La fine fleur de la marine pousse sur un tas de fumier.

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La fine fleur de la marine pousse sur un tas de fumier.

Message par Murnedon Ridcull le Ven 5 Mar - 16:59

Murnedon Ridcull était un condimenteur éhonté (Le convive qui ne manque pas de verser du sel voir du poivre sur tout ce qu'on lui sert, quel que soit le plat, même s'il était déjà assaisonné, sans soucis de son gout. Les psychiatres spécialistes du comportement, engagés par des établissements de restauration rapide dans l'univers, après avoir remarqué le phénomène, ont fait économiser des milliards de devises locales à leurs employeurs en leur conseillant de ne rien assaisonner au préalable. Ce n'est pas une blague). A chaque repas, il avait son service à condiments personnel devant lui. Un service qui regroupait du sel, trois sortes de poivre, quatre de moutarde, quatre de vinaigne, quinze de chutney et son pêché mignon : la sauce wow-wow, mélange de frottis, de concombres au vinaigre, de câpres, de moutarde, de mangues, de figues, de youplà râpée, d'extrait d'anchois, d'assa-foetida et, très important, de soufre et de salpêtre, histoire de relever le tout. Ridcull avait hérité la formule de son oncle qui, un beau soir après avoir arrosé un gros repas d'une demi-pinte de sauce, avait prit un biscuit au charbon de bois pour se soulager l'estomac, puis allumé sa pipe et disparu dans des circonstances mystérieuses (on avait cependant retrouvé ses chaussures sur le toit l'été suivant). Il y avait du mouton froid au déjeuné chez Ridcull ce matin là. Ridcull en avait copieusement engloutit la première moitié la vieille au soir au diner et s'était réveillé le matin avec un creux. Le mouton accompagnait bien la sauce wow-wow; le soir de la mort de Ridcull senior par exemple, il l'avait accompagnée sur au moins cinq kilomètres.

Murnedon se noua la serviette autours du cou, se frotta les paumes et tendit la mains.

Une paire de pouce opposables, c'était un sacré atout à bien y regarder. Qu'on demande à un Crocodile, toute machine de guerre qu'il était, d'empoigner un récipient en verre sans, disons, y creuser des trous ou tout simplement troncher tout le mobilier avoisinant la scène. Techniquement d'ailleurs, c'était impossible puisque le terme empoigner supposait un poing. Dans le cas du crocodile, et aux vue des pattes, le terme empatter s'accordait bien mieux. Mais pour plus de commodité, on se contentera du simple terme "Démontage-méthodique-et-surement-pas-agréable" pour définir toute action mettant en scène une patte de crocodile, et le terme empatté lui, referait, tout compte fait, bien plus au crocodile dans son ensemble. Au lapin aussi, selon Murnedon qui aimait par dessus tout le lapin en patté.
Et alors que l'esprit du narrateur commence à saliver métaphoriquement, il en oublie de décrire l'aliénation architecturale drastique qui s'est opérée au sein de la scène. Et c'aurait été dommage de louper cette évolution particulièrement soudaine et dommageable. En résumé, à quoi pensez-vous quand on évoque l'onomatopée *Boum* ? Voila, gagné.
Vous remarquerez qu'il suffit d'une seconde d'égarement pour ommêtre quelque chose comme le passage de ça



à ca


Une seconde, ce n'est pourtant pas si long, non ? Eh bien allez le dire à Murnedon qui a l'a passé au sein de l'explosion, cette seconde. Si on voulait faire simple, on aurait évoqué une proximité mal calculée entre un Baril de sauce wow-wow et une flamme de quoi qu'ce soit. Au final, et au bout de quelques minutes, les ravages de l'explosion étaient tels que tous les badauds attroupés autours de la maison du vieux Ridcull envisageait la mort du concerné avec cette tristesse qui était la votre lors de l'enterrement de la vieille et horrible tante Josephine (nldr : nom générique), éternel sac en fourrure sous le poignet, caniche dedans et qui vous reprenait tout le temps quand vous vous fourriez les doigts dans le nez d'une tape incommodante sur la main, vous éjectant le bout de l'index au niveau du lob pariétal. Bref, tout le monde feignait la tristesse avec brio et heureusement car quelle aurait été la réaction de Ridcull qui, dégageant un canapé de sur sa tête en jurant, se serait trouvé face à une foule dansant la jigue ?


