

*À quoi bon ??*

*Y a-t-il jamais eu une raison ??*

*Jamais.*

*L'espoir ??*

*À quoi bon ?? Ca n'a jamais marché.*

*C'est ce qui m'a fait avancer.*

*À quoi bon ??*

"À quoi bon... "

Marchant sans savoir ni où ni pourquoi, infestés de pensées noires pleines de désespoirs, Zénith parcourait les forêts d'Ignij sans même réaliser que c'était entre des arbres qu'il slalomait. Trempé, le froid le mordait mais il ne s'en rendait pas compte. Plus rien de ce qui l'entourait n'avait d'importance. Il était seul avec lui même, se persuadant de l'inutilité de persévérer dans cette stupide et ridicule tentative d'échapper au destin que la vie devait de toute façon lui apporter un jour et qu'elle avait déjà maintes fois tenté d'offrir en avance. Finalement, comme si le sol sur lequel il se trainait avait entendu ses pensées enfouies, le fjord lui fit cadeau de l'un de ses plus beau précipices.

S'étendant sur plusieurs kilomètres, la falaise sur laquelle se tenait le candidat au suicide se terminait sur un étalage de rochers affilés s'enfonçant peu à peu dans le bras de mer qui s'engouffrait dans les terres. Pour la première fois depuis un bout de temps, Zénith eut enfin une réponse harmonieuse lorsqu'il se demanda conseil.

*Saute !!**Saute !!**Saute !!*

***

Cherchant une algue rare aux vertus uniques au bas des falaises du Fjord, Rei Hoshi, samurai d'âge mûr, eut le loisir de voir s'élancer un jeune homme dans le but non dissimulé de mettre fin à ses jours. Quelques instants plus tard, un bruit sourd accompagné d'un craquement immonde et d'un tintement métallique se fit entendre. Moins d'une seconde après, un cri de douleur effroyable retentissait dans toute la vallée.


Dernière édition par Zénith Ares le Dim 23 Mai - 22:26, édité 3 fois
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Message par Zénith Ares le Sam 24 Avr - 23:57

Chapitre 9 : Bushido

Étant donné l'importance du précipice au fond du quel il se préparait à se laisser tomber, Zénith avait eu le culot de croire en une mort rapide et sans douleur. Mais une fois entré au contact du sol, seule l'attendait une longue agonie. S'écrasant sur le rochers qui lui brisèrent de ce fait un bonne partie des os tout en s'empalant sur une pointe rocheuse, il ne pu qu'assister à sa triste survie dans un mélange insoutenable de désespoir et de souffrance. Il avait mal, du sang plein la bouche et sentait que plusieurs de ses organes n'étaient plus à leur place, mais son plus grand problème était surtout d'être en vie. Hurlant tant que son corps pouvait le lui permettre sa rage et sa douleur, il ne pouvait plus que se lamenter sur cette foutue vie qui lui interdisait le bonheur tout en lui interdisant la mort. Toutefois, ne pouvant plus bouger un orteil, il devait maintenant attendre que malgré les réticences de sa propre constitution ses blessures le mène enfin dans un monde plus serein.

*Qu'un tel monde existe ou non, il ne pourra pas être pire.*

Laissant couler des larmes non plus de désespoir mais remplies d'un sentiment de frustration et d'impuissance, il ne vit et n'entendit l'homme qui s'approchait de lui qu'une fois ses pieds à un mètre de lui. Debout près de lui, le samurai regardait paralysé par la stupeur cet homme en miettes qui non content d'avoir survécu à sa chute était resté conscient. Se reprenant, il entreprit de dégager délicatement le jeune homme, malgré les protestations inaudibles car étouffées par le sang de ce dernier. Ne perdant pas de temps, l'homme plaça Zénith dans son dos avant de repartir vers le lieu le plus proche où il pourrait le soigner, à savoir la petite maison de bois qu'il habitait alors. Ne pouvant lutter contre l'assistance qu'on lui portait, le jeune suicidaire ne pouvait qu'exprimer sa désapprobation par de petites plaintes plus gémies que prononcées.

"Laisse moi mourir, vieil homme..."

"Il y a des façons de mourir plus nobles, jeune homme. Mais aussi des façons de vivre."

Sèche, la voix du samurai ne se voulait pas réconfortante et c'est probablement la raison qui poussa Zénith à se taire, soudainement intrigué par les réponses que cet étrange personnage avait à lui offrir. Il ne s'agissait que d'une simple phrase, que certains pourraient qualifier d'insipide, mais elle respirait dans sa bouche d'une certitude et d'une connaissance parfaite de ce qu'elle exprimait. L'homme savait. Il ne parlait pas au hasard, Zénith le sentait. C'est pourquoi il ne chercha plus à se défendre, il n'en avait de toutes façons pas les moyens, contre ce sauvetage qu'il regrettait. Une poignée de minutes plus tard, il se trouvait allongé sur un matelas à même le sol dans une espèce de cabane. Ne gâchant pas une seconde, Rei Hoshi s'affaira aux soins de ce gamin hors du commun. La blessure la plus sérieuse résultant de la pointe de roche l'ayant transpercé de part à part, c'est là qu'il entama ses travaux. N'étant pas médecin ni de métier ni par vocation, il du essentiellement la survie de Zénith à la propre vitalité de celui-ci. Présentant des capacités de régénération, ou tout du moins de cicatrisation largement au dessus de la normale, le jeune homme s'offrit presque le luxe de se rétablir seul, laissant au samurai le soin de désinfecter et d'empêcher l'aggravation de l'hémorragie, dont l'importance était de toutes façons enrayée par l'organisme de Zénith. Toutefois, si survivre fut possible, ce ne fut pas pour autant rapide, et quand bien même la vie du jeune Ares fut sauvée, son état devait le garder immobile pour plusieurs semaines voir des mois, de multiples fractures venant s'ajouter à une blessure assez importante à elle-seule pour le clouer au lit pour un bout de temps. Mais c'était ce qu'il fallait à Zénith. N'ayant dit un mot depuis son sauvetage autre que quelques cris dus aux traitement, il devait rester ainsi muet durant plus d'un mois. Quarante-neuf jour plus exactement, où s'il acceptait de manger et de boire ce que son sauveur lui offrait, il ne pouvait lui parler. D'une part car cela lui était extrêmement douloureux, mais également car son état mental ne le lui permettait pas. Repassant en boucle les derniers instant de Kseniya, il passait la plupart de son temps à pleurer, ce qui ne lui faisait pas moins mal. De son côté, Rei ne lui parlait pas non plus, attendant patiemment son rétablissement et refusant de le brusquer, déjà étonné qu'il soit en vie. Avant qu'enfin le dialogue se fasse, il fallu attendre que tant physiquement que mentalement, Zénith se remette des derniers évènements.

Le cinquantième jour, le blessé pu quitter son lit, ses mouvements n'étant toutefois possible sans l'appui d'une béquille de fortune taillée par Rei. Si son corps avait récupéré, son esprit lui était dans un état plus fragile. Cela faisait quelques jours déjà que les sanglots avaient cessés, mais il restait tout de même dans une légère transe emplie de vide. Au stade zéro de la réflexion, il se contentait de répondre aux besoins basiques de son corps et avait arrêté de se poser des questions. Peut-être qu'inconsciemment, il était parvenu à comprendre que ce n'était ni le lieu ni le moment, et qu'il lui importait alors plus de se reposer. Pouvant enfin sortir de la maisonnette, il ne tarda pas à tomber sur Rei, assis en tailleurs au milieu des pins qui entouraient le bâtiment. Perdue en forêt, la cabane était austère mais suffisante à la vie de celui qui l'avait construite. Le climat de l'île était constamment doux et agréable, aussi Rei n'avait-il pas besoin d'épais mur les mettant à l'écart des sons extérieurs particulièrement relaxants. Allant rejoindre le samurai, Zénith s'assit près de lui et resta tout comme lui immobile à regarder le paysage qui s'offrait à lui. Devinant que le moment était venu, Rei lui parla.

"Tu vas peut-être enfin pouvoir me dire ce qu'il t'est arrivé ??"

Gardant le silence, il sembla s'être coulé plusieurs minutes avant que Zénith ne prenne conscience de la question. Mais finalement, l'heure était bel et bien à la discussion.

"Je... je suis né sur Akumu, une île pourrie paumée dans North Blue..."

