La justice ne se repose jamais.

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La justice ne se repose jamais.

Message par Kobby le Mer 11 Aoû - 5:00

Pendant mon séjour, je fus bien mieux traité que je ne le pensais. La détention qui m’avait été promise n’était qu’un rideau de fumée. Certes, je ne pouvais me déplacer librement, mais ma prison avait plus l’air d’une chambre que d’une geôle. La manœuvre était probablement politique, le vieux roublard voulait sûrement laisser entendre à sa garnison qu’il était de nature inflexible et je ne lui en voulus aucunement. Mon séjour fut excessivement long à mon goût et je trépignais d'impatience à l'idée de sortir. Il fallait que je règle en toute urgence cette affaire d’impayés afin de ne pas nuire à l’image de mon navire.


Dès que je mis le pied sur le sol sablonneux de la cour, je pris une longue inspiration. L’air était bien plus frais que celui à l’intérieur. Je remplissais mes poumons avec une satisfaction achevée. Mes muscles inspiratoires étaient tous mis à profit pour une longue et profonde goulée d’oxygène. Je m’étirais comme quelqu’un qui avait dormi pendant trente-six heures d’affilé. J’en étais à faire des souplesses quand je remarquai dans mon dos, une sentinelle intriguée par mon petit jeu. Il détourna rapidement son regard quand les nôtres se croisèrent. Il était aussi gêné que moi de me surprendre dans une attitude si ridicule. Les joues rougies par l’effort et la honte, je partis à petites foulées du poste de la marine. Je ne pouvais réfréner mon enthousiasme, je ressentais l’essence de la vie me pousser vers l’avant et me faire oublier quelque chose, quelque chose d’important. Je m’arrêtai net en pleine course et quelqu’un heurta mon dos. C’était le même jeune homme de tout à l’heure avec le même air rosé sur ses joues. Après quelques tentatives infructueuses, il bafouilla la phrase suivante.


« Excusez-moi Sergent-chef, il me semble que vous avez oublié de passer chercher vos effets.»
De stupeur, je me tapai le front du plat de la main.



« - Oui, oui, j’ai laissé ma sacoche là-bas, je dois y retourner. Merci de m’avoir prévenu.


- À vos ordres, euh, votre service chef, sergent, sergent-chef ! J’ai oublié de me présenter dans ma confusion. Je suis l’homme de corvée Sig.


- Sergent-chef Kobby, j’espère que l’on se reverra, au revoir. »


Je rebroussai derechef mon chemin néanmoins, je me sentais moins d’entrain à l’idée d’y retourner. Quand je fus à portée de vue, je vis les sentinelles, un gros joufflu et vieux décharné, me dévisager comme si j’avais poussé un bonzaï sur le nez.


« Les renseignements je vous prie. »


Un doigt osseux se leva en direction d’un box. Le visage anguleux et raviné du vieux marine s’anima un moment pour me dire.


« - Là juste en face, je serais vous, je n’irais pas.


- Merci pour votre aide, monsieur. »


Je tournai mon visage vers le vieil homme, ce que je vis me choqua. Il avait les yeux révulsés et semblait aussi inerte qu’un cadavre. Le joufflu pouffa en surprenant mon expression d’effroi et ajouta.


« Ne faîtes pas attention, il essaye juste de vous faire peur. »


Il avait réussi. Je me demandais ce qu’il pouvait y avoir d’inquiétant à un simple guichet. Aussitôt que je mis le pied à l’intérieur de l’enceinte, l’ensoleillement laissa place à une obscurité surprenante. Clignant des yeux comme pour chasser l’impression de voile noir jeté devant mon regard, je voyais l’image de l’atrium se raffermir : deux guichets, rideaux de fer abaissés, me faisaient face encadrés de deux couloirs. À ma droite, il y avait un banc qui suivait l’angle du mur et un long couloir au bout duquel on pouvait deviner un escalier qui menait vers le bas. À ma gauche, il y avait un second banc, semblable au précédant et un autre couloir qui menait vers le haut après une courte distance. Je me demandais à qui allais-je pouvoir demander mon chemin quand un homme chargé d’un large paquet de dossiers apparut à ma droite. Il me mit le tout entre mes bras et je pus enfin distinguer ses traits ; un petit courtaud avec une barbe et une sueur abondante qui traçait une courbe qui suivait à distance le tracé de son col de chemise.


« Bureau Un pti’ gars, magne-toi le cul et si tu fais tomber, je te fais déplacer toute l’archive dans l’aut’ aile. »


Devant mon air stupéfait ou ahuri, selon le point de vue de mon vis-à-vis, ce dernier eut le réflexe de hurler un dernier ordre, avant de s’en aller en pestant dans sa barbe.


« Allez décarre, abruti ! »


* Je lui ai fait quelque chose de mal ? Il doit se tromper de personne, en tout cas, ces dossiers doivent arriver au bureau numéro un, ça ne me coûte rien de le faire.*


Il ne me restait plus qu’à localiser où se trouvait ledit endroit afin d’y placer les documents qui m’encombraient. Cette tâche allait s’avérer difficile, d’autant plus que l’atrium était redevenu aussi désespérément désert qu’il l’était à mon arrivée. Je m’apprêtai à sortir pour demander mon chemin aux sentinelles quand une femme sortit du guichet à ma gauche : ronde, cheveux crépus, joues fardés et paupières rehaussées de couleurs diverses.


« Excusez-moi, madame. »


Ce fut tout ce que je pus lui dire, car à peine entendit-elle ma voix, qu’elle repartit se réfugier dans son box en sanglotant et en se mouchant le nez bruyamment.


« Je suis vraiment désolé, si j’ai dit quoi que ce soit qui ait pu vous heurter, je vous assure que ce n’était pas mon intention. Pour me racheter, je vous propose de vous rendre service, quoi que ce soit qui puisse arranger mon méfait et vous rendre le sourire. »


Des yeux gonflés de larmes, avec néanmoins une lueur d’espoir, clignèrent devant les miens.


« Ramenez-moi mon mari, s’il vous plaît, il est au six, rue de la Paix près de la grande place.


- Et pour les dossiers ?


- Posez-les ici, Sig s’en chargera, si jamais il revient ce fainéant.


- Je n’ose pas les laisser, cela ne me dérange pas de les ramener, il faut juste m’indiquer où se trouve ce bureau un.


- Je vous le dis si vous me ramenez mon mari. »


Le cliquetis sec de la séparation vint clôturer cet échange, je n’avais plus qu’à chercher cette rue, dossiers en main et à ramener son mari.


Les passants me regardaient avec curiosité, après tout, les marines chargés de paperasses ne passaient pas tous les jours et mon dos comprenait pourquoi. Après une bonne dizaine de kilomètres de marche, cela devenait assez désagréable, sans pour autant être insupportable. Le six, rue de la Paix était une maison, tout ce qu’il y a de plus simple. Seul un détail échappait à l’ordinaire : la porte qui s’était ouverte brusquement alors que j’étais à sa hauteur. Un homme en caleçon surgit de l’embrasure suivi d’une première chaussure, puis d’une seconde. De surprise, je faillis lâcher ma charge quand une femme svelte au visage chevalin et à la tenue négligée apparut et me donna encore plus de mal à garder mon équilibre. Elle fit fi de ma présence et s’époumona.


« Retourne avec ta grosse dinde de femme, espèce de soulard impuissant ! »


Après avoir fait claquer sa langue cinq fois, elle se retourna et me dit.


« - Tu veux ma photo ?


- Non merci, madame. Je suis venu chercher le mari d’une femme. »


Elle claqua encore deux fois sa langue avant d’ajouter.


« - Elle peut le reprendre cette poufiasse, il n’y a qu’une bobonne comme elle pour se farcir un tel glandu. Tu vois que t’as rien à faire ici ?


- Vous avez raison, je m’en vais, bonne journée à vous. »


Le trajet du retour fut assez long et pentu pour engourdir mes épaules cependant, je me sentais satisfait de moi-même, j’allais enfin savoir où se trouvait ce fameux bureau. J’avais la sensation que je passais à côté de quelque chose d’important sans en faire grand cas. La guichetière m’accueillit avec empressement et tint à me guider elle-même sur les quelques mètres qui séparaient son guichet de ma destination.


« - Vous y voici, il n’y a personne, mettez juste les dossiers sur la table. Je vous laisse, j’ai une soirée de prévue. »


- Merci madame, bonne soirée à vous. »


Quand je posai ma charge, je m’aperçus de l’effort fourni et de l’heure avancée. Il fallait que je trouve un logement pour cette nuit dans les baraquements de ce poste. Encore une fois, j’étais perdu, ne sachant où aller, les yeux cherchant un lit, le corps presque mis en terre.


« Je vous en dois une, Sergent-Chef »


Sig courait vers moi, l’air transporté de bonheur.


« - Appelez-moi Kobby, cela fait trop officiel pour des amis, les grades. Je cherchais justement quelqu’un qui pourrait m’indiquer où je pourrais loger, ce soir.


- Il y a toujours de la place au dortoir des sous-officiers, venez, je vous y conduis. »


Je sortis du bâtiment et le contournai par une sente, toujours sur les pas de mon nouvel ami. Il me parlait de son entrée à la marine avec enthousiasme et la carrière qu’il voulait faire. Il me confessa qu’il me connaissait déjà grâce à un rapport sur lequel il était tombé fortuitement et qu’il était content de me rencontrer enfin.


« - Nous y sommes, je vous souhaite une bonne nuit, Kobby. Je viendrai vous chercher demain à sept heures, comme ça, vous n’aurez plus à vous inquiéter de savoir où aller.


- Bonne nuit à vous aussi Sig, je vous remercie sincèrement pour la proposition que j’accepte avec joie. À demain ! »


La bâtisse était plus exigüe que ne le laissait soupçonner sa façade ; quelques bancs en face de deux tables, où il n’y avait personne, un comptoir et un escalier attenant qui montait probablement vers les chambres. Un homme d’une trentaine d’années nota mon nom et mon grade dans un volumineux registre. Puis, il m’indiqua le numéro de ma chambre et l’endroit où je pouvais me servir un repas avant de disparaître à travers une porte à battants derrière le bar. J’avalai en hâte le seul repas de ma journée et monta me précipiter dans mon lit, sans un seul coup d’œil pour son aménagement tant j’étais harassé.