"Putain d'sauce ! Eructa le vieux en époussetant les vêtements d'un revers de main alors qu'il filait sous le regard interpellé des badauds. Bien sur, ce ne fut qu'une fois à quelques dizaines de mètres de sa maison qu'il leur cria a grand renforts de signes de la main

"J'vous conseil de dégager ! J'ai entreposé trois barils de sauce à la cave et m'est avis qu'ils ont pas encore pêté !!"
La réaction ne se fit pas attendre. La foule commença à s'agiter dans un brassage chaotique d'où s'échappaient force de cris, moitié colère, moitié effrois. Du même coup, il était impossible de deviner si les gens couraient vers le vieux pour l'étriper ou s'ils fuyaient la potentielle source d'explosion. Dans les deux cas, ils semblaient pressés. Mais la seconde explosion qui souffla dans leur dos sembla leur faire perdre toute envie de parachever la quête de dézinguage de Ridcull, lequel, après avoir allumé sa cigarette avec un copeau de sa table à manger qui avait atterrie à ses pieds, examina la foule exhègue.

" Bin arrêtez d’me regarder comme ca, merde ! Qu'est-ce j'y peux moi ?!"

Profitons de cette apostrophe pour marquer le coup. Prenons quelqu'un de charismatique d'une part, et Ridcull d'autre part. Le charisme, dans ce cas de figure, se serait traduit comme la capacité à convaincre de son point de vue, aussi peu convainquant soit-il. En l'occurrence, si Ridcull avait été quelqu'un de charismatique, la foule aurait été convaincus qu'effectivement, le pauvre vieux n'y était pour rien dans cette affaire de sauce explosive. Le cas Ridcull est un chouïa plus subtil. La capacité de Ridcull, qu'à défaut de de vocabulaire approprié on nommera " Facteur X " se distingue du charisme car n'a pas sa capacité à jouer sur l'empathie d'autrui pour le rallier à sa cause. le Facteur X donc, c'est cet atout qui fait que, plus on parle fort, plus notre avis semble digne d'intérêt. Sans convaincre vraiment, il se répand vicieusement de cerveaux en cerveaux pour les mettre en 'consommation minimum' et puis, rentre au bercail. C'est, notamment, cette capacité qui dicte la ligne de conduite des petites gens, sur lesquels on gueule tout le temps. Ridcull, qui par ailleurs parle très fort, n'a jamais vraiment compris ce fameux Facteur X, et pourtant il en use en permanence. Attention, cependant, à ne pas se tromper. Tout le monde n'a pas cette fameuse faculté. Peu importe à quel volume il le hurlera, le petit boutonneux fort en maths d'une classe de collège n'arrivera jamais à faire dire à ses camarades qu'il est 'très cool comme gars'. Vous êtes maintenant rodés en la matière.

Revenons un instant en arrière. Ridcull remplis ses poumons de Facteur X potentiel puis le lâche dans l'air.
" Qu'est-ce j'y peux moi ?!"
Là, les cerveaux encore en états de marche se disent 'Mais quel gros con !'. Puis, le Facteur X s'insinue dans leur circonvolutions et tourne la molette de mise hors tension, soustrayant Ridcull au coup de tabac qui l'attendait. Les foule commença alors à acquisser poliment, lâchant de temps à autre des "Ah bin oui, c'est juste" où encore "Il parle drôlement fort, hein ?" sous le regard approbateur du Vice-Amiral.
"Bin Voila !" Balança-t-il en reniflant ostensiblement. "Bon j'ai un coup d'fil à passer." ajouta-il en se grattant le menton.
Ridcull savait au moins 2 choses sur Garp. Il avait le coup de main pour réparer des trucs et des machins, et il était dans le coin.