Les premiers mots, les plus durs, ayant été prononcés, l'histoire de Zénith Ares se vit de nouveau comptée, avec cette fois-ci une journée des plus noires à y rajouter. Y parvenant, le jeune homme se surprit à pouvoir en parler sans retomber dans les sanglots. Il avait passé les cinquante derniers jours à surmonter l'horreur de la pièce sanglante, c'est pourquoi il pouvait enfin dialoguer. Écoutant sans rien dire le triste récit du jeune homme, Rei comprit sans peine au fur et à mesure le désespoir dans lequel la pauvre gars pouvait être plongé, réalisant également la force d'esprit dont il avait du faire preuve pour continuer à vivre jusque là.

*Non, ce n'était pas de la force, c'était de l'espoir.*

Se corrigeant, le samurai mit le point sur la véritable raison de la survie de Zénith. Ce qui l'avait maintenu en vie n'était une force mentale incroyable mais la volonté de voir le lendemain, espérant, sans cesse espérant, espérant pour vivre, vivant pour espérer.

"Ça ne pouvait pas finir autrement."

S'attirant l'attention de Zénith, Rei continua.

"L'espoir ne reste qu'une illusion. Et plus l'on s'y plonge, plus le retour à la réalité se fait douloureux. L'espoir n'aboutit que sur le vide, tu en as fait les frais."

En quelques mots, l'homme venait de broyer la seule chose en laquelle Zénith croyait. L'espoir, c'était tout ce qui le soutenait. Et pourtant... il avait raison. Au vu de son vécu, après l'avoir perdu, cet espoir, le blessé commençait à comprendre ce que son interlocuteur voulait dire. Mais il n'avait aucun moyen de continuer sans l'espoir, aucun moyen de croire en la vie ni en quoi que ce soit. S'il ne devait croire en l'espoir, en quoi devait-il placer sa foi ?? Devait-il ne croire en rien ?? Mais alors comment avancer ?? Il devait savoir.

"Toi, vieil homme... si tu n'as pas d'espoir... en quoi crois-tu ?? Qu'est ce qui te fait continuer à vivre ??"

"L'honneur."

Sans une once d'hésitation, le samurai avait répondu du tac au tac d'un ton tranchant, comme si sa réponse avait été préparée depuis des jours. En réalité, cela faisait des années que la réponses lui était connue. Devinant le désarrois de Zénith, il continua.

"C'est pour l'honneur que je vis. Et pour l'honneur que je suis près à mourir. Dès lors que l'on voit la futilité de l'espoir, il ne reste que l'honneur... Non. Il n'y a jamais eu que l'honneur. C'est la seule chose en laquelle nous devons croire, la seule qui le mérite."

N'étant pas une notion très chère à Alex Parker, Zénith n'avait qu'une vague idée de ce qu'était l'« honneur ». Toribaka en avait parlé quelque fois, mais il avait alors associé ça à la morale sans véritablement faire de distinction. Mais l'homme assis près de lui semblait prêter un tout autre sens à ce mot. Sa passion presque palpable, Rei irradiait pour le jeunot d'une aura inqualifiable. D'un côté, il avait l'air d'avoir trouvé ses réponses, mais d'un autre... il pouvait se tromper. Zénith ne connaissait pas l'honneur, comment alors pouvait-il croire en lui ?? Se relevant, Rei prit sa décision. Longtemps il avait attendu l'occasion de partager son savoir. Mais ceux qui se présentaient à lui n'étaient intéressés que par sa maîtrise du sabre, sa capacité à tuer. Pas un ne se préoccupait de ses valeurs. Et voilà qu'un jeune perdu se présentait à lui, plein d'innocence et d'ignorance, ne demandant qu'à trouver sa voie. Persuadé de voir en lui un diamant brut prompt à être taillé en la plus magnifique des pierres, il lui fit sa proposition.

"Reste avec moi. Je t'enseignerais les valeurs du Bushido, le code de l'honneur. Je te montrerais quelque chose d'assez grand pour que tu acceptes de mourir en son nom. Et pour que tu puisse vivre chacun de tes jours en son nom."

*Quelque chose pour lequel vivre... et pour lequel mourir ??*

Résonnant dans la tête du jeune homme, cette phrase avait pour lui une teinte mystique. Jamais il ne s'était posé la question de savoir ce que son fameux « espoir » le faisait attendre. Pourquoi avait-il surmonté toute les épreuves placées devant lui ??

*Le Bonheur*

*Mais c'est tellement vague.*

*Ce bonheur, alors ??*

Sa vie auprès de Toribaka lui revint alors en mémoire. Était-ce ce bonheur ci qu'il avait recherché ?? Mais comme le disait Rei, ces espoir de lendemains de lumière n'était que de la poudre aux yeux. Il lui proposait un objet constant de croyance assez fort pour le maintenir en vie ?? Non, pour lui offrir sa vie ?? Il lui proposait une voie solide qui ne le trahirait plus ?? Désespéré, Zénith n'avait d'autre choix que d'accepter. C'est ainsi qu'il devint le premier, seul et unique disciple de Rei Hoshi, samurai à la renommé autrefois assez importante pour qu'on le considère comme un maître.

***

Retiré à quelques kilomètres de Rekj, la petite cabane présentait malgré son austérité assez de confort pour quelqu'un ayant vécu trois ans seul sur une île sauvage et déserte. Y résidant, le samurai et son disciple restaient à l'écart du reste du monde et vivaient de chasse et de cueillette. Retiré de la ville depuis déjà des années, Rei n'avait pas remit les pieds une seule fois dans quelque village que ce soit. Préférant de loin le calme des fjords aux tumultes citadins, il passait le plus clair de ses journées à méditer et à garder sa lame et son Art affûtés. L'un n'allant pour lui pas sans l'autre, il entreprit d'apprendre à Zénith le maniement du sabre en plus de lui inculquer les fondements du Bushido. Malheureusement pour lui, si les techniques martiales étaient fort bien assimilées, les notions importantes qu'il souhaitait faire passer à son élèves ne parvenaient pas à tracer un chemin vers son cœur. Il tenta de lui expliquer les valeurs du Bushido et ses vertus, mais Zénith ne pouvait plus accepter de prendre des faits ou des idées pour acquises. Il avait trop et trop longtemps souffert pour se permettre une erreur qui le replongerait dans les abysses. Pour Rei, l'erreur importait peu tant que l'honneur restait intact, et c'est pour cela qu'il persévéra, persuadé de pouvoir un jour briser la carapace de peur et de doutes qui empêchait son élève de progresser, ce dernier restant à se poser des questions sans prendre la peine de s'offrir des réponses. Pourtant, le samurai les possédait, ces réponses, du moins celles qu'il avait choisies, et Zénith le comprenait. Mais il ne parvenait plus à faire confiance aux choix d'un homme, sachant que l'erreur était toujours possible. Bloqué, il comprenait mais ne pouvait accepter, ne pouvant choisir cette voie comme étant la sienne. La loyauté, l'honneur, aller jusqu'à donner sa vie en tout lieu et en tout temps pour les protéger... il comprenait parfaitement ce que lui apprenait son maître, il comprenait mais ne faisait que comprendre. Et pourtant... elle était si séduisante, cette voie. Vivre pour l'honneur, une bien belle façon de penser. A lui qui ne savait plus s'il devait vivre ou mourir, on proposait de vivre avec la mort comme seul objectif. Plus de bonheur, non. Seul devait rester la défense envers et contre tout de son honneur et ce dans sa forme la plus extrême : mourir pour lui. Rei avait d'ailleurs été clair à ce sujet.

***

"La voie de l'honneur est celle de la mort, Zénith. En chaque instant de ta vie, tu ne dois pas penser à comment vivre et comment survivre, mais à comment mourir. Lorsque l'on suit le Bushido, on ne peut plus vivre sans l'honneur, car perdre son honneur est pire que perdre sa vie. Si un beau jour, car tu auras préféré la survie, tu te retrouve dépouillé de ton honneur, alors il se peut que même la mort ne puisse te le rendre. Quant à mourir dans le déshonneur, il s'agit ni plus ni moins de la pire chose qui puisse nous arriver. Comprend-le, Zénith. Nous ne devons pas vivre pour la vie, nous devons vivre pour mourir, et cela pour l'honneur. Si tu dois un jour choisir entre vivre et mourir, et qu'afin de le protéger tu choisis de mourir, alors tu seras arrivé à l'apogée de la voie, ainsi qu'à l'apogée de ta vie. C'est pour cela qu'il nous faut toujours choisir la mort. Et c'est également pour cela que je t'apprend mon Art, pour que le chemin de la mort te soit praticable, à toi qui sauras le vaincre tout en y progressant."