Le lendemain, je me réveillai en fanfare : je mis pied à terre à la seconde même où j’ouvris les yeux et j’ouvris grand la fenêtre. Submergé de lumière, je me livrais à la douce joie d’emprisonner des rayons d’or entre mes sourcils et de redessiner le monde à ma façon jusqu’à ce que je m’habitue au contact rude du soleil contre ma rétine. Quand je me tournai, j’avais des mouches devant les yeux, mais ce n’était pas plus mal. Je fis des exercices d’étirements et de souplesse, comme à mon habitude. Après une vingtaine de minute, je me sentais poisseux tant la chaleur était intense et je décidai d’aller faire ma toilette. L’heure matinale avait l’avantage de ne point encombrer la salle de bain et je pus faire ma toilette sans avoir à patienter. Quand je revins à ma chambre, je remarquai mon baluchon posé devant ma porte avec une note manuscrite, griffonnée à la hâte.


« J’ai pris soin de vous amener vos affaires, je vous attends, comme promis en bas.
Sig »


Tant de bienveillance contribuait à me mettre de bonne humeur. Je mis un uniforme neuf et descendit les marches à la volée en déposant mon linge sale à la consigne.


« - Bonjour Sig, je te remercie pour ta gentillesse.


- Bonjour Kobby, cela n’est pas grand-chose. Le capitaine du bateau par lequel vous êtes venu l’a déposé au poste ce matin, alors je suis passé vous le remettre. Cela étant dit, je vous avais promis mon aide, on y va ?


- Oui, on y va. »


Nous prîmes le même chemin que nous avions pris la veille et cette fois-ci, je remarquai l’absence désolante de toute végétation. L’allée était simplement bordée de terre et de quelques touffes d’herbes sauvages.


« - Personne n’a pris l’initiative de faire pousser quelque chose ?


- Si, mais le climat est rude et aucun marine de la base ne s’y connaît assez pour gérer cette difficulté. Rien n’a jamais pris, alors on l’a laissé en friche.


- Si j’en finis assez vite avec mes obligations, j’aimerais bien m’en occuper. J’étudie la botanique à mes heures libres, je ne suis encore qu’un néophyte, mais j’aime ce domaine. D’ailleurs on devrait se tutoyer, non ? »


Il acquiesça et enchaîna.


- Ton aide n’est pas de refus, les sous-officiers nous tancent souvent avec ça. Nous voilà arrivés. Salut Derek.


- Salut Sig, bonjour sergent-chef !


- Enchanté Derek, appelle-moi Kobby.


- Oui ! Sergent-chef Kobby. »


Je lui répondis en souriant, avant d’entrer.


« - Kobby suffira.


- Avant de chercher ta sacoche, il faut que tu passes par le bureau des affectations.


- Après toi. »


Nous passâmes devant les guichets. Ils étaient tous les deux ouverts. La femme d’hier me fit un salut de la main joyeux auquel je répondis de même. L’autre guichet était occupé par un homme qui me tournait complètement le dos sur son fauteuil tant il était absorbé par le récurage de ses ongles. Nous empruntâmes le couloir à côté du box de l’inconnu. Il y avait quatre bureaux et Sig m’expliquât qu’il y en avait un pour les matelots, un pour les sous-officiers, un pour les officiers et un dernier pour les officiers supérieurs. Il rajouta que les deux dernières catégories envoyaient leurs aides et que la première avait souvent du mal à trouver un rendez-vous. Il toqua et nous entrâmes. La salle de la secrétaire était décorée avec beaucoup de fantaisie : séparée en deux par une limite nette, on voyait une peinture grise anthracite ornementée avec des sabres et des pistolets à gauche et une couleur magenta avec des vases suspendues remplies de roses rouges. La femme assise au bureau était jeune et plutôt jolie, pourtant elle dégageait une mauvaise impression à cause de son air strict ; chignon serré, lunettes à montures style papillon et une bouche fine et pincée. Elle interrompit ma contemplation avec un léger toussotement.


« - Oui, j’aime les armes et les roses. C’est pour ?


- Je suis le sergent-chef Kobby et voici l’homme de corvée Sig. Je voudrais avoir une entrevue avec l’officier d’affectation.


- Vous avez un rendez-vous ?


- En faut-il un ? Il n’y a personne pour l’instant.


- Ça viendra, d’ailleurs, là n’est pas la question, il vous faut définitivement un rendez-vous. Puisque le sous-lieutenant part en mission demain soir, il vous faudra attendre son retour prévu dans une semaine. »


Derek proposa à l’aimable secrétaire de nous obtenir une audience contre n’importe quel service qu’elle demanderait. Elle ne se fit pas prier et nous partîmes à la recherche d’un bouton de chemise qu’elle disait avoir perdu sur son chemin vers le poste de la marine. Trouver l’objet sur le chemin clair, dégagé et désert de l’établissement aurait fait insulte au principe de la quête, aussi avions-nous attendu d’être dans la rue principale à l’acmé de sa fréquentation pour apercevoir l’attache tant convoitée.


Elle gisait à quelques mètres de moi à peine visible tant la foule dense et dynamique obstruait ma vision. Je m’approchai de ma proie indolente en mettant à profit toutes mes ressources de contorsion et d’agilité. J’évitai consciencieusement les coudes qui traînaient et les pieds lourdement chaussés des passants. Plus que quelques mètres et je n’aurais qu’à tendre la main. Une sueur aigre-douce perlait à mon front avant de dévaler d’une manière espiègle la pente de mon nez et me chatouiller les narines. J’avais l’impression que mon cœur était remonté dans mes tempes et je m’approchai comme un fauve de sa future prise ; à pas comptés. Je fus bientôt à portée, faisant face au regard méprisant et nonchalant. Nous deux savions qu’aucun de nous n’aurait pitié de l’autre quand viendrait le moment de la confrontation. Une jambe passa entre nous, et comme un drapeau, elle nous donna le signal de départ, une poursuite sans merci entre Kobby l’éclair et Bob le dédaigneux bouton de chemise strié de rouge sang et de noir polisson. Ma main vola en avant et plaqua pesamment mon adversaire avant de se faire écrabouiller par une chaussure d’au moins cent cinquante kilos de poids. Je retirai la victime du lieu de l’accident afin de l’examiner : tuméfiée et marquée par le passage d’une botte dont l’usage serait celui d’une randonnée dans un milieu hostile. J’avais perdu mon objectif de vue et il profita de ce moment d’inattention pour épouser une courbe en dôme qui la fit atterrir gracieusement sur le bord de la route. Pas d’erreur possible, bob me narguait en se complaisant dans une arrogante immobilité. Cette fois-ci, je lui mis la main dessus et l’emprisonna rageusement dans ma poche. Sur le chemin du retour, Sig ne put s’empêcher de rire de mon exubérance et je m’alignai sur sa bonne humeur.


L’aide du sous-lieutenant nous fit bon accueil et nous avertit qu’on devrait se présenter ici-même, à la même heure le lendemain. J’occupai le reste de la journée à planter du romarin et de l’origan le long de l’allée qui menait vers le dortoir. Sig et moi étions devenus encore plus proche grâce aux nombreuses discussions que nous partageâmes. Il me promit même d’aller se renseigner sur le moment où l’on pourrait rencontrer le marchand de liqueurs.


Je me réveillai avec entrain cette journée-là et je fis mes exercices bien plus longuement. Je sortis même m’exercer à la technique du « Soru » dans la cour et quand Sig arriva, je n’attendais plus que lui pour partir. Le sous-lieutenant était un homme assez affable et qui s’étonna de la raison de ma présence. Tout avait été déjà fait depuis quelques jours, je n’avais plus qu’à retirer un papier de son secrétariat. Elle avait l’air d’être au courant étant donné qu’elle me donna mon affectation sans attendre que je lui en parle.


« Vous vouliez un rendez-vous, non ? »


Je ne fis aucun commentaire tant j’étais vexé de m’être fait avoir. D’ailleurs, je fus peu bavard avec Sig le matin avant de me détendre et d’oublier ce souci qui n’avait plus lieu d’être. En effet, il n’y avait activité plus relaxante que de jardiner ; à la fois physique et ludique, elle occupait si bien l’esprit et le corps que plus rien n’avait d’importance. Quand arriva le moment de se séparer, ce fut l’obscurité naissante qui me tira de ma rêverie et me fit réaliser que je n’avais pas demandé à Sig quand je pourrai voir le créancier de mon mentor. Il me rassura sur le fait que tout avait été programmé pour le surlendemain et que je n’aurais plus qu’à finaliser notre transaction. Ainsi, je passai un agréable dimanche à prendre soin des plants que j’avais disposé en haies et à deviser encore et toujours avec Sig. Je dormis tôt pour me réveiller aussitôt que possible.


La première chose que je fis à mon réveil outrancièrement matinal, outre m’exercer, fut d’aller chercher ma sacoche qui contenait ce dont j’avais besoin pour m’acquitter de la dette du Donut’s Dog. Je glissai le billet dans une poche secrète que j’avais personnellement cousue pour éviter les vols, mais surtout parce que cela faisait « sérieux » d’en avoir une. Quand Sig vint à ma rencontre, je l’attendais avec une certaine fébrilité ; j’allais enfin me débarrasser de cette tâche qui m’avait fait tant suer. Ce matin-là, il avait un visage assez neutre contrastant avec son expression habituelle. Quand je lui demandai ce qui n’allait pas, il sourit sans grande conviction et ne répondit pas. Ce jour-là, nous marchâmes en silence malgré mes tentatives de lancer la conversation. Il ignora même le bonjour d’une sentinelle que je ne connaissais pas avant de s’engager à pas rapides sur le chemin à pente raide devenu familier. Etant donné que je ne savais ni l’heure, ni le lieu de mon entrevu avec le marchand, je suivis docilement Sig jusqu’à la place du marché qui offrait à mes sens une fresque éblouissante : une foule dense et opaque évoluait non sans une certaine harmonie paradoxale entre les échoppes et les étals des vendeurs de rue. Tout le monde jouait du coude, beuglait à s’en casser la voix, lançait des injures et des invectives. Cependant, chacun semblait joyeux, c’était le jour des bonnes affaires où il faisait bon de délier sa bourse pour acquérir de l’essentiel au superflu en passant par l’improbable et même l’insondable mystère des tenanciers et leurs chalands échangeant des produits dont ni l’un, ni l’autre ne connaît la nature. Parfois seulement, un client repartait vexé d’avoir raté une affaire avant de se relancer avec plus de vigueur dans le tumulte en espérant cette fois-ci ne rien laisser passer. Seuls deux agents de la marine postés au milieu de la masse grouillante arboraient un air morose ; ils essayaient sans résultat ni, d’ailleurs, conviction de maintenir un semblant de cohésion dans ce grouillis. Bien décidé à faire parler Sig, je posai ma main sur son avant-bras et le fit doucement se retourner.


