La ville où tout commence et tout se termine.

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La ville où tout commence et tout se termine.

Message par Elisabeth Bathory le Mer 27 Jan - 2:30

LogueTown, majestueuse cité où tant d’illustres pirates avaient perdu la tête, au sens littéral du terme. Elisabeth en avait souvent entendu parler mais c’était la première fois qu’elle se rendait sur les lieux de la dernière escale morbide de Gold D Roger. L’entrée était imposante, une grande arcade bordée de motifs circulaires sur-plantait l’artère principale de la ville. Dessus on pouvait lire « LogueTown » gravé sur une stèle de granit marin.

Elisabeth rit.

L’artère, quelle douce ironie de qualifier ainsi la rue marchande de cette bourgade pour elle qui venait afin y étudier l’anatomie. Celle-ci débouchait sur la potence la plus célèbre du monde dont la lame, à l’allure plutôt banale, avait défait du corps la tête de l’homme le plus fort du monde. En approchant de la place centrale, on rencontrait ça et là de petites échoppes émanant des senteurs étrangères aux narines pourtant expertes d’Elisabeth. Elle reconnaissait le cumin, le curry, la vanille et moultes autres effluves exotiques. Pourtant un parfum lui échappait. Elle le connaissait, c’était un fait avéré, mais l’identifier lui était impossible.

Elle continuait d’arpenter l’avenue principale subtilisant discrètement au passage quelques mets afin de s’en restaurer. Elle avait l’embarras du choix, des centaines de fruits tous plus colorés les uns que les autres s’offraient à ses manies cleptomanes. Des oranges juteuses, des kiwis mûrs à souhait, des pastèques si grosses que même la poitrine, pourtant généreuse, d’Elisabeth ne pouvait tenir la comparaison. Une fois régalée, elle poursuivit sa route vers l’échafaud macabre.
Le coté bouillonnant et plein de vie de cette ville tranchait inévitablement avec son passé sanglant. C’est lors de cette pensée qu’Elisabeth pût discerner avec exactitude l’odeur qu’elle avait reconnue un peu plus tôt. C’était celle du sang. Nombreux hommes avaient perdu la vie en ces lieux et le réceptacle en pierre bleue situé sous la grande faucheuse, initialement prévu pour récupérer les crânes gisants des victimes, était depuis longtemps déjà tatoué d’un rouge vif.

Elisabeth eut un haut le cœur.

Certes, elle était habituée à la vue du sang. Et voir un homme mourir lui procurait depuis longtemps plus de plaisir et d’excitation que de dégoût. Mais l’atmosphère de cette place dégageait une telle animosité, une telle barbarie et une telle violence qu’elle préféra quitter les lieux.

*Quelle fin merdique a connu ce si grand pirate … Dire que la nouvelle ère commença dans un endroit aussi pourri …*

LogueTown était la ville idéale où faire des études, Elisabeth y avait longuement réfléchi. En plus des nombreux habitants, de la profusion de magasins touristiques, de bars malfamés, de bordels glauques, de bicoque toutes plus miteuses les unes que les autres, d’hôtels chics propices à la rencontre d’hommes importants, du port situé à proximité de red line s’y trouvait une immense bibliothèque renfermant les véritables trésors de ce monde. On disait ici que le secret du siècle oublié ne l’était pas longtemps pour celui qui savait où chercher. Elisabeth en doutait, après tout une bibliothèque accessible au publique ne cachait certainement pas de documents d’une grande importance. Elle espérait cependant y trouver de quoi étudier les rudiments de l’alchimie et de l’anatomie.