***

Tout cela, il avait fini par le comprendre. Comprendre que l'on puisse vivre ainsi et comprendre les raisons qui y poussent. Mais il ne pouvait voir chaque chemin qui se présentait à lui sans en voir les défauts. Vivre pour la mort, vivre dans la mort, pour l'honneur et dans la voie du sabre, était-ce véritablement pour cela qu'il avait tant cherché à survire ?? L'honneur était grand, l'honneur était fort, l'honneur méritait la mort, sans aucun doute. Mais était-il, lui, près à mourir pour lui ?? Mourir comme un chien pour des valeurs sensibles de lui-seul était-il vraiment signe d'accomplissement ?? Ou bien signe de folie ??

Les mois s'écoulaient lentement au rythme des coups de sabres et des discussions. S'amoncelant, ils devinrent années. Finalement, trois ans passèrent sans que Rei ne parvienne à faire faire un pas à son élève sur cette voie que lui avait choisi. Ce chemin, Zénith le voyait désormais clairement et dans son entier. Toutefois, il savait que bien d'autres voies étaient praticables et pouvant le voir à la lumière, il y discernait ses zones d'ombre. De longues années de réflexion auraient pu s'enchaîner si devant un trouble menaçant, un petit village non loin de Rekj n'avait ressorti de sa mémoire les liens qui le liaient avec un vieux samurai y ayant juré allégeance.


Dernière édition par Zénith Ares le Dim 23 Mai - 13:00, édité 5 fois
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Message par Zénith Ares le Sam 24 Avr - 23:57

Chapitre 10 : Haine

Les mois s'enchaînant, Rei ne pouvait que déplorer le peu de progression de Zénith dans la voie du Bushido. Il ne parvenait pas mettre la main sur le point qui pouvait mettre fin à ses doutes incessants. Finalement, il pensa à une nouvelle solution et en fit part à son élève lors d'un échange au sabre.

"Est-ce que la ville te manque, Zénith ??"

Esquivant une attaque, le disciple répondit en tentant de placer un coup.

"Pas plu que ça. Ici où ailleurs, c'est du pareil au même. Je n'ai plus rien qui puisse me manquer."

"Hum... pourtant, j'ai le sentiment que la clé pourrait y résider."

L'ancien para la taille et, faisant signe que l'entraînement arrivait pour l'heure à son terme, déposa son sabre de bois. L'imitant, Zénith poursuivit la discussion, intrigué.

"Où ça ?? En ville."

"Oui."

Rei avait perdu de vue sa propre évolution et n'y faisait retour que maintenant. A l'époque, lui aussi avait eu ses doutes, bien que moins tenaces. Il lui fallait se reposer dorénavant sur ce qui les avaient alors dispersés. Il n'avait pas entamé sa formation en ermite et jouissait au contraire des voyages et de ce que cela pouvait lui appporter. Il avait vu de ses yeux le monde de piraterie qui s'étendait. Il avait maintes fois vu l'honneur bafoué par l'opportunisme et l'égoïsme. Peut-être, se disait-il, était-ce cela qui manquait à Zénith. Il avait beau en saisir l'importance, il lui fallait comprendre avant tout les problèmes engendré par son absence.

"Nous allons partir en voyage."

"Bientôt ??"

Quelque peu surpris, Zénith n'avait toutefois rien à redire. Il était auprès de Rei pour suivre son enseignement. Si le vieux samurai décidait que partir pouvait lui apporter des réponses, il se devait de le suivre. C'est pourquoi il se contenta de demander des précision sur cette décision sur laquelle il n'avait que des devoirs.

"Bientôt. Mais il me reste quelques affaires à régler pour pouvoir partir l'esprit tranquille, ça me prendra quelque jours. D'ici là, j'aimerais que tu retourne en ville. Koyo n'est pas loin. Ce n'est pas très grand mais c'est paisible. Tu peux revenir dormir ici, libre, à toi, mais je te prierais de passer le jour là-bas, de regarder le monde et les gens avec les yeux que tu as maintenant et que tu n'avait pas avant. Je déciderais en fonction de ton étude la direction la plus adaptée à donner à notre expédition."

Acquiesçant, l'élève prit les indications de son maître à la lettre et se prépara à redescendre vers la côte où se situait Koyo. Vêtu d'un kimono autrefois porté par Rei, il ne tarda pas à rejoindre cette civilisation qu'il avait quitté trois ans plus tôt, pensant ne plus rien avoir à en tirer. Étonnamment, ce retour brutal ne l'affecta pas spécialement, ayant déjà connu pareille sensation après être tombé de Red Line. Toutefois, il du rapidement se frotter à la vue des enfants, courant, jouant et pleurant un peu partout. Ne pouvant empêcher le souvenir de Kseniya de refaire surface à chaque bambin aperçu, il évitait de rester trop longtemps à leurs côtés.

Finalement, si lui avait changé durant ces trois ans, il n'en était rien pour le reste du monde, du moins ce qu'en voyait le jeune homme. Les gens s'affairaient de la même manière qu'autrefois, discutaient des même inepties, fumaient les même cochonneries et riaient de la même façon. D'après Rei, il devait voir dans cette amas d'activités basiques quelque chose qu'il ne pourrait voir que grâce à son enseignement, mais il ne voyait pas. En réalité, si, il voyait le monde différemment, ne cessait de se poser des questions sur les raisons qui poussaient chacun à vivre comme il le faisait. Il voulait connaître la voie qu'ils avait choisie et suivie, et en quoi elle était intéressante ou mauvaise. Mais ces réflexion étant alors devenues naturelles, il ne réalisa pas cela de suite. Après une journée passée à explorer le village, il ne savait toujours pas quoi dire à son maître à son retour. Ultime activité de la soirée, il termina sa visite dans un bar, lieu où il mettait les pieds pour la première fois de sa vie. Lorsque le tenant lui demanda ce qu'il allait boire, il commanda un simple verre d'eau, n'ayant de toutes façons pas de quoi s'offrir quoi que ce soit d'autre. Ce n'était pas la boisson qui l'intéressait, mais les buveurs. Assis non loin, deux hommes éméchés discutaient. Tendant l'oreille, Zénith écoutait tranquillement. L'un des deux racontait visiblement au seconde comme d'un jour à l'autre son île avait tout bonnement disparu dans les flots à cause d'un démon. Une histoire qui n'aurait normalement pas du attirer l'attention du jeune samurai. Mais un détail ne manqua pas de le marquer.

"Akumu... c'était le nom de mon île. Mais pouf, ya plus rien maintenant. De la flotte !! De la saloperie de flotte !!"

Soudainement intrigué, Zénith se tourna vers l'homme en question. Son île natale ne l'avait jamais vraiment intéressé, mais il ne pouvait ne pas être curieux de savoir ce qu'il était advenu de la terre qui l'avait vu naître.

"Vous viviez sur Akumu ?? Qu'est-ce qui s'est pa..."

Croisant enfin le regard du pilier de comptoir, il ne pouvait plus finir sa phrase. Le fixant d'un air intrigué, le vieil homme commençait à se demander s'il ne connaissait pas cet étrange samurai qui lui adressait la parole. Zénith avait en effet grandi depuis Akumu et ses traits n'étaient plus ceux de l'enfant qu'il était, mais lui, de son côté, pouvait sans mal reconnaître le visage émacié et mal rasé de celui qui l'avait autrefois élevé, bon gré mal gré. Pas un seul instant dans toute sa vie il n'avait pensé pouvoir un jour revoir son père et ne savait donc absolument pas comme réagir à cette rencontre. Finalement, voyant que l'homme ne le reconnaissait pas, il tenta une approche.

"Pa... Papa ??"

Fronçant les sourcils, le vieux ne parvenait pas à comprendre pourquoi le gaillard lui disait ça. Puis ses souvenirs revinrent. Il revit enfin le visage de l'enfant qui lui avait volé sa femme. N'y croyant pas plus que son fils, il demanda lui aussi confirmation.

"Zénith ?? C'est toi ??"