« - Pour quelle raison y a-t-il deux marines uniquement pour la sécurité de tant de personnes ?


- C’est une coutume particulière à nos supérieurs. Dès qu’ils sont mécontents de quelqu’un ils l’envoient passer un lundi-sueur qu’ils l’appellent. C’est à quoi tu m’as fait échapper en prenant les dossiers le jour de notre rencontre. En tout cas, nous sommes presque arrivés. »


Nous nous mîmes à fendre la foule luttant continuellement pour chaque pas, gardant jalousement le bout de terre où à force de bras nous avions logé nos pieds meurtris par des chaussures de randonnées.


* Décidément, tout le monde à part moi a prévu qu’il se ferait marcher sur les pieds.*


Brusquement, quelqu’un tenta de me retirer ma sacoche. C’était sans compter mes réflexes affutés par l’entraînement inhumain, mais efficace de mon mentor. Je rattrapai l’objet du larcin en vol et Sig profita de cet instant pour se dérober à ma vue. Je hurlai son nom une puis deux fois, malheureusement, ma voix se perdait dans le tumulte environnant. Des cris se firent entendre et une onde de panique submergea d’avant en arrière l’assistance. Avant de me faire bousculer, je sautai prestement sur le toit d’une maison en m’accrochant au préalable à une gouttière. Perché de cette manière, je vis une bande d’au moins quinze personnes, armes en main s’attaquer sans distinction à quiconque se trouvait sur leur chemin. Aussi, les marchands ambulants empaquetèrent avec précipitation, les volets se fermèrent prestement. De traces des deux marines, il n’en restait guère.


* Ils sont allés chercher du renfort, ils ont bien fait, je tenterai de les retenir entre temps.*


Glissant agilement à terre, j’atteignis au pas de course l’endroit où les malfaiteurs sévissaient. L’un deux me regarda et hurla aux autres.


« Eh c’est lui le Rose-Bonbon ! Massacrons-le ! »


Sans me laisser le temps d’appréhender la situation, ils donnèrent l’assaut, massues aux poings, groupés telles des quilles qui n’attendaient plus que le signal pour s’allonger. De mon côté, je me lançai dans un sprint en leur direction et l’on pouvait voir alors un éclair surmonté de rose foncer sur une grappe de massues incrédules. Le coup de pied que je lançai à celui qui était à leur tête, par un effet domino, les fit s’allonger. Ils se relevèrent tous sauf celui qui reçut mon pied dans son estomac.


« Eh il est balèze le petit ! Encerclez-le ! On ne va plus se laisser prendre par surprise ! »


Versés dans l’art du combat déloyal, ils formèrent un demi-cercle autour de moi et avancèrent, les regards chargés de haine et les bouches figées dans un rictus qui se voulait intimidant. Ils avançaient ainsi sans se douter un seul moment que je n’avais nulle intention de me laisser encercler. Je courus dans la direction du milieu de leur formation à la rencontre de deux adversaires. L’un deux ne me remarqua pas arriver, l’autre moulina l’air de sa massue pour m’atteindre. Il me suffit d’un coup sur son avant-bras pour diriger son propre coup sur son camarade. Celui-ci, n’appréciant certainement pas l’offense qu’il reçut sur le haut du crâne, s’écroula en signe de protestation. L’autre fut si surpris que je n’eus aucun mal à placer un coup de pied sur sa nuque le confiant au soin d’un Morphée décidément accueillant cette matinée. J’espérais sincèrement qu’ils verraient qu’ils n’étaient pas de taille à m’affronter, mais ils ne voulaient pas comprendre. À peine avais-je le temps de souffler que deux autres massues arrivèrent sur moi, au lieu de simplement esquiver, je fis un pas en avant et encaissa de mes deux avant-bras les coups affaiblis que me portèrent les parties proximales des armes contondantes. Je profitais de l’effet de surprise pour maîtriser celui du côté dextre avec une droite au menton et laissai fuser un second coup vers celui du côté sénestre qui l’esquiva au dernier instant. Je poursuivis mon effort et l’abattis d’un coup de pied sauté. Il ne restait plus qu’une dizaine d’adversaires aux sentiments départagés. Certains se tenaient assez loin de moi de crainte, d’autres avaient les yeux injectés de sang et la rage qui faisait s’embraser leur cœur m’était presque palpable. Quatre d’entre eux, se jetèrent simultanément sur moi dans le même style de combat que les autres : massue devant, absence de cerveau derrière. Je fis deux saltos arrière pour les esquiver et prit l’un des gourdins abandonnés. Je le jetai de toutes mes forces en direction du visage de l’un des types qui fit une roulade de côté, laissant celui qui était derrière lui avoir la surprise de voir apparaître ce projectile une fraction de seconde avant de tomber dans les pommes. J’avais, alors, déjà entamé ma course vers les deux qui étaient restés groupés. Grâce à mon élan, je sautai en l’air et, d’un balayage, envoya un autre de mes adversaires mordre la poussière. L’autre fut bien vif que je ne le pensai et je reçus un coup de plein fouet sur l’épaule gauche. Il n’eut pas le temps de célébrer sa réussite que d’un coup de genou à l’estomac, il passa sans autre forme de procès à l’horizontale. Celui qui avait esquivé mon coup avait alors beuglé.


« Foncez-lui dessus bande de tarlouzes ! Si le chef vous voit comme ça, il vous tue! »


Son discours convainquit trois des trainards de se joindre au combat et je fis face de nouveau à quatre adversaires. J’avais du mal à garder mon sang froid et je sentais la fureur que je cherchais à contenir depuis le début prendre possession de moi. C’est donc sans aucune réflexion que je me jetai sur mes adversaires, sans penser à retenir aucunement mes coups. Dans une folie guerrière incontrôlable je fis craquer le sternum d’un de mes adversaires avant d’envoyer ma jambe vers un autre qui tenta de bloquer avec son bâton qui vola en éclat presque au même moment qu’il était parti valser dans le décor. Le dernier accompagnait encore le vol de son camarade des yeux quand il prit la même trajectoire parabolique pour aller s’encastrer dans un muret de briques qui paya un lourd tribut afin d’arrêter sa course. Dans mon esprit, il ne subsistait qu’une seule pensée : encore quatre à abattre. Celui qui avait exhorté les autres tout à l’heure comprit que le combat allait être perdu et qu’il lui fallait ruser, aussi fit-il prendre en otage un enfant et me parla en ces termes.


« Tu bouges d’un poil et Marrick éclabousse le sol de la cervelle du gamin, OK? »


* Et alors ? Ça ne va pas m’empêcher de vous casser la gueule… Attends, quoi ? Qu’est-ce que je dis là ? Mais c’est ignoble de penser comme cela, je m’étais promis que je ne me laisserai plus jamais emporter. Je n’ai pas le choix, il faut que je me rende.*


J’avais gardé tout le long de cette réflexion une expression furieuse et mon interlocuteur doutait de plus en plus de sa stratégie quand je dis.


« - C’est entendu, je me rends. Ne faîtes pas de mal au petit.


- Allez vous deux ! Attrapez-le ! Mais bougez-vous le cul bande de fiotasses ! Il se rend, il va pas vous mordre ! »


Je me fis empoigner par deux grands gus qui cachaient bien leur enthousiasme à l’idée de me toucher. Convaincu de sa victoire, le chef présumé de l’expédition bomba le torse. Me croyant immobilisé par les deux gorilles qui m’encadraient, en vérité ils osaient à peine poser les mains sur moi, il s’avança vers moi en ménageant son effet.


« Tu sais le boss nous dit de nous battre avec des massues parce que ça nous rend plus fort. Mais moi, je n’ai rien contre me servir une fois de temps en temps de ma dague. Maintenant, que je te l’ai dit, il ne faut que tu puisses le répéter. Je vais être obligé de te trancher la gorge. Hein les gars ? »


Il partit d’un rire qui sonnait malgré tout forcé, relayé par le reste de ses comparses valides. Mon intuition me disait qu’il était encore impressionné par mes talents et qu’il désirait en finir rapidement. Il dégaina un poignard coincé dans sa ceinture. Il ne restait plus aucun doute quant à l’issue de cet affrontement, j’allai perdre la vie pour sauver celle d’un enfant. J’étais évidemment capable de me libérer, mais je craignais que le gamin paye le prix de ma lâcheté. Je sentais monter en moi la voix qui me disait de survivre malgré tout, cependant, elle était encore en infériorité par rapport à celle qui me rappelait mon devoir quand je vis un éclair traverser toute la scène et se loger dans la trachée de Marrick. Il baigna le sol de son sang pendant que son corps faisait quelques spasmes avant de s’immobiliser. Le garçon était sauf et plus rien ne m’empêchait de me défendre contre la lame qui menaçait ma propre trachée. Sans crier gare, je pris appui sur les deux hommes de main et exécuta un coup de pied retourné, assommant leur commandant et me retrouvant un pas derrière les deux seuls ennemis qui restaient. Ils se concertèrent d’un rapide coup d’œil et détalèrent en laissant derrière eux leurs armes. Il avait fait une dizaine de mètres quand ils tombèrent sur un homme d’une taille prodigieuse portant à sa ceinture une massue aux proportions impressionnantes et cerclée de fer.


« Chef, il est trop fort pour nous, on est désolé, par pitié ! »


Sans leur laisser le temps d’ajouter un mot, il les souleva chacun d’une main et cogna leur tête les unes contres les autres. Ensuite, il empoigna son assommoir et les acheva en éclaboussant des morceaux de cervelle et du sang un peu partout. J’étais on ne peut plus horrifié de ce que je venais de voir : tant de barbarie envers ses propres alliés.