Ces deux matières lui étaient encore inconnues mais la belle aux yeux d’émeraude ne comptait pas tarir d’efforts afin de combler ses lacunes. Ce choix lui semblait des plus judicieux. D’un coté l’alchimie lui conférerait les connaissances suffisantes à la fabrication des poisons, des médicaments, à l’élaboration des poudres et des artifices de cosmétiques. De l’autre l’anatomie l’aiderait à développer un art martial, chose qui lui faisait grandement défaut. Son esprit sadique avait tout de suite pensé à l’étude du corps humain et plus particulièrement celle du monde merveilleux des articulations. Tous ces petits pivots parfaitement huilés coulissants les uns contres les autres offraient autant d’engrenages où elle pourrait glisser son grain de sable. Ce n’était pas tant le combat qu’elle appréciait, mais le fait de voir ses proies mourir à petits feux. Quel meilleur moyen que d’immobiliser un homme y avait-il pour lui infliger les pires supplices ? De plus, les charnières du squelette étaient souvent des points sensibles même chez les plus musclés combattants. C’était donc l’endroit idéal où se focaliser lorsque la puissance faisait défaut.

*Pour vaincre son ennemi, il faut d’abord apprendre à le connaitre*

Oui, l’étude de l’anatomie était en tout point parfaite pour une combattante de sa carrure. Et l’alchimie lui conférerait un atout non négligeable à sortir de sa manche en cas de coups durs. Elle se dirigea donc confiante et réjouie vers le chemin de la grande bibliothèque.
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Re: La ville où tout commence et tout se termine.

Message par Elisabeth Bathory le Mer 27 Jan - 17:27

C’est une Elisabeth repue et réjouie qui s’engouffra entre les hautes colonnes de la bibliothèque municipale. Celles-ci, entièrement composées de marbre blanc, témoignaient du raffinement certain de l’architecte. Cet édifice ressemblait étrangement à un Parthénon fraichement construit. Le colossal écriteau sur lequel était gravé « Silentium Est Aureum » donnait une allure solennelle à l’ensemble. Une lourde porte de bois, gardée par deux féroces vigiles, interdisait l’accès aux fauteurs de troubles.

Après une fouille au corps plus qu’insistante, les gardes ayant prétextés que nombres de malandrins venaient dans l’espoir de détruire cet immeuble de hautes connaissances, elle fût autorisée à pénétrer dans la bibliothèque. La première chose qui la frappa fût le silence. Ce n’était pas le silence qui régnait dans une chambre la nuit. Il y avait toujours bien un meuble qui craquait, un rat qui trottinait sur le plancher du grenier, un ronflement venant d’une chambre voisine. Ce n’était pas non plus le silence de la mer dont les vagues venaient s’écraser lourdement sur les rochers et où les mouettes lançaient des cris moqueurs. C’était le véritable silence. Pas une respiration. Pas un raclement de chaise sur le sol. Pas un seul bruit de page qui tourne.

*Suis-je seule en ces lieux ?*

Mais tout à coup un bruit vint rompre ce calme apparent.

-Silence !!

Un petit être revêche aux sourcils broussailleux venait de pointer son nez crochu hors d’un pupitre. Deux grandes oreilles encadraient sa face ridées par les âges. Elisabeth estima qu’il devait avoir près de nonante ans. [hrp] quatre-vingts dix pour vous sales français [/hrp] Ce bibliothécaire était la parfaite caricature de sa profession. De petites lunettes argentées venaient orner le bout de son long nez et une chainette les retenait à sa tête. Sur son crâne à moitié apparent trônaient quelques maigres touffes de poils qui se mariaient d’une façon inattendue avec celles qui lui sortaient des oreilles. Ses dents de devant, longues et superposées à sa lèvre inférieure, lui donnaient l’apparence d’un rongeur.

*Un véritable rat de bibliothèque … Quel cliché.*

Le mulot aperçut Elisabeth et rougit. Rares devaient être les femmes aussi belles qu’elle qui osaient s’aventurer dans son étrange sanctuaire. Mais Elisabeth n’en avait cure, pour elle la beauté n’était pas l’antonyme de l’intelligence, chose qu’elle s’efforçait de démontrer au quotidien. Il bégaya d’un air timide:

-Que-que puis-je faire pour vous ?

Elisabeth connaissait ce genre d’hommes, c’était les plus simples à manipuler. L’homme était tombé amoureux d’elle au premier regard qu’il lui avait lancé, elle l’avait vu tout de suite. Il était donc désormais à la merci de ses charmes ravageurs. Mais Elisabeth n’était pas là pour soutirer au vieillard quelques piécettes. Elle décida donc de ne point malmener le pauvre homme pour l’instant et lui demanda des renseignements sur les deux sujets qu’elle voulait étudier.