S'appuyant le front dans sa main droite, le bras accoudé au comptoir, Le fiston se moquait intérieurement de l'absurdité de ces retrouvailles. Treize ans qu'il n'avait pas vu son père, qu'il croyait d'ailleurs mort dans le glissement de terrain. Et il le retrouvait aujourd'hui alors qu'il était sensé découvrir de nouvelles choses. Riant nerveusement, il ferma les yeux par réflexe pour les quelques secondes nécessaires pour reprendre son calme. Ce furent quelques secondes de trop.

"C'EST TOI !!"

Rouvrant les yeux suite à l'exclamation de son père, il n'eut pas le temps d'esquiver la bouteille qui s'abattait sur son crâne. Se brisant à l'impact, l'arme continua tout de même sa route, réduite à l'état de goulot tranchant, sur le visage de sa victime, traçant un sillon sanglant du font jusqu'à la joue. Profonde, l'entaille traversa l'œil droit de Zénith qui s'éteignit définitivement, plongeant le jeune homme dans un monde teinté de rouge. Se retirant d'un bond de la portée du père, le fils lâcha un râle de douleur avant d'offrir un regard meurtrier à son géniteur. Les yeux exorbités, ce dernier se tenait devant lui, tremblant, l'arme du crime à la main.

"C'est lui le démon !! C'est lui la bête assoiffée de sang qui a détruit mon île !! A l'aide !! C'est un monstre !!"

Déjà les voix s'élevaient. On s'agitaient, on criait. Touché à la tête, Zénith sentait ses pensées et sa vision s'embrouiller. Non loin, son père était envahi par la peur. Car c'était bien de cela dont il s'agissait. Pour les survivants d'Akumu, le petit Ares était la cause de tout les drames qui avaient eu lieu avant le tremblement de Terre qui fit disparaître l'île dans les flots. De son côté, Gin en avait bavé durant ces treize ans avant de terminer à Koyo. Revoir son fils était alors la pire chose qu'il puisse imaginer. Il avait tellement peur qu'il n'aurait même pas du pouvoir bouger. Mais plus que l'effroi que lui inspirait Zénith, c'est la haine qu'il lui vouait qui le poussait en avant. Son fils lui avait prit ce qu'il avait de plus cher et il l'avait toujours maudit pour ça. La voix tremblante, il fit part de ses sentiments.

"Je te déteste... je te hais !! Pourquoi est-ce que t'es encore vivant, espèce de monstre !! J'aurais du te tuer à ta naissance !!"

*Me tuer ??*

*Me tuer et m'empêcher de subir tout ce que j'ai subi ??*

*Et pourquoi ne pas l'avoir fait, vieil homme, ça m'aurait épargné bien des soucis !!*

Les pensées assombris par la douleur, Zénith prenait chaque mot de son père avec colère. La souffrance entravant sa capacité à comprendre, à pardonner et à se calmer, il continua de fixer son vieux avec dans les yeux, ou plutôt dans l'œil, une volonté ferme et franche de le voir disparaître.

"Ne me regarde pas comme ça !! Bon sang, j'aurais du te tuer !!"

"Il fallait le faire avant !! T'as pas idée de ce que j'ai traversé par ta faute !! Un enfant a souffert des années à cause de ta faiblesse, vieillard !! Tu aurais du le tuer, oui... mais c'est trop tard !!"

Lui hurlant dessus, Zénith senti qu'un poids s'envolait. Il avait devant les yeux la cause de son existence. Celui qui lui avait donné la vie pour ne lui laisser que souffrance et misère se tenait devant lui. Il avait toujours su que son père n'avait jamais souhaité que sa mort mais ne le jugea responsable que maintenant, son cœur noirci par le sang dégoulinant de son visage. Un responsable, il avait enfin un responsable. Un homme qui était la cause de tout, la cause même de sa vie. Au delà des bêtes, au delà des nobles, au delà même de Nadir, Gin Ares avait toujours été responsable de son malheur.

"Je peux encore rectifier tout ça !!"

Son arme brandit, le vieil homme chargea vers son fils, bien décidé à mettre fin à ce tourment dont il aurait déjà du se libérer depuis des années.

*Rectifier ?? Me tuer ??*

*Mais tu n'en as plus le droit !! Le mal est fait, il est trop tard !!*

*Tout est arrivé à cause de toi. Tu n'a rien fait de bien !! Il ne te reste plus qu'à...*

"DISPARAIT !!"

En un geste éclair, Zénith se saisit d'un morceau de verre tombé sur le comptoir et trancha la gorge de son père, le tuant net. Un instant plus tard, déversant son sang sur le sol, le corps de Gin s'effondrait devant son bourreau. Resta le silence durant quelques secondes avant que les cris et les exclamations ne reprennent. Plongé dans sa rage, Zénith les entendait mais n'y prêtait attention. On appelait à l'aide, on priait pour qu'on l'arrête, mais rien de tout cela n'inquiétait le jeune homme. Cela le contrariait juste, accentuant le mal de tête qu'il avait alors. Tout n'était hostilité autour de lui. Apeuré, le patron du bar sorti un fusil de l'intérieur de son comptoir. Il eut tout juste le temps de le pointer sur l'homme qu'il souhaitait abattre que ce dernier lui enfonçait un carré de verre sur le menton.

*Vous ne me prendrez pas ma vie !!*

D'un seul coup, Zénith se retrouvait seul sur son île, entourées de bêtes féroces prêtes à tout pour le tuer. Elle était là, la raison de sa survie. L'espoir n'avait pas tout fait seul. Plus que sa volonté de voir le lendemain, c'était sa rage de vivre qui l'avait sauvé durant huit ans. Une hargne bestiale muée par l'instinct seul qui lui ordonnait de tout faire pour rester en vie. Il n'y avait plus d'hommes autour de lui. Il n'y avait qu'un danger, prompt à être exterminé. A partir du moment où son père l'avait blessé, il était devenu une bête intéressée par sa seule survie. Personne n'avait le droit de le tuer. Mais pour l'heure, pour un petit village côtier d'Ignij, il était devenu l'homme à abattre. Déjà on l'encerclait, on braquait des armes sur lui. Accentuant la menace, le souvenir d'Akumu lui revint où il n'avait du sa vie qu'aux caprices de la terre. Mais aujourd'hui, il avait la force de s'en sortir de lui-même et en était conscient. Les premiers coups de feu plurent, de même que les morts. A chaque nouveau mouvement hostile, une vie s'envolait. Ne faisant finalement que se défendre, Zénith ne su exactement combien de personnes il avait tué lorsqu'il parvint enfin à sortir de Koyo pour aller se réfugier dans les forêts.

A l'écart des combats et du danger, il entreprit de reprendre son calme, assis contre un pin. Il avait fait au moins une dizaine de victime, voir une vingtaine, voir même plus, il ne parvenait pas à les compter. Et pourtant, le seul contre qui sa rage était portée était son père. Pas un instant il n'avait souhaité la mort de qui que ce soit d'autre. Mais pas question de regretter. Il s'agissait de sa vie. Peu importe les victimes, il devait survivre. Il n'avait pas les réponses, il n'avait pas le chemin, il n'avait que la vie pour lui permettre de les trouver. C'est pourquoi en aucun cas il ne devait laisser quelqu'un lui la prendre. Mais pour l'instant, il avait besoin de calme, il avait besoin de se confier, il avait besoin de soins... il avait besoin de Rei.


Dernière édition par Zénith Ares le Lun 24 Mai - 6:16, édité 4 fois
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Message par Zénith Ares le Sam 24 Avr - 23:58

Chapitre 11 : Trahison

Sa blessure à la tête était plus profonde qu'il ne l'aurait pensé, les derniers mètres jusqu'à la cabane furent assez pénible, Zénith pouvant sentir sa conscience manquer de l'abandonner à chaque pas. Le voyant arriver en titubant, Rei se précipita à son secours, ne manquant pas de lui demander ce qu'il lui était arrivé. Sonné, il dut attendre que son élève soit assis pour que ce dernier puisse lui réponde pendant qu'il s'occupait de sa blessure. Bousculé par les évènements, le disciple lui raconta tout. De comment il avait rencontré son père à sa fuite dans la forêt. S'il voulait que Rei l'aide, Zénith devait lui faire confiance et ne rien lui cacher, du moins c'est comme ça qu'il le voyait. Mais le vieux maître ne put lui répondre et resta silencieux durant les soins, déplorant cependant la perte de l'œil droit de son élève. Assommé, le borgne ne releva toutefois pas le long silence de Rei, ne pouvant plus garder la notion du temps qui s'écoulait. Faisant se coucher son élève après l'avoir soigné et bandé, faisant confiance à la régénération de Zénith pour la suite, le vieil homme attendit patiemment une visite qu'il devinait inévitable.