« Je te respecte petit, t’es plus costaud que je ne l’avais prévu, mais j’aurais dû y penser, après tout, Garp doit bien t’avoir choisi pour une raison. Viens p’ti gars, c’est le moment d’en finir. »


Le moment d’en finir, je n’aurais pas mieux dit. Le barrage qui contenait ma soif de carnage céda comme un fétu de paille devant l’outrage qu’avait commis cet homme : tuer ses propres camarades était tout simplement inadmissible. Toute trace de lassitude du combat précédant avait disparu devant l’afflux d’une force nouvelle qui prenait sa source de mes tripes. Je ne répondais plus de moi-même, l’agression qui allait s’en suivre serait le fruit d’un élan inéluctable de mon âme poussée dans ses derniers retranchements. Rassemblant toute mon énergie ou plutôt tout ce qu’il y avait en moi, j’exécutai un « Soru » qui me mit instantanément en face de mon adversaire décontenancé par tant de vélocité. Sans lui faire la courtoisie de le laisser reprendre ses esprits, j’enchaînai mes coups les plus puissants dans une rage haineuse. L’autre encaissa rudement un coup de genou au torse et recula plusieurs pas avant de se faire heurter par mon poing au niveau de son estomac, un coup de pied au flanc gauche suivit et le fit traverser une poutre en bois. Il eut à peine le temps de se redresser que j’étais reparti à la charge, par contre mon élan fut coupé par un éclair similaire à celui qui avait atteint le dénommé Marrick : un couteau venait de se loger dans mon bras gauche. J’accusai le coup et me tourna pour identifier mon agresseur : il se tenait debout devant moi tenant dans une main une dague et vêtu d’une ceinture où était alignés ses munitions pourtant ce visage si familier me laissait pantois.


« Sig ? »


Je ne pus entendre sa réponse en supposant qu’il ait pris la peine de m’en fournir une vu qu’un prodigieux coup de la masse sus-décrite était venu heurter le coin de mon melon, certainement dans l’espoir de le fendre en deux. Si je n’avais pas, par réflexe, fais un pas en arrière, son projet aurait peut-être abouti. Toujours était-il que le horion que je reçus m’avait déséquilibré. Je sentais le point d’impact rugir de souffrance irradiant le reste de mon crâne qui répétait sa plainte comme un écho. Heureusement, mon ennemi s’était désintéressé de moi et se dirigea vers Sig. Je voulus le prévenir qu’il était dangereux, mais j’étais aphone tant le choc avait été redoutable. Il mit une taloche sur l’occiput de Sig et vociféra.


« - T’es as mis du temps crétin !


- Je m’excuse, père. »


* Père ? Alors Sig est un traitre ? Il m’a trahi ? Je pensais que c’était mon ami, mais il m’a trahi ? *


Cette révélation fut encore plus difficile à gérer que le coup de massue. Ma combativité venait de s’évanouir comme si elle n’avait jamais existé.


« - Laisse-le moi, je vais le finir.


- Mais, père ! »


Une gifle magistrale vint rougir la joue de Sig.


« N’oublie pas qui tu es et comment on a vécu. Ces pourris ne méritent aucune pitié. Je suis ton père Sig, tu oserais me trahir pour un « marine » ? »


L’intermède m’avait laissé le temps de reprendre mes esprits. Si Sig m’avait trahi, il serait toujours temps de lui demander des explications plus tard quand bien même il faudrait le neutraliser en attendant. Néanmoins, son « père » ne me laissait nulle place à l’hésitation ; je devais le battre ou le payer de ma vie. Il rugit bestialement et m’assaillit sauvagement. J’esquivai de côté et arracha le couteau de lancer de mon épaule. Un autre éclair vint dans ma direction me forçant à rester au corps à corps avec la brute qui en profita pour m’écraser une épaule déjà meurtrie. La douleur commençait à me faire perdre pied. Je devais faire s’achever rapidement cet affrontement sinon, j’allais y laisser ma peau, aussi je me concentrai et me déplaça une nouvelle fois instantanément grâce au « Soru » à portée de Sig et lui mit un coup de la paume dans sa gorge. Cela le ferait suffoquer le temps d’en finir avec le mastodonte. Ce dernier était puissant certes, mais trop lent pour avoir l’espoir de m’atteindre sans l’aide de Sig. Il commençait à s’essouffler et à ressentir les stigmates de ses nombreuses blessures. Depuis quelques échanges, il se défendait avec moins de hargne jusqu’à ployer sous mes assauts. J’étais probablement aussi exténué qu’il l’était, nonobstant j’avais subi moins de sévices. Il avait abdiqué et la marine devait déjà être en route vers ici. Ce combat était fini.


* J’espère simplement qu’ils ne vont pas m’enfermer comme la dernière fois. *


Une brûlure dans mon dos bouscula l’ordre de mes pensées. Un liquide chaud s’écoula le long de mon dos. J’avais été négligeant et surtout naïf de croire que Sig n’allait pas m’attaquer dès qu’il en aurait l’occasion. Je tombais à terre et mon visage fit face à celui qui m’y avait précédé quelques instants auparavant. Sur ce visage tuméfié et vultueux se dessina un sourire devant ma déconfiture. J’entendis dans mon dos les pas de Sig s’approcher, arracher ma sacoche et aider son père à se relever.


« La marine arrive, on doit s’en aller père. Ne vous inquiétez pas, il ne survivra pas. »


Il fit démonstration d’une force surprenante à soutenir le colosse et le fit s’éloigner de la scène. J’étais incapable de détacher mon regard de ses deux hommes et quand ils arrivèrent à un tournant, Sig se tourna une dernière fois vers moi : il ne portait plus le masque impénétrable qu’il avait lors du combat, son regard était humide et suppliant et il forma sur ses lèvres un mot que je reconnus sans aucune hésitation : « ami ».






Ce fut la dernière chose dont je me sois souvenu.






Le reste de l’histoire me fut conté par une infirmière fort volubile : une semaine avant mon arrivée, quelqu’un s’était introduit dans la base sans rien voler, l’incident fut clôt vu l’absence de préjudice. Le lendemain, Sig était venu s’engager dans la marine. Il fallut peu de temps pour reconstruire le reste de l’histoire : il connaissait mon ordre de mission et avait pour but de dérober l’argent.


« Vous savez, vous avez eu beaucoup de chance ! Le couteau n’a touché aucun point vital, un millimètre à gauche et vous seriez mort sur le moment. »


Cela n’avait aucun rapport avec la chance, la mort de Marrick et ma survie prouvait sans hésitation qu’il voulait que je survive, c’était probablement lui qui avait tenté de prendre ma sacoche pour me protéger. Et ce mot : « ami » ! Sig était un déserteur, un traître, un voleur, un espion et un menteur pourtant je ne pouvais douter de la réalité de l’amitié qu’on avait partagée. Il était maintenant mon ennemi et j’étais certain qu’un jour j’aurais à l’affronter : moi en tant que marine, lui en tant que pirate. Le papier que m’avait apporté l’infirmière ne me quittait pas :



Sig, déserteur, prime : 350 000 berrys




Le jour de mon réveil, le marchand se déplaça en personne, prit sèchement le billet et s’en alla sans faire de cérémonies. La dette était réglée, mais de manière Ô combien pénible !


Il se passa une semaine au total avant que je n’aie le droit de quitter mon lit, semaine pendant laquelle mon cœur avait trouvé une certaine sérénité vite interrompue par une information que me confia l’infirmière : un certain pirate dont j’avais vu le nom sur le journal serait ici. Aussitôt qu’on me le permit, je sortis de mon lit pour demander audience au chef de la marine à Gemeylrum.


Pour trouver le chef de ce poste de la marine rien de plus simple : suivre les couloirs les plus propres et les plus éclairés.


S’il devait y avoir une sentinelle devant le bureau, elle n’avait pas fait signe de vie. Après deux timides coups à la porte et quelques secondes de patience, j’entrai en disant.


« Je m’excuse de l’intrusion, mais comme il n’y a eu personne pour m’introduire, j’ai pris la liberté d’entrer. Je viens ici me proposer en tant que volontaire pour arrêter la bande de Brask. Je voudrais prendre part à votre intervention si cela vous agrée.»


Dernière édition par Kobby le Mar 11 Jan - 0:31, édité 3 fois
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Re: La justice ne se repose jamais.

Message par PNJ OPR le Ven 13 Aoû - 20:12

Le bureau du Colonel Lemonjuice, car tel était son nom, était d'une taille plus que respectable mais meublé avec le strict nécessaire. Ici pas de luxe ostentatoire, rien qui puisse laisser supposer que ce Marine haut gradé abusait de son poste comme certains de ses collègues. Non, tout dans la sobriété, l'ascétisme même, des lieux laissait supposer qu'il était strict, droit et honnete.

La physionomie de l'homme, la bonne trentaine, le cheveux court et le menton carré, l'unfforme impeccable semblait dire la même chose que l'absence de décoration de son bureau. Son attitude par contre en disait tout autre chose. Visiblement il n'était que peu enjoué par l'entrée, fort irrespectueuse, du Sergent-Chef. Depuis quand est ce qu'on ne se présentait pas devant un supérieur ? Qu'on ne se mettait pas au garde à vous ? Quelle cruel manque de savoir vivre ! Il allait lui apprendre le respect du aux supérieurs à ce blanc-bec.

"Sergent-Chef Kobby !" L'homme ne parlait pas, il aboyait. "Depuis quand entre on ainsi dans le bureau de son supérieur sans même saluer ni se présenter ? C'est intolérable ! Ce vieux singe de Garp ne vous a donc rien appris ?"

"Comportez vous encore ainsi une fois de plus et vous referez un passage par au trou et cette fois avec les criminels de droit commun, me suis bien fait comprendre ?"


Visiblement satisfait d'avoir pu rabbatre son cacquet à ce jeune parvenu, le visage de l'officier se radoucit considérablement, lui donnat d'avantage l'air d'un gros ours plutôt sympathique.

"La bande de Brask vous avez dit Sergent ? Mmm pour autant que je sache ce gredin n'a encore été repéré nulle part après ses actes à Baterrila. Merci de vous être proposé mais j'ai une tache bien plus urgente et plus dans vos cordes Sergent-Chef."

"Il se trouve qu'un dangereux pirate a été repéré sur notre île. L'homme était d'après nos services connu en tant que chasseur de primes de bas étage mais il a changé son fusil d'épaule on dirait... Il a violemment agressé une innocente citoyenne en pleine ville et pas n'importe laquelle non, ma propre femme ! De plus il a aussi causé la mort de deux marines et par un moyen des plus étrange... L'homme était poursuivi par les patrouilles et soudain, sans crier garde, deux hommes s'effondrèrent, raide mort, tuer d'une balle en pleine tête et pourtant il n'y a pas eu le moindre coup de feu !"

"Je n'ai pas besoin de vous faire un dessin, notre homme dispose sans doute de pouvoirs mystérieux et très puissant ! S'il a trouvé un fruit du démon, cela pourrait expliquer qu'il ait changé de bord..."