______________

20 minutes plus tard, un pauvre technicien, réquisitionné pour l'occasion, tentait vainement d'expliquer le fonctionnement de l'escargophone au vieillard. Ridcull n'y entendait goute à ces technologies tarabiscotées dans lesquelles les nouvelles générations avaient une confiance aveugle. En complément de quoi, l'étroitesse d'esprit du vieillard sabotait toute tentative d'explication rationnelle du fonctionnement de ces petites bête sympathiques et fortes utiles. Tout ce que Ridcull comprenait, c'est que s'il voulait prendre contact avec son collègue, il lui fallait parler à un escargot. Présenté sous cet angle, le processus avait de quoi faire rire. Mais Ridcull n'a jamais eu de sens de l'humour.

" Krchhhht Krchhhht ... Allo ? A-llo ?! ... Dites donc, sa marche là vot' bidule ?"

"Oui monsieur ... seulement, il ne faut pas le tenir dans ce sens. En général, ils n'apprécient pas d'avoir la tête en bas."

"Mais comment vous arrivez à voir dans quel sens sens est sa tête à c'te bestiole ? Il l'a rentré !"

"Oui, ça c'est parce que vous le tenez à l'envers justement."

"Dites donc Moosieur l'expert, vous seriez pas en train d'me traiter d'ignorant des fois ?"

"Jamais de la vie monsieur Ridcull ..."

"Bon je fais quoi alors ?"

"Là, dans ce sens. Maintenant il faut attendre qu'il ouvre les yeux."

"Ah bon ? Il dors là ? POC POC. Krchhhhht OHE DEBOUT LE BAVEUX !! POC POC POC."

"Monsieur, ne tappez pas sur l'escargot, ça dégrade le système de récéption."

"OOh mais vous-z-avez fini d'jouer les chochottes oui ?! J'fais encore s'que je veux, c'est mon escargot ! Foutez moi l'camp, j'veux plus vous voir ici. Tenez, allez m'acheter du tabac chez l'buraliste. Vous l'déduirez d'votre paye tiens, sa vous apprendra."

"Oui monsieur. L'escargophone est en marche, vous pouvez y aller."

"Bon alors, les yeux. Ah, 'sont ouverts. Y pourraient mettre un bitognio quek'part pour montrer qu'c'est en marche ... ALLO, ALLO GARP ? OHE VOUS M'ENTENDEZ ?! VOUS ETES OU ?!"
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Re: La fine fleur de la marine pousse sur un tas de fumier.

Message par Murnedon Ridcull le Mar 9 Mar - 11:59

Ce Garp. Ridcull l’avait toujours trouvé efficace. Un bon gaillard, gros ronfleur, gros mangeur. Il ne sifflait pas ses fûts aussi vite que Ridcull, mais il se défendait bien. Un brave gars, et serviable avec ça. Par contre, qu’est-ce qu’il était bruyant. Murnedon n’aimait pas le bruit, sauf quand il émanait de ses propres cordes vocales bien sur. Et ce type là était une source intarissable de bruit. Rien que ses rires vous réveillaient un mort, même incinéré. Les échos de sa voix matelassaient les tympans avec le sans gêne typique du bonhomme. Et puis son optimisme avait toujours passablement énervé Ridcull, lequel ne s’était jamais foulé pour voir un verre à moitié plein. Selon le vieillard, ce n’était pas en faisant remarquer qu’un verre était déjà à moitié plein qu’on risquait de voir quelqu’un en remplir la seconde moitié. Et Ridcull tenait à ce que les rebords de ses verres soient toujours immergés. Garp, lui, était bien capable de dire d’un verre carrément vide qu’il était remplit. Remplit de vide, d’accord, mais remplit quand même. Ridcull n’avait jamais vraiment compris cette tactique. C’était le meilleur moyen pour que tout le monde s’imagine que cela ne le dérangeait pas de n’avoir qu’une moitié de verre à se mettre derrière la cravate. Et pourquoi ne s’en mettre qu’une moitié quand on pouvait en siroter un entier ? Si un jour Ridcull ne recevait qu’une moitié de paye, il ne se tannerai pas d’un simple « Bon j’ai déjà la moitié du pécule, c’est une paye à moitié pleine » mais plutôt d’un « Et le reste y l’est où ?! Et mon arbalète tu la trouves à moitié pleine aussi ?! ». Non mais. Coupez un bras à Garp et il vous dira qu'il n'en a besoin que d'un pour faire ce qu'il a à faire. Et là dessus, il rigolerai un bon coup. Bref, Ridcull appréciait Garp, mais s’en méfiait tout autant. Un type qu’est toujours de bon poil, c’est un type que rien n’énerve. Et un type que rien n’énerve, c’est un laxiste. Preuve à l’appuis : son gosse. Et le gosse de son gosse aussi. L’un comme l’autre étaient de vrais emmerdeurs, doués dans l’art de l’emmerdement de surcroît.