*Dors bien, mon garçon, tu vas probablement en avoir besoin.*

La nuit passant, un groupe d'homme vint effectivement voir maître Hoshi sans pour autant réussir à réveiller le jeune homme se reposant dans la cabane et qui ne sut jamais rien de cette visite. Les recevant à l'extérieur, le samurai discuta rapidement avec eux avant qu'ils ne prennent congé, une réponse convenable leur ayant été donnée.

Le lendemain vers midi, Zénith se réveilla enfin, la moitié du visage toujours recouvert par un solide bandage sous lequel une plaie pourtant profonde ne saignait déjà plus. Toujours quelque peu étourdi par la perte de sang et l'effet de l'attaque sur son cerveau, qui bien qu'intact n'y était resté insensible, il alla chercher son maître au dehors. Comme d'habitude installé en tailleurs sous la protection des arbres, il se leva dès que le son de sa porte lui parvint aux oreilles. Rejoignant son élève, il lui donna des indications.

"Nous ne resterons pas plus longtemps ici, Zénith. Dans une heure, rejoint moi au point culminant du fjord, je t'y attendrai pour le départ. D'ici là, lave toi et habille-toi, sois propre et présentable à mon arrivée. Pour ma part, il me reste une dernière chose à faire."

Ne perdant pas plus de temps et ne laissant pas le temps à son disciple de répondre, Rei disparut entre les arbres, laissant son élève seul avec ses ordres. Comprenant que les raisons de cette brusque accélération du départ lui étaient dues, Zénith n'avait de toutes façons aucune envie de contester son maître et se contenta d'obéir, se dépêchant d'aller laver le sang qui le souillait encore. Comprenant que son œil était perdu à jamais, il ne resta cependant pas à se lamenter, ayant déjà connu l'expérience des mutilations. Son kimono revêtu, il se dirigea vers le point de rendez-vous, se demandant toutefois pourquoi son maître avait bien pu choisir cet endroit plutôt que leur cabane.

Débouchant dans une clairière dégagée, le jeune homme eut sans avoir à le demander la réponse à sa question. Présent, Rei Hoshi était accompagné par six villageois armés de sabres et de fusils parmi lesquels Zénith reconnu certains de ceux qui lui couraient après. Présentant un air d'étonnement durant quelques seconde, il affichèrent cependant rapidement une mine ravie après quelques secondes.

"Je savais qu'on pouvais compter sur vous, Monsieur Hoshi. Avec vous à nos côtés, ce monstre n'a aucune chance."

"Je suis bien content que votre parole ait tenu bon malgré votre exil."

Adressées au vieux samurai, ces phrases eurent cependant bien plus d'effet sur le nouvel arrivant que sur leur cible au visage impassible. Entendant les hommes parler à son maître de la sorte, Zénith ne tarda pas à comprendre sa position. Rei l'avait offert sur un plateau à ses traqueurs. Son monde s'écroulait. Perdu dans le noir, il avait de nouveau trouvé une lumière à suivre, et voilà que non contente de disparaître, cette lumière le trahissait. Mais il ne s'agissait pas que de lui. Ce qui l'avait poussé à rester auprès de maître Hoshi durant trois ans n'était pas la foi qu'il avait en lui, mais la foi qu'il avait en sa foi. Rei avait trouvé sa voie et l'avait suivie de toutes son âme, y trouvant les réponses et la force d'avancer. Sa foi en l'honneur était plus forte que tout, Zénith en était persuadé, et c'était dans le but de parvenir à croire comme son maître croyait qu'il l'avait suivi. Mais aujourd'hui, ce maître ne faisait pas que le trahir lui, non, cela, il l'aurait accepté. Le problème venait du fait que sa traitrise en entrainait une autre, bien plus grave aux yeux du jeune homme. Il trahissait son honneur. Il trahissait tout ce en quoi il croyait et pour lequel il avait vécu. Sentant les larmes lui venir, Zénith lui demanda des explication d'une voie emplie de désillusion.

"Mais... et le Bushido ??"

Semblant insensible, le maître lança un fourreau et le katana qu'il contenait à son élève devant les regards perplexes des six hommes.

"Il est là, Zénith. Dans le sabre. Dans la mort."

Ramassant l'arme à ses pieds, le disciple ne pouvait empêcher les doutes de l'envahir. Le fait que Rei lui offre une arme pour combattre était la preuve que son honneur n'avait pas complètement disparu, alors pourquoi ?? Pourquoi le bafouait-il ainsi s'il y croyait toujours ?? Retenant ses émotions, Zénith sorti la lame et l'empoigna, arrachant un sourire à celui qui lui avait appris comment la manier. Les hommes s'interrogeaient, se demandant en quoi il était nécessaire de rendre leur cible plus dangereuse qu'elle n'était. Agacé, Rei mit fin à leurs exclamations.

"Taisez-vous !! Quelles que soient les circonstance, jamais je ne combattrai un homme désarmé. Zénith !!"

Son attention captée, l'élève écouta les dernières paroles prononcées avant que ne débute un combat désormais inévitable.

"J'ai fini par comprendre. Ta rage de vivre est trop forte pour suivre le Bushido et ta peur des ténèbres trop grande pour suivre une voie si hasardeuse. Longtemps j'ai espéré me tromper, pensant pouvoir parvenir un jour à te mener sur ma voie. Mais peut-être est-il l'heure de me résigner. Montre-moi que j'ai eu tort de sous-estimer ta volonté de vivre !! Montre-moi la manière dont tu vas me survivre !! Ne t'en fais pas pour moi. Si tu faiblis, je te tuerais. Et quelle que ce soit l'issue de ce combat, sache que mon destin fut scellé au moment au j'ai posé le pied dans cette clairière. Ne te retiens pas, Zénith !!"

Un instant plus tard, le vieux maître chargeait, vite suivi des hommes venus là pour se débarrasser du meurtrier de leurs amis. Fermant les yeux, Zénith commençait à comprendre. Rei navait pas trahi le Bushido, il l'avait au contraire suivi jusqu'à son sommet. Rei Hoshi était déjà mort. S'il devait survivre à cet affrontement, il allait sans aucun doute se donner la mort afin de laver ses actes envers son disciple. Ce dernier comprenait et reprenait confiance. La foi de son maître n'avait pas disparu, elle brillait d'un éclat plus fort que jamais, signe de son arrivée à l'apogée du Bushido. En cet instant précis, Zénith se fit la promesse de voir un jour sa propre foi briller ainsi. Il trouverait sa voie et la suivrait de tout son âme, il en fit le serment au vieil homme qui arrivait à portée... et à qui il comptait bien survivre.

Le combat fut bref. Parant la première taille, Zénith commença par se débarrasser des gêneurs. Leur expérience de l'escrime étant quasi nulle, ce fut rapidement réglé, les six corps tombant à terre après quelques secondes à peine le début des hostilités. Continuant en duel, les deux samurai enchaînaient esquives, parades et attaques sans qu'aucun ne fasse la différence. S'il n'avait pu suivre le Bushido, le disciple avait en échange tout assimilé de l'Art du sabre et pouvait malgré sa perte de vision rivaliser avec son maître, le surpassant physiquement parlant. Mais l'un comme l'autre connaissant les mouvements de son adversaire, il leur était difficile de se départager. Toutefois, Zénith avait un atout que son adversaire ne possédait pas. Offert par un gros médecin que trois vies ne suffiraient à rembourser, un bras de métal stoppa net l'avancée tranchante du sabre du maître. Un instant plus tard, une lame lui lacérait le torse, découpant dans sa chair et laissant libre cours au flot de son sang. Ainsi fut vaincu Rei Hoshi, s'écroulant à genou sur la terre qu'il avait juré de protéger de sa vie.

L'homme connaissait sa force et prit conscience que la blessure qu'il venait de récolter lui serait fatale. L'examinant, il ne pu retenir un rire.