-Bonjour vieil homme, j’aurais besoin de quelques informations.

-Je-je vous écoute ma-madame. Je suis le gar-dien de cet endroit.

-Hé bien voilà, je cherche à me construire des connaissances en chimie et en anatomie. Pourriez-vous me conseiller quelques ouvrages de référence ?

-Je-je crois être l’homme qu’il vous faut, ma-madame. Ces livres sont un peu comme mes en-enfants et je les connais comme un pè-père connait ses fils.


L’homme l’emmena alors dans les tréfonds de la bibliothèque. L’endroit sentait bon le papier et l’encre. Le silence pesant du début s’était lentement laissé remplacer par un calme apaisant. Les étagères de bois se comptaient par centaines. La pièce était si grande qu’Elisabeth avait du mal à entrevoir le fond. Ils avaient déjà marché pendant cinq longues minutes quand ils arrivèrent à la lettre « S ».

-Voilà, nous-nous sommes dans le département des sciences, rappelez moi les sujets que vous voudriez étudier.


Elisabeth s’exécuta et, en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, l’homme lui dénicha deux énormes volumes des travées.

-N’oubliez pas de les ranger une fois que vous avez fini de les consulter.

La jeune femme remercia le rongeur et s’installa à une petite table. Elle contempla les deux ouvrages et comprit vite que la tâche n’allait pas s’avérer aussi simple que ce qu’elle avait d’abord cru. Elle commença par les feuilleter ; ils faisaient tous les deux plus de trois milles pages et comportaient de nombreux schémas et graphiques.

* Bon ben c‘est pas tout ça mais il faudrait peut être que je m’y mette moi. Par lequel je commence ?*

L’anatomie, matière ô combien intéressante, ne lui semblait pas un choix judicieux pour le début. Elle venait d’arriver dans cette nouvelle ville, ce serait un hasard malheureux si elle devait déjà s’y battre. Elle décida donc, par élimination, d’entamer la chimie…
Bien vite, elle apprit l’existence des trois états fondamentaux de la matière, que celle-ci était composée de minuscules petites boules remplies de vide.
Elle s’arrêta pour réfléchir. Si le monde qui l’entourait était composé de vide, cela expliquait certainement pourquoi elle se sentait toujours seule. Un chuchotement discret la sortit de ses pensées :

-Moins de bruit !!!

C’était encore le bibliothécaire. Le pauvre ermite avait tellement pris l’habitude de faire régner le silence dans son bâtiment qu’un réflexe inconscient, lui survenant toutes les dix minutes, le forçait à imposer le calme et ce, même si personne ne faisait de bruit.
Elisabeth reprit sa lecture. La matière composait tous les corps qui l’entouraient. Et cette matière était elle-même composée d’atomes. Toute l’architecture que prenaient ces atomes, et donc la matière qu’ils composaient, était influencée par des facteurs aussi différents que la pression, la température, etc. Tout cela lui semblait bien ennuyeux. Elle, peu férue d’étude mais paradoxalement avide de connaissances, commençait à se décourager lorsqu’elle tomba enfin sur une chapitre intéressant : Les corps purs et les mélanges. Un corps pur était un corps ne comportant qu’une seule espèce chimique à la différence des mélanges. Le livre citait celui de l’alcool, breuvage tant apprécié par Elisabeth. La concentration qui menaçait de lui faire défaut redoubla à la lecture de ce mot. Dans un mélange, il pouvait y avoir plusieurs molécules différentes. Dans le vin par exemple, les molécules d’alcool côtoyaient celles d’eau afin de donner au liquide son effet euphorisant tant recherché des consommateurs.

Elle continua pendant plusieurs heures à lire des pages et des pages, chaque paragraphe étant entrecoupé d’un rappel à l’ordre machinal du bibliothécaire si bien qu’Elisabeth se demanda si ce rat avait le monopole du bruit dans sa bibliothèque…

-Chhhuuutttttt
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