Quand un pianiste s'en vient gaiement

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Quand un pianiste s'en vient gaiement

Message par Nadir Nyx le Lun 18 Oct - 1:35

"Et meeerde !!"

S'attirant le rapide regard d'un couple de voyageurs qui passait près de lui, Alejandro Destreza fixait avec découragement le vieux violon devenu inutilisable qu'il venait d'achever en tentant de l'accorder. Confortablement installé sur un rocher en bordure d'un sentier côtier, le musicien ne pouvait désormais plus que contempler son œuvre, devinant qu'il lui serait impossible de réparer l'instrument. Cela l'ennuyait beaucoup, ayant perdu sa source légale et officielle de revenu, mais cela l'énervait surtout vu le temps qu'il avait passé à nettoyer les... résidus organiques laissés sur le violon par son ancien propriétaire. Attendant patiemment que les deux passants s'éloignent assez, le pianiste empoigna fermement l'objet de sa contrariété avant de le fracasser contre la roche dans un mouvement rageur.

"Crève, saloperie !!"

Laissant s'échapper un ultime cri d'agonie en guise de mélodie d'adieu, la pauvre victime explosa littéralement sous le choc, s'éparpillant un peu partout autour de son bourreau. Semblant reprendre son calme comme par enchantement, l'instrumentiste irrité reprit sa route après s'être débarrassé du morceau de bois qu'il tenait alors. Il semblait serein, sans aucun doute, mais il ne valait mieux pas entendre les jurons indicibles marmonnés si bas qu'il ne les entendait pas lui-même. Car serein il n'était pas, oh non. En réalité, Nadir Nyx était passablement sur les nerfs et ce depuis déjà plusieurs jours, trop de jours à vrai dire où aucune vie ne s'était éteinte sous ses doigts experts. Les occasions ne manquaient pas, non, ce qui posait problème, c'était surtout le fait que faire disparaître un corps et rendre un meurtre inconnu était beaucoup plus difficile que de simplement laisser des bouts de bonhommes derrière soi. Tuer était une chose, laisser Le Ouf dans son cercueil en était une autre. Lui qui était venu à South Blue profiter de l'appétissante populace qui y pullulait ne pouvait pas y toucher alors même qu'elle se baladait prêt de lui.

"Fais chier !! Tout ça c'est à cause de cette foutue asso de mes deux !!"

Par « asso de mes deux », il visait la GARP, une organisation pirate qui l'avait laissé dans un état lamentable un bout de temps auparavant. Aujourd'hui l'ombre de lui-même, Nadir n'avait plus d'hommes, plus d'amis et s'était même vu privé de la force physique dont il disposait autrefois, son corps et sa musculature ayant méchamment souffert de multiples blessures et toxines. C'est pourquoi il errait sous le nom de Destreza à la recherche de pirates, catégorie de la population envers qui il nourrissait une rancune tenace et qu'il pouvait souvent découper à souhait sans être inquiété par la suite. Seul problème : il n'avait pas vu de pavillon noir depuis déjà trop longtemps à son goût. Toutefois, il avait bon espoir de faire changer le vent de direction avec son arrivée sur Gemeylrum. Car qui dit rhum dit pirates, l'un ne va pas sans l'autre, et c'est donc de façon logique qu'il avait choisi la capitale du commerce de rhum comme point de passage. Mais s'il avait prit le trajet pour l'île souriant et confiant en son avenir proche, l'ex-pirate avait vu la bonne humeur qu'il était parvenu à réunir s'envoler avec l'âme de son soit-disant presque fidèle compagnon de fortune qu'était devenu le tas de bois déchiqueté qui gisait derrière lui. C'était de sa faute, bien entendu, quelle idée avait-il aussi eu de vouloir trimballer un violon avec lui de part l'Océan alors qu'il ne savait même pas comment en prendre soin. Savoir en jouer n'était pas synonyme de savoir s'en occuper, il venait de l'apprendre à ses dépends. Il existait pourtant un instrument sur lequel il était en tout points incollable, mais...

*Pourquoi faut-il que les pianos soient si peu transportables... *

"Eh... il est plutôt pas mal..."

"Ça va, mais je préfère les blonds."