Mais oui j'vous entends ! Ca fait une paye que je vous entends ! Et arretez d'brailler de la sorte, vous savez ce qui va s'passer si vous continuez comme ça !! Comment allez vous cher ami!? Ca faisait bien longtemps que je n'avais pas eu de vos nouvelles ! Je suis actuellement en route vers la Base d'East Blue, paraîtrait, qu'ya des p’tits malins qui font du barouf là bas....Et vous mon vieux? Comment vous portez vous ?? Que puis je pour vous ?

Bin voila. Garp lui servait du ‘cher ami’. Ca c’était un métaphorique verre à moitié plein. Voir Ridcull comme un cher ami, c’était soit de l’optimisme, soit une habile manière de détourner le problème. Et Murnedon savait Garp trop spontané pour calculer son coup et / ou détourner quoi que ce soit sinon son poing vers une tête. Mais qu’importe ! Pour le moment, Ridcull avait besoin de son collègue, où plutôt de ses muscles. Mais comme il était impossible de les réquisitionner sans rameuter le reste du corps, autant dire qu’il avait besoin de Garp dans son ensemble. Et puis, s’il y’avait effectivement des zigotos par chez lui, l’assistance de son collègue simplifierait grandement les choses. Garp avait tendance à fluidifier les situations. Outre le fait, bien sur, que les pirates remplissaient leur froc de fluides à la simple présence du célèbre Héros de la marine, tout devenait simple et limpide lorsque Garp entrait en scène. Son approche consistait à distinguer méthodiquement ce sur quoi il fallait taper et ce sur quoi il ne fallait pas taper. Et ce classement, aussi banal pouvait-il paraître, Ridcull n’avait jamais su le réaliser correctement. Lorsqu’il s’agissait de mettre des crosses aux méchants pour le bien être des gentils, Murnedon avait tendance à se mélanger les pinceau jusqu’à, au final, attaquer tout le monde en égale proportion.

Ah, Garp, vous êtes là ! gueula un Ridcull toujours aussi peu à l’aise avec les escargophone. Oui oui.... Merci, j’vais bien, et vous aussi chuis sûr. Bon, dites, là j’ai une grosse urgence. Ma maison vient de pêter. Et bien, hein. Les deux étages au niveau du rez-de-chaussée et … le rez-de-chaussée est au niveau du sol quoi. Quequoi ?! … Ah non, c’est un attentat m’est avis. Moi j’dis qu’c’est encore un coup de vot’ chiard. Donc, si z-êtes pas trop pris là, j’veux bien qu’vous veniez me filer un coup d’pouce. Et ramenez-z-y vos copains aussi, ça y f’ra les pieds. Après on s’occup’ra des p’tits mariolles dont vous avez causé. Mais, la priorité là, c’est ma baraque. Ceci dit, Ridcull se gratta le menton en signe de reflexion puis reprisHey Garp ! Ramenez donc un ou deux d’vos canons. Va falloir déblayer .... Ah, mon tabac. Oui, bon j'ai à faire là. Pouvez disposer.
Oui monsieur. J'ai déposé les trois autres pots dans votre bureau.
Oui bin vous r'tournerez en reprendre demain alors ...


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