"Ah... une blessure si bénigne... toi... tu y survivrais sans problème..."

Relevant son regard vers son élève tremblant, sentant que ce dernier n'allait pas longtemps pouvoir empêcher les larmes de venir s'écouler sur ses joues, il continua tant qu'il le pouvait encore.

"Tu as tout pour survivre, désormais. Tu as la force... tu as la technique... tu as le corps... et tu as la volonté. Comment ais-je pu un seul instant vouloir te mener sur la voie de la Mort ?? Ta voie se tracera pour la vie, Zénith, je commence à le voir... mais ce n'est plus de mon ressort, maintenant... Finissons-en... il me reste un dernier pêché duquel je dois me repentir."

Le jeune homme comprenait fort bien de quoi il s'agissait. Allant se placer derrière son maître et ami, il brandit sa lame, prêt à lui offrir la délivrance.

"Enfoui sous mon lit, tu trouveras un Eternal Pose... Il pointe l'île sur laquelle j'ai vécu durant un moment, et où j'ai laissé ma famille. Montre-le au Capitaine Bross à Rekj... et il t'y emmènera... il me doit ce voyage depuis déjà bien longtemps... maintenant, vas-y."

Un katana s'abattu, et une tête roula sur le sol.

Détournant le regard du corps sans vie, gardant le visage fier malgré ses larmes, Zénith se retrouvait de nouveau seul. Il n'avait toujours pas trouvé les réponses. Il n'avait toujours pas trouvé sa voie. Il devait demander conseil à la seule personne qu'il lui restait... mais qu n'avait jamais pu lui fournir ce qu'il recherchait. Il avait besoin de méditer au calme... de tout reprendre depuis le début... il devait se comprendre lui-même, savoir ce qu'il était exactement.


Dernière édition par Zénith Ares le Lun 24 Mai - 6:29, édité 4 fois
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Message par Zénith Ares le Sam 24 Avr - 23:59

Épilogue

Assis en tailleur sur le bord d'une falaise, un katana à la main, Zénith Ares terminait en silence de récapituler sa propre existence. De tout cela, une chose lui apparaissait clairement : il était en vie. Malgré tout les obstacles placés sur sa route, il tait toujours là. Il vivait. Pour qui ?? Pour quoi ?? Pour Toyako Toribaka ?? Pour Kseniya Gvozdev ?? Pour retrouver les temps de lumière où il était marine ?? Pour suivre une quelconque voie ??

*Non... il n'y a pas de voie que je puisse prendre...*

*Tu dois créer ta voie, ton propre code.*

*Facile à dire... mais comment procéder ??*

*Voyage...*

*Apprend...*

*Découvre...*

*Vis*

Vivre... c'était en effet le seul moyen de parvenir à son but. Plus que tout. Plus que son honneur, plus que son bonheur, il devait vivre pour sa vie et la protéger à tout prix. Sans elle, il ne pourrait jamais écrire son code. Un Bushido, cela devait ressembler à un Bushido de la vie. Mais tout était à refaire. Toutefois, il était libre. Seul, certes, mais libre de voguer à son aise sur toutes les mers du monde. Il y avait bien du travail devant lui, mais tant qu'il serait en vie, il pourrait s'y atteler.

Désireux de ne pas perdre plus de temps afin d'éviter que la nouvelle des meurtres de Koyo et sa description ne se répandent de trop, il alla sans tarder creuser à l'emplacement que lui avait indiqué Rei. Déterrant un coffret, il en sorti un Eternal Pose poussiéreux où était gravé « Water Seven ». Une poignée d'heures plus tard, il était au port de Rekj, dissimulé sous un capuchon, tentant de convaincre le Capitaine Bross de l'emmener là où pointait son aiguille. Y parvenant en lui rappelant la dette qu'il avait contracté envers son maître, le vieux capitaine accepta comme convenu mais à contrecœur de rendre ce service à ce qui comme lui avait toujours été un homme d'honneur, même et surtout dans la mort. Quittant Ignij où trop de sang avait à son goût coulé par sa faute, il se dirigeait vers la cité de l'eau.

Résumé


Mon histoire étant montée comme un grand post RP, en voici une forme très condensée et plus aux normes. Chaque paragraphe résume le chapitre au numéro associé.

1) Né sur l'île d'Akumu en North Blue, terre désolée où la survie est la seule chose poussant les hommes à se réunir, Zénith à souffert durant toute se jeune enfance de l'absence d'amour paternel, son père détestant en effet son fils pour avoir causé à sa naissance la mort de sa femme. Vivant dans la misère, la pauvreté ne le dérangeait cependant pas plus que ça n'ayant jamais connu quoi que ce soit d'autre. Toutefois, cette vie ne dura que jusqu'à ses huit ans où un accident eut lieu tandis qu'accompagné de son ami Taka il arpentait une forêt périlleuse dans le but fort enfantin d'y avoir quelques sensations fortes. Perdus au milieu des arbres, il ne réussirent pas à en trouver la sortie et y errèrent jusqu'à la tombée de la nuit. Là, une créature sauvage les attaqua, prenant deux doigts à Zénith et la vie de son compagnon par un coup à la gorge. Se débattant, animé par une volonté de survivre telle qu'elle lui vola sa raison, le petit arracha à coup de dents un morceau de chair à la bête et parvint à se défendre assez longtemps pour qu'attirés par les cris, les hommes venus les chercher arrivent sur les lieux. Ayant senti le danger, l'animal avait déjà quitté la zone lorsque le groupe déboula, découvrant un Zénith ensanglanté dans une sorte de transe tenant dans sa bouche un bout de viande que les imbéciles crurent être celui manquant à la gorge de Taka. La superstition l'emportant sur la raison, les hommes accusèrent le gamin d'être responsable du meurtre barbare et l'un d'eux entama de lui coller une raclée, le petit n'étant alors de toutes façons plus en état de pouvoir y répondre. S'agitant dans un élan de folie entouré d'une flore hostile, l'homme fut victime d'un malheureux concours de circonstance et de jeu de lumière qui fit qu'il s'empala bêtement sur une branche. S'effondrant, il ne laissa aux yeux de ses camarades que la vision trompeuse d'un nouveau meurtre exécuté d'un façon mystique par le petit garçon dont le regard perdu dans la douleur et l'incompréhension leur apparaissait froid et vide de tout sentiment. C'est pourquoi ils s'enfuirent en courant afin d'une part échapper à la fureur de ce qu'ils prenaient alors pour un démon et d'autre part réunir les hommes du village pour mener à bien l'exécution de ce mal. C'est ainsi que peu de temps après, l'esprit toujours en miette, Zénith fut encerclé par plusieurs fusils et les villageois qui les tenaient. Présent, son père affichait un regard de démence, ravi de voir enfin disparaître cet enfant qu'il n'avait eu jusque là le courage d'abattre. Les premiers coups de feu retentirent et l'enfant fut touché au poignet gauche. Une nouvelle salve devait alors s'abattre sur lui lorsqu'un glissement de terrain projeta tout le monde à la mer.

2) Zénith se réveilla quelque part sur une île déserte, dans une grotte près de la plage, ne devant sa survie qu'à une sève aux capacités régénératrices incroyables dans laquelle il reprit conscience. Sa main gauche mutilée et ses blessures dues au combat contre la bête de la forêt le faisant souffrir en dehors du liquide bienfaiteur, il y resta le plus clair de son temps, se contentant de gémir sur son sort et ne sortant du lit de sève que le temps d'aller cueillir des fruits dans la jungle qui composait la totalité de l'île. Malheureusement pour lui, la balle l'ayant touchée provoqua une infection contre laquelle les pouvoirs cicatrisant de son onguent miracle ne pouvait lutter. C'est ainsi qu'il dut prendre à huit ans la décision de s'amputer son avant bras, profitant de l'effet de la sève pour cela. Mais à peine avait-il terminé le travail qu'il fut de nouveau attaqué par un animal, la faune sauvage de l'île ayant terminé son hibernation.