Sorti de ses grommellements inaudibles par les chuchotements peu discrets de deux ravissantes demoiselles, Nadir s'aperçut qu'il arrivait déjà à l'entrée de la ville principale de l'île, cité portuaire où il avait le plus de chance de trouver ce qu'il cherchait. Répondant aux regards des deux pouffes par un sourire charmeur et un signe de main du même calibre, le criminel s'enfonça sans s'attarder plus longtemps dans les rues fort peuplées de l'endroit, désireux de ne pas avoir plus à faire avec les glousseuses qui... gloussaient derrière lui. Il était de très mauvaise humeur. Pour être honnête, rares furent les fois où l'irritation avait si fortement prit l'ascendant sur lui, et s'il en prenait l'habitude, offrir un regard sympathique à tout ces gens qu'il rêvait d'éviscérer, de démembrer, de mutiler, de réduire en morceaux, bref, de tuer dans un élan de sauvagerie, cela commençait à l'agacer, et pas qu'un peu. Il devait trouver quelques pirates à ses mettre sous le couteau, et vite !! Heureusement, pour trouver du pirate, il existait une simple mais efficace association d'idée Pirates => Soiffards => Tavernes qui devait amener n'importe qui de sensé à aller les fouiller. Et sensé, Nadir l'était sans aucun doute, du moins sur certains points. Bien entendu, il y avait de nombreuses pistes à suivre, mais celle-ci présentait le grand avantage de se trouver à tout les coins de rues, car à Gemeylrum, ce ne sont pas les tavernes qui manquent. C'est ainsi que guidé par son instinct, son sixieme sens, un coup de destin ou tout simplement rien du tout, Nadir poussa la porte d'un établissement en centre-ville.
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Re: Quand un pianiste s'en vient gaiement

Message par PNJ OPR le Jeu 11 Nov - 12:49



Dans une petite odeur de soufre, Vladok craqua une allumette qu'il se pressa d'engouffrer sous le verre de la lampe. Une lumière en émana aussitôt du verre coloré, projetant sur les murs tapissé de velours cette couleur rouge/sombre dont le club "Black Blood" avait fait son crédo. Pour des doigts de cette taille la manœuvre était difficile, mais le serveur officiait ici depuis suffisamment longtemps pour en avoir pris l'habitude. De même, il ne renversait presque plus les rares clients présents lorsqu'il faufilait ses innombrables muscles entre les tables. Dans un silence religieux il continua sa besogne, allumant lampes sur lampes tandis que la lumière du soir avait de plus en plus de mal à traverser les épais rideaux carmins du club. Ici tout était fait pour que les habitués se sente à l'abri, coupé du monde. Nul sons ni lumière de l'extérieur n'arrivaient à percer les nombreuses protections que Dahl -le tavernier- avait mis en place. Ici vous pouviez faire vos petites affaires en paix. Dahl y veillait. Pour ce qui était des gêneurs occasionnels, c'est Vladok en tant que serveur/videur qui officiait alors. Nul n'entrait ici par hasard... ou alors le hasard était bien cruel.



C'est alors que la porte s'ouvrit péniblement, comme à contre-cœur...

Un fin rayon de lumière malvenu en profita alors pour s'engouffrer dans la petite salle, chassant les ombres qui s'étaient amoncelées dans cet établissement visiblement dédier à la conspiration et aux secrets. Elle arracha aussitôt une multitude de grognements patibulaires aux clients qui s'en détournèrent instantanément. Une fois la première surprise passé, ceux-ci replongèrent leur nez dans leurs consommations, visiblement peu intéressés par l'étranger qui venait de pénétrer dans leur sanctuaire. Enfin quand on dit peu intéressé, c'est sans compter les regards en biais, espionnages et autres méfiances maladives qui fusèrent de toutes les tables sans interruption. L'ambiance déjà lourde de l'établissement tamisé c'était épaissi comme de la mélasse, signe que toute présence supplémentaire n'était pas forcement la bienvenue.


Vladok lança un regard à son patron, qui d'un léger signe de son menton en forme de banane indiqua à son serveur d'aller s'occuper de l'individu. Toujours sa lampe d'huile à la main, le colosse alla rapidement se camper devant le nouveau venu. D'aussi près, Nadir n'avait aucun mal à discerner les multiples coupures et traces de dents qui parsemaient ses avant-bras velus, ainsi qu'un faciès primitif parsemé d'entailles et de marques des poutre du plafond, visiblement trop basses.

Vladok planta son regard dans celui de Nadir, le jugeant sans aucune gène. Devait-il le mettre en pièce et le jeter dehors par la porte de derrière ? Ou bien était-il plus prudent de lui tendre une chaise ?... Après une courte évaluation il arriva rapidement à un constat...

"Je vous sers quoi Monsieur ?"


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