"Sergent-Chef ! La mission que je vous confie devra être accompli par vous seul, je ne peux risquer la vie d'aucun de mes soldats face à cet homme, vous comprenez. Appréhendez Enarik Santa si c'est possible et sinon tuez le. Cette engeance de pirate ne mérite pas de fouler le sol de l'île."
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Re: La justice ne se repose jamais.

Message par Morizui Ryuko le Ven 27 Aoû - 23:11

*Ohhh quel mal de crâne*

Titubant dans les couloirs du le base de Gemeylrum le sergent tentait tant bien que mal de se souvenir de ce qu'il lui était arrivé ces derniers jours.

*Je ne me souviens pas avoir déjà eu un tel mal de crâne*

Glissant les mains dans ses poches pour tenter de remonter le fil de la soirée, l'homme au cheveux rouge n'en sorti que des mouchoirs orné de rouge à lèvre aux formes féminine. Preuve était faite que le marine avait dus être entrainé dans une des maisons les plus closes de la ville et être abreuvé des jours durant. Son porte-feuille totalement vide confirmait cette douloureuse hypothèse.

Non pas douloureuse d'avoir dépensé toute sa solde, mais de ne pas s'en souvenir !

*Bon, il me faut un matelas, de l'aspirine et que je me trouve un ordre de mission*

Le sergent s'arrêta net en entendant sa propre pensée.

Et MERDEEEEEEEEEEEEE hurla l'homme en blanc

Un énorme trous noir venait de jaillir dans le cerveau du soldat. Il ne se souvenait plus pourquoi il se promenait dans les rues de Gemeylrum.... Son dernier souvenir était qu'il trouvait inconscient de la part de son supérieur de l'envoyé dans la capitale mondiale du Rhum... Ensuite rien... Sauf ce couloir dans la base où le marine s'appuyait en avançant.

"Comportez vous encore ainsi une fois de plus et vous referez un passage par au trou et cette fois avec les criminels de droit commun, me suis bien fait comprendre ?"

Ce hurlement fit se redresser le sergent. Persuader que le cri venait de derrière lui, il se mit a avancer le plus rapidement et le plus droit possible. Arrivé au bout du couloir le marine dérapa sur une dalle trop bien lavée. Le couloir ciré à l'extrême entraina littéralement le jeune homme qui parvint a garder son équilibre jusqu'à rentré en contact frontal (au sens propre) avec une porte.

*Ohhh non... encore...*
Se relevant péniblement en s'agrippant à la poignée de la porte le jeune marine vit apparaitre un texte noté sur une magnifique planche de bois vernis.

" Bureau du commandant LemonJuice "





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Re: La justice ne se repose jamais.

Message par Kobby le Mer 1 Sep - 17:30

Le bureau que j’avais en face de moi était sobre et bien éclairé. Il était meublé avec simplicité et en harmonie avec le règlement. Pas une feuille de papier ne traînait, pas un flacon d’encre ne séchait en emprisonnant une mouche à l’intérieur et pas un classeur ne cherchait à vous faire trébucher. Le mot impeccable venait de trouver un havre de paix, où il pourrait exercer, sans conteste, un règne à perpétuité. Sur le bureau, était posé un café fumant en spirale parfaite reposant sur un dessous de verre. Il existait quelque part sur cette terre des hommes qui les utilisaient, à croire qu’ils ne furent inventés que pour quelques rares être suprêmes dont ne ferait jamais partie mon supérieur.

*Il faut que tu restes positif, tu as une bande dangereuse à arrêter.*

L’homme qui « m’accueillait » était aussi austère que la décoration de son bureau. Le post-it frontal, métaphorique porterait le mot « serré » et ses affiliés : un regard acéré dans un visage assuré surmontant un corps serré dans un uniforme sérieux. Il était l’archétype du chef dur et implacable et mon entrée sans formalisme ne semblait pas appréciée.

Aussitôt qu’il eut posé ses yeux sur moi, il exécuta un froncement de visage. Je ne savais pas que cette expression pouvait gagner autant de terrain, j’eus la surprise de découvrir que si. D’une voix de molosse enragé, il me rabroua pour ma familiarité.

*On n’est pas sur le Donut’s Dog ici, il faudra faire avec. Il me manque ce bateau. Non, non, non, non, non. Tu n'as pas le temps de t’attarder à ce genre de réflexions, il va parler, tu ne vas rien comprendre et il le saura et cette fois ils seront moins compréhensifs. Tu as déjà perdu pas mal de temps comme cela et Garp doit s'impatienter pour son rhum, médicale qu'il l'appelle. Ils parlent de lui comme d'un soiffard alors que c'est un héros, mais ils n'ont pas tort de mépriser ce vice.*

Soudain, je me rappelais que je ne devais pas me dissiper au risque d’alimenter la fureur de mon supérieur qui tombait comme un soufflet de ménagère débordée. Donc la bande à Brask n’était pas ici, mais à Baterilla ; à portée de nage en suivant les préceptes de Garp. Qu’à cela ne tienne, il avait une autre mission à me proposer avant que je ne lui fasse remarquer que, n’eut été mon sens de la justice, je serais déjà en train de rejoindre mon équipage en ce moment. La tâche était cependant intéressante, il me proposait de me frotter contre le possesseur d’un fruit du démon en un contre un. Cela me ferait un excellent entraînement ou une mort rapide.

*Si mon mentor était là, il m’aurait attaché une main derrière le dos avant de me forcer à le battre alors, j’ai toutes mes chances là. De toutes façons, je dois rattraper ma bourde de tout à l’heure.*

Le buste déjà tendu par la leçon reçue, je prononçai d’une voix claire.

« Je vous retrouverai ce dangereux criminel, mon colonel. Je vais de ce pas au bureau de renseignements me, euh, renseigner. Puis-je disposer ?»
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Re: La justice ne se repose jamais.

Message par Morizui Ryuko le Lun 6 Sep - 22:21

« Je vous retrouverai ce dangereux criminel, mon colonel. Je vais de ce pas au bureau de renseignements me, euh, renseigner. Puis-je disposer ?»

L'alcool se faisant aussi lourd qu'une frégate remplie de rhum le sergent ne put retenir son poids posé sur le seul relief agrippable de la porte... La poignée. Basculant sur son axe le loquet quitta le chambranle de la porte qui s'ouvrit brusquement entrainant avec elle le Sergent.

"OOOOOhhhhhhhhh"

Se rattrapant sur l'épaule d'un soldat se trouvant devant le bureau du commandant Ryuko reprit son équilibre plus par réflexe que par réelle envie. Jetant rapidement un regard au "gamin" qui lui avait servit de béquille le sergent redressa la tête pour apercevoir le commandant Lemonjuice dans un état oscillant entre la curiosité et la fureur.

Prenant un garde à vous plus automatique qu'élégant le marine se présenta.

"Sergent Morizui Ryuko, envoyé par le quartier général de la marine afin de......euhhh.. venir en aide au..euh..."

Feignant une quinte de toux, Ryuko chercha les décorations indiquant le grade du gamin à la chevelure rosâtre se trouvant à côté de lui.

"Sergent..... enfin, pour aider le sergent a trouver des informations !"

Satisfait de son improvisation le sergent à la chevelure rouge mit sa main sur l'épaule de l'étrange gamin qui malgré son jeune âge apparent était tout aussi gradé que lui !

"Sergent, je vous cherchais partout depuis ce matin ! Mais où donc étiez-vous ! On m'envoi en renfort et vous disparaissez !!"

Arborant un sourire digne d'un levé de soleil tout en donnant discrètement un coup de pied dans le tibias de son collègue. Morizui espérait que celui-ci rentrerait dans son mensonge et l'aiderait à s'en sortir !

Étrangement le commandant n'avait pas encore dit mot !
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Re: La justice ne se repose jamais.

Message par PNJ OPR le Mer 22 Sep - 11:36

Le visage auparavant bienveillant du commandant prit une teinte sombre, augure d’une tempête de cris qui menaçait. En effet, si l’obéissance et la candeur du jeune Kobby avaient bonifié le supérieur, les relents d’alcool mêlés à un parfum douteux qui ressemblait trait pour trait à celui de la luxure, le replongeaient dans une humeur que peu de ses subordonnés désiraient connaître. Se levant de son siège, ses sourcils se réunirent pour n’en former qu’un, horizontal, qui lui donnait un air impitoyable. Ses mains aussi larges que des battoirs s’abattirent sur le bureau en un claquement sec, dérangeant le bel ordre qui y régnait auparavant. Il n’en n’avait cure, son regard courroucé s’était logé dans celui, plus hagard, de l’homme aux cheveux rouges, aucune excuse ou même explication plus ou moins plausible n’aurait pu le sauver de la colère qui fondit sur lui :

"Sergent Ryuko !! Vous êtes la risée de la marine ! Comment osez vous vous présenter à moi soul et hors d’état de tenir debout !"

Il se dirigea vers lui et l’attrapa par le col, le soulevant sans aucun mal pour le traîner vers le lavabo. Sans un mot et dans un silence terriblement oppressant, il ouvrit le robinet, laissant l’eau remplir le bac avant d’annoncer :

"Puisque vous êtes incapable d’assumer vos soirées de débauche, je vais me charger de vous !"

Saisissant la nuque de l’indiscipliné et sans un regard pour Kobby, il lui plongea la tête dans l’eau froide, inflexible et sans pitié, lui laissant à peine de le temps de reprendre son souffle avant de réitérer son geste. Ce ne fut que lorsqu’il jugea la punition suffisante, qu’il le lâcha, ignorant alors sa pauvre victime pour s’adresser au jeune sergent-chef tout en s’essuyant calmement les mains :

"Vous allez prendre sous vos ordres le sergent Ryuko et retrouver ce pirate, étant donné que je voulais lui donner une autre mission mais qu’il semble incapable de la remplir seul, vous gérerez les deux !"

Il replaça tranquillement la serviette à côté du lavabo et, toujours sans un regard pour l’homme aux cheveux rouges, il continua :

"Cette autre mission demande un doigté particulier, formé par le vice-amiral Garp, vous devriez en être capable. Il s’agit d’appréhender, mort ou vif, un dangereux pirate, un homme-poisson nommé Lionfish. Comme tous ceux de sa race, il possède une force impressionnante et a commis de nombreux méfaits, notamment celui de s’attaquer à un Tenryuubito, ce qui est intolérable et ne saurait rester impuni !"