3) Trois ans s'écoulèrent ainsi où seul et un membre en moins, Zénith du combattre jour et nuit pour assurer sa survie, poussé par une volonté hors du commun. Trois ans au bout desquels un équipage de marchand mit pied à terre sur son île. Le secourant dans l'espoir de pouvoir un jour en tirer quelques pièces, le capitaine dut cependant l'offrir à un navire de nobles rencontré en mer, son équipage associant au garçon une mauvaise fortune dont il était hors de question sur un bateau. Marqué au fer rouge, Zénith fut alors amené à Marijoa devant son maître. A partir de ce jour, il fut de nouveau obligé à combattre, les nobles s'amusant à le faire affronter divers animaux tous plus gros et sauvages les uns que les autres. Passé cinq ans en tant qu'enclave, il dut un jour affronter une plante mobile, carnivore et vénéneuse qui parvint malgré sa défaite à lui inoculer son poison. Mortelle, la toxine réduisit l'adolescent à l'état de bouillie humaine dont le maître ne voulu vite plus. Rien de plus qu'une ordure, on le jeta finalement avec d'autres déchet du haut de Red Line.

4) Sauvé par un colonel de la Marine ayant mangé le fuit du pigeon et par un ancien médecin de Blum, Zénith pu se rétablir sur Shabondy où il entretint une relation quasi-fraternel avec l'équipage du Colonel Toribaka. Comblant son manque d'éducation auprès du Docteur Parker, l'homme qui l'avait soigné, il décida de s'engager dans la marine et de poursuivre sa vie auprès du pigeon.

5) Deux ans plus tard, Zénith était devenu caporal de la Marine et servait toujours sous les ordres de Toribaka. L'une de leur mission les amenant à Drixhen, ils eurent la mauvaise surprise d'avoir affaire à un dénommé Nadir le Ouf, pirate célèbre sévissant habituellement dans le nouveau monde. Acceptant de s'en occuper, le colonel mit au point un plan visant à neutraliser les pirates grâce à un gaz libéré par une explosion provoquée dans les mines désaffectées se trouvant sous la base de Nadir. Choisi pour la mission, Zénith s'enfonça accompagné de Levi, une collègue aux compétences de crochetage indispensables, dans les tunnels étouffants des mines. Désireux de voler un navire de la Marine, le Ouf avait prévu une possible excursion de ce genre et avait placé deux de ses hommes à la surveillance des sous-terrains. Repéré, le duo de la Marine du affronter un pirate bien trop puissant pour eux qui coupa au caporal sa jambe droite ainsi que ce qu'il restait de son bras gauche avant que Levi ne parvienne à l'abattre par surprise. Réunissant ses forces, la demoiselle parvint malgré la chaleur à sortir son équipier des tunnels, ce dernier étant incapable de se déplacer. A leur retour, l'équipage tout entier avait été décimé et ses membres rarement laissés en un seul morceaux. S'évanouissant, Levi laissa un étrange et immense personnage ramasser le marine mutilé.

6) Robot-chirurgien peu scrupuleux, Rurik Gvozdev s'occupa de soigner Zénith et lui fabriqua deux prothèses, le tout sans lui demander son avis et sans anesthésie. Toutefois, le résultat étant là, le militaire ne lui garda pas longtemps rancune de la douloureuse opération. Se remettant de ses blessures et de ses émotions, il annonça à Levi lorsqu'il la revit son désir de déserter la Marine. Suite à cette annonce, Rurik lui demanda de conduire sa fille Kseniya chez sa mère à Lopferass, cité se trouvant sur l'île d'Ignij, à l'intérieur des terres. N'ayant alors rien de mieux à se proposer, Zénith accepta.

7) Prenant un navire jusqu'à Rekj, le port le plus proche de leur destination finale, le garde du corps et sa protégée arrivèrent sans encombre à la ville portuaire. Mais une fois sur le quai, Zénith fut témoin de la présence du navire de Toribaka qui avait disparu après les événements de Drixhen. En déduisant la présence de Nadir, l'ancien caporal s'affaira dans un excès de colère à ratisser la ville afin de le trouver. Ne parvenant à rien après une journée à courir partout, il reprit son calme et sa route vers Lopferass, toujours bien entendu accompagné de celle qu'il devait y escorter. Mais les attendaient sur le chemin Nadir et son équipage, intrigués par cet homme qui les avait recherchés durant plusieurs heures comme un dément. Ayant le déserteur à sa merci de par l'énorme différence de force qui les séparait, le Ouf entreprit sans douceur de l'interroger sur les raisons qui le poussaient à le poursuivre ainsi. Apprenant que Zénith faisait partie de l'équipage qu'il avait massacré, Nadir demanda des nouvelles de Mirage, son bras droit, dont il n'avait plus de nouvelle depuis qu'il était parti surveiller les sous-terrains. Prenant note de la mort de son ami et les blessures de Zénith la lui confirmant, le pirate neutralisa le gardien avant de se tourner vers Kseniya, se préparant à jouer en l'honneur de son compagnon un bien macabre morceau.

8) Dans un mélange de rires déments et de hurlements, Kseniya fut mise à mort de façon ignoble, découpée vivante petit bout par petit bout par un malade mental. Mais même morte, son corps continua d'être tranché, encore et encore, jusqu'à n'être plus qu'un tapis sanglant de restes humains. Spectateur de ceci, Zénith vit son esprit se briser et s'effondrer dans les ténèbres. Laissé seul auprès du puzzle de sa protégée par un Nadir s'en allant sifflotant repeint du sang de sa victime, il ne pu que quitter les lieux de la scène instinctivement, s'éloignant au hasard de la vision d'horreur s'étant offerte à lui. Revenant peu à peu, sa conscience ne faisait que le plonger dans le désespoir, parvenant à se persuader de la futilité de sa vie. Terminant auprès d'une falaise, il décida d'y terminer ses jours et sauta pour finalement s'écraser sur les rochers, vivant et conscient. Ses cris de douleur parvenant à ses oreilles, un vieux samurai accouru à son secours.

9) Sauvant le suicidaire qui ne le souhaitait pas plus que ça, Rei Hoshi, maître d'escrime, s'occupa de son rétablissement. Retrouvant une certaine forme aussi bien physique que mentale, Zénith pu après quarante-neuf jours de silence discuter avec celui qui lui avait sauvé la vie. L'un était perdu et l'autre sûr de son chemin, c'est pourquoi attiré par l'évolution de ce gamin qui ne demandait qu'à ce qu'on lui montre une voie, le vieil homme proposa au blessé de lui inculquer les valeurs de l'honneur Bushido. Désireux de voir cet honneur en lequel la foi du samurai était si forte, Zénith accepta. C'est ainsi que Rei passa trois ans en ermite à apprendre le maniement du sabre et l'importance de l'honneur à son disciple. Mais l'élève avait beau comprendre les raisons qui pouvaient pousser Rei à suivre le Bushido, les doutes lui interdisait de se lancer à corps perdu sur un chemin dont il n'était pas sur de l'aboutissement. Quelque chose bloquait Zénith mais le maître ne parvenait pas à déceler quoi.

10) Pensant que voyager et revenir au contact de la vie citadine pourrait permettre de briser les défenses de Zénith, Rei l'envoya à Koyo, petit village à qui il avait autrefois juré allégeance, afin de se replonger en douceur dans le monde des villes. Malheureusement, Zénith y rencontra fortuitement son père, qui terrorisé par son fils le blessa gravement au visage, lui volant son oeil droit. Envahit par la colère, le fils finit par tuer son père tandis que ce dernier l'attaquait, chacun rejetant tout ses maux sur l'autre. Des hommes tentèrent alors de le stopper, mais blessé et enragé, Zénith mis fin aux jours de tous ceux qui essayèrent de l'abattre avant de parvenir à s'enfuir. Retrouvant Rei qui s'empressa de le soigner, il lui raconta tout avant de tomber dans les bras de Morphée, épuisé.

11) Le lendemain, le maître donna à son élève rendez-vous sur une bute dégagée afin selon ses dires d'entamer le voyage qui devait les emmener loin d'Ignij. Mais devant répondre aux demandes des villageois, ayant juré sur son honneur de les servir, Rei du se résigner à attirer son précieux disciple devant un groupe formé pour le tuer dont il était la pierre centrale. Bien décidé à mettre fin à ses jours s'il parvenait à vaincre celui qu'il avait formé afin d'expier sa trahison, il offrit un katana à Zénith lorsque celui-ci arriva sur les lieux, pensant alors à tort que son maître avait abandonner le Bushido. Lui faisant prendre conscience qu'il s'agissait en réalité de l'unique moyen de suivre sa voie, il redonna courage et confiance à son disciple avant d'entamer le combat. Usant de la défense que lui offrait son bras de métal, l'élève sorti victorieux. Ses derniers instant le lui permettant, Rei pu alors donner une ultime leçon et faire prendre conscience à Zénith que ses réponses se trouvaient non pas dans la Mort et le Bushido comme lui-même le pensait, mais qu'il fallait au contraire vivre afin de les trouver. Lavant son honneur de la tâche qu'il y restait, le vieil Hoshi s'éteignit dans un dernier geste de son disciple, lui ayant avant cela fait part de l'existence d'un Eternal Pose pouvant l'emmener là où il vivait jadis.

E) S'en allant méditer, Zénith décida de suivre la voie que lui avait conseillé Rei et qu'il avait finalement suivi tout sa vie, à savoir vivre à tout prix afin de découvrir de lui-même un code de vie digne de lui. S'en allant déterrer le précieux objet, il prit la mer vers Water Seven, première étape de son voyage.


Dernière édition par Zénith Ares le Lun 24 Mai - 6:47, édité 8 fois
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Message par Narnak le Dim 25 Avr - 0:39

Salut,

Bon, moi, jsuis un gars qui passe là tous les trente-six du mois (on est le 36 aujourd'hui), donc mon avis vaut pas grand-chose. Cela dit, je vais quand même énoncer ce qui m'a parcouru le neurone la première fois que j'étais venu sur ce sujet (mais j'ai été poli et ai respecté ton souhait que personne ne poste avant que tu sois fixé) : c'est loooong... Beaucoup trop long.

C'est une présentation, pas une fanfic, que t'écris... La fanfic, elle sera faite progressivement, par tous les messages de jeu que t'écriras une fois validé. Là, on a ("moi, j'ai" ; j'ai le "on" restrictif) l'impression que tu vas déjà tout dire de ton perso dans un malheureux sujet de trente pages, si tu te brûles pas la motivation sans pouvoir le finir, et que t'auras plus rien à donner derrière.

Et puis, surtout, je dis ça, je dis rien (ou si peu), mais me farcir quinze messages pour cerner un perso, ben ça me gave (tu feras trois messages supplémentaires quand on t'aura accordé la permission de faire ta mise en situation ? Oublie pas que le jeu de rôle sur forum, c'est de l'interaction avec les autres joueurs et leurs messages : on se balance pas une bible de texte à chaque fois). Et je parle pas du fait que ça vienne en autant de fois sans être fini dès la première. Ca...

Synthétiser une histoire dans les trente lignes demandées (vingt piges, ça s'y prête bien) ou un peu plus si t'es motivé, décrire son perso en autant, montrer ce que tu sais faire en situation quand on te donne le feu vert, et basta, fais-toi plaisir en jeu, après... C'est plutôt comme ça que je vois les choses. Rondement mené, sans fioriture. Roule, jeunesse.

C'est dommage, le titre du sujet était accrocheur bien comme il fallait.

Enfin bon. J'ai noté au fil du temps que, bizarrement, mon avis était pas forcément celui de la majorité des gens, et que le monde arrivait à tourner quand même (c'est tout de même vachement étonnant, non ?). Y en aura probablement pour aimer lire tout ça, et c'est tant mieux. Bon courage à eux pour tout lire, et puis, surtout, bon courage à toi pour tout écrire.

EDIT : Ben tiens, mon message est carrément sur la deuxième page du sujet, direct'... Dieu me tripote -merci, Dieu-, c'est quand même vachement loin.


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Message par Zénith Ares le Dim 25 Avr - 2:08

Tout d'abord, je te remercie. C'est vrai que mes présentations sont de plus en plus longues mais je ne m'étais jamais penché sur ce point. Tu m'auras fait réfléchir à ce sujet.

Oui, c'est vrai, c'est long. Pour ce qui est de l'intérêt en lui-même de jouer le personnage, je ne me fais pas de soucis, bien au contraire. Certes il se passe beaucoup de choses dans son histoire, mais je n'ai jamais fait de personnage d'une part m'ouvrant un si large potentiel de développement en rp (voir la fin de l'histoire qui arrivera... un jour) et d'autre part qui me donne tant envie de le jouer. Ceci découle non pas de la longueur et le détail de son histoire, mais des raisons qui m'ont poussé à y parvenir.

Ça fait un moment déjà que je traîne sur les forums rp et je n'ai dépassé le seuil (du moins ce qui pour moi était un seuil) des 15 pages de présentation que récemment. Jusqu'alors, je me contentais de résumer de façon plus traditionnelle, mais j'ai depuis entamé de nombreuses réflexions sur la pensée, le nécéssitarisme et le libre-arbitre (entre autres choses) et ai remarqué que mes personnages n'étaient finalement mués que par un archétype de réactions parfois dénué de sens vis à vis de son passé propre. C'est pourquoi je ne peux plus aujourd'hui développer de perso par le biais d'un simple résumé et lui donner un mental préfabriqué sur lequel se basera toutes ses réaction futures. Désormais, je ne peux plus créer de personnage sans auparavant décortiquer chaque parcelle de ses états d'âme, le moindre sentiment perçu à un moment de sa vie pouvant influencer ses réactions futures. Je m'aperçois en effet qu'en me penchant sur certains points sur lesquels je ne me serais pas attardé dans une forme plus condensée, les réflexions et la psychologie que j'attribuais à mon perso deviennent ridicules et sans aucune logique suivant les réflexions non pas que je désire qu'il ait mais qu'il serait normal qu'il ait à ce moment précis. Je ne fais finalement qu'offrir une ribambelle de faits et d'évènements tiers auxquels mon personnage ne peux échapper et au bout desquelles je découvre sa vraie personnalité. Mais pour la découvrir, cette personnalité, je dois auparavant développer, point par point, ses réactions face à ces obstacles que j'ai mis sur son chemin. J'ai n'ai au début de ma présentation qu'une esquisse de ce que sera mon perso, précisant certes chaque trait à chacune des étapes de sa vie, mais ne découvrant sa véritable forme qu'à la fin de son histoire.

Voilà pourquoi c'est long.
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Message par Maître du Jeu au Trésor le Ven 7 Mai - 10:58

La suite ! La suite !


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Message par Zénith Ares le Ven 7 Mai - 15:43

Elle arrive, elle arrive, pas d'inquiétude.
Le chapitre 5 sort aujourd'hui voir même le 6 qui n'est pas trop long si je traîne pas trop. J'ai eu des emplois du temps assez fous ces dernière semaines mais je devrais retrouver le rythme que je m'étais fixé au départ.

€: Suite au décès de ma carte mère, la suite va demander plus de temps, durant une période tout du moins, mon accès à un ordinateur se faisant plus restreint.
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Message par Maître du Jeu au Trésor le Dim 16 Mai - 22:42

Courage pour les réparations '^^


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Message par Kobby le Dim 16 Mai - 23:04

Zénith Ares a écrit:
€: Suite au décès de ma carte mère, la suite va demander plus de temps, durant une période tout du moins, mon accès à un ordinateur se faisant plus restreint.

J'ai cru lire : suite au décès de ma mère, ça ma fait un choc
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Message par Maître du Jeu au Trésor le Dim 16 Mai - 23:21

Hannn Kobby je t'aime !! J'avais lu la même chose la première fois !!!


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Message par Zénith Ares le Lun 17 Mai - 14:17

J'ai flippé à un moment en pensant que j'avais oublié "carte", mais je vois qu'il n'y a pas eu besoin d'une étourderie pour que la confusion ait lieu.

Pour ce qui est de la réparation, j'ai bien peur de devoir acheter un PC neuf, mais d'ici-là je devrais pouvoir me débrouiller avec l'ordi familial, qui a le gros défaut d'être... familial...
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Message par Kobby le Lun 24 Mai - 0:36

Courage le défoncé du citron, le réchauffé du cigare (est-ce que ces expressions existent vraiment?*).

*Vraie question
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Message par Zénith Ares le Lun 24 Mai - 6:50

Fiche terminée !! Youpi !! Je peux aller me cou... ah non, je bosse dans une heure... bon, spa grave, la vie est belle !! Un verre de coca et c'est parti !!

Une petite dédicace à Ed le courageux.

PS : Pour ce qui est de la vraie question, j'en ai aucune idée. Mais à partir du moment où ça sonne bien, a-t-on besoin de savoir si oui ou non ça existe vraiment ??
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