Le commandant se rassit, fixant les deux hommes :

"Si vous avez compris vos missions, vous pouvez disposer ! La base met à votre disposition un navire et une cinquante de soldats, je compte sur vous ! Soyez le fier bras de la justice ! J’attends vos rapports et que je n’y vois pas les beuveries grotesques du sergent Ryuko !"

Le ton, bien que calme, était très nettement menaçant, le soldat n’avait qu’à bien se tenir, les cachots seraient présents à la première récidive.
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Re: La justice ne se repose jamais.

Message par Morizui Ryuko le Sam 25 Sep - 14:30

Les cheveux trempé du Sergent dégoulinait sur ses épaules, l'air niais sur son visage avait presque disparu pour être remplacé par une moue de gène apparente. Sans mot dire Ryuko claqua des talons dans un semi garde à vous et exécuta un demi-tour parfait pour se diriger vers la sortie. Il avait des ordres a faire suivre !

La porte fermée derrière lui, Morizui s'étira bruillament faisant craquer bon nombre d'articulation. Un sourire sans fin illuminait son visage ! Il allait enfin quitter cette île !

*Bon ! il faut que je trouve mon aide de camp, que je fasse emballer mes affaires, transborder la petite cargaison spéciale que j'ai réussis a mettre de côté, que je change d'uniforme et que je prenne ma faux*

*ma faux...MA faux.... MAAAAA FAAAAAUUUUUXXX ! *

Le sergent sembla basculer en arrière, son geste s'arrêta dans une position de pantin désarticuler, le visage tétanisé, les yeux perdu dans un vide infini. Impossible de se souvenir de ce qu'il en avait fait ! Son grand amour, sa moitier, sa compagne de toujours... il l'avait oublié.

Petit à petit le visage du marine se décomposa... ses lèvres firent la moue et son corps bascula en avant. Une détresse infinie semblait émaner de l'homme au cheveux rouge, ses yeux étaient emplis de larme qui ne coulait pas. Seul un reniflement bruyant signalait qu'il respirait encore....

*Bénédicte... oh noooon... Oh zuuutt.... Oh nooonn.... Bénédicte *

Doucement le sergent s'approcha de la fenêtre. Le temps semblait suspendu. Délicatement il fit glisser le loquet de fermeture sans un seul bruit. Il saisit la poignée et ouvrit la fenêtre en grand. L'homme reniflait de plus en plus, sa lèvre inférieur tremblait et ses yeux étaient empli de larme. Délicatement il fit passer sa jambe droite par dessus le rebord de la fenêtre.

"Sniff... Bénédicte... mouaaaaahaaaa"

Le sergent pleurait a chaude larme. Doucement son corps commença a glisser vers l'avant..........

-------------------------------- Instant de suspens------------------------------

"NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOONN !!!! SERGENT !! STOOOOOPPP !!!"

Déboulant plus rapidement qu'un marin dans le lit de sa femme après 8 mois en mers, un petit personnage aux yeux clair et au teint basané traversait le couloir laissant des trainnées de poussière derrière lui ! En un éclair il attrapa la taille du sergent et tenta de le tirer en arrière !

"Naaaaaann !! Laissez moi mourir !! BEEEENNNNEDIIIIIICCCTEEE !!"

Se débattant le sergent tentait de se jeter par la fenêtre, une jambe dans le vide et prenant appuis sur le rebord extérieur de la fenêtre il poussait tant bien que mal ! Le petit bonhomme ne semblait pas décider de le lâcher !

"Sergent !! C'est moi ! Bond !!! Furi bond !!! Arrêter de faire l'enfant et remonter ici tout de suite !"

Le petit bonhomme portait un uniforme impeccable et portait le sigle de la brigade commandée par le sergent, une petite faux noir dessinée sur le col impeccablement amidonné.

"Si vous n'arrêtez pas tout de suite ! Je m'arrange pour vous faire renvoyer à marineford sous les ordres de l'amiral AKAINU ! !!! "

Pendant une seconde Ryuko marqua un temps d'arrêt. Il semblait réfléchir intensément.... Mais uniquement pendant une seconde... Il passa la suivante a tenter de faire passer son autre jambe par la fenêtre !

Une petite veine se mit a battre sur la tempe de l'aide de camp qui était apparemment exaspéré par la situation !

"Sergent ! Nous avons Bénédicte ! Haz et Spartham l'ont retrouvée dans un bar derrière des caisses de bières ! Calmez vous !"

Comme si une cérémonie avait été organisée l'annonce de l'aide de camp fut parfaitement synchronisée avec l'entrée dans la cour de deux soldats portant avec grande difficulté une immense faux noir qui semblait bien trop lourde pour deux hommes seul.

Les yeux du sergent se transformèrent en étoile scintillante, il se redressa en une seconde. Et le seul bruit qui se fit entendre fut le choc du menton de Bond s'écrasant sur le rebord de la fenêtre. Il n'avait pu retenir son sergent qui bondi par la fenêtre pour retrouver sa chère faux !

Trois étages plus bas, le pied du sergent sembla à peine effleurer le sol et d'une foulée il se jeta sur son arme adorée ! Envoyant virvolté les deux soldats qui la portait. Morizui l'embrassa et la serra dans ses bras.

Nul ne sut qu'elle était les mots exact que le sergent susurait à "l'oreille" de sa faux. Mais même l'arme d'un noir de jais semblait être heureuse !

Se redressant fièrement le sergent cria des ordres !

"Préparer une compagnie pour le port et préparer tous le nécessaire pour un très long voyage !"

Reprenant son souffle, l'ancien paysan leva d'un bras l'immense faux de plus d'un mètre quatre-vingt.

"PREMIERE CLASSE BOND ! Où êtes vous encore ! Faites charger mes effets personnel et n'oubliez pas la cargaison du Dock 5 ! On est pas chez les scouts !!! On se dépêche !"

Regardant la porte principale, il ne manquait maintenant plus que ce gamin aux cheveux rose....
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Re: La justice ne se repose jamais.

Message par Kobby le Dim 26 Sep - 1:11

*Qu’est-ce que c’est que ce type ?*


Une odeur avinée et un pelage rouge, tels étaient les seuls descriptifs du titubant qui m’avait pris par l’épaule. J’avais déjà senti cette odeur sur Garp et je sentais monter l’envie de lui lancer un seau d’eau pour le vivifier. L’homme à ma gauche, se redressa un brin, lança un regard vide quelque part vers le colonel et le salua puis m’apostropha de l’inapproprié, l’incongru terme de Sergent.


*Sergent ? Cette confusion est à la limite vexante, l’homme-boudin d’il y a quelques jours, le colonel et maintenant lui. Je crois qu’il me faut des épaulettes plus grandes. Sais-tu au moins que je n’ai pas eu besoin d’aide pour payer un marchand de liqueurs ? Pas la peine de laisser traîner ton pied, je ne suis pas un menteur quand bien même ta détresse me donne envie de t’aider.*


Un claquement sec, du bois qui craquait finement, signe que le colonel était sujet à des fureurs épiques, mais sporadiques, ponctua le ridicule monologue de cheveux-rouges. Je sentais venir la triade en tirade que servait continuellement Garp à Hermepp : Hurlement, violence, ordres. Le ballet allait commencer sous mes yeux et je me sentais déjà compatir à la souffrance de ce jeune homme.


« Sergent Ryuko !! Vous êtes la risée de la marine ! Comment osez-vous vous présenter à moi soul et hors d’état de tenir debout ! »


*Au moins, il n’a pas oublié de se présenter, il a ça pour lui.*


Aussi fort l’avais-je pensé, je n’osai pas le dire. Cette plaisanterie était bien trop déplacée pour que je me la permette.


Il se leva, tempêtant en direction de l’outre à vins et le saisit au col avant de le jeter sous le jet d’un lavabo que je n’avais pas tout de suite remarqué.


*C’est donc pour ça qu’il en a un dans son bureau, je pensais que c’était pour laver sa tasse de café.*


Le supplice fut assez rude sans pour autant être inhabituel. Il voulait simplement lui apprendre une leçon et non lui faire mal étant donné que c’était un homme tout ce qu’il y a de plus honnête. Quand il reposa, ou plutôt laissa choir le sergent, il s’essuya consciencieusement les mains et me dit.


« Vous allez prendre sous vos ordres le sergent Ryuko et retrouver ce pirate, étant donné que je voulais lui donner une autre mission mais qu’il semble incapable de la remplir seul, vous gérerez les deux ! »


Je voyais à sa façon de replacer la serviette qu’il était perturbé. Il l’avait placée sans soin sur le lavabo, non là où il l’avait prise. L’agression de sa femme et la conduite de ce sergent l’avait bouleversé, même s’il ne voudrait jamais l’avouer ou se l’avouer.


« Cette autre mission demande un doigté particulier, formé par le vice-amiral Garp, vous devriez en être capable. Il s’agit d’appréhender, mort ou vif, un dangereux pirate, un homme-poisson nommé Lionfish. Comme tous ceux de sa race, il possède une force impressionnante et a commis de nombreux méfaits, notamment celui de s’attaquer à un Tenryuubito, ce qui est intolérable et ne saurait rester impuni ! »


*Ma veine ! Encore un homme-poisson ! Je me souviens encore des soucoupes à la place des mains qu’avaient le précédant. Mais le pire, c’est que je dois m’occuper de soigner le comportement de ce Sergent et Dieu sait que je déteste donner des ordres à des personnes plus âgés que moi, soit la quasi-totalité de la marine, mais ce n’est qu’un détail.*


« Si vous avez compris vos missions, vous pouvez disposer ! La base met à votre disposition un navire et une cinquante de soldats, je compte sur vous ! Soyez le fier bras de la justice ! J’attends vos rapports et que je n’y vois pas les beuveries grotesques du sergent Ryuko ! »


À peine avais-je conçu le projet de parler à mon subordonné qu’il disparut, sans un regard pour moi en laissant d’impardonnables flaques d’eau par terre. Devant moi, je voyais la serviette mise de travers m’attirer.


*Ce serait l’insulter que le faire à sa place, aussi tentant que cela puisse être, je ne dois pas céder.*


Je pris d’un geste élégant mon congé et allai me renseigner à propos de ces deux pirates. Le premier n’avait pas encore était identifié, mais la description de sa physionomie et de ses vêtements suffirait amplement à le faire reconnaître par n’importe quel témoin, quant au second, on me dit seulement qu’il avait été repéré à West Blue dernièrement. J’allais commencer par la boulangerie, mais en attendant, je demandai à un caporal de faire en sorte que le Sergent me rejoigne dès qu’il serait apte au travail.


Spoiler:
HRP : j'ai fait la bêtise de laisser passer un gros souci de concordance de temps entre ma libération et celle de Lou, je vais modifier un peu tout ça afin de rendre ceci plus logique sans changer le cours des évènement.
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Re: La justice ne se repose jamais.

Message par Morizui Ryuko le Mer 6 Oct - 1:24

*J’allais commencer par la boulangerie, mais en attendant, je demandai à un caporal de faire en sorte que le Sergent me rejoigne dès qu’il serait apte au travail.*

Remplis d'énergie, vidé de son alcool. Morizui Ryuko Sergent de la marine était plus que apte à retourner se promener en ville pour profiter du soleil et des terrasses que ne manquait pas de proposer la capitale mondiale du Rhum ! Il aperçut le drôle de petit sergent-chef quittant la base. D'une discrétion équivalente à celle d'une jeune vierge sur un navire long courrier, le sergent héla.

"Hééééééééé petit !! Attend moi !"

L'homme au cheveux rouge courut à toutes vitesse ne laissant qu'une trainée de poussière derrière lui pour rejoindre son "coéquipier". Il avait eu le temps de se changer et arborait un magnifique uniforme de la marine... noir. Anticipant la (les) remarques du jeune garçon il prit les devants explicant que le noir faisait moins repérable et que surtout il aimait être accordé à sa tendre Bénédicte (Sa faux). Il interrogea son supérieur vers la destination qu'il comptait suivre. La réponse qu'il eu le fit exploser de rire....

"Une boulangerie ? MOUHAHAHAHAHAHAHAHAHHAHA ! Ok m'gamin ! Si cette piste mène quelque part je te paye le resto ! "

Le Sergent fit tournoyer son arme entre ses doigts avant de l'appuyer sur ses épaules, de l'autre bras il attrapa son collègue par l'épaule en le secouant amicalement.

"Et on prend des trouffions pour nous accompagner ? " dit-il en tournant le visage en arrière.
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Re: La justice ne se repose jamais.

Message par Kobby le Jeu 7 Oct - 18:25

À ma sortie, je fis face au visage souriant et joufflu de la sentinelle qui tenait souvent la porte.


- Salut Derek, comment vas-tu ?


- Salut Kobby. Tu sais, j’aimerais bien laisser tomber ce poste de sentinelle. Je m’ennuie vraiment à tenir cette porte. Tu vas où toi ?


- Chercher un criminel. Je te prendrais bien avec moi, mais le colonel Lemonjuice a précisé que je ne devais engager aucun de ses hommes dans cette tâche. Ne t’inquiète pas pour moi, je ne serais pas seul pour autant. Si tu veux, je pars en mission dans quelques temps, tu peux te porter volontaire.


- Merci, j’y penserais, bonne journée à toi et bonne chance.


- Bonne journée à toi aussi.


Abandonnant mon interlocuteur, je partais en direction de la ville sur le chemin poussiéreux menant à ma destination. Je fus rejoint par le Sergent Morizui Ryuko qui me fit un discours particulier : il portait du noir pour être assorti à sa faux qu’il appelait Bénédicte. À vrai dire, je comprenais son besoin de donner un nom à un objet qui semblait lui tenir à cœur. J’étais satisfait de le voir en pleine forme et lui exposai les informations que j’avais glanées.


« Une boulangerie ? MOUHAHAHAHAHAHAHAHAHHAHA ! Ok m'gamin ! Si cette piste mène quelque part je te paye le resto ! »


Quand Morizui s’esclaffât, je ne pus m’empêcher de rire. Son ton jovial et son attitude amicale m’avait détendu étant donné que je craignais qu’il soit vexé de la confrontation au bureau. Il confirma ses bonnes dispositions en me prenant par l’épaule et ajouta.


« - Et on prend des trouffions pour nous accompagner ?


- Je ne connais pas ce mot, mais je peux te répondre : nous sommes seuls sur cette mission. »


J’ajoutai avec un ton à moitié moqueur, à moitié blagueur.


« J’apprécierais que tu m’appelles Kobby à la place de gamin, tu n’es pas si vieux que cela ! »


Nous partîmes donc de bonne humeur en direction de la boulangerie en devisant allègrement à propos de tout et de rien, mais surtout de rien.


Spoiler:
J'écris comme si j'avais déjà édité mon poste en ajoutant douze jours d'aventures et de bla-bla. Ce personnage, comme beaucoup d'autres sera introduit lorsque je posterais le résultat de mon travail. Il ne faut pas s'étonner de voir Kobby connaître Gemeylrum.
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Re: La justice ne se repose jamais.

Message par Morizui Ryuko le Lun 11 Oct - 14:15

Les rues s’enchaînait les unes aux autres, le port de Gemeylrum n'était jamais avare d'activité ni de monde. La populace de tout horizon se réunissait pour négocier, marchander, arnaquer et picoler allègrement. L'île était sous la protection de la marine depuis un bon nombre d'années, il n'était plus choquant du tout d'y voire des officiers ou des soldats déambuler dans les rues aussi bien en service qu'en permission.

Le sergent Morizui suivait de quelque pas son acolyte et désormais supérieur direct. Il observait distraitement les alentours en se posant quelque questions... Levant la tête vers le ciel et les nuages le marine se bloqua sur place.. Presque effrayé.

"Hé petit... Tu crois que c'est lourd un nuage ?" lanca-t-il d'une voix inquiète.

Une foule de question se mélangea dans la tête du Sergent au point qu'il déposa sa tendre et douce faux sur le sol pour se secouer les cheveux !

"Et si il tombe, c'est liquide ou solide ? Tu crois que c'est doux comme matière ?"

L'homme au cheveux rouge semblait commencer a paniquer, il s'accroupit au milieux de la rue plaçant sa faux en équilibre à l'arrière de sa nuque. Il ne manquait plus cas ligoter ses bras à la barre et on aurait eu un crucifié !

"Et tu crois que les nuages noirs sont plus méchant que les blancs?" Sa voix tremblait...

Le jeune homme à la chevelure rouge baissa la tête, il était recroquevillé sur lui même. Comme si un petit nuage embrumait son visage... Son corps commença a tanguer de gauche à droite au rythme d'un métronome. Quand tout à coup le Sergent se redressa.

"Tiens au fait petiot, il ressemble à quoi le mec qu'on cherche ? L'autre jus de citron (blague nulle sur LemmonJuice le commandant) m'a tellement secoué que je n'ai pas enregistrer l'information ?"

Portant ses bras de chaque côté de sa faux, la lame courbée vers le bas. Les membres de Ryuko semblait attaché par des liens invisible à son arme. Dressé de toute sa stature il ressemblait à une croix noires posée sur un socle.
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Re: La justice ne se repose jamais.

Message par Kobby le Sam 23 Oct - 1:01

Lundi, jour du marché, remplissait la grande place d’une foule ingérable, aussi ceux qui s’étaient attirés les foudres de leurs supérieurs se trouvaient invariablement assignés à la tâche titanesque de créer un semblant d’ordre dans cet amalgame. Le souvenir que je gardais de cette place me fit prendre un détour par le port avant de reprendre le chemin des quartiers chics où mon enquête allait commencer.


« Hé petit... Tu crois que c'est lourd un nuage ? »


Surpris par cette question, je me retournai et constatai que Morizui s’était arrêté pour regarder un nuage sombre au-dessus de nous. Son expression précédemment joyeuse laissa place à des traits tendus et une moue inquiète. Je pris une voix enjouée pour le rassurer.


« Il n’y a pas plus doux qu’un nuage. S’il nous tombe dessus, je serais le premier à être en dessous. »


Cela était sans effet, il n’avait pas l’air d’écouter ce que je disais. Il posa précautionneusement son arme sur le sol avant de secouer des cheveux d’un rouge sang.


* Je n’avais jamais pris la peine de les regarder, ils sont vraiment très beaux.*


«- Et s’il tombe, c'est liquide ou solide ? Tu crois que c'est doux comme matière ?


- Il n’y a rien de plus agréable qu’une bonne pluie, surtout par un temps comme celui-ci, j’ai l’impression d’étouffer depuis deux semaines. »


Toujours rien, il restait hermétique à mes paroles rassurantes et s’enfonçait dans son étrange obsession. Une attaque de panique s’empara de lui : pâleur, sueur froides et tremblements. Il s’accroupit en s’accrochant à son arme.


* Quelle étrange relation il a avec sa faux ! On dirait qu’il la considère comme une sorte d’ange gardien.*


« - Et tu crois que les nuages noirs sont plus méchant que les blancs ?


- En mer sûrement, ici nous n’avons rien à craindre. Si vous voulez on peut s’arrêter le temps que vous alliez mieux. »


Aucune réponse, vent glacial, Morizui sombrait dans un abîme de désespoir en imitant avec brio la pendule d’une horloge.


* Je ne pensais pas qu’il serait aussi affecté par ce qui s’est passé au bureau, peut être a-t-il besoin de s’éloigner de la foule. Je crois que je vais lui demander d’aller à la plage, cela lui fera certainement beaucoup de bien.*


Je m’apprêtais à me baisser vers lui quand il se redressa d’un seul séant manquant de me donner un coup d’épaule au menton.


« Tiens au fait petiot, il ressemble à quoi le mec qu'on cherche ? L'autre jus de citron m'a tellement secoué que je n'ai pas enregistré l'information. »


Il souleva sa faux, toujours à la verticale, ressemblant à s’y méprendre à un crucifix. Il se lisait sur son visage une souffrance poignante qui me décida à l’éloigner au plus vite de l’atmosphère de la ville.


« C’est parce qu’il ne l’a pas décrit, tout simplement. Il est de la même taille que vous, cheveux bruns et gras, yeux en amandes, barbe mal rasée, haut-de-forme usé, vêtements sales et enfin gants en cuir noir. Je comptais avoir quelques éléments supplémentaires en interrogeant les témoins de l’incident, seule la femme du colonel ayant mis par écrit sa déposition. Par contre, j’espérais compter sur vous afin d’enquêter sur le lieu des meurtres, c’est à une demie heure de marche si vous suivez ce sentier. Nous nous retrouverons dans deux heures devant cette statue et nous confronterons nos informations. À tout à l’heure Sergent ! »


Prenant congé, je me dirigeais vers la boulangerie, le cœur serré d’inquiétude pour mon compagnon ; dès que j’aurais fini, j’irais le rejoindre pour voir si son état s’améliore.
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Re: La justice ne se repose jamais.

Message par Kobby le Mar 11 Jan - 20:01

Il ne me fallut pas demander mon chemin pour reconnaître le lieu où je me trouvais ; c’était indéniablement un quartier bourgeois : de larges rues pavées, des échoppes d’un style élégant et des passants qui ne foulaient le sol que pour parcourir la distance entre leurs voitures et des portes encadrées de vitrines débordantes de marchandises raffinées. Nul doute que le criminel en question avait mal choisi sa destination s’il voulait passer inaperçu. Les rares personnes que je vis ne posèrent aucun regard sur moi, soucieux de ne pas laisser leur nombril sans surveillance. Je me sentis si incertain de ma tenue, pourtant souvent impeccable, que je la repassai furtivement en revue sans rien trouver à y redire.


À peine pris-je le temps de chercher la boulangerie que je tombai dessus. Aussi chic que les autres boutiques, elle se distinguait par l’absence de clients que ce soit à cause du scandale ou d’une heure peut-être trop matinale pour ce genre d’achats. On voyait à travers la vitre un comptoir avec un patron accoudé dessus.


Je poussai la porte, faisant raisonner un carillon et parcourus la pièce des yeux. Il n’y avait dans la pièce que nous deux.


« Bonjour, je suis le Sergent-chef Kobby, je suis chargé de l’enquête sur l’incident, j’espère de votre part une entière coopération de sorte que l’investigation soit bouclée au plus vite. Je commencerai par inspecter la pièce, puis viendrai vous poser quelques questions. »


Je pris quelques bouffées de la délectable senteur du pain tout juste sorti du four avant de passer au peigne fin le sol de la pièce. Au peigne métaphorique vint justement s’accrocher une mèche suspecte de cheveux : ils étaient blonds, alors que ceux du criminel et de la femme du colonel étaient bruns. Mon instinct me dictait qu’il fallait que j’en prenne compte en l’absence de tout critère logique.


* Il vaut mieux avoir trop d’éléments que pas assez, je prendrai la peine d’y réfléchir suivant ce que me dira le témoin. Dire que Hermepp trouvait mes lectures inutiles. S’il avait été là, il aurait su quoi me dire pour Sig, mais là n’est pas la question, restons dans le sujet.*


Aucun autre élément ne me sauta aux yeux et je terminai le tour de la salle avec minutie avant de m’adresser au tenancier.


« Je vous demanderai de bien vouloir décrire la scène en n’omettant aucun détail. J’aimerais comprendre pourquoi un inconnu qui a payé ce qu’il a acheté semble-t-il aurait agressé une femme qui lui était étrangère sans rien lui voler. J’aimerais aussi savoir si quelqu’un l’attendait dehors et s’il a acheté de la nourriture pour une ou deux personnes. Merci de bien vouloir m’éclairer sur les circonstances de cette étrange altercation. »


Spoiler:
HRP : Il semble inutile d'attendre Mori d'où le double post. J'aurais aussi besoin d'un PNJ parce que ce n'est pas drôle de répondre à ses propres questions. Enfin, pour l'histoire de la mèche, ce n'est pas un pouvoir télékinétique, vous pouvez considérer cela comme de la chance ou bien comme l'effet d'une surconsommation de Polars comme je le laisse entendre.
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Re: La justice ne se repose jamais.

Message par PNJ OPR le Ven 14 Jan - 17:11

Le quotidien de Red, boulanger sans histoire et plutôt réputé dans les hauts-quartiers, se trouvait être passablement chamboulé depuis que son établissement avait été le théâtre d'un fait divers qui tenait le haut de l'affiche à Gemeylrum. Et pour cause puisque c'est chez lui qu'un sinistre vagabond s'en était pris à la femme du Colonel Lemonjuice, allant même jusqu'à déchirer sa robe sous les yeux de clients horrifiés. Mauvais pour les affaires ? Pas forcément, cela apportait une notoriété nouvelle à sa boutique, aussi Red prenait-il l'incident avec philosophie.

Dans le courant de la journée, un officier disant répondre au nom de Kobby se présenta. Pour observer le magasin, dans un premier temps. Puis arriva le tour des fameuses questions. Le boulanger s'efforça alors de répondre avec précision, professionnalisme et politesse.

-L'incident s'est déroulé dans la matinée, il y a de ça trois jours. L'homme, dont vous avez déjà sans doute un signalement, est entré dans ma boutique sans un mot. Au début, tout paraissait normal, même si les clients présents l'observaient parfois à la dérobée...je n'ai pas l'habitude de recevoir ce genre de vagabond dans mon établissement, voyez-vous...mais c'est lorsque Madame Lemonjuice lui a fait une remarque sur son style dépravé que tout s'est précipité. Il s'est dirigé vers elle, visage menaçant, et au sortir d'une scène assez confuse, la malheureuse se retrouvait au sol, en...euh en sous-vêtements...tandis que l'inconnu filait déjà sans demander son reste. Je ne sais pas quelles étaient ses motivations, peut-être s'agissait-il d'une simple menace, peut-être d'une tentative de kidnapping, je n'en ai pas la moindre idée. Mais une chose de sûre, l'individu n'avait pas froid aux yeux : il a violemment bousculé un agent de la loi qui venait pour le neutraliser, puis prit la fuite tandis qu'une troupe entière le prenait en chasse ! S'il avait un complice, il n'a à aucun moment trahi sa présence. Je ne puis vous aider sur ce point précis.

Red leva les yeux vers le plafond, sourcils froncés, l'air de chercher quelque autre détail à apporter. Détail qui lui revint tandis qu'il levait son index devant lui, marquant de la sorte son indignation :

-Oh, et je me permets de vous contredire sur un point : ce brigand ne m'a pas payé son pain !

Les affaires d'abord, après tout.
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Re: La justice ne se repose jamais.

Message par Kobby le Mar 22 Fév - 11:19

Je quittai la boulangerie aussi honteux que perplexe, l’attitude que j’avais de toujours voir le bien chez les autres m’avait encore lancé prendre mes suppositions sur les faits. Sur le chemin vers la plage, je pris le temps de me clarifier les idées et de penser posément à la situation : l’homme était entré dans une boulangerie, avait pris un morceau de pain sans le payer, avait agressé une femme avant de s’enfuir au moment de l’intervention de la marine. Ensuite, il avait emprunté le chemin vers une plage et usant d’un mystérieux pouvoir, il aurait tiré de vraies balles dans le dos de ses adversaires. Deux faits m’amenaient à penser que cette reconstitution des évènements était improbable voire grotesque : les pirates qui possédaient un fruit du démon se taillaient relativement vite une réputation, c’était chose rare d’en obtenir et ces brigands n’hésitaient pas à le clamer et à en abuser or cet homme-ci n’avait été reconnu par personne. Le deuxième fait, bien plus tangible que le précédant, était la raison pour laquelle il avait choisi ce lieu en particulier pour se défendre. Il était tout de même étrange de voir un homme s’enfuir, faire une si longue route, alors qu’il possédait la capacité de se débarrasser de ses poursuivants.


Arrivé à la plage, je ne vis aucune trace de Morizui, aussi je me suis décidé à explorer la région en insistant particulièrement sur les endroits idéaux pour poster des hommes en embuscade étant donné que c’était ma théorie de prédilection. C’était sans doute un magnifique endroit tout droit sorti d’un poème lyrique. Mes préoccupations furent, pendant un court instant, balayées par le sublime de la scène qui prenait place sous mes yeux ; un soleil impétueux mettait en valeur quelques vagues écumantes de rage venant s’échouer sur une plage de sable fin. Tout ici était d’une plastique inégalée et mon regard qui enveloppait avec avidité un tel étalage de magnificence commençait à sentir la morsure du soleil avant d’apercevoir une discrète aspérité. Dedans, il y avait un coffre fracturé et pour moi tout prenait sens : deux pirates ou trois tout au plus étaient venus déterrés leur trésor et celui qui devait apporter de la nourriture avait eu la malchance de se faire remarquer avant de mener ses poursuivants dans une embuscade. Puisqu’ils avaient visiblement trouvé ce qu’ils cherchaient, ils devaient être partis. Telle fut la teneur de mon rapport à mon supérieur qui profita de ma venue pour m’annoncer que Morizui était affecté à une autre mission et que je devais partir au plus tôt en direction de West Blue sans avoir l’occasion de lui dire adieu.


Pour la première fois, j’étais responsable d’un équipage. Cela faisait sur moi une pression que j’avais peine à dissimuler. Je connaissais par cœur les manœuvres à effectuer pour les avoir lues des dizaines de fois et les avoir imaginées bien plus souvent ; moi sur un pont, quelques années en plus, donnant des ordres à des hommes et le bateau se mouvant, obéissant naturellement à l’impulsion de ma pensée. En pratique, cela revenait à vouloir escalader une montagne les mains liées derrière le dos. Les hommes me regardèrent avec l’air de se demander ce que je leur voulais au juste jusqu’à ce qu’un quadragénaire me tire de l’embarras et le voyage fut amorcé.


Les jours passaient et une certaine coopération entre les hommes et moi fut possible. C’était ma première expérience aux commandes d’un navire et je m’étonnais de l’opposition que je pouvais rencontrer. Au départ, j’avais mis cela sur le compte de mon jeune âge, cependant, les liens se créant, je m’aperçus que je devais lutter contre une entité bien plus puissante : l’inertie. Je ne doutais point de leur bonne volonté, malheureusement, force m’eut été de constater qu’ils se débrouillaient aussi souvent que possible pour faire les choses de travers. Je ne parvenais jamais à me faire entendre comme je le voulais et mes instructions arrivaient à exécution en passant par un prisme qui prenait un malin plaisir à réfracter au petit bonheur ce qui le traversait. À mes remarques, je butai contre une stupéfaction courtoise. Pour me faire entendre, je devais être au four et au moulin sans me départir de mon sourire coutumier grappillant peu à peu une entente qui fit qu’à partir de la seconde semaine de navigation, tout allait beaucoup mieux. Le voyage qui avait eu l’apparence d’une calme traversée avait été pour moi une quête initiatique, mettant mon moral à rude épreuve. Pourtant, je ne pouvais que me sentir heureux d’avoir réussi de manière satisfaisante ma première prise de fonction en tant qu’officier.

Spoiler:
Bon, normalement ce post me mène quelque part dans West Blue. J'ai reçu l'autorisation d'Or pour avoir un voyage sans incidents, reste à savoir où j'arrive : soit sur Laguna, soit sur la baie des pirates, soit sur une île surprise. Enfin, à toi de voir Or